Hassan Iquioussen

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Hassan Iquioussen, né en 1964 à Denain, est un conférencier et membre de l'UOIF connu au sein de la communauté musulmane de France. Il est un des fondateurs des JMF (Jeunes musulmans de France), et fut surnommé le « prêcheur des cités »[1]. Il a attiré l'attention du grand public pour des propos polémiques en 2003 et 2004[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père fait partie de la première vague d'immigration marocaine qui s'installe en France en 1936. Il se marie en 1958 et donne naissance à 9 enfants.

Hassan Iquioussen, le cinquième enfant de cette fratrie, naît à Denain, une petite commune du Nord proche de Valenciennes. Il se marie à 20 ans ; cinq enfants (tous des garçons) sont le fruit de cette union. Après un baccalauréat général littéraire, il obtient une licence en arabe, une maîtrise en histoire puis abandonne ses études alors qu'il poursuit un DEA d'histoire[3] pour se consacrer à l'acquisition et la transmission du savoir religieux.

Parmi les principaux thèmes de ses prêches, on peut notamment citer l'appel aux musulmans de France à se sentir pleinement français, à s'engager dans la vie politique et citoyenne et à sortir de l'image victimaire qui leur est réservé pour agir et être acteur de leur destin. Son expérience du terrain, ses connaissances et ses prédications sont souvent citées comme représentatives d'une certaine mutation de l'Islam propre à la France[4],[5],[6].

Exposition médiatique[modifier | modifier le code]

En 2003, Hassan Iquioussen donne une conférence publique enregistrée et diffusée sous forme de cassette audio sous le titre La Palestine, histoire d'une injustice. En janvier 2004, le journal L’Humanité révèle la teneur des propos tenus lors de cette conférence[2]. Hassan Iquioussen y qualifiait les juifs d’« avares et usuriers » et d’être « le top de la trahison et de la félonie ». Il les accusait de « comploter contre l’islam et les musulmans » ou encore de « [ne pas vouloir] se mélanger aux autres qu'ils considèrent comme des esclaves ». Il attribuait le schisme qui a divisé l'islam « à un juif yéménite converti pour détruire l’islam de l’intérieur » et présentait Mustafa Kemal Atatürk comme « un converti hypocritement à l’islam » pour la même raison. Il accusait les sionistes d’avoir poussé « Hitler à faire du mal aux Juifs allemands pour les forcer à partir » et présentait le président égyptien Anouar el-Sadate comme un « agent américain » tandis que Yasser Arafat et ses hommes étaient accusés de dépravation. Hassan Iquioussen y faisait également l’éloge de Hassan El-Banna, le fondateur des Frères musulmans.

Après que Dominique de Villepin, à l’époque ministre de l'Intérieur, a condamné ces propos, Hassan Iquioussen est revenu sur ses déclarations, affirmant : « je reconnais avoir tenu des propos déplacés, je reconnais mes torts. Je condamne mes propos déplacés. L'antisémitisme est une horreur. (…) Je fais une centaine d'interventions par an. Ça m'arrive de déborder, je n'ai pas de scrupules ni de honte à reconnaître mes erreurs[7]. »

Il s'affiche en 2011[8] et 2012[9] avec Alain Soral. Dans une vidéo postée en décembre 2013[10], il déclare: « Alain Soral dit des choses très intéressantes, très intelligentes, pertinentes, et parfois, on peut très bien ne pas être d'accord avec lui. »

Depuis décembre 2012, Hassan Iquioussen diffuse via sa chaîne Youtube[11] des vidéos de ses conférences. Sa page compte en 2018 plus de 17 millions de vues en 5 années et demi d'existence.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hassan Iquioussen, grande figure de l'UOIF : « La vie du musulman est un effort pour répandre la miséricorde et le combat »
  2. a et b Marc Blachère, « Iquioussen ou la culture de la haine antijuive », L’Humanité, 17 janvier 2004.
  3. a et b Cécilia Gabizon, « Le prêcheur vedette des banlieues professe un antisémitisme virulent », Le Figaro, 28 octobre 2004.
  4. Le Sabre et le Coran : Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l'Europe, de 2005
  5. « Islamic sermons, religious authority and the individualization of Islam in France » (article académique allemand en anglais), 2006
  6. Caroline Fourest le dépeint en écho, dans un entretien publié dans Hérodote en 2010, comme « un jeune Français formé par l'UOIF, très représentatif de cette génération d'imams improvisés ».
  7. « Un prêcheur musulman reconnaît ses torts », Le Nouvel Observateur, 01/11/2004.
  8. « Annonce de la conférence d'Alain Soral et Hassan Iquioussen. »
  9. « Alain Soral et Hassan Iquioussen sur le Rap Français » (consulté le 13 novembre 2014)
  10. « Alain Soral manipule-t-il les musulmans ? » (consulté le 13 novembre 2014)
  11. « Hassan Iquioussen », sur YouTube (consulté le 15 avril 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]