Tiare pontificale

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La tiare du pape Pie IX, portée ensuite par les papes Pie X, Pie XII et Jean XXIII, notamment lors de leur couronnement.

La tiare pontificale, appelée aussi le trirègne (en latin tiara ou triregnum), est la triple couronne des papes, à caractère non liturgique (contrairement à la mitre papale), mais cependant doctrinal car la tiare symbolise le pouvoir pétrinien donné par Jésus-Christ à saint Pierre. Quoique actuellement elle ne soit plus portée par les papes (depuis Paul VI, qui l'a coiffée en dernier), la tiare fait toujours partie des armoiries du Vatican et de l'emblème du Saint-Siège.

La tiare est donc utilisée pour exprimer solennellement le pouvoir spécifique du pape et est distincte de la mitre, insigne liturgique des évêques de l'Église latine, également portée par le pape en tant qu'Évêque de Rome.


Forme matérielle[modifier | modifier le code]

La tiare est un couvre-chef élevé, en forme d'ogive généralement en tissu renforcé de fil d'argent ou de fil d'or, entouré de trois couronnes d'or superposées : la première à même le front, la deuxième à mi-hauteur, et la troisième, plus resserrée, en dessous du sommet. Le sommet de la tiare est surmonté d'un globe et d'une croix, ou parfois de la croix seule. Par derrière, au niveau du cou, tout comme pour la mitre, y sont fixés deux fanons (bandes de tissu doublé, larges et frangés, tombant sur la nuque et le haut du dos), chacun marqué d'une croix et frappé des armes du pape pour qui la tiare a été faite (si le pape régnant coiffait occasionnellement la tiare de l'un de ses prédécesseurs, on y fixait, le temps de l'office ou de la cérémonie, des fanons portant ses propres armes).

L'énorme tiare dont on coiffe la statue de bronze de saint Pierre dans la basilique vaticane, chaque 29 juin, en la fête des saints Pierre et Paul.

L'usage de la tiare, comme couvre-chef « matériel », est récemment tombé en désuétude, depuis la décision personnelle du pape Paul VI (sans engager ses successeurs) de ne plus la porter, décision qui devient effective à partir de la clôture du IIe concile œcuménique du Vatican, le 8 décembre 1965. Cependant la tiare, comme mentionné plus haut, figure toujours dans les armoiries du Saint-Siège et sur le drapeau du Vatican; elle est toujours d'usage pour la statue en bronze de saint Pierre, dans la basilique vaticane : chaque 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, la statue est solennellement coiffée d'une énorme tiare et est revêtue d'une précieuse chape papale, l'une et l'autre lui étant propres. Benoît XVI est le premier pape à avoir remplacé, dans ses armoiries personnelles, la tiare par une mitre mais dont les trois bandes superposées évoquent symboliquement les trois couronnes présentes dans la tiare matérielle. Le pape François a maintenu dans ses armoiries personnelles cette mitre à trois bandes superposées, entourées des Clefs de saint Pierre.

Signification religieuse : trois couronnes, trois pouvoirs[modifier | modifier le code]

Les trois couronnes superposées de la tiare expriment et symbolisent respectivement le triple pouvoir du pape :

  • Pouvoir d'Ordre sacré (en tant que Vicaire du Christ sur la terre et successeur de saint Pierre) : il nomme les évêques et leur donne, lui seul, l'investiture canonique ; il est par excellence le "grand prêtre", le Souverain Pontife ici-bas ;
  • Pouvoir de Juridiction (en vertu du Pouvoir des Clefs). Bien que ce pouvoir soit également donné par le Christ à l'ensemble des Douze Apôtres agissant collectivement (et donc à l'ensemble des évêques, leurs successeurs, lorsqu'ils agissent collectivement en concile autorisé par le Pape), le Pouvoir des Clefs est par excellence celui du pape, qu'il peut exercer souverainement et en tout temps, en toute indépendance des évêques et de tout pouvoir civil sur la terre. Ce pouvoir souverain et universel lui a été donné par Christ en la personne de saint Pierre : « Je te donne les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les Cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les Cieux » (Mt 16,19) ;
  • Pouvoir de Magistère (comme Docteur suprême de l'Église) : c'est le pouvoir d'enseignement propre au Saint-Siège apostolique, enseignement garanti par l'infaillibilité pontificale lorsque le pape se prononce solennellement, ex cathedra, en matière de foi ou de mœurs (bien que l'infaillibilité pontificale n'ait été juridiquement proclamée, en tant que dogme, qu'en 1870, elle a cependant toujours fait partie de la foi et de la Tradition de l'Église dès l'Âge apostolique).

