Foin

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Foin (homonymie).
Ne doit pas être confondu avec paille.
Le foin était la principale alimentation du bétail, autrefois souvent logé sous les maisons en hiver en zone froide et tempérée

Jérôme BoschLe foin est un fourrage constitué d'herbe fauchée, séchée et conservée pour l'alimentation des animaux herbivores dans les périodes, mauvaise saison ou période de sécheresse par exemple, dans lesquelles le pâturage n'est pas possible. Il provient le plus souvent d'une prairie. C'était autrefois une des conditions de nombreux systèmes de type polyculture-élevage et était indispensable aux activités utilisant des chevaux (poste, transports, armées ...).

Dans les élevages modernes, il est surtout considéré comme un élément permettant d'atteindre l'indice d'encombrement de la ration nécessaire pour assurer un bon transit digestif.

L'ensemble du processus d'élaboration du foin s'appelle la fenaison. La valeur nutritive du foin dépend principalement de sa composition floristique, du stade de récolte de l'herbe et de la qualité de la fenaison (conditions de séchage).

Le foin a aussi été utilisé pour la conservation de la viande.

Caractéristiques et composition[modifier | modifier le code]

Pour être mis en balles à la fin de la fanaison, le foin doit avoir un taux d'humidité compris entre 15 et 20%[1]. Il continue à sécher un peu en balles qui ne doivent pas être entassées tout de suite.

Pour être conservé sans risques (moisissures, échauffements voire incendie) le foin doit être engrangé à un taux d'humidité égal ou inférieur à 15% (sauf séchage en grange).

Composition[modifier | modifier le code]

Voir Fourrage#Plantes de prairies pour une liste de plantes prairiales.

La composition floristique du foin est celle des prairies d'où il provient. Les occasionnelles pertes d'éléments en cours de fanaison (feuilles de légumineuses par exemple) peuvent entraîner une dégradation (rare sauf pour la luzerne). Toutefois, du fait de ces pertes, un foin est toujours légèrement plus riche en éléments ligneux que le fourrage vert correspondant.

Les foins peuvent donc être constitués d'une ou plusieurs espèces, principalement des graminées (Poaceae) ou des légumineuses (Fabaceae).

La composition souhaitable du foin peut éventuellement varier selon les usages et le type d'herbivores à qui ils sont destinés : chevaux ou ruminants, animaux de trait, laitiers, reproducteurs, à viande).

La plupart des éleveurs de chevaux préfèrent utiliser des foins de mélange[2].

Les éleveurs laitiers apprécient les légumineuses (luzerne, trèfle, lotier) en raison de leur niveau élevé en protéines, part coûteuse de la ration.

Valeur nutritive et digestibilité[modifier | modifier le code]

La qualité du foin, qu'il s'agisse de sa valeur nutritive (énergétique, azotée principalement) ou de sa digestibilité, est très variable. Elle dépend de plusieurs facteurs, notamment :

  • du stade de fauchage des herbes. Pour avoir la meilleure qualité énergétique, l'herbe doit être fauchée à un stade relativement jeune avant qu'elle ne soit épiée c’est-à-dire avant que l'épi ne soit visible.
  • des conditions de réalisation de la fanaison (qualité du séchage) qui demande entre 3 à 5 jours de beau temps consécutifs.
  • du temps de séchage. En effet les cellules du fourrage fraîchement coupé continuent à respirer, ce qui entraîne une baisse du taux de sucres et donc de la valeur énergétique. Ce temps peut être raccourci par des méthodes comme l'utilisation de faucheuses-conditionneuses et surtout le séchage en grange, méthode apparue en 1945 et améliorée par l'appoint solaire, qui est régulièrement l'objet de relances[3]. Le principal obstacle à sa diffusion est la complexité de manutention du fourrage qui entraîne des investissements importants[4].

En définitive, la météo reste la hantise (et parfois le cauchemar) de l'éleveur en période de foins.

La valeur alimentaire des fourrages a fait l'objet de nombreuses études scientifiques et techniques (en France par l'Institut national de la recherche agronomique et les instituts de l'élevage).

Des tables comprenant la valeur des foins sont largement diffusées ; des notes produites par les chambres d'agriculture des régions d'élevage sur la base d'analyse d'échantillons peuvent donner des valeurs corrigées en fonction du contexte climatique.

