Campagne de Belgique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Campagne de Belgique de 1815
Description de cette image, également commentée ci-après
La bataille de Waterloo, le 18 juin 1815, par Clément-Auguste Andrieux, 1852.
Informations générales
Date -
Lieu Belgique et France
Issue Victoire décisive des Alliés
Fin définitive de l'ère napoléonienne
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire françaisDrapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Drapeau des Pays-Bas Royaume uni des Pays-Bas
Drapeau de la Confédération germanique Confédération germanique: Duché de Brunswick, Royaume de Hanovre (King's German Legion), Duché de Nassau
Commandants
Napoléon Ier
Michel Ney
Emmanuel de Grouchy
Louis Nicolas Davout
Isidore Exelmans
Gebhard von Blücher
Arthur Wellesley
Johann von Thielmann
Guillaume d'Orange
Frédéric-Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel (tué le 16 juin)
Forces en présence
124 000 hommes219 000 hommes
Pertes
47 000 hommes60 000 hommes

Septième Coalition

Batailles

Bataille des Quatre-Bras, bataille de Ligny, bataille de Waterloo, combats de Plancenoit, bataille de Wavre

La campagne de Belgique de 1815 est la dernière des guerres napoléoniennes et marque la fin définitive de l'ère de Napoléon Ier. Cette campagne oppose la France à la Septième Coalition formée en réaction au retour au pouvoir de Napoléon. Celui-ci entre en Belgique, alors partie du Royaume uni des Pays-Bas, en espérant remporter un succès décisif sur les Britanniques, les Prussiens et leurs alliés qui lui permettrait de se maintenir sur le trône. Après des succès initiaux, son armée est mise en déroute le quatrième jour à la bataille de Waterloo le  ; le corps de Grouchy, détaché pour une manœuvre latérale contre les Prussiens, ne regagne le territoire français que le . La France est de nouveau envahie, ce qui entraîne l'abdication définitive de Napoléon, la prise de Paris par les coalisés le et la Seconde Restauration.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1815, l'Europe a sa première période de paix complète depuis l'année 1805. En effet, les coalisés, vainqueurs de Napoléon en 1814, se sont réunis à Vienne et sont en train de refaire la carte de l'Europe tandis que Napoléon est exilé à l'île d'Elbe. Les négociations, entre les souverains de l'Europe à Vienne, traînent depuis la fin de l'année 1814 mais ils sont sur le point de trouver une entente mutuelle quand Napoléon débarque le 1er mars à Golfe Juan sur la côte française.

La Septième Coalition[modifier | modifier le code]

Immédiatement après le débarquement, les souverains de l'Europe tout entière se coalisent contre la France : les 165 000 soldats des armées russes passent le Niémen en mars 1815, les 300 000 Autrichiens marchent vers le Rhin et l'Italie. L'armée anglaise de Wellington et l'armée prussienne de Blücher (125 000 hommes) se réunissent avec de nombreux alliés de la Confédération germanique, qui seront répartis dans l'armée anglo-hollandaise de Wellington (99 500 hommes), en Belgique au printemps 1815. Les coalisés disposent de 700 000 hommes. Napoléon parvient à lever une armée de 290 000 hommes mais son armée du Nord n'en compte que 124 000, les autres hommes en garnison gardant les places fortes, les camps retranchés ou étant placés aux frontières, notamment à l'est où se concentrent Russes, Autrichiens et Piémontais et au sud Portugais et Espagnols. Afin d'éviter la concentration des armées coalisées et l'invasion de la France, le Napoléon part de Paris pour se mettre à la tête de ses armées, et commencer la campagne[1].

