(136472) Makémaké

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(136472) Makémaké
(136472) Makemake
Description de cette image, également commentée ci-après

Photo de Makémaké prise par le télescope spatial Hubble.

Caractéristiques orbitales
Époque 9 décembre 2014 (JJ 2457000,5)
Basé sur 1 160 observations couvrant 22028 jours, U = 2
Demi-grand axe (a) 6,846×109 km
(45,71 ua)
Aphélie (Q) 7,885×109 km
(52,837 ua)
Périhélie (q) 5,807×109 km
(38,58 ua)
Excentricité (e) 0,15
Période de révolution (Prév) 112 897 ± 6 j
(309 a)
Vitesse orbitale moyenne 4,389 km/s
Inclinaison (i) 29,00°
Nœud ascendant (Ω) 79,42°
Argument du périhélie (ω) 245,85°
Anomalie moyenne (M0) 213,92°
Catégorie Plutoïde, cubewano
Caractéristiques physiques
Dimensions

(1434 × 1422) ± 14[1]
(1502 ± 45 × 1430 ± 9)[2]

1420 ± 30[3]
Magnitude absolue (M) -0,4
Albédo (A) 0,77
Température (T) ~ 35 K
Découverte
Pré-découverte 29 janvier 1955[4]
Découvreur Michael E. Brown,
Chadwick Trujillo,
David L. Rabinowitz
Date
Nommé d'après Make-make
Désignation 2005 FY9

Makémaké, officiellement désignée par (136472) Makémaké (désignation internationale (136472) Makemake), est la troisième plus grande planète naine connue. Elle appartient à la ceinture de Kuiper et fut découverte en 2005 par Michael E. Brown, Chadwick Trujillo et David L. Rabinowitz du California Institute of Technology. Makémaké n'a aucun satellite connu, ce qui la différencie des autres planètes naines de la ceinture de Kuiper.

Son diamètre est d'environ trois quarts celui de Pluton[5].

Sa température moyenne très faible (environ 30 K, soit -243 °C) signifie que sa surface est recouverte de méthane, d'éthane et, éventuellement, de glace d'azote[6].

Nom[modifier | modifier le code]

D'abord désigné provisoirement 2005 FY9 et provisoirement appelé « Easter Bunny » (le lapin de Pâques) par Michael E. Brown en raison de la date de sa découverte le , Makémaké a reçu son nom définitif le d'après une divinité de la création, conformément aux règles de l'Union astronomique internationale (UAI) pour la désignation des objets de Kuiper. Maké maké est le Dieu créateur dans le panthéon traditionnel de Rapa Nui sur l'île de Pâques[7],[8].

Découverte[modifier | modifier le code]

Makémaké a été découvert le 31 mars 2005 par une équipe de l'observatoire du Mont Palomar dirigée par Michael Brown[9], ce qui a été annoncée au public le 29 juillet suivant. La découverte d'Éris a été rendue publique le même jour, deux jours après l'annonce de celle d'Hauméa[10].

En dépit de son niveau de luminosité (il est environ un cinquième moins brillant que Pluton), Makémaké ne fut découverte qu'après de nombreux autres objets de la ceinture de Kuiper beaucoup moins lumineux. La plupart des recherches sur les planètes mineures sont effectuées sur une zone relativement proche de l'écliptique (la région du ciel que le Soleil, la Lune et les planètes semblent occuper, vue de la Terre). Il a probablement échappé à la détection au cours des recherches précédentes en raison de son inclinaison orbitale relativement élevée et le fait qu'il était à sa plus grande distance de l'écliptique au moment de sa découverte dans la constellation du nord de la chevelure de Bérénice[11].

Orbite et classification[modifier | modifier le code]

En 2009, Makémaké est à une distance de 52 unités astronomiques (7,78×109 km) du Soleil[12] et s'approche de son aphélie situé à 53 ua. Makémaké a une orbite très similaire à celle d'Hauméa : très inclinée à 29° et une excentricité modérée d'environ 0,16[13].

Néanmoins, l'orbite de Makémaké est légèrement plus éloignée du Soleil, à la fois au niveau du demi-grand axe et du périhélie. Sa période orbitale est de près de 310 ans[14], à comparer aux 248 années de Pluton et 283 années d'Hauméa.

Makémaké atteindra son aphélie en 2033[15] alors que Hauméa lui l'a atteinte en 1992[16].

Makémaké est classé comme un objet classique de la ceinture de Kuiper[17], ce qui signifie que son orbite se trouve assez loin de Neptune et est restée stable depuis la naissance du Système solaire[18].

Entre le 31 mars 2005, date de la découverte de Makémaké, et le 24 août 2006, date où l'UAI a tranché la définition de planète, Makémaké n'avait pas de statut particulier hormis celui d'objet massif de la ceinture de Kuiper. À partir du 24 août 2006, il fut avec Hauméa un candidat possible à la nomination de planète naine.

L'orbite de Makémaké.

Le 11 juin 2008, l'UAI a précisé ce système de classification en créant une sous-classe de planète naine, les plutoïdes, spécifiquement pour les planètes naines trouvées au-delà de l'orbite de Neptune. Éris et Pluton sont donc plutoïdes, tandis que Cérès n'en fait pas partie. Pour être considéré comme un plutoïde, un objet doit être exceptionnellement lumineux, avec une magnitude absolue de +1 ou moins[19], ce qui signifie que seuls Makémaké et Hauméa étaient susceptibles d'y être inclus[20].

Le 11 juillet 2008, l'UAI a fait de Makémaké la quatrième planète naine et le troisième plutoïde du Système solaire[21].

Taille et surface[modifier | modifier le code]

Makémaké comparé aux autres transneptuniens.

