Grilly

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Grilly
Grilly
L'église Saint-Benoît de Grilly.
Blason de Grilly
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ain
Arrondissement Gex
Intercommunalité Pays de Gex Agglo
Maire
Mandat
Christine Dupenloup
2020-2026
Code postal 01220
Code commune 01180
Démographie
Gentilé Grillerand, Grillerande
Population
municipale
836 hab. (2018 en augmentation de 7,18 % par rapport à 2013)
Densité 111 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 19′ 50″ nord, 6° 06′ 54″ est
Altitude Min. 459 m
Max. 751 m
Superficie 7,50 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Genève - Annemasse (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Gex
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Liens
Site web mairie-grilly.fr

Grilly est une commune française, située dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants s’appellent les Grillerands.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune relève du périmètre du parc naturel régional du Haut-Jura.

Grilly est le chef-lieu de la commune, qui se compose aussi du hameau de Mourex.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type semi-continental dégradé[1], avec des hivers froids et des étés chauds. Les précipitations, peu fréquentes, sont plus nombreuses en été qu'en hiver, saison où elles se situent souvent à la limite pluie/neige.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Grilly est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 158 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (65,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (66,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (33,6 %), forêts (20,3 %), terres arables (18,9 %), zones agricoles hétérogènes (13,1 %), zones urbanisées (7,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (6,5 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme Graliacus en 1271[9], Grelie en 1332, Greyliaci en 1447[10], Grailly (sans date).

Il s'agit d'une formation toponymique celtique du type *Graliacon, basée sur l'anthroponyme gaulois Grallia[9] ou gallo-romaine, sur le nom de personne latin Aegrilius[10], suivi du suffixe de propriété -(i)acon, localisant à l'origine.

Remarque : la forme la plus ancienne connue Graliacus justifie l'évolution en Grailli > Grailly (cf. palea > palia > paille; taliare > tailler).

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

On a retrouvé à Grilly des traces de la colonisation romaine[11]. Celles-ci datent de la Julia Equestris fondée par Jules César en 44 av. J.-C. autour de Nyon.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'histoire de Grilly, anciennement Grailly, est liée à celle de sa seigneurie, fief de la maison de Grailly. Le plus ancien des seigneurs de Grilly dont on ait conservé la trace est Girard de Grailly en 1120[12]. Le plus glorieux est Jean 1er de Grailly, qui après avoir combattu en Angleterre, participe à la neuvième croisade aux côtés d'Édouard 1er d'Angleterre. Jean 1er de Grailly établit en 1267 sa résidence principale à Benauge, en Gascogne (anglaise à l'époque), dont il a été nommé sénéchal. À sa mort, la jouissance du fief de Grilly est laissée à une branche cadette de la famille.

En 1285, Pérart de Grailly, seigneur de Grilly, est l'un des 500 chevaliers invités par le comte de Chiny lors des festivités avec joutes et tournoi qui se déroulèrent entre Montmédy et Chauvency-le-Château. Il est venu à ces fêtes avec d'autres seigneurs bourguignons, les Faucogney, Oiselay, Moncley et Ronchamp. Dans son reportage poétique, Le Tournoi de Chauvency, Jacques Bretel raconte la joute de Grailly contre Conon d'Ouren, et son action aux côtés du comte de Étienne II de Sancerre, dans la mêlée du tournoi.

En 1455, Gaston de Grailly, captal de Buch, doit vendre la seigneurie et son château à Louis Bonivard, chambellan du duc de Savoie, pour payer la rançon de son fils unique Jean, fait prisonnier par les Français après la bataille de Castillon (17 juillet 1453)[13]. Celui-ci est également seigneur de Saint-Michel-des-Déserts[14]. Son fils Charles Bonivard (Famille Bonivard[15]) lui succède de 1477 à 1504[14].

Époque classique[modifier | modifier le code]

Le château est partiellement détruit par les Bernois en 1536. Au début du XVIIe siècle, la seigneurie passe à la famille de Duing (ou Duingt), barons de Thorens.

Elle passe en 1642 à la famille Reydet de Choisy à l'occasion du mariage de Gaspard de Reydet et d'Ennemonde de Duing de Thorens, puis en 1682 à la famille de Morand à la suite du mariage de Jeanne Françoise de Reydet et de Jean-Pierre de Morand[12].

En 1788, Pierre-Gabriel de Morand, seigneur de Montfort et de Grilly, vend à Joseph de Grenaud, qui possédait alors le château de la Tour de Grilly, le château de Grilly, puis l'année suivante la seigneurie et fief de Grilly[16]. Le fils de ce dernier, Guillaume de Grenaud, porte alors brièvement le titre de baron de Grilly[17].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Survient alors la Révolution de 1789 qui entraîne l'abolition du système féodal puis la création des communes en lieu et place des seigneuries et des paroisses. En 1790 est créée la commune de Grilly, qui est rattachée au nouveau département de l'Ain. Le premier maire de cette municipalité est Gilbert Courtois.

