Brawn GP Formula One Team

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Brawn GP Formula One Team
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Discipline Formule 1
Localisation Drapeau : Royaume-Uni Brackley, Northamptonshire, Angleterre
Dirigeants et pilotes
Président Drapeau : Royaume-Uni Ross Brawn
Drapeau : Royaume-Uni Nick Fry
Pilotes Drapeau : Royaume-Uni Jenson Button
Drapeau : Brésil Rubens Barrichello
Pilotes essayeurs Drapeau : Autriche Alexander Wurz
Drapeau : Royaume-Uni Anthony Davidson
Caractéristiques techniques
Châssis Brawn BGP 001
Moteurs Mercedes FO 108W
Pneumatiques Bridgestone
Résultats
Début Grand Prix d'Australie 2009
Dernière course Grand Prix d'Abou Dabi 2009
Courses disputées 17
Points marqués 172
Titres constructeurs 1 (2009)
Titres pilotes 1 (2009)
Victoires en Grands Prix 8
Podiums 15
Pole positions 5
Meilleurs tours en course 4

Brawn GP Formula One Team ou plus simplement Brawn GP est une ancienne écurie de Formule 1 britannique qui a vu le jour le pour débuter en compétition à l'occasion du championnat du monde de Formule 1 2009.

Elle est issue du rachat du Honda Racing F1 Team par son directeur technique Ross Brawn et quatre autres membres de l'écurie : Nick Fry, Nigel Kerr, Caroline McGrory et John Marsden, mais est cependant considérée par la FIA comme une nouvelle équipe à part entière, étant donné que le contrat que la FIA possédait avec le constructeur japonais a été rompu[1]. La BGP 001 est propulsée par un moteur Mercedes.

Brawn GP effectue des débuts historiques en Formule 1, en obtenant la victoire dès sa première course, avec Jenson Button au Grand Prix d'Australie à Melbourne le 29 mars 2009 et en remportant les deux titres mondiaux au bout de sa première et unique saison, marquée par huit victoires (six pour Button et deux pour Rubens Barrichello). Jenson Button est sacré champion du monde 2009 à l'issue du Grand Prix du Brésil à Sao Paulo le 18 octobre, tandis que l'écurie remporte le classement des constructeurs.

Le , Mercedes Benz, son motoriste, et Aabar Investments acquièrent 75,1 % des parts de l'écurie (45,1 % pour Daimler, la maison mère de la marque Mercedes, et 30 % pour Aabar). La nouvelle écurie est baptisée Mercedes Grand Prix. Les 24,9 % restants seront acquis en février 2011, Daimler possédant 60 % du capital de l'équipe et Aabar 40 %.

En une seule saison de championnat du monde et 17 Grands Prix, l'écurie a réussi la performance de remporter les titres de champions du monde des pilotes (avec Jenson Button) et des constructeurs, obtenir 8 victoires, 15 podiums, 5 pole positions et 4 meilleurs tours en course. Avec un total de 172 points inscrits, sa moyenne s'établit à 10,12 points par Grand Prix.

Genèse de l'écurie Brawn GP Formula One Team[modifier | modifier le code]

Le retrait de Honda de la Formule 1[modifier | modifier le code]

Photo vue de gauche de la Honda RA108 blanche, représentant la Terre en son milieu, de Button sur une piste de circuit
Trois ans après son retour en tant qu'écurie de course, Honda cesse brutalement toute activité en Formule 1 le 5 décembre 2008.

Brawn GP Formula One Team trouve son origine au sein de l'écurie japonaise Honda Racing F1 Team qui, de 2006 à 2008, a participé à cinquante-deux Grands Prix de Formule 1. L'entreprise automobile qui a racheté British American Racing (présente entre 1999 et 2005) équipe elle-même issue de Tyrrell Racing (qui a débuté dans la discipline en tant que constructeur en 1970) a réalisé sa meilleure saison en 2006 en se classant quatrième du championnat du monde des constructeurs et en remportant le Grand Prix de Hongrie, première victoire de la firme nippone depuis le Grand Prix d'Italie 1967[2],[3].

