Botte (agriculture)

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Femmes burkinabé portant des bottes

Botte, est le nom de tous les produits de l'agriculture réunis en masse et attachés par le moyen d'un lien circulaire.

On parle ainsi de botte de paille, de foin, d'oignons, d'asperges, , etc.

De même, le persil, la menthe, le cerfeuil et nombre de plantes aromatiques fraîches sont généralement vendus en bottes.

Définition et étymologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gerbe (agriculture).

Une botte désigne un faisceau de plusieurs choses semblables ou de même nature, généralement de forme allongée. En latin, on trouve : fascis fasciculus manipulus. Les fasces ou faisceaux des licteurs romains ne symbolisent pas autre chose.

Paradoxalement, le mot botte vient du latin botulus qui, a contrario, exprimait un assemblage de choses diverses[1].

Gerbe et botte[modifier | modifier le code]

On parle de gerbe de fleurs, de blé, de céréales, de roseaux ; mais de botte de paille, de foin, ou d'oignons.

Le terme « gerbe » suggère que l'on s'intéresse à la partie non liée des objets (par exemple : la fleur et non sa tige).

Usages et règlements[modifier | modifier le code]

Presque partout la contenance de la botte est arbitraire mais cependant se rapproche d'un certain taux lié à l'habitude ou à l'usage. Dans quelques cantons toutefois, la botte est fixée pour la plupart des objets par des règlements de police. À Paris par exemple, en 1814, la botte de paille doit peser dix livres, celle de foin dix livres, etc.

En général les bottes diminuent de grosseur à mesure que la denrée devient rare parce qu’il est toujours difficile jusqu'à un certain point au vendeur de forcer l'acquéreur à payer le prix commun ou habituel[2].

Les premières bottes de petites raves sont de moitié plus petites que celles qui sont apportées au marché quinze jours plus tard. La disposition en botte favorise la fraude. On trouve souvent des herbes pourries ou de mauvaise nature au centre d'une botte de foin, des asperges très petites au milieu d'une botte dont celle du tour sont fort belles. Il faut donc lorsqu'on est prudent et qu'on ne connaît pas le vendeur visiter les objets qu on achète en botte[2].

Maraichage[modifier | modifier le code]

De la botte à la balle[modifier | modifier le code]

Métiers[modifier | modifier le code]

Selon le Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique de 1814[2] :

« le botteleur est l'homme qui met en botte le foin et la paille dans les grandes exploitations rurales. Il semble que rien n'est plus facile que de réunir une certaine quantité de ces denrées et de les lier avec une branche de bois appelée hart ou avec une corde de paille mais cependant peu de personnes peuvent le faire convenablement ; au moins d'abord. Dans cette opération comme dans toutes les autres la pratique est nécessaire pour remplir bien et vite toutes les données convenables.

Il faut qu'un botteleur sache prendre juste la quantité de foin ou de paille nécessaire pour composer une botte afin qu'elles soient toutes égales, qu'il dispose ses parties de manière qu il n'y en ait pas plus d'un côté que de l'autre qu'il la lie de manière à ne pas craindre qu elle se défasse en route qu'il en passe, c'est-à-dire en unisse la surface, etc. On voit au premier aspect d'une voiture de foin si les bottes qu'elle contient ont été faites par un botteleur habile.

Il y a un avantage dans la vente pour le foin le mieux bottelé aussi un agriculteur soigneux doit il veiller à cet objet aussi dans les environs de Paris les fermiers ont ils toujours un botteleur en titre. »

Et selon Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts du Département de l'Aube de 1823[3] :

« Le botteleur était obligé de livrer lui même les bottes pour chaque affourée et comme il n en avait jamais plus de 200 ou 300 d' avance on n'aurait pu lui en prendre deux bottes sans qu il s'en aperçût Les bergers de leur côté contrôlaient le botteleur dont ils avaient soin de se plaindre à moi quand les bottes n'avaient pas le poids de dix livres. En un mot je crois que sans bottelage il est impossible qu il n'y ait pas un grand désordre dans un établissement rural un peu considérable »

Pour sécher les pailles, les bottes sont disposées en monts ou en dizeaux.

Mécanisation[modifier | modifier le code]

À partir du XIXe siècle, mais surtout à partir de la moitié du XXe siècle, la mécanisation et la motorisation remplacent le travail manuel et modifient les habitudes agricoles.

Les moissonneuses lieuses, d'abord tirées par des chevaux, ensuite à vapeur, coupent et lient les bottes de pailles, automatisent le travail.

Le gain de temps est remarquable. Toutefois la brutalité des machines comparée à la dextérité du travail réalisé par la main de l'homme occasionne des pertes de matière qui seront dans un premier temps de l'ordre de 60% à 70%, ramené par la suite à 20% par l'amélioration des machines.

En fenaison, plusieurs outils ont contribué à la diminution des pertes, les faucheuses à disque + conditionneuses, les ramasseuses-presse à haute densité, les enrubanneuses[4].

Balles et ballots[modifier | modifier le code]

Bien que le français n'établisse pas de distinction franche, le ballot fabriqué à l'aide des machines succède à la botte. La balle est le conditionnement historique du coton, ou du chanvre.

Les ramasseuses-presses, appelée aussi balotteuses ou botteleuses permettant de réaliser des ballots dimensionnés furent de plusieurs types. La ramasseuse-presse à piston, basse ou moyenne densité a été en vogue dans les années 1950, 1960. Elle produisait une petite balle multiforme à rectangulaire dont la densité faible permettait de réaliser encore un séchage a posteriori, en dressant simplement les balles les unes contre les autres dans le champ. La récolte pouvait donc se faire sur du fourrage légèrement humide. La régularité des bottes dépendait du soins donné à la réalisation des andains. Les ramasseuses presse moyennes densité fournissaient un ballot plus régulier que les ramasseuses presse basse densité[5]

La ramasseuse-presse enrouleuse, produite à partir de 1970, produit des balles cylindriques de moyenne à haute densité. Les ramasseuse presses pour grosses balles parallélépipédiques apparaissent à partir des années 1980 et produisent des balles à forte densité[5].