Makémaké présente une forme allongée avec des dimensions de 1 430 sur 1 502 kilomètres[22]. Il semble être similaire en taille à Hauméa, bien que légèrement plus lumineux, ce qui en fait l'un des objets de la ceinture de Kuiper les plus grands jamais détectés, après Éris et Pluton.

La surface de Makémaké ressemble à celle de Pluton. Le spectre infrarouge est marqué par la présence de méthane (CH4), comme sur Pluton et Éris. Sa présence, plus importante même que sur Pluton, suggérait que Makémaké pourrait avoir une atmosphère ne se révélant qu'au passage au périhélie, mais des observations de 2011 ont plutôt infirmé cette thèse[23].

Hypothèse d'une atmosphère[modifier | modifier le code]

La présence de méthane et probablement d'azote suggérait que Makémaké pourrait avoir une atmosphère passagère semblable à celle de Pluton près de son périhélie[24]. L'azote est le composant dominant de l'atmosphère[25].

L'existence d'une atmosphère aurait fourni aussi une explication naturelle à l'épuisement de l'azote : puisque la gravité de Makémaké est plus faible que celle de Pluton, Éris et Triton, une grande quantité d'azote a probablement été perdue via l'évasion atmosphérique. Le méthane est plus léger que l'azote mais a une pression de vapeur saturante significativement inférieure aux températures répandues à la surface de Makémaké (30-35 K) qui gêne son évasion. Le résultat de ce processus est une abondance relative de méthane[26].

L'équipe pilotée par José Luis Ortiz (Instituto de Astrofísica de Andalucía, CSIC, Espagne) a combiné de multiples observations en utilisant plusieurs télescopes de différents observatoires en Amérique du Sud pour regarder Makémaké lorsqu'elle passait devant une étoile lointaine en avril 2011. José Luis Ortiz en a conclu que « Lorsque Makémaké passe devant l'étoile et occulte sa lumière, l'étoile disparaît et réapparaît de manière très abrupte, au lieu de s'estomper et de se « rallumer » progressivement. Cela signifie que la petite planète naine n'a pas d'atmosphère significative »[27].

Satellite naturel[modifier | modifier le code]

Makémaké vue d'artiste.

Jusqu'à maintenant (juillet 2015), aucun satellite naturel n'a été détecté autour de Makémaké. Cela contraste avec les autres planètes naines transneptuniennes qui possèdent toutes au moins un satellite : Éris en a un, Hauméa en a deux et Pluton en a cinq.

Entre 10 % et 20 % de tous les objets transneptuniens sont susceptibles d'avoir un ou plusieurs satellites. Puisque les satellites offrent une méthode simple de mesurer la masse d'un objet, l'absence de satellite rend plus difficile l'obtention d'un chiffre précis pour la masse de Makémaké[28].

Exploration[modifier | modifier le code]

Il a été calculé qu'une mission de survol de la planète naine Makémaké pourrait prendre plus de 16 années en utilisant l'assistance gravitationnelle de Jupiter et en se basant sur un lancement à la date du 21 août 2024 ou du 24 août 2036. Makémaké serait alors approximativement à 52 UA du Soleil à l'arrivée de la sonde[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M.E. Brown, 2013, "On the size, shape, and density of dwarf planet Makemake"
  2. DOI:10.1038/nature11597 (ESO 21 November 2012 press release: Dwarf Planet Makemake Lacks Atmosphere)
  3. T.L. Lim; J. Stansberry; T.G. Müller (2010). ""TNOs are Cool": A survey of the trans-Neptunian region III. Thermophysical properties of 90482 Orcus and 136472 Makemake". Astronomy and Astrophysics 518: L148
  4. (en) « JPL Small-Body Database Browser: 136472 Makemake (2005 FY9) »,‎ 2010-01-26 last obs (consulté le 8 février 2010)
  5. La 10e planète
  6. 2005FY9
  7. (en) Michael E. Brown, « What's in a name? part 2 », sur Mike Brown's Planets Blog,‎ (consulté le 14 septembre 2008)
  8. (en) « Working Group for Planetary System Nomenclature », sur USGS Astrogeology - Gazetteer of Planetary Nomenclature (consulté le 11 septembre 2008)
  9. Découverte de Makemake
  10. His Stellar Discovery Is Eclipsed
  11. Astéroïde Makemake
  12. Hamilton
  13. Optical Spectroscopy of the Large Kuiper Belt Objects 136472 (2005 FY9) and 136108 (2003 EL61)
  14. Orbite de Makemake
  15. Makemake
  16. 2003 EL61 BODY
  17. The Minor Planet Electronic Circulars
  18. Kuiper Belt
  19. Les plutoïdes
  20. Plutoid fever
  21. Quatre planètes naines
  22. (en) Émeline Ferard, « Une planète naine et glacée qui n'a pas d'atmosphère », sur Maxiscience,‎ (consulté le 24 novembre 2012)
  23. http://www.cieletespace.fr/node/9854
  24. Atmosphère de Makemake
  25. Du méthane et de l'azote sur Makemake
  26. Particules de la ceinture de Kuiper
  27. Pas d'atmosphère pour Makemake publié le 22 novembre 2012 dans la revue Nature
  28. Satellites dans la ceinture de Kuiper
  29. McGranaghan, R.; Sagan, B.; Dove, G.; Tullos, A.; Lyne, J. E.; Emery, J. P., « A Survey of Mission Opportunities to Trans-Neptunian Objects », Journal of the British Interplanetary Society, vol. 64,‎ 2011, p. 296-303 (Bibcode 2011JBIS...64..296M)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Alain Doressoundiram et Emmanuel Lellouch, Aux Confins du système solaire,‎ [détail des éditions]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]