Le 5 décembre 2008, Takeo Fukui, le président de Honda annonce que son écurie a trois mois pour trouver un repreneur, faute de quoi elle fermera. Fukui justifie sa décision par la crise financière des subprimes qui a provoqué une baisse importante des ventes de ses voitures de série et souhaite « protéger ses activités principales et sécuriser le long terme car les incertitudes économiques continuent de progresser dans le monde entier »[4]. Les dirigeants de l'écurie, Ross Brawn et Nick Fry ne sont informés de ce désengagement que la veille, lors d'une réunion à l'usine de Brackley[5]. Outre les 700 employés de l'écurie, cette situation risque de compromettre les carrières des deux pilotes historiques de Honda, Rubens Barrichello et Jenson Button, ce dernier possédant encore un contrat de plusieurs saisons avec l'équipe. Si Fukui se dit profondément désolé pour le Britannique et compte négocier avec lui pour rompre son contrat à l'amiable, Nick Fry affirme qu'il reste dans l'écurie pour débuter « une nouvelle aventure », même s'il reste ouvert à un éventuel départ de Button pour Scuderia Toro Rosso où se trouvent les deux derniers postes de pilotes-titulaires libres pour la saison à venir[6],[7].

Trois jours après cette annonce, Brawn et Fry se rendent à Tokyo pour évoquer l'avenir de l'écurie avec les dirigeants de Honda tandis que des rumeurs annoncent que le châssis en cours de construction pourrait être motorisé par un bloc Ferrari en 2009 grâce aux bonnes relations qu'entretient Brawn avec la firme italienne avec laquelle il a remporté les titres pilotes et constructeurs entre 1999 et 2004[5],[8].

À la recherche d'un repreneur[modifier | modifier le code]

Photo de profil droit de David Richards, un homme à lunettes de soleil, chemise blanche, cheveux blancs et légèrement barbu
David Richards, le patron de Prodrive, qui s'est retiré du WRC, apparaît comme l'un des premiers racheteurs potentiels de Honda Racing F1 Team...

Malgré ces problèmes, Nick Fry assure que le développement de la Honda RA109 censée être engagée en 2009 continue, d'autant que Ross Brawn, le directeur technique de l'écurie arrivé fin 2007 pense que de bons résultats peuvent être obtenus en Grands Prix, eu égard au long travail de préparation de la monoplace. Son développement représente la moitié des 398 millions de dollars de budget de l'écurie en 2008 (le quatrième plus gros budget du plateau), année considéré par Brawn comme une année de sacrifice avant de « voir la lumière au bout du tunnel »[9],[10]. La saison 2009 est en effet le théâtre de nombreux changements techniques puisque l'aileron avant des voitures est élargi tandis que l'aileron arrière est rehaussé et rétréci ; si les appendices aérodynamiques de carrosserie tels que les ailettes ou les déflecteurs sont interdits, un système de récupération de l'énergie cinétique dégagée par les freins est autorisé[11].

Le directeur de Honda Racing F1 Team espère que les promesses de compétitivité de l'écurie pour 2009 vont attirer les investisseurs, même s'il reconnaît qu'il n'y aura pas d'accord d'ici la fin 2008 et que son équipe peut, dans le pire des cas, manquer les quatre premières courses du championnat. De plus, Honda est prêt à brader son équipe de course afin de faciliter sa reprise. Le jour même de l'annonce du retrait de Honda, Nick Fry annonce qu'au cours des douze dernières heures, trois offres sérieuses ont été proposées, dont celle de son ami personnel Martin Leach, un ancien cadre de Ford qui a tenté un peu plus tôt dans l'année de racheter Super Aguri Formula 1 Team, l'écurie-sœur de Honda. Leach pourrait reprendre l'écurie par l'intermédiaire du fonds d’investissement Dubai International Capital qui souhaite investir en Asie, à l'heure où la Formule 1 se développe dans cette région[8].