Les plans des coalisés[modifier | modifier le code]

Le 13 mars 1815, les puissances réunies à Vienne déclarent Napoléon « ennemi public » et commencent leurs préparatifs de guerre. Le duc de Wellington reçoit le commandement d'une armée comprenant les forces du Royaume-Uni, du Royaume uni des Pays-Bas (dessiné par le congrès de Vienne et comprenant l'ancien royaume de Hollande, la Belgique et le Luxembourg), et de plusieurs principautés d'Allemagne du Nord, royaume de Hanovre, Nassau et Brunswick. Wellington aurait d'abord voulu intégrer le contingent prussien sous son commandement mais dans le plan général de défense conclu le 31 mars 1815, la Prusse obtient une armée indépendante sous les ordres de Blücher[2]. Le jeune Guillaume d'Orange, prince héritier des Pays-Bas, reçoit le commandement des forces néerlandaises ; il propose aussitôt à Louis XVIII, réfugié à Gand, de l'emmener combattre en France, offre qui crée une certaine perplexité chez les Alliés. Les Pays-Bas ont peu de troupes professionnelles sur pied, hormis une « brigade indienne » de 4 000 hommes, commandée par le général Anthing et qui était sur le point de partir en garnison aux Indes orientales néerlandaises ; elle est aussitôt dirigée vers Maastricht. Avec la levée de 15 000 hommes supplémentaires, le royaume dispose d'un contingent appréciable. Des canonnières sont disposées sur la Meuse et l'Escaut et les forteresses d'Anvers, Maastricht et Venlo reçoivent des approvisionnements pour un long siège : les Alliés savent que leur possession peut être vitale si la guerre se prolonge[3].

L'armée du Rhin inférieur, sous commandement prussien, se rassemble en Rhénanie et doit compter 153 000 hommes au total dont 4 des 7 corps de l'armée prussienne[2]. Elle comprend des unités hétérogènes et de valeur très inégale : la conscription donne beaucoup de jeunes recrues inexpérimentées qui se révéleront sujets à la panique, des unités peu entraînées de la Landwehr considérés comme assez médiocres, tandis que les corps de volontaires venus de toute l'Allemagne montrent une tendance à l'indiscipline. Cependant, l'état-major et le corps des officiers, ainsi que la cavalerie légère, ont tiré profit de l'expérience des campagnes de 1813 et de 1814 et ont un haut degré de professionnalisme[4]. Les petits contingents confédérés d'Allemagne du Nord, venus du grand-duché de Hesse et des principautés de Saxe-Weimar, Anhalt, Lippe, Waldeck et Oldenbourg, sont commandés par le Prussien Kleist von Nollendorf, totalisent 35 000 hommes sur le papier mais ne dépasseront pas 14 000 à 18 000 en réalité, avec un niveau d'entraînement et d'équipement généralement faible[5].

Le 8 juin, jour où l'armée du Nord de Napoléon quitte Paris pour marcher vers la frontière belge, les forces coalisées se répartissent ainsi :

Le plan de Napoléon[modifier | modifier le code]

En France, Napoléon entre triomphalement à Paris à la fin du mois de mars 1815, réorganise l'armée et apprend que le roi Louis XVIII s'est réfugié en Belgique, qui est le point de concentration des armées ennemies capables d'envahir la France le plus rapidement possible.

Napoléon décide de se diriger vers Charleroi pour vaincre les Prussiens puis l'armée anglaise stationnée plus au nord-ouest, et ensuite d'en finir avec les Autrichiens et les Russes de l'autre côté du Rhin[7].

Le corps de bataille de l'Empereur est constitué par l'Armée du Nord. Il décide de donner le titre de major général de l'armée à Soult, de confier le commandement de l'aile droite à Grouchy, qui a été promu Maréchal d'Empire après le retour de Napoléon, de donner le commandement de l'aile gauche à Ney, son intention étant d'attaquer l'ennemi par surprise le en envahissant la Belgique alors que les coalisés ne l'attendaient qu'en juillet 1815[8].