Les petits ballots étaient chargés souvent à la mains sur les chars. Pour les gros ballots, le chargement ne se fait pas sans machines de manutention.

Les ballots de chacune de ces machines pouvaient être qualifiés selon leur forme (cubique, parallélépipédiques ou cylindrique, ronde). Un ballot est également apprécié sur la qualité de ses contours, ou sur la manière dont est ordonné la paille à l'intérieur du ballot. Des critères de densité sont également mis en avant: La densité, correspondant au degré de compression, est le rapport entre le poids et le volume déterminé de fourrage après son passage dans la machine (en kilos au mètre cube). La densité apparente, supérieure à la densité réelle en kilos de matière sèche au m3, varie elle selon l'humidité du fourrage au moment du pressage et des manipulations ultérieures. La densité est déterminante dans le volume occupé pour le stockage[5].

La densité s'échelonne de 50kg/m3 pour les balles à basse densité à plus de 500kg/m3 pour les balles à haute densité. Pour info, le foin en vrac pèse de 40à 50kg/m3[5].

La balle ou ballot est soit :

  • parallélépipédique, pesant 7 à 10 kg pour les balles de foins petite taille et basse densité[5].;
  • parallélépipédique, pesant 15 à 30 kg pour les balles de foins petite taille et moyenne densité (10 à 20 pour la paille). La densité est de 100 à 160kg/m3[5].;
  • parallélépipédique, pesant 30 à 50 kg ;
  • parallélépipédique, pesant 500 kg et plus ;
  • cylindrique et peut peser 500 kg et plus.

La mise en bottes de la paille a bénéficié d'une mécanisation qui est donnée à voir lors des fêtes de Saint-Antonin-Noble-Val, consacrées aux battages traditionnels.

Botte de paille, botte de foin[modifier | modifier le code]

Après la fenaison, le foin, constitué de luzerne, de trèfle, et autre plantes de prairies est rassemblé en botte ou en meule et éventuellement stocké par la suite en fenil.

La paille, constituée de la tige et épi du blé, du seigle, de l’orge, etc. quand le grain en a été séparé, est mise en botte.

En 1675, d'après, Jacques de Solleysel dans son Veritable parfait mareschal:

« En agriculture, un cheval de manège doit avoir pour son ordinaire, une botte de foin de seine, c'est-à-dire du foin qui croit au long de la rivière de la Seine, car une botte de ce foin nourrit deux fois mieux que les bottes du foin qui est élevé loin des rivage de la seine[6]. »

Matériau de construction[modifier | modifier le code]

Matériaux de menuiserie[modifier | modifier le code]

Fin XVIIIe siècle, en termes de treillage, une botte est la réunion d'un certain nombre d'échalas propres à faire les treillages, contenant ensemble la quantité de trente-six toises linéaires[7].

En charpenterie, les lattes carrée pour la pose des tuiles se vendent à la botte, qui en contient cinquante deux: chaque latte a quatre pieds de longueur un pouce trois quarts ou deux pouces de large et deux à trois lignes d'épaisseur.

La latte à ardoise s'appelle latte volige; elle doit être de bois de chêne et avoir la même longueur que la latte carrée quatre à cinq pouces de large et trois lignes d'épaisseur; elle se débite aussi à la botte mais la botte n'en contient que vingt cinq.

La botte peut faire à peu près une toise et demie de couverture chaque latte est attachée par quinze clous quand elle est large et quand elle est étroite dix suffisent; on y attache l'ardoise avec deux ou trois clous on compte ordinairement une livre et demie de clous par botte de lattes[8].

Matériau de couverture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Toit de chaume.

Le toit de chaume est un mode de couverture, constitué de paille de blé, de seigle ou de tiges de roseaux (ou sagne).

À paris, on utilisait la paille de seigle non battue montée en botte, posée sur des lattis refendus. Les bottes de chaume passées dans les liteaux étaient accrochées avec des ronces passées à l'eau chaude[9].

Les couvertures végétales se retrouvent partout dans le monde.

Matériau de remplissage[modifier | modifier le code]

Édification d'une maison en botte de paille. France
Article détaillé : Maison en paille.

Les bottes de paille parallélépipédiques sont utilisées comme matériau de remplissage, souvent associées à une structure bois.

Dans l'art[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gerbe (agriculture)#Héraldique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de la conversation et de la lecture. Belin-Mandar, 1833. Consulter en ligne
  2. a, b et c Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique Deterville. Paris 1814.
  3. Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts du Département de l'Aube, 1823 Société d'Agriculture, Sciences et Arts du Département de l'Aube. Troyes 1823. Consulter en ligne
  4. Récolte des fourrages à travers les âges. Jean Renaud. France Agricole Editions, 2002. Consulter en ligne
  5. a, b, c, d, e et f Jean Renaud. Récolte des fourrages à travers les âges. France Agricole Éditions, 2002. Consulter en ligne
  6. Le Veritable parfait mareschal. Jacques de Solleysel. Chez André Molin, 1675; Consulter en ligne
  7. Encyclopédie méthodique. Arts et métiers mécaniques. Tome quatrième.Panckoucke 1785.
  8. La Nouvelle maison rustique, ou Économie rurale, pratique et générale de tous les biens de campagne. Par J-F Bastien. Destray 1798. Consulter en ligne
  9. Yves-Marie Froidevaux. Techniques de l'architecture ancienne: construction et restauration. Editions Mardaga, 2001