À la mi-décembre, des rumeurs affirment que le Groupe PSA, qui exploite les marques automobiles françaises Peugeot (engagée en endurance) et Citroën (engagée en championnat du monde des rallyes) et qui semble moins souffrir de la crise que ses concurrents, est intéressé par la reprise de Honda Racing F1 Team, conditionnée à la politique de réduction des coûts en Formule 1. Jenson Button serait conservé et épaulé par le Français Sébastien Bourdais qui n'a pas été confirmé par l'équipe italienne Toro Rosso pour 2009 ; PSA dément très rapidement tout nouvel engagement en Formule 1[12],[13].

Photo de Carlos Slim, un homme joufflu, à moustache, en costume et cravate rose
...tout comme Carlos Slim, le deuxième homme le plus riche du monde, qui soutient la carrière de Bruno Senna.

Dans le même temps, David Richards, ancien dirigeant de British American Racing et patron de la structure de course Prodrive qui s'est retiré du championnat du monde des rallyes après la défection de Subaru se montre intéressé par la reprise de l'équipe. Richards, qui a déjà tenté de s'engager en Formule 1 en achetant des châssis McLaren, a pris des contacts avec des investisseurs du Moyen-Orient mais prévient qu'une restructuration des effectifs de l'équipe est primordiale au rachat[14]. Sans vision à long terme quant à la stabilité d'une écurie qui, contrairement à ses rivales, n'a pas pu tester sa nouvelle voiture ni son adaptation aux nouveaux pneumatiques en vigueur en 2009, qui ne dispose pas encore d'un contrat de fourniture moteur le pousse à renoncer au projet pour s'engager en endurance avec Aston Martin[15].

Peu avant Noël, le milliardaire mexicain Carlos Slim, président de l'entreprise de télécommunications Telmex, se rend à l'usine de Brackley et se montre à même de racheter l'écurie qui lui permettrait de promouvoir ses activités en Amérique latine. Membre du conseil d'administration de Philip Morris International, le commanditaire principal de la Scuderia Ferrari via la marque Marlboro, Slim soutient la carrière du Brésilien Bruno Senna (neveu du triple champion du monde Ayrton Senna) qui aurait dû remplacer Barrichello au sein de l'écurie en 2009[16],[17]. Si le quotidien italien La Stampa va un peu vite en besogne en affirmant que le deuxième homme le plus riche du monde a acheté l'écurie et engagé Senna aux côtés de Button, l'entourage de Slim dément aussitôt[18],[19].

En réaction à ce désintérêt de la part de Carlos Slim, le milliardaire indien Vijay Mallya, propriétaire de l'écurie Force India depuis 2008, qui souhaite développer la Formule 1 en Inde, notamment avec l'organisation d'un Grand Prix, se prétend intéressé par l'acquisition de l'équipe, tout comme l'homme d'affaires grec Achilleas Kallakis qui a fait fortune dans l'immobilier[20],[21],[22].

Début janvier 2009, alors que vingt-cinq repreneurs potentiels semblent intéressés, Honda dispose de cinq ou six offres sérieuses. Des rumeurs font état d'une implication du septuple champion du monde Michael Schumacher dans le rachat de l’écurie japonaise. L'Allemand qui a quitté la Formule 1 à la fin de la saison 2006 et amassé une fortune considérable durant sa carrière, est un ami proche de Ross Brawn qui a conçu toutes les monoplaces avec lesquelles il a remporté ses titres mondiaux. Si l'arrivée de Schumacher en tant que directeur d'équipe s'inscrirait dans une reprise de l'écurie par ses dirigeants actuels, les observateurs de la discipline jugent très peu probable que Schumacher investisse sa fortune personnelle dans une écurie de Formule 1 en pèriode de crise économique mondiale et ce même si son nom, commercialement très influent, peut attirer certains investisseurs rassurés par le fait que Honda s'engage à financer les besoins de l'équipe le temps qu'elle trouve de nouveaux commanditaires[23],[24].

