Amar Lasfar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Amar Lasfar
Amar Lasfar, RAMF 2018.jpg
Biographie
Naissance
Période d'activité
Depuis 5 ans
Nom de naissance
Amar Lasfar
Nationalité
Activité
Président de l'UOIF

Amar Lasfar, né en à Nador au Maroc, est le président de l'association Musulmans de France (anciennement UOIF).

Il est venu en France pour y terminer ses études[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Amar Lasfar est marié et père de six enfants[2].

Homme d'affaire, il dirige une agence de voyages, située à Lille, Atlas Tours, « un des principaux affréteurs pour le grand pèlerinage à La Mecque et un poids lourd des vols vers l’Algérie »[1].

Politique[modifier | modifier le code]

Amar Lasfar fait partie de de l'association Musulmans de France (anciennement UOIF), institution que l'on dit proche des Frères musulmans. Cela l'a rendu difficilement fréquentable pour les politiques, lesquels préfèrent discuter avec des organisations jugées plus modérées[interprétation personnelle], comme la Grande Mosquée de Paris.

La visibilité médiatique de l'UOIF s'étend quand, en 1990, Pierre Joxe, alors ministre de l'intérieur, fait entrer l'organisation dans le Conseil de réflexion sur l'islam de France (CORIF) qu'il vient de créer. Deux représentants de l'UOIF sont choisis, Abdallah Ben Mansour et Amar Lasfar[3]. Ce dernier était dans les instances dirigeantes de l’UOIF depuis sa création, au début des années 1980, mais il « attendait son heure »[1].

Le 9 juin 2013, il en prend la direction[2].

En avril 2017, à propos de son organisation, il déclare que « Nous ne faisons pas partie des Frères musulmans. En revanche, nous nous inscrivons dans leur courant de pensée », ajoutant que son mouvement représente « surtout l'islam de France »[4].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Prosélytisme et conquête de l'occident[modifier | modifier le code]

Le 28 mai 1994 lors d'une conférence en arabe, Amar Lasfar explique quelles sont les stratégies de conquêtes que les musulmans doivent appliquer pour soumettre l'Occident à ses lois, et milite alors pour la stratégie de l'infiltration politique dans les conseils municipaux[5].

Voile[modifier | modifier le code]

Amar Lasfar défend, au milieu des années 1990, des filles voilées exclues de leur établissement public. Considérant que le voile est une obligation pour les femmes, il s'oppose à un autre membre de l'UOIF, Tareq Oubrou. À cette époque, il indique son souhait de voir se créer en France des écoles privées musulmanes[6], projet auquel il contribuera en fondant en 2003 le lycée privé musulman Averroès[7].

Livre de Mohamed Louizi[modifier | modifier le code]

Mohamed Louizi, ancien Frère musulman, dénonce dans son livre Pourquoi j'ai quitté les Frères musulmans, le double discours d'Amar Lasfar. Ce dernier l'accuse alors de « diffamation publique contre un particulier ». Le jour du procès, son avocat annonce la volonté de son client de « renoncer à saisir le juge »[8].

Autre témoignage qui serait de nature à soutenir la thèse de Mohamed Louizi est celle d'un éducateur anonyme interrogé dans le cadre des travaux de recherches menées par l’Adric (Agence de Développement des Relations Interculturelles pour la Citoyenneté) dirigées par Chahla Beski-Chafiq (Docteur en sociologie) qui a permis la production d'un Rapport[9] réalisé pour le Centre for Studies in Islamism and Radicalisation (CIR) du Department of Political Science de Aarhus University du Danemark en avril 2010 (Page 52 du Rapport).

Selfie de Bernard Cazeneuve[modifier | modifier le code]

À la suite d'un selfie de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, en compagnie d'Amar Lasfar, président de l'UOIF, et d'Otmane Aissaoui, imam UOIF de Nice et délégué départemental de l'organisation dans les Alpes-Maritimes, le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, dénonce « la complaisance dont bénéficient les islamistes de l'UOIF de la part des pouvoirs successifs ». Et d'ajouter dans son communiqué : « Tant le principe que les participants de cette photo interrogent. Est-il normal que le ministre de l'Intérieur, celui qui a pour mission de protéger notre pays et nos compatriotes de la menace islamiste, pose ainsi avec une organisation s'appuyant sur la doctrine des Frères musulmans et dont des imams ont été dénoncés pour leurs déclarations antisémites ou des propos ambigus sur le djihad[10],[11] ? »

Tribune avec Rachid Abou Houdeyfa[modifier | modifier le code]

Lors d'une conférence organisée à Roubaix, Amar Lasfar devait partager la tribune avec le « sulfureux » imam salafiste Rachid Abou Houdeyfa avant d'y renoncer. Abou Houdeyfa avait, par exemple, affirmé en 2012 que ne pas porter le voile, c'était s'exposer au viol[12],[13]. Selon Mohamed Louizi, « c’est la démonstration d’un rapprochement entre l’UOIF, c’est-à-dire les Frères musulmans, et les salafistes »[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Amar Lasfar, « un fin politique » », sur Libération.fr (consulté le 1er mai 2016)
  2. a et b « Le Lillois Amar Lasfar, président de l’Union des organisations islamiques de France : « Nous revendiquons notre indépendance de fonctionnement » », sur La Voix du Nord (consulté le 21 avril 2016).
  3. « Enquête sur ces musulmans qui inquiètent l'islam de France », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  4. La-Croix.com, « L’Union des organisations islamiques de France change de nom pour redorer son image », sur La Croix (consulté le 4 mars 2018)
  5. Éditions Ring, « Une conférence choc d'Amar Lasfar, Président de l'UOIF, refait surface », (consulté le 29 mars 2018)
  6. « Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille-Sud : », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  7. « Municipales à Lille : Amar Lasfar, le prêcheur », sur leparisien.fr (consulté le 1er mai 2016)
  8. Mohamed Louizi, Pourquoi j'ai quitté les Frères musulmans : Retour éclairé vers un islam apolitique, Michalon, , 330 p. (ISBN 978-2841868186).
  9. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. https://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/2725/files/2016/04/Jeunes-et-radicalisation-islamiste.pdf
  10. « Ce selfie de Bernard Cazeneuve avec le président de l'UOIF et un imam de Nice qui énerve le FN - Le Lab Europe 1 », sur lelab.europe1.fr (consulté le 19 avril 2016)
  11. « Le selfie de Cazeneuve et de l'imam de Nice qui agite le FN », sur www.nicematin.com (consulté le 19 avril 2016)
  12. « Le sulfureux imam de Brest invité d'honneur d'une mosquée roubaisienne », sur Nord Éclair (consulté le 19 avril 2016)
  13. a et b « Le controversé imam de Brest a donné une conférence à Roubaix », sur valeursactuelles.com (consulté le 19 avril 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mohamed Louizi, Pourquoi j'ai quitté les Frères musulmans : Retour éclairé vers un islam apolitique, Michalon, , 330 p. (ISBN 978-2841868186)
  • Fiammetta Venner, OPA sur l'Islam de France : les ambitions de l'UOIF, Calmann-Lévy, 2005

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]