Chézery-Forens

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Chézery-Forens
Chézery-Forens
Vue d'ensemble du village de Chézery.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ain
Arrondissement Gex
Intercommunalité Pays de Gex Agglo
Maire
Mandat
Bernard Vuaillat
2020-2026
Code postal 01200 / 01410
Code commune 01104
Démographie
Gentilé Chézerands
Population
municipale
463 hab. (2018 en augmentation de 0,43 % par rapport à 2013)
Densité 9,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 13′ 18″ nord, 5° 51′ 59″ est
Altitude Min. 435 m
Max. 1 692 m
Superficie 46,57 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Thoiry
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Chézery-Forens
Liens
Site web www.chezery.fr

Chézery-Forens est une commune française, située dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes. Chézery-Forens a été constituée en 1962 par la réunion des anciennes communes de Chézery et de Forens[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située dans la vallée de la rivière de la Valserine, non loin de LélexMijoux, de Bellegarde sur Valserine et de Châtillon-en-Michaille. Le village est entouré de sommets parmi les plus hauts du massif du Jura : Crêt d'eau, Crêt de Chalam, Crêt de la neige.

Chézery-Forens comprend de nombreux hameaux : la Charbonnière, les Closettes, l'Eperry, Forens, le Grand Essert, Magras, Menthières et sa station de ski, Noire Combe, la Rivière, Rosset, la Serpentouze.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Chézery-Forens est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (86,6 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (89,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (73,9 %), prairies (11,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (10,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (2,3 %), zones agricoles hétérogènes (1,1 %), zones urbanisées (0,6 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Chézery[modifier | modifier le code]

L'histoire de Chézery se confond celle de son abbaye cistercienne. Celle-ci fut installée en 1140 dans une vallée étroite du Jura, celle de la Valserine, entre le Rhône (route vers Genève) et le col de la Faucille (route vers Saint-Claude).

Elle ne semble jamais avoir compté plus d'une douzaine de moines.

Elle défriche les pentes du Jura. Elle acquiert des dîmes à Chevrier, Vulbens, Chênex, Veigy, Songy. Elle se lance dans l'acquisition de quelques vignobles, de moulins, de forêts. Elle acquiert des terres et des granges à Lancrans, Péron, Génissiat, Vulbens, Clarafond, Peillonnex, Desingy, Grésin, Sergy…

Vers 1160 elle se lance dans l'élevage ovin. Mais l'industrie drapière genevoise décline vers 1280, privant l'abbaye d'un débouché. À la fin du XIIIe s., la main-d'œuvre manquant, l'abbaye « alberge » (cède) ses terres en échange de redevances. Vers 1280 les moines et leurs tenanciers développent l'élevage bovin. Il faut aménager des pâturages en altitude, faire reculer la forêt, édifier des hameaux, organiser les « remues » du bétail entre le fond de la vallée et les prairies d'altitude. Elle connaît de grosses difficultés à partir de la Peste Noire de 1348.

À la fin du XVe s. elle a été partiellement détruite par un incendie et la règle monastique n'est plus respectée. En 1536 les soldats bernois pillent l'abbaye. Les Genevois font de même en 1590.

L'abbaye connaît une renaissance au XVIIe puis retombe en déliquescence au XVIIIe s. Après la Révolution les bâtiments sont achetés par des familles et transformés en habitations ou en commerces. La démolition des bâtiments de trois des côtés du cloître - dont l’église abbatiale-, qui avaient été acquis par des propriétaires privés, s’achèvera en 1840. Ne subsiste de nos jours, que le 4e côté, celui du bâtiment de l’abbé, réaménagé.

En 1601, le Pays de Gex et le Bugey deviennent français[9]. Ils sont séparés par le chemin des espagnols sous souveraineté savoyarde, permettant de rejoindre la Savoie à la Franche-Comté. Cette enclave comprend Chézery mais pas Forens, la Valserine faisant office de frontière occidentale depuis le nord de Chézery jusqu'à la confluence avec le Rhône. En 1760, le traité de Turin[10]supprimera cette enclave et Chézery devient français.

Le à 10 h du matin, une terrible avalanche partie du crêt d'Ebelly (Les Belly aujourd'hui) détruit plusieurs maisons du hameau de Noire-Combe tuant 20 personnes dont 8 enfants.