Autres significations[modifier | modifier le code]

La signification de ces trois couronnes formant la tiare papale a cependant évolué au cours de l'histoire, pour revêtir, à certaines époques, une signification plus ou moins séculière. Ainsi, traditionnellement, ce triple pouvoir était également exprimé trois titres qui eurent, notamment au Moyen Âge, un accent plus « temporel » ou « politique » :

  • Père des rois ;
  • Régent du monde ;
  • Vicaire de Jésus-Christ (ce dernier titre faisant partie de la titulature papale dans toutes les époques, quelles qu'elles soient.

Mais l'on a également d'autres interprétations à cette triple couronne, qui recoupent plus ou moins celles déjà abordées. L'une d'elle veut qu'elle symbolise les trois fonctions du pape en tant qu'évêque de Rome), de roi (chef d'État souverain) et de docteur universel de l'Église (arbitre et titulaire du magistère suprême, doté de l'infaillibilité). Une autre, enfin, notamment à l'époque des États de l'Église a vu dans les trois couronnes :

  • Le symbole du pouvoir temporel : le pape a été un monarque souverain, et aujourd'hui un Chef d'État) ;
  • Le symbole du pouvoir spirituel : le pape est le chef de l'Église ;
  • Le symbole de l'autorité sur les rois et les princes : le pape était celui qui les couronnait (pouvoir qu'il garde en théorie) et celui qui pouvait les déposer, ou même les excommunier et jeter l'interdit sur leur royaume ou sur leur personne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pape Innocent III (1219), coiffé de la tiare (fresque de l'abbaye du Sacro Speco). Son pontificat représente l'apogée de la puissance pontificale en matière de société civile
Le pape Léon XIII revêtu de la chape pontificale et coiffé de la tiare
La tiare de Pie XI

Apparition de la tiare : dès le VIe siècle[modifier | modifier le code]

La tiare papale remonte à l'Antiquité tardive. À l'origine, elle consistait en une sorte de "toque" fermée à paroi rigide, qu'on accompagna d'une première couronne à partir de 1130, pour exprimer le pouvoir souverain du pape sur le "Patrimoine de Pierre", c'est-à-dire les |États de l'Église. Cette première couronne paraît cependant très antérieure, selon certains historiens, puisqu'ils la font remonter au début du VIe siècle. En effet, dans la guerre qu'il mena après son baptême (vers 498) contre les Wisigoths (guerre qui devait se terminer par la bataille de Vouillé (507), le roi Clovis avait reçu le soutien d’Anastase Ier, empereur d’Orient, qui portait le titre d’"empereur romain" bien qu’il siégeât à Constantinople : Anastase envoya à Clovis des lettres accompagnées de l'offrande des ornements de la dignité d’Auguste. En la basilique Saint-Martin de Tours, Clovis revêtit ces ornements et ceignit son front d'un diadème, dont il fit ensuite offrande au pape Hormisdas (Liber pontificalis, LIV, 10), estimant que celui-ci lui est supérieur en rang et en honneur : ces historiens pensent que ce diadème a constitué la première couronne de la tiare des souverains pontifes (Pfeffel et Anquetil se trompent en affirmant que le diadème fut envoyé au pape Symmaque, alors qu'il s'agissait bien du pape Hormisdas). Le geste d'hommage de Clovis envers le souverain pontife est venu pour ainsi dire ratifier l'interprétation selon laquelle la première couronne de la tiare signifie symboliquement que le pape est père des rois (V. ci-dessus).


