Pétroglyphe

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Des pétroglyphes à Mesquite Springs, parc national de la vallée de la Mort.

Un pétroglyphe est un dessin symbolique gravé sur de la pierre (surface rocheuse à l'état naturel) et fait donc partie de l'art rupestre. Le terme provient des mots en grec ancien πέτρος, pétros (« pierre ») et γλυφή, gluphḗ (« gravure »).

Histoire[modifier | modifier le code]

Ensemble de cupules sur un rocher, Galice.
Pétroglyphes sur Bishop Tuff tableland

Les pétroglyphes sont généralement associés aux peuples préhistoriques de l'Holocène et furent la forme dominante des symboles utilisés pour la communication des groupes humains, du Mésolithique à l'Âge du fer.

Les pétroglyphes furent progressivement remplacés par des systèmes d'écriture plus avancés utilisant des pictogrammes et des idéogrammes. Certaines sociétés primitives ont utilisé les pétroglyphes longtemps, parfois même jusqu'à leur contact avec la civilisation occidentale au XXe siècle.

Des pétroglyphes ont été trouvés sur tous les continents, excepté l'Antarctique, avec les plus grandes concentrations en Espagne du Nord (Galice), Afrique, Scandinavie, Sibérie, Amérique du Nord et Australie.

Techniques[modifier | modifier le code]

Les techniques de gravure sont principalement l'incision, le frottement ou la pulvérisation à l'aide de pierres.

La gravure préhistorique utilise plusieurs techniques qui creusent la surface d'un matériau dur (os, ivoire, roche dont la couche patinée sombre est attaquée pour faire apparaître son intérieur plus clair) :

  • par piquetage, technique très répandue qui consiste à marteler une surface rocheuse avec une pierre dure. La répétition des impacts permet de dessiner des traits ;
  • par incision, technique moins fréquente qui consiste à entailler plus ou moins profondément une roche, un os (gravure fine par la pointe d’un burin de silex, incisions plus profondes dessinant vigoureusement les contours, long travail d'incisions pouvant conduire à la sculpture) ;
  • par raclage, technique exceptionnelle qui consiste à frotter la surface d’un corps avec un instrument tranchant, produisant des effets de couleur et de volume. Des enlèvements de matière importants peuvent conduire aux bas-reliefs[1].

Signification[modifier | modifier le code]

Les pétroglyphes représentent souvent des empreintes de mains, des scènes de chasse, des animaux sauvages, des divinités et des démons.

Ces images ont une profonde signification culturelle et religieuse pour les sociétés qui les ont créées. Dans certains cas, cette signification a été conservée par leur descendants. On pense que de nombreux pétroglyphes représentent une forme d'expression symbolique ou rituelle qui n'est pas encore bien comprise.

Les traces les plus anciennes de l'Âge du bronze nordique en Scandinavie semblent indiquer une forme de frontière territoriale entre les tribus, si ce n'est sa signification religieuse. Il semble exister un "dialecte" commun entre les pétroglyphes voisins et contemporains.

Parmi les dessins marquants réalisés à l'Âge du bronze en Asie, on trouve des hommes-soleil, représentations d'anthropomorphes avec une tête en forme de soleil. Ces pétroglyphes sont considérés comme des divinités. À leurs pieds, il n'est pas rare de trouver d'autres anthropomorphes en train de danser ou de lever leurs mains vers le ciel en signe d'adoration.

Quelques chercheurs ont remarqué la ressemblance entre les styles de pétroglyphes sur différents continents. Bien qu'on s'attende à ce que les peuples soient inspirés par leur environnement, ce style commun est difficile à expliquer. Il pourrait s'agir d'une coïncidence, de migrations très larges ou d'une origine commune.