Sources :Chevry (Ain)

  • Olivier Guichard, Une fille de Fontenay aux portes de Genève, L'abbaye de Chézery des origines à la Grande Peste (1140-1348), Société d'histoire et d'archéologie du pays de Gex, 2000.
  • Association des élus du canton de Collonges, Richesses touristiques et archéologiques du canton de Collonges, 1989.
  • Ghislain Lancel, L'abbaye de Chézery (Ain), Abbés et histoire, monastère et dépendances, imp. Pixartprinting, Venise, 2020.

Forens[modifier | modifier le code]

Chézery-Forens[modifier | modifier le code]

Limites des deux anciennes communes.

Chézery-Forens est née en 1962 de la réunion des anciennes communes de Chézery et de Forens[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

La commune de Chézery-Forens est membre de l'intercommunalité Pays de Gex Agglo, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Gex. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[11].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Gex, au département de l'Ain et à la région Auvergne-Rhône-Alpes[12]. Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Thoiry pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[12], et de la troisième circonscription de l'Ain pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010[13].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2001 Georges Mermillon    
2001 2014 Jean Barras   Réélu en 2008
2014 En cours Bernard Vuaillat SE Retraité Fonction publique
Les données manquantes sont à compléter.

Le village est né de la fusion des deux Communes de Chézery et de Forens (située plus en bas). Elle est le siège d'une gendarmerie de montagne.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[15].

En 2018, la commune comptait 463 habitants[Note 2], en augmentation de 0,43 % par rapport à 2013 (Ain : +4,54 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 8121 7251 0481 1791 2051 2021 1541 1311 126
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0461 0501 0319571 0119669901 0171 017
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
997948927761722672633501501
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
414436362337357369399449460
2018 - - - - - - - -
463--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

  • La fromagerie de l'Abbaye fabrique du bleu de Gex (fromage à pâte persillée protégé par une AOC) et du comté (visite possible).
  • Un hôtel, deux restaurants, une boulangerie et une épicerie sont situés au village.
  • L'unique fabricant français de roue de rollers et de skis à roulettes est installé à Chézery.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La borne au Lion.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Saint Roland († 1200), abbé de Chézery, célébré le [19]. Son origine n'est pas connue et la légende fait de lui un prince anglais désireux qui partir le plus loin possible de sa famille et des honneurs. Peut-être faisait-il partie des nombreux Anglais qui en 1161 étaient venus rejoindre le pape Alexandre III. Alors qu'il est depuis quelques années à l'abbaye de Chézery, il est choisi en 1170 pour succéder à Étienne sur le siège d'abbé. Il fonde la chapelle de "Notre-Dame des Sept Douleurs"" au village de Confort qui deviendra un haut lieu de pèlerinage au Moyen Âge[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en décembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le )
  3. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le )
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le )
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur insee.fr, (consulté le )
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. « Recueil des traites de paix…, Amsterdam-La Haye, 1700, tome III, pp. 1–4.. »
  10. « Traité entre le Roi et le roi de Sardaigne, conclu à Turin le 24 mars 1760 (p.4) », sur Gallica.bnf.fr.
  11. « Pays de Gex Agglo - fiche descriptive au 1er avril 2020 », sur https://www.banatic.interieur.gouv.fr/ (consulté le )
  12. a et b « Code officiel géographique- Rattachements de la commune de Chézery-Forens », sur le site de l'Insee (consulté le ).
  13. « Découpage électoral de l'Ain (avant et après la réforme de 2010) », sur http://www.politiquemania.com/ (consulté le ).
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  17. [1] Nominis : Bienheureux-Lambert.
  18. a et b Histoire hagiologique de Belley ou recueil des vies des saints et des bienheureux nés dans ce diocèse, Jean-Irénée Depéry, édition Bottier, 1834, p. 358 à 381Google livres.
  19. [2] Nominis : Saint-Roland

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Hannezo, Chézery, son abbaye et sa vallée, impr. Louis Chaduc, Belley, 1921, lire en ligne sur Gallica
  • Ghislain Lancel, L'abbaye de Chézery (Ain), Abbés et histoire, monastère et dépendances, imp. Pixartprinting, Venise, 2020.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]