Nuages de Kordylewski

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Diagramme montrant la position des points de Lagrange du système Terre-Lune ; les nuages de Kordylewski pourraient exister aux points L4 et L5.

Les nuages de Kordylewski sont de grandes concentrations de poussière qui pourraient exister aux points de Lagrange L4 et L5 du système Terre-Lune. On les compte au nombre des troyens que possède la Terre, dont le seul autre représentant est l'astéroïde 2010 TK7 du système Terre-Soleil (même si l'orbite du quasi-satellite (3753) Cruithne pourrait laisser penser à un troyen).

Hypothèse de leur existence[modifier | modifier le code]

Ils ont été envisagés la première fois dans les années 1960 par l'astronome polonais Kazimierz Kordylewski qui pensait trouver un astéroïde troyen de la Lune, mais leur existence est longtemps restée sujette à caution. En effet, on a longtemps pensé qu'il se pourrait qu'il ne s'agisse que de phénomènes temporaires de concentration, puisque ces points forment des positions d'équilibre instables à cause de perturbations du Soleil.

Kordylewski les aurait observés pour la première fois en octobre 1956, lorsqu'il détecta une lueur d'un diamètre angulaire d'environ 2° (soit au plus 14 000 km de large) et moitié moins brillante que le gegenschein. Il les photographia en 1961 alors qu'ils semblaient changer de forme et de taille[1]. En 1967, J. Wesley Simpson en réalisa des observations à l'aide du Kuiper Airborne Observatory[2]. En 1975, J. Roach confirme l'existence des nuages, avec l'Orbiting Solar Observatory[3]. Encore très peu de gens ont réussi à observer ces nuages. En 1979, Francisco Valdes et Robert Freitas effectuèrent une recherche d'objets situés près des points de Lagrange du système Terre-Lune, mais n'en détectèrent aucun[4].

La Terre possède aussi une concentration de poussières au point Lagrange L4[5].

Confirmation de leur existence[modifier | modifier le code]

En septembre 2018, Judit Slíz-Balogh, András Barta et Gábor Horváth, astronomes et physiciens hongrois confirment l'existence de ces nuages par un article dans la "Monthly Notices of the Royal Astronomical Society" d'Oxford[6]. C'est la très faible luminosité de ces nuages qui a rendu leur détection difficile. Les lumières parasites (lumière galactique, celle des étoiles, et la lumière zodiacale) ont gênées le travail des astronomes. L'utilisation de filtres de polarisation spéciaux a été nécessaires pour détecter la lumière diffusée par les particules individuelles des nuages[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Kazimierz Kordylewski, « Photographische Untersuchungen des Librationspunktes L5 im System Erde-Mond » [« Relevé photographique du point de libration L5 du système Terre-Lune »], Acta Astronomica, vol. 11, no 3,‎ , p. 165-169 (Bibcode 1961AcA....11..165K, lire en ligne [PDF], consulté le 28 mai 2016).
  2. (en) Simpson, J. W., « Dust Cloud Moons of the Earth », Physics Today, vol. 2,‎ , p. 39-46
  3. http://www.infoster.be/negepl/hypo.html
  4. (en) Freitas, R. A., « A search for natural or artificial objects located at the earth-moon libration points », Icarus, vol. 42,‎ , p. 442-447 (DOI 10.1016/0019-1035(80)90106-2, résumé)
  5. (en) « Lagrange points », sur math.ucr.edu (consulté le 21 mai 2016)
  6. "Celestial mechanics and polarization optics of the Kordylewski dust cloud in the Earth–Moon Lagrange point L5 – I. Three-dimensional celestial mechanical modelling of dust cloud formation", Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, 1 septembre 2018
  7. "Deux autres "lunes" orbiteraient autour de la Terre", National Geographic, consulté le 22 août 2019