Déroulement[modifier | modifier le code]

plan représentant les mouvement des différents corps d'armée.
La campagne de Belgique
En bleu ; les Français. En rouge : Les Britanniques et les Hollando-belges. En noir : les Prussiens.
1, 2 et 3 bleu : Ney et son corps livre la bataille des Quatre-Bras et Napoléon avec trois corps celle de Ligny contre Blücher
2 et 3 noir, sur la droite : Les deux corps prussiens de Thielmann et Bülow arrivent de Namur.
5 et 6 bleu : Napoléon se rabat sur les Quatre-Bras et Waterloo. Et il envoie Grouchy poursuivre Blücher (4 gris) qui retraite vers Wavre.
7: Les 3 corps prussiens qui ont échappé à Grouchy attaquent Napoléon sur son flanc droit en passant par Plancenoit.
6 bleu. Le lendemain, Grouchy bat Thielmann à Wavre. La route de Bruxelles lui est ouverte. Pour faire quoi ? Grouchy décide de ne pas exploiter et retraite à marche forcée sur Paris où, poursuivi par les Alliés, il arrivera le premier sans avoir perdu un homme.


Le jeudi 15 juin[modifier | modifier le code]

Cavalerie hollando-belge pendant la campagne de 1815, d'après Richard Knötel.

Le 15 juin 1815, Napoléon envahit la Belgique avec 124 000 hommes et surprend ainsi Wellington et Blücher. À la fin de la journée, Charleroi a été pris et la route de Charleroi est aussi prise. Ney est arrivé en début de matinée et a pris le commandement de l'aile gauche. Napoléon prépare le plan du lendemain dans le cadre duquel il affrontera, avec le gros de l'armée et l'aile droite de Grouchy, Blücher à Ligny tandis que Ney, qui sera en position d'infériorité numérique attaquera les Quatre-Bras qui est défendu par Wellington.

Le vendredi 16 juin[modifier | modifier le code]

Le , Ney se laisse devancer par Wellington sur la position stratégique des Quatre-Bras : il faut toute la journée aux Français pour l'emporter. Wellington se replie en bon ordre vers le mont Saint-Jean qu'il a repéré à l'avance comme une bonne position défensive. Pendant ce temps, Blücher est battu à Ligny par le gros des forces de Napoléon ; il se replie pendant la nuit en lançant une contre-attaque pour couvrir sa retraite. Le corps de cavalerie de Grouchy, pris entre les instructions contradictoires de Napoléon et de Ney, reste pratiquement inutilisé entre les deux champs de bataille[9].

Le samedi 17 juin[modifier | modifier le code]

Après une ébauche de contre-attaque pendant la nuit du 16 au 17, les Prussiens se retirent vers l'est. Le , Napoléon organise la suite des opérations contre l'armée anglo-hollandaise de Wellington qui reste son principal objectif. Il donne le commandement complet de l'aile droite à Grouchy et lui indique de poursuivre les Prussiens et d'empêcher leur jonction avec les Britanniques. Grouchy dispose, pour réussir cet objectif, de 108 canons et de 34 000 hommes. Cependant, Grouchy ne reçoit l'ordre de se mettre en route que vers midi et reste longtemps incertain sur la direction à suivre car il ignore si Blücher se replie vers Liège pour attendre des renforts ou s'il veut faire sa jonction avec Wellington sur la route de Bruxelles. Ce n'est qu'en milieu de journée qu'il apprend que les Prussiens suivent cette dernière direction en passant par Wavre[10].

Durant toute la journée, Napoléon prépare le plan d'attaque du mont Saint-Jean, qui est prévu pour le lendemain.

Le dimanche 18 juin[modifier | modifier le code]

Blücher et le Duc de Wellington à la veille de la bataille de Waterloo.

Le , Napoléon prend position en face du mont Saint-Jean avec une supériorité numérique sur l'armée anglo-hollandaise de Wellington en canons, en infanterie et en cavaliers. La ferme de la Haie-Sainte et la ferme d'Hougoumont sont occupées par des unités de l'armée de Wellington. Napoléon décide de prendre ces positions et de lancer l'attaque ensuite. Les attaques contre la Haie-Sainte ne vont servir à rien et Napoléon décide de lancer la première attaque d'infanterie avant que la Haie-Sainte ne soit prise. Cette décision fera perdre de l'élan à ses attaques car elles se feront tirer sur les flancs pendant les attaques.