Signification politique et religieuse de la tiare[modifier | modifier le code]

Avec la prudence qui s'impose, on pourrait cependant avancer l'analyse suivante. Les papes ont porté à l'origine un bonnet conique, symbole traditionnel de souveraineté, qui a son origine en Orient (une coiffure en forme de tiare a prévalu chez les souverains orientaux et était portée dans les occasions solennelles). Ce bonnet conique avait l'intérêt de constituer un couvre-chef distinct de la mitre, coiffure liturgique des évêques et portée par le pape lui-même en tant qu'évêque de Rome. Comme il avait été naturel pour les papes de reprendre une symbolique liée aux empereurs de la Rome antique, dont ils ont dû assumer, d'abord de facto et très vite de droit, les pouvoirs civils dans Rome et la province romaine (notamment depuis le pape saint Grégoire Ier le Grand), ils adoptèrent donc progressivement cette coiffe des anciens monarques d'Orient (rois assyriens et perses) à cause de sa symbolique de souveraineté ; en effet, cette coiffure allait symboliser le pouvoir civil qu'ils durent à assumer de plus en plus à Rome à partir du VIe siècle. À ce bonnet d'abord simplement conique, vint donc s'ajouter une première couronne, grâce à l'hommage et au don d'un roi nouvellement converti, Clovis (voir ci-dessus), avant qu'une occasion, quelques siècles plus tard, ne constituât l'origine d'une seconde couronne. Cette seconde occasion reste toutefois difficile à cerner tant ses circonstances sont restées obscures, mais la majorité des historiens se rangent habituellement à cet égard autour des thèses d'un ouvrage du XVIIIe siècle l'Illustrazione di un antico sigillo della Garfagnana (1762) du cardinal Giuseppe Garampi, écrit à une époque où l'on tente, très postérieurement aux événements, de définir une symbolique plus stable des trois couronnes de la tiare papale.

Hésitations sur la symbolique de la deuxième couronne[modifier | modifier le code]

En général, c'est au pape Boniface VIII qu'on attribue l'ajout d'une deuxième couronne à la tiare, en 1301. Par là, il voulait signifier que le Pontife romain détient non seulement l'autorité spirituelle (1ère couronne) mais qu'il a, de ce fait, un droit de regard sur l'autorité civile, et même un droit de contrôle, puisque l'exercice de l'autorité civile doit se conformer à la loi morale et aux commandements divins dont l'Église est l'interprète légitime. Si cet ajout de la deuxième couronne à la tiare a réellement eu lieu sous Boniface VIII, il serait donc intervenu au cours du dramatique conflit qui a opposé le roi de France Philippe le Bel au Saint-Siège et qui allait culminer dans l'attentat d'Anagni.

À ce titre, Boniface VIII n'hésita pas, en diverses circonstances, à revêtir les atours impériaux, les substituant occasionnellement aux habits pontificaux pour bien marquer qu'il avait, comme pape, un droit de regard, au moins moral, sur ce que faisait le pouvoir civil. En effet, à l'encontre des théories communes du Moyen Âge , Boniface VIII estimait qu'il n'y avait pas en réalité deux principes (le spirituel et le temporel) mais un seul et unique : celui de la puissance spirituelle, toute autre croyance étant, à ses yeux, un reste de l'hérésie manichéenne (fulmination de la bulle pontificale Unam Sanctam en 1302). Pour cette raison, certains historiens ont douté qu'il ait réellement été à l'origine de la deuxième couronne de la tiare papale ; car comment croire qu'un pape avec une conscience si aiguë de l'unité de la puissance pontificale, telle que l'avait Boniface VIII, au point de ne pas admettre la théorie des "deux glaives" (distinction du spirituel et du temporel), ait pu ajouter une seconde couronne à la tiare, ce qui impliquait la reconnaissance de facto d'un autre pouvoir que le pouvoir spirituel ? Toutefois, l'opinion qui prévaut désormais est celle que Boniface VIII a fait ajouter la deuxième couronne à la tiare afin de signifier que le domaine civil, tout autant que le domaine spirituel, est pleinement concerné par l'autorité morale du Pontife romain.