Controverse[modifier | modifier le code]

Les glyphes de Virginie-Occidentale sont renommés en raison de la controverse qui éclata à leur sujet dans les années 1980. Barry Fell, un professeur pensionné de biologie marine de l'université Harvard, publia un article expliquant comment il avait déchiffré les pétroglyphes de plusieurs zones de la Virginie occidentale. Selon lui, ils étaient écrits en Ogam, une écriture irlando-celtique utilisée du VIe siècle au VIIIe siècle et ils décrivaient en détail la nativité du Christ. Fell est connu pour soutenir une théorie sur des explorations irlandaises, ibériques, libyennes et égyptiennes de l'Amérique du Nord il y a 2000 ou 2500 ans.

En fait, la méthode de Fell repose sur un groupement arbitraire de marques. Estimant de plus qu'il s'agissait uniquement des consonnes, il pouvait rajouter à sa guise des voyelles et des radicaux ce qui lui permettait de décider quelle consonne chaque glyphe représente. Le travail de Fell fut étrillé par des linguistes et des archéologues de divers pays. Fell les accusa en retour d'être trop « paresseux » (« too damn lazy ») pour lire ses écrits et d'être « ignorants ».

Liste de sites[modifier | modifier le code]

Pétroglyphe scythe au Kirghizistan aux abords de la tour Burana.

Pétroglyphes d'Asie centrale[modifier | modifier le code]

Les premiers pétroglyphes d'Asie centrale voisinent avec le bestiaire plus tardif des Scythes, des nomades issus des steppes d'Asie au Ier millénaire av. J.‑C. Au VIIe siècle av. J.-C., les Perses émergent à leur tour. Guerriers, chevaux et animaux fabuleux illustrent leur passage. 800 ans plus tard, les Sogdiens leur emboitent le pas, laissant en témoignage des gravures de chevaux et de marchands. Ils étaient les principaux intermédiaires du commerce sur la route de la Soie. Sur la piste du haut Indus, comme sur ses autres branches, devaient transiter pierres précieuses, épices, soieries... et bouddhistes. C'est à eux que l'on doit les gravures les plus abondantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Beckensall, Stan et Laurie, Tim, Prehistoric Rock Art of County Durham, Swaledale and Wensleydale, County Durham Books, 1998 (ISBN 1-897585-45-4)
  • Beckensall, Stan, Prehistoric Rock Art in Northumberland, Tempus Publishing, 2001 (ISBN 0-7524-1945-5)
  • Clottes, Jean, Le Musée des roches. L’art rupestre dans le monde, Paris, 2000 : ouvrage général sur les pétroglyphes. (ISBN 978-2020403771)
  • Johnson Books, Legacy on Stone by Sally Cole, Boulder, 1990 : ouvrage sur les pétroglyphes du Sud-Ouest des États-Unis.
  • Hermann, Luc, Les Pétroglyphes de Tcholpon-Ata au Kirghizistan, Paris, 2010 : ouvrage sur un site du Kirghizistan. (ISBN 978-2810611737)
  • Hermann, Luc, Die Petroglyphen von Tamgaly in Kasachstan, Paris, 2011 : ouvrage sur un site du Kazakhstan, Patrimoine mondial de l'humanité, avec de nombreuses photos et explications sur la signification des pétroglyphes. (ISBN 978-2810618323)
  • Hermann, Luc, Die Petroglyphen vom Usektal in Kasachstan, Paris, 2011 : ouvrage sur plusieurs sites du Kazakhstan à proximité de la frontière chinoise, avec de nombreuses photos et explications sur la datation et la signification des pétroglyphes. (ISBN 978-2810623143)
  • Hermann, Luc, Les Pétroglyphes de l'Oughtasar et de Voskehat en Arménie, Paris, 2011 : ouvrage sur deux sites d'Arménie, avec de nombreuses photos et explications sur la datation et la signification des pétroglyphes. (ISBN 978-2810611973)
  • (en) Wang Xiaokun et Zhang Wenjing, « Distribution and Features of Rock Carvings in China », Журнал Сибирского федерального университета. Гуманитарные науки. Journal of Siberian Federal University. Humanities & Social Sciences, vol. 11, no 2,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]