Différences entre le foin et la paille[2][modifier | modifier le code]

Le foin de prairies et la paille sont présents dans toutes les écuries ou presque mais ne peuvent être confondus :

  • le foin est de l'herbe séchée, quand la paille est constituée de la tige de céréales (blé, orge, avoine, seigle)[2],
  • le foin est généralement de couleur vert pâle, quand la paille est de couleur jaune,
  • le foin est composé de feuilles et de tiges fines et jeunes (donc peu de lignine) à la différence de la paille, prélevée sur des plantes mâtures, qui est constituée de chaumes lignifiés à tiges creuses. Les chaumes sont cireuses (la paille brille).
  • l'herbe une fois fauchée ou pâturée continue de pousser. Elle connaît plusieurs cycles végétatifs dans une saison (jusqu'à 4 à 5 cycles). Les plantes prairiale sont parfois pluriannuelles. La céréale qui fournit la paille est une plante annuelle[2],
  • le foin contient moins de cellulose (environ 30 % de cellulose brute) et présente une teneur en matières azotées d’autant plus importante que la proportion de feuilles est élevée (53 g par kg pour un foin de ray-grass anglais, 2e cycle)[2]. La paille contient beaucoup plus de cellulose (42 % de cellulose brute pour la paille de blé) et donc est moins énergétique et contient moins de matières azotées.
  • La digestibilité de la matière organique du foin est bonne, de l'ordre de 60 % ; celle la paille est en comparaison mauvaise du fait de la forte teneur en cellulose brute, de la présence de cires, la digestibilité est de 35 % seulement [2]. Pour améliorer sa digestibilité ou ses qualités nutritives, la paille peut être traitée avec de l'ammoniac ou de la soude.

Particularités du foin comme fourrage[modifier | modifier le code]

Un fourrage est constitué de végétaux utilisés pour l'alimentation des animaux, qu'ils soient exclusivement herbivores ou non.

Le foin est un fourrage constitué uniquement de plantes herbacées séchées et destiné à l'alimentation des animaux herbivores.

Un fourrage peut comporter des feuilles et des tiges, mais également et à la différence du foin, des racines (betterave fourragère, chou navet, radis fourrager ...), des fruits, des coproduits divers (tourteaux ...).

Récolte, conservation et stockage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fenaison.
Articles connexes : Meule de foin et botte (agriculture).
Andains, meule et faneuse mécanique ancienne à fourchons (normalement entraînée par un cheval autrefois), Erzgebirge, Saxe, 2004
Les très riches heures du duc de Berry, juin. Fauchage, andainage au rateau et mise en meules, devant le palais de la Cité, Paris, vers 1450

Pour obtenir une bonne conservation, il est nécessaire que le taux d'humidité de l'herbe soit ramené à 15 - 20 % maximum, alors que l'humidité initiale de l'herbe avoisine 70 à 90 %[5].
Ce séchage se fait généralement au soleil et au vent, mais il existe des techniques de séchage du foin en grange par ventilation forcée.

Le stockage du foin se fait généralement sous la forme de :

  • bottes de foin : rectangulaires (de 12 à 600 kg). La section d’une botte est normalement de 36 cm × 46 cm. La longueur varie en général entre 76 et 91 cm. La principale distinction entre les petites bottes rectangulaires se situe au niveau de la densité.
  • balles connues également sous le nom de "gaëls" (120 à 300 kg).
  • On trouve encore parfois des meules de foin dans les champs, notamment en Europe de l'Est.
  • Le fenil est le bâtiment traditionnellement utilisé pour entreposer la récolte de foin. C'est aussi l'étage d'un bâtiment où s'exerce la même fonction ; le fenil est souvent situé au-dessus des étables.

Production[modifier | modifier le code]

Sur un hectare, on peut produire jusqu'à 5 tonnes de foin selon la fertilité du sol et le climat.

Le foin dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Roman : Regain, Jean Giono
  • Poésie : «  à l'heure plus froide ... où tes cheveux secoueront dans le vent criblé d'étoiles l'odeur du foin sauvage », Julien Gracq[6]
  • Peinture
Le chariot de Foin, Jérôme Bosch, entre 1512 et 1515
Récolte de foin à Éragny, par Camille Pissaro (1889)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mazoyer, Marcel, 1933-, Larousse agricole, Larousse, (ISBN 2030910228, 9782030910221 et 2035910226, OCLC 77097500, lire en ligne), p. 296
  2. a, b, c, d, e et f « Quelles sont les différences entre un foin et une paille ? », sur Techniques d'élevage, (consulté le 2 janvier 2017)
  3. « Revue de presse - Segrafo Ouest », sur www.segrafo.com (consulté le 15 août 2018)
  4. Jérémie Jost, « Le séchage en grange : une assurance récolte, mais à quel prix ? », sur idele, (consulté le 15 août 2015)
  5. « Conservation du foint et de la paille », sur www.fao.org (consulté le 2 janvier 2017)
  6. Julien Gracq, Liberté grande, Aubrac, Gallimard, , p. 323

Lien externe[modifier | modifier le code]

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