Après l'annexion de Genève par la France en 1798 et la création du département du Léman qui s'ensuivit, la commune de Grilly est incorporée à celui-ci. Lorsque ce département est dissout à la suite du rattachement de Genève à la Suisse en 1815, Grilly réintègre le département de l'Ain et l'arrondissement de Gex, dont elle fait toujours partie[18].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

La commune de Grilly est membre de l'intercommunalité Pays de Gex Agglo, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Gex. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[19].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Gex, au département de l'Ain et à la région Auvergne-Rhône-Alpes[20]. Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Gex pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[20], et de la troisième circonscription de l'Ain pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010[21].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1995 1995 Guy Colin    
1995 2006 Mireille Reymond-Matalon   Réélue en 2001
Conseil municipal dissous par décision du conseil des ministres le 24 octobre 2006
2006 2014 Jean-Pierre Mossière   Réélu en 2008
2014 En cours Judith Hebert SE Employée
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[22]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[23].

En 2018, la commune comptait 836 habitants[Note 3], en augmentation de 7,18 % par rapport à 2013 (Ain : +4,54 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
385402441434453421437446465
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
433422426384393409368360408
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
337335340335327346311255250
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
272302418520634612672762792
2018 - - - - - - - -
836--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

En 2008, l'INSEE classe Grilly au premier rang du département pour le revenu fiscal médian par ménage : 31 310 [25].

La commune a une activité essentiellement agricole. Elle accueille aussi plusieurs centres équestres et une école maternelle Montessori bilingue.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château de la Tour de Grilly, inscrit partiellement en 1987 au titre des monuments historiques[26].
  • Château de Grilly, situé dans un parc à l'entrée sud du village.
  • Église Saint-Benoît.
  • Maison forte, dite de Jeanne d'Albret ou maison Bernard du nom de son propriétaire.
  • Le pont Bugnon, aussi dénommé Pont de Grilly, vieux pont en pierre franchissant la Versoix sur la frontière avec la Suisse.
  • Cromlech au mont Mourex : dix mégalithes en cercle.
  • Le mont Mourex, petite colline avec en son point culminant une superbe vue sur le lac Léman, les Alpes dont le mont Blanc et le Jura.

Héraldique[modifier | modifier le code]


Armes de Grilly

Les armes de Grilly se blasonnent ainsi[27] : d'or à la croix de sable chargée de cinq coquilles d'argent (qui sont de Grailly), cantonnée en chef, à dextre d'un glaive romain de gueules et à senestre d'une fleur de lys d'azur.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en décembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le climat français », sur http://www.meteorologic.net/ (consulté le ).
  2. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le )
  3. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le )
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le )
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur insee.fr, (consulté le )
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. a et b Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6)
  10. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, Genève, p. 560, n° 9136 (lire en ligne) [1]
  11. Henri Buathier, Vestiges romains de Grilly, Grilly, à compte d'auteur, .
  12. a et b « Topographie historique du département de l'Ain », sur Le nom de Monfort (consulté le ).
  13. Henri Buathier, Histoire des communes de l'Ain: Le Haut-Bugey, Le Valromey, Le pays de Gex, Lyon, Horvath, , p. 422-425.
  14. a et b Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, Chambéry, , p. 359.
  15. François Bonivard, Les chroniques de Genève, Volume 2, Genève, D. Dunant, , p. 83-84.
  16. Jules Baux, Nobiliaire du département de l'Ain (XVIIe et XVIIIe siècles), Bugey et Pays de Gex, Bourg-en-Bresse, Martin-Bottier, , p. 121.
  17. Acte de baptême n° 8 de 1789, consultable en ligne sur le site des archives départementales de l'Ain.
  18. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. « Pays de Gex Agglo - fiche descriptive au 1er avril 2020 », sur https://www.banatic.interieur.gouv.fr/ (consulté le )
  20. a et b « Code officiel géographique- Rattachements de la commune de Grilly », sur le site de l'Insee (consulté le ).
  21. « Découpage électoral de l'Ain (avant et après la réforme de 2010) », sur http://www.politiquemania.com/ (consulté le ).
  22. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  23. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  25. « CC-Résumé statistique/com,dep,zone empl », sur INSEE (consulté le ).
  26. « Château », notice no PA00116408, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  27. Banque de blason, sur labanquedublason2.com (section “communes de France” puis “01” puis “Grilly”)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]