Simon Bening

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Calendrier Flamand : le mois d'août - Bayerische Staatsbibliothek, Munich.

Simon Bening (ca 1483–1561) est le dernier enlumineur de l'école ganto-brugeoise du XVIe siècle, et l'un des plus éminents.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simon Bening naît vers 1483, à Gand ou à Bruges. Il est fils d'Alexandre Bening (mort à Gand en 1519) et de Catherine van der Goes (probablement apparentée au peintre Hugo van der Goes). Il fait son apprentissage dans l'atelier d'enluminure de son père, à Gand. Il s'installe ensuite à Bruges, où il acquiert rapidement une grande renommée. Il se spécialise dans l'illustration de livres d'heures mais la vogue de ces ouvrages décline et la demande n'émane plus guère que de clients fortunés appartenant à l'élite sociale, tels Albert de Brandebourg, cardinal et archevêque-électeur de Mayence puis archevêque de Magdebourg, ou l'empereur Charles Quint.

Ses œuvres les plus achevées sont des représentations de travaux des mois, qui illustrent le calendrier ouvrant les livres d'heures. il s'agit de paysages habilement peints sur un format réduit, avec une minutie des plus raffinées. Par leur parfaite maîtrise de la perspective atmosphérique et leur profond sentiment poétique, leur style, qui s'inscrit dans la tradition de la peinture flamande, établit une transition entre l'art des enlumineurs du XVe siècle et celui de Pieter Brueghel l'Ancien. Simon Bening n'a pas son égal dans le rendu délicat des feuillages. Son art de coloriste, excellant à rendre le velouté de la matière et les effets de la lumière, force également l'admiration[1].

Vers 1530, il illustre, en collaboration avec António de Holanda, un somptueux Arbre généalogique, de très grand format, destiné à l'Infant du Portugal Don Fernando, fils de Manuel Ier .

Il réalise aussi des portraits - dont un (voire deux) autoportrait(s) - qui attestent un grand souci de vérité psychologique et comptent parmi les premiers exemples de miniatures.

Simon Bening devient doyen des calligraphes, libraires, enlumineurs et relieurs dans la guilde de Saint-Luc.

Il meurt à Bruges le .

Il se marie deux fois. Parmi ses six filles, deux le suivront dans la carrière de peintre. L'aînée, Levina Teerlinc, s'établit à la cour anglaise comme miniaturiste officielle. Une cadette, Alexandrine Claeiszuene, se livre au commerce de peintures, de miniatures, de parchemin et de soie.

Avec Gerard Horenbout, Simon Bening est l'un des enlumineurs éminents de l'école ganto-brugeoise[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Enluminures[modifier | modifier le code]

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Panneaux[modifier | modifier le code]

  • Vierge à l'Enfant (attribution), huile sur bois, vers 1520-1525, Metropolitan Museum of Art, New York, 32.100.53
  • Triptyque de la Vierge à l'Enfant avec des anges musiciens, peinture sur parchemin monté sur bois, vers 1540, coll. part.
  • Triptyque de Marie et l’Enfant avec les saintes Catherine et Barbara (atelier), Musée des beaux-arts de Houston ;
  • Vierge à l'Enfant et anges, vers 1540, Victoria and Albert Museum, Londres, E635-1998

Portraits miniatures[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir, par exemple, Les Heures de Notre-Dame dites de Hennessy par Joseph Destrée. Œuvre nationale pour la reproduction de manuscrits à miniatures de Belgique - Bruxelles, 1923. Pages 14 à 16.
  2. Notice « Simon Bening » dans Le Dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, 2 volumes, La Renaissance du Livre, département de De Boeck-Wesmael, Bruxelles, 1995.
  3. Notice du Fitzwilliam
  4. * (en) Sandra Hindman, « Pietà - Leaf from the Hours of Albrecht of Brandenburg », dans The Robert Lehman Collection (IV - Illuminations), New York, Metropolitan Museum of Art, (ISBN 0870998390, lire en ligne), p. 99-112 (notice 13)
  5. L'enlumineur flamand Bening par Paul Durieu. Persée, Compte-rendu de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 1910, 54-3, pp.162-169.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thomas Kren, « Simon Bening » in Scot McKendrick et Thomas Kren, Illuminating the Renaissance: The Triumph of Flemish Manuscript Painting in Europe, Getty Publications, 2003, ISBN 9780892367047, 591 pages, pp.447-448 [lire en ligne]
  • Colum Hourihane, The Grove Encyclopedia of Medieval Art and Architecture, Volume 2, Oxford University Press, 2012 p.307-309 [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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