1342 - Forme définitive de la tiare : le trirègne[modifier | modifier le code]

Quelle que soit la symbolique exacte de la deuxième couronne, on n'allait plus en rester là : car deux, cela faisait naturellement appel à trois, chiffre éminemment parfait et, surtout, sacré à divers degrés dans la symbolique chrétienne. Vint donc s'ajouter rapidement une troisième et dernière couronne, pour marquer que la souveraineté, à Rome, dans ses trois formes d'autorité civile, militaire et spirituelle, était tout en entière, en fait comme en droit, la prérogative exclusive du Pontife romain. C'est Benoît XII qui, en 1342, fit ajouter, peu avant sa mort, une troisième couronne à la tiare afin de symboliser l'autorité morale du Pape sur tous les souverains civils et les peuples, et le devoir de tous de la reconnaître. Toutefois, selon d'autres historien, c'est Jean XXII qui aurait fait ajouter cette troisième couronne, ou bien encore Urbain V ; bref, l'incertitude, grande à ce sujet, rend peu aisée l'interprétation symbolique précise des trois couronnes, faute d'en pouvoir repérer les points de départ exacts. Quoi qu'il en soit, la forme acquise par la tiare papale au cours du XIVe siècle, avec sa triple couronne, allait être désormais définitive et inchangée, pour plus de sept siècles, jusqu'à nos jours.


La tiare dans l'histoire et de nos jours[modifier | modifier le code]

Comme déjà signalé, la tiare, à l'origine, était un bonnet conique rigide entouré d'un diadème au niveau du front. Son étoffe fut de bonne heure constitué d'un drap d'or empesé, et c'est XIIe siècle que son tissu fut remplacé par un cône de métal. La première tiare de ce type documentée dans les chroniques historiques est celle qui fut rapportée à Rome par Grégoire XI, lors de son retour définitif d'Avignon ; Au début du XVe siècle, elle passa en Espagne avec l'antipape Benoît XIII, avant d'être restituée au pape Martin V en 1429, puis de disparaître en 1485 à la suite d'un vol (E. Müntz, La Tiare pontificale du VIIIe au XVIe s. - Mém. de l'Acad. des Inscriptions, 1897).

Par la suite, le Saint-Siègeconservera des tiares de diverses époques, dont on peut signaler celles des papes Jules II et Paul III. Après le Concordat, Napoléon en offrit une, particulièrement somptueuse, au pape Pie VII ; cette tiare est dite "napoléonienne". Le premier pape à avoir été solennellement couronné avec la tiare est Nicolas II, en 1059. Lorsque l'on procédait à la cérémonie du couronnement proprement dit, c'était la charge du cardinal protodiacre de déposer la tiare sur le front du Pontife en lui disant publiquement, d'une voix forte, en latin : « Reçois cette tiare ornée d'une triple couronne, et sache que tu es Père, Prince et Roi, le Recteur de la terre et le Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». Il est probable que l'origine de la première partie de la formule (utilisée telle quelle, jusqu'au couronnement du pape Paul VI en 1963) date de l'époque où les papes combattaient activement dans l'ordre temporel (XIIe siècle - XVIe siècle.

L'usage de la tiare dans les cérémonies solennelles a été abandonné par la décision du pape Paul VI, pour lui-même, et sans y engager ses successeurs (ce que le pape régnant ne peut d'ailleurs pas, puisque chaque nouveau pape peut prendre souverainement d'autres décisions ou adopter celles de son ou de ses prédécesseurs) ; toutefois, les successeurs de Paul VI ont choisi, à leur tour, de ne pas réutiliser la tiare matériellement, tout en maintenant sa présence (comme déjà mentionné plus haut) dans les armoiries pontificales du Saint-Siège. L tiare précieuse de Paul VI lui avait été offerte les fidèles de son archidiocèse de Milan, et il l'a plus tard offerte, quand il a décidé de ne plus la coiffer, aux pauvres, après avoir été au préalable vendue ; mais elle fut rachetée par l'Archidiocèse de New York)[Note 1],[1] le 13 novembre 1964, devant tous les évêques, en plein concile Vatican II. Paul VI est donc le dernier pape à avoir porté la tiare au cours d'une célébration liturgique de son pontificat.