Vers une solution interne ?[modifier | modifier le code]

Photo de Nick Fry, souriant en chemise Honda et portant un sac à dos
Nick Fry, le patron de l'écurie Honda, monte un dossier de reprise de son équipe.

Si la monoplace conçue par Honda pour 2009 semblait bien partie pour être, par défaut, équipée d'un moteur Ferrari, la situation semble avoir changé début janvier, des amateurs de la discipline suggèrant que Ross Brawn et Nick Fry pourraient se tourner vers Mercedes-Benz ; en effets, les blocs italien et allemand sont les plus puissants du plateau, Toyota et BMW ne souhaitent fournir que leurs écuries respectives et les moteurs Honda et Renault ont rencontrés en 2008 un tel déficit de puissance que ces deux motoristes ont demandé à la Fédération internationale de l'automobile une égalisation des performances des moteurs[25].

Mercedes, qui fournit McLaren et Force India (qui se sépare de Ferrari), se dit prête à travailler avec l'équipe de Brackley à condition que celle-ci dispose de bonnes bases financières, d'autant que les motoristes doivent préparer des blocs au régime abaissé de 19 000 à 18 000 tours par minute, capables de résister à trois Grands Prix et travailler sur le nouveau système de récupération d'énergie cinétique[26].

Alors qu'un partenariat avec la firme allemande se profile, plusieurs voix en interne de Honda Racing F1 Team s'élèvent contre le rachat de l'écurie par ses dirigeants, Ross Brawn et surtout Nick Fry ; certains craignent que Fry, pourtant aux commandes de l'écurie depuis l'ère British American Racing, ne recueille pas le soutien d'investisseurs potentiels, contrairement à Brawn, jugé très charismatique en Formule 1. D'autres contestataires ont contacté le Département des Affaires, de l'Innovation et des Compétences britannique (BERR) car ils estiment qu'il y a un conflit d'intérêts, Fry et Brawn travaillant avec Honda pour trouver un nouveau propriétaire alors que le premier pourrait s'en porter acquéreur. Le directeur de l'écurie nie ces allégations et affirme qu'il informe régulièrement le BERR de la situation. Enfin, des employés de l'équipe craignent que Honda, qui choisira son repreneur, ferme son écurie, même si les spécialistes pensent qu'une telle décision nuirait à la réputation du constructeur qui aurait tout intérêt à financer la fourniture en moteurs Mercedes si le repreneur ne disposait pas de suffisamment de fonds[27]. Ces attaques sont initiées par Achilleas Kallakis, vexé d'avoir vu sa proposition de rachat repoussée par Honda (qui ne souhaitait pas se retrouver dans la même situation que Jordan Grand Prix devenu Midland F1 Racing en 2006 après son rachat par l'homme d'affaires russe Alex Schnaider qui, incapable d'assurer une bonne santé financière à l'écurie, l'a revendue à Spyker un an plus tard)[28].

Honda Racing F1 Team se porte candidate, auprès du BERR, pour l'obtention d'une aide financière de l'État britannique qui a débloqué des fonds pour les constructeurs automobiles qui s'engagent à innover, créer des emplois, baisser leurs émissions de gaz à effet de serre et avoir un chiffre d'affaires d'au moins 25 millions de livres sterling[29].

Photo de Bernie Ecclestone, chemise et cheveux blancs, téléphonant
Bernie Ecclestone, le détenteur des droits commerciaux de la Formule 1, propose à Honda une aide financière, qu'elle refuse.

À la mi-janvier, la FIA publie la liste des engagés au championnat du monde de Formule 1 2009 et laisse vacantes les places 18 et 19 attribuées à Honda, l'autorité organisatrice de la discipline prenant acte de la mise en vente de l'écurie. Bien qu'elle donnait initialement jusqu'à la fin du mois à son équipe pour trouver un acheteur avant de la fermer définitivement, la firme japonaise décide de ne pas respecter cette date, semblant dès lors privilégier une reprise par ses dirigeants[30],[31]. Bernie Ecclestone, le détenteur des droits commerciaux de la Formule 1, supervise les offres de rachat de l'écurie alors que Max Mosley, le président de la FIA, déclare que le personnel est confiant et que Fry et Brawn « pourraient réussir, ce sont deux personnes très compétentes dans la gestion d'une équipe de course »[32],[33].

