Indépendance du Portugal

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Le Portugal est devenu indépendant en 1139, et à ce titre il possède les plus anciennes frontières d'Europe. Il y a eu une deuxième indépendance avec la fin de l'Union ibérique en 1640.

Formation et Indépendance[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Alphonse Ier (successeur de Pélage le Conquérant), les seigneurs d'Asturie s'emparent des territoires jusqu'au Douro.

Le royaume de León compte au début quatre divisions: les Asturies, le León, la Galice et la Castille. Chacune est dirigée par un comte. Au fur et à mesure des conquêtes, les terres sont divisées en comtés ou en duchés. En 868, Porto et Braga sont reprises. À partir du IXe siècle, le sud de la Galice forme un comté dynamique autour de sa métropole religieuse, Braga, et de son port Porto. Il porte le nom de Portucale ou Terra portucalensis (pays de Portucale), rappelant le nom latin de Porto (Portus Cale ou Portucale).

La noblesse qui s'y installe fonde le Condado Portucalense, dirigé par Diogo Fernandes puis ses enfants jusqu'en 1071. De nombreuses incursions au sud du Douro donnent lieu à de nouvelles occupations par de nouveaux seigneurs qui eux-mêmes se rebellent bientôt contre le comte et cherchent à s'émanciper de l'autorité royale.

En 1095, Urbain II lance la première croisade pour libérer les lieux saints et surtout réagir à la menace que représentent les Turcs récemment convertis à l'Islam. Déjà, les réformes grégoriennes appellent à s'unir pour lutter contre toutes les croyances païennes et hérétiques.

C'est dans ce cadre que, en 1095, Alphonse VI de Castille et de León, annexant la Galice et le comté de Portugal, réunifie le royaume. Alphonse VI, marié à Constance de Bourgogne, fait appel à sa belle famille bourguignonne pour l'aider à reconquérir la péninsule. Raymond et Henri de Bourgogne, de la famille royale de France, font partie d'une noblesse en quête de terre et de prestige et répondent favorablement à l'appel.

En remerciement et pour consolider ses liens avec les autres monarchies, il donne à Raymond sa fille Urraque et en fait donc le futur roi de León et de Galice.

À Henri, il donne la main de sa fille bâtarde, Thérèse de León et le comté de Portugal. Dès lors, celui-ci installe sa cour près de Braga, à Guimarães (considéré depuis comme « berceau » du Portugal). Il continue à prêter serment à Alphonse VI tout en bénéficiant d'une certaine autonomie, et poursuit la reconquête jusqu'au fleuve Mondego.

La bataille d'Ourique peinte par Domingo Antonio de Sequeira (1768-1837).

Des circonstances particulières permettent à Henri de prendre son indépendance: la mort du roi Alphonse VI et de son héritier. Urraque Ire de Castille monte alors sur le trône, provoquant des contestations chez ses vassaux. Henri refuse de lui prêter l'hommage et affirme son indépendance. À sa mort, sa veuve Thérèse de León, hérite du comté et poursuit cette politique d'indépendance. Pourtant son rapprochement avec la noblesse de Galice qu'elle réclame en héritage provoque le mécontentement de la noblesse portugaise. C'est alors son fils Afonso Henriques, né à Guimarães, soutenu par la noblesse portugaise opposée à cette alliance, qui se révolte contre sa mère — bataille de São Mamede en (1128) — puis contre le nouveau roi Alphonse VII qui finit par en faire son vassal en échange de sa loyauté (traité de Tui en 1137).

En 1139, Afonso Henriques remporte sur les musulmans une bataille historique à Ourique et est proclamé roi par ses troupes sur le champ de bataille. La légende veut que le Christ lui soit apparu pendant la bataille. Cette situation est officialisée par le traité de Zamora (1143) par lequel Alphonse VII reconnaît le royaume du Portugal et son roi Alphonse Ier. Grâce à son habilité politique et guerrière, ce dernier a réussi là où d'autres comtés échouent, et gagne ainsi son indépendance.

Union ibérique[modifier | modifier le code]

Deuxième Indépendance[modifier | modifier le code]