Jean-Paul Ier, successeur de Paul VI, a renoncé à la cérémonie du couronnement, avec son rite du Sic transit gloria mundi. Désormais, c'est l'élection par le conclave et son acceptation par l'élu qui, ipso facto, confère à celui-ci la pleine juridiction de Pape. Des cérémonies solennelles (celles dites de l'installation dans le ministère pétrinien) marquent toutefois le début du pontificat, en général, une semaine après l'élection et comportent, entre autres, la mise de l'Anneau du Pêcheur à l'annulaire de la main droite du pape, la mise du pallium papal sur ses épaules, et, au cours des jours suivants, la prise de possession solennelle de la Basilique Saint-Jean de Latran, la cathédrale du pape en tant qu'évêque de Rome; mais tous ces actes n'ont pas de valeur juridique proprement dite, mais seulement symbolique, car le pape est souverainement en possession de toutes ses prérogatives pontificales et de toute son autorité apostolique dès l'instant même où il dit "Oui" à son élection au sein du conclave qui l'a élu.

Tiares offertes aux papes Jean-Paul II, Benoît XVI et François[modifier | modifier le code]

La tiare offerte au pape Jean-Paul II en 1981 par les catholiques hongrois.
La tiare offerte au pape Benoît XVI en mai 2011 ; les deux fanons de la tiare sont frappés de ses armoiries pontificales.

On peut toutefois noter que tous les successeurs de Paul VI (hormis Jean Paul Ier décédé seulement un mois après son élection) ont tous reçu une tiare offerte durant leur pontificat, sans toutefois la porter.

  • En 1981, une délégation de catholiques hongrois (alors pays encore sous régime communiste) a offert au pape saint Jean-Paul II une tiare, qu'il a acceptée.
  • Le 25 mai 2011, une délégation de catholiques allemands a offert au pape [[Benoît XVI] une tiare réalisée par des orfèvres orthodoxes bulgares. Le pape l'accepte mais ne la porte pas[2].
  • Le 16 mai 2016, le président de l'ex-République yougoslave de Macédone, Trajko Veljanovski, à la tête d'une délégation civile et religieuse de son pays, offre au pape François une splendide tiare ornée, œuvre commune d'orfèvres macédoniens et des moniales du monastère Saint-Georges-le-Victorieux de Raytchitsa, que le pape a acceptée, sans toutefois avoir l'idée de la porter par la suite[3].


Symbolique pérenne de la tiare papale[modifier | modifier le code]

Bien qu'elle n'a plus été matériellement portée depuis Paul VI, la figure de la tiare reste symboliquement présente ; elle figure officiellement sur le drapeau de l'État de la Cité du Vatican et dans les armoiries du Siège apostolique, d'une part; et d'autre part, sous forme traditionnelle ou bien de mitre stylisée "en tiare", elle figure dans les armoiries de tous les successeurs de Paul VI : lors de son avènement en 2005, voulant rappeler le caractère épiscopal intrinsèque à la papauté, le pape Benoît XVI décida de faire figurer la mitre épiscopale à la place de la tiare, dans la première des deux versions de ses armoiries personnelles ; mais cette mitre comporte trois bandes d'or horizontales, évoquant symboliquement les trois couronnes de la tiare papale. Mais dans une version ultérieure, précisément à partir de l'angélus du 10 octobre 2010, la tiare a figuré à nouveau dans ses armoiries pontificales (sur la grande bannière déroulée de la fenêtre de son bureau avant son apparition publique)[4],[Note 2]. Ces deux versions (mitre évoquant la tiare ou bien tiare proprement dite) "cohabiteront" durant son pontificat, avec un usage un peu plus fréquent de la première version. C'est cette version-là que le pape François allait à son tour privilégier dans ses armoiries personnelles, à savoir la mitre à trois bandeaux d'or, superposés et horizontaux, référence aux trois couronnes de la tiare ; ces trois bandeaux sont reliés entre eux par une ligne d'or verticale signifiant l'unité du triple pouvoir pétrinien : pouvoir d'Ordre, pouvoir de Juridiction et pouvoir de Magistère exercés souverainement par le Pontife romain[5].


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. pour être actuellement conservée à la Basilique du sanctuaire national de l'Immaculée Conception (Basilica of the National Shrine of the Immaculate Conception), à Washington DC.
  2. Dans cette composition, la partie extérieure est inspirée par les armoiries du pape Barberini, Urbain VIII, pape de 1623 à 1644, que l'on voit sur les piliers du Baldaquin du Bernin dans la basilique Saint-Pierre.

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]