La première attaque est repoussée et une deuxième se prépare quand de la fumée se fait voir à l'est du champ de bataille. Napoléon croit que ce sont les hommes de Grouchy à qui il a donné l'ordre de le rejoindre au mont Saint-Jean. Napoléon découvre quelques instants plus tard que c'est toute l'armée prussienne de Blücher qui s'avance vers son aile droite et va ainsi le prendre en étau, il envoie alors un corps d'armée pour contenir les Prussiens sur son aile droite pendant qu'il prendra le mont Saint-Jean et remportera la victoire.

Pendant que Napoléon prépare une deuxième attaque d'infanterie pour prendre le mont Saint-Jean, Ney prend l'initiative de lancer une charge de cavalerie importante pour prendre le mont Saint-Jean. Il va échouer car les Anglais ont eu le temps de se former en carrés et repoussent la charge. Napoléon a ainsi perdu une grosse partie de sa cavalerie et est menacé sur son flanc droit par les Prussiens. Il décide de lancer la Moyenne Garde en tant que seconde attaque d'infanterie pour prendre le mont Saint-Jean, soutenue par les restes du corps d'infanterie de d'Erlon. Au moment où elle arrive sur le mont Saint-Jean, elle hésite à attaquer et se débande pour la première fois. La retraite commence alors et se transforme en déroute complète quand Wellington lance l'attaque finale avec ses troupes et celles de Blücher.

Journées des 18 et 19 juin : manœuvres du corps de bataille de Grouchy[modifier | modifier le code]

Le 18 juin en milieu de journée, Grouchy entend le canon de Waterloo mais ses instructions ne lui prescrivent pas de rejoindre les forces principales de Napoléon ; il continue vers Wavre à la suite des Prussiens. Wavre, qui commande les ponts sur la Dyle, est défendue par le corps prussien de Johann von Thielmann qui livre une bataille acharnée contre des forces françaises deux fois plus nombreuses. Ce n'est que le lendemain matin que Thielmann évacue la ville en bon ordre : entre-temps, le sort de la campagne s'est déjà joué à Waterloo[9]. Dans l'après-midi du 19, les Prussiens lancent, sans grand succès, une contre-attaque contre le corps de Grouchy. Thielmann se retire sur Louvain selon les ordres donnés par Blücher[11]. Grouchy, apprenant la retraite de Napoléon, renonce à inquiéter les arrières des Prussiens et se dirige vers Namur et Givet en ralliant les petites unités françaises éparses[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dimitri Casali, Qui a gagné Waterloo ?, Flammarion, , p. 27
  2. a et b Hofschröer 2014, p. 3-5.
  3. Hussey 1988, p. 98.
  4. Hofschröer 2014, p. 5-8.
  5. Hofschröer 2014.
  6. Guillaume de Vaudoncourt, La Campagne de 1815, livre I, Paris, 1846, p. 112-113.
  7. Gaëtan Deghilage, La bataille de Waterloo, 50 Minutes, , p. 10
  8. Napoléon empereur des Belges, Éditions J. M. COLLET
  9. a b et c (en) Andrew Field, Grouchy's Waterloo : The Battles of Ligny and Wavre, Pen and Sword Military, .
  10. Field 2017, p. 68-72.
  11. Lachouque 1972, p. 198.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guillaume de Vaudoncourt, La Campagne de 1815, livre I, Paris, 1846 [1]
  • Gustave de Pontécoulant, Souvenirs militaires. Napoléon à Waterloo, ou précis rectifié de la campagne de 1815, Paris, J. Dumaine, (lire en ligne).
  • Henry Lachouque, Waterloo 1815, Éditions Stock, . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John Hussey, Waterloo: The Campaign of 1815: Volume I: From Elba to Ligny and Quatre Bras, Greenhill Books, (lire en ligne).
  • (en) Peter Hofschröer (ill. Gerry Embleton), The Prussian Army of the Lower Rhine 1815, Oxford, Osprey Publishing Ltd, coll. « Men-at-arms » (no 496), , 48 p. (ISBN 978-1-782-00617-6, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]