Mi-février, Bernie Ecclestone, qui ne veut pas d'un plateau réduit à dix-huit pilotes, propose à Brawn et Fry de payer tous les frais nécessaires à l'engagement en championnat du monde de Formule 1, bien que qu'il pense que cette aide puisse être jugée illégale par la Commission Européenne, Ecclestone étant également le détenteur des droits commerciaux de la discipline[34]. Les responsables de l'écurie déclinent l'offre, ce qui provoque une crise d'orgueil d'Ecclestone qui déclare : « Si nous perdions McLaren, Ferrari ou quelqu'un comme BMW, les gens se demanderaient ce qu'il se va passer. Mais je ne crois pas que ce soit le cas avec Honda. Ils n'ont pas fait grand chose l'année dernière, n'est-ce pas ? »[35].

Dans le même temps, des rumeurs annoncent que Bruno Senna, grâce aux soutiens du pétrolier Petrobras et Embratel, une entreprise brésilienne de télécommunications, a signé un contrat de trois ans avec l'écurie de Brackley[36]. Ross Brawn, qui cherche toujours à réunir les 7,15 millions de livres nécessaires à l'achat de moteurs Mercedes, demande, dans un courriel à l'ensemble du personnel de l'écurie, de redoubler d'efforts pour préparer le début du championnat, qui commence le 29 mars et annonce que l'avenir de l'équipe va en s'améliorant[37].

Ecclestone contacte Richard Branson, patron de Virgin Group qui a sponsorisé Super Aguri en 2007, en espérant que le milliardaire britannique rachète l'écurie[38]. Quelques jours plus tard, Honda Racing F1 Team confirme être en négociations avec « plusieurs repreneurs potentiels dont le groupe Virgin » (qui ne confirme pas avoir fait d'offre)[39].

Le 23 février, Honda annonce que son président Takeo Fukui quittera ses fonctions à partir du mois de juin. Fukui, qui privilégie le rachat de l'écurie plutôt que sa fermeture, les deux opérations représentant un coût équivalent, déclare n'avoir « pas encore eu d'acheteur sérieux » pour son équipe, ce qui relance l'idée d'un rachat par Ross Brawn et Nick Fry, alors que Honda continue de payer les factures de son ancienne écurie[40].

Une courte préparation au championnat du monde de Formule 1 2009[modifier | modifier le code]

La création de l'écurie Brawn GP Formula One Team[modifier | modifier le code]

Photo de Ross Brawn en costume, souriant, debout, portant des lunettes
Ross Brawn, l'ancien directeur technique de Benetton , la Ferrari puis Honda, devient le propriétaire de sa propre écurie de Formule 1.

Le 26 février, Honda Racing F1 Team annonce que sa nouvelle monoplace est prête à entamer ses essais d'intersaison. L'écurie n'a plus roulé depuis novembre 2008, contrairement à ses rivales qui ont toutes déjà essayé leur nouvelle voiture, hormis Toro Rosso. Ces essais doivent commencer par un déverminage sur le circuit de Silverstone. Les médias rapportent que Ross Brawn a racheté l'écurie et bénéficierait, outre des droits télévisuels acquis par l'équipe en 2008 et des deniers des sponsors de Bruno Senna, du soutien financier de la firme nippone et de Bernie Ecclestone pendant un an, le temps qu'il trouve, avec l'aide de Nick Fry, de nouveaux investisseurs pour 2010[41],[42]. Alors que Fry devient l'un des actionnaires, Caroline McGrory, la conseillère juridique de l'équipe de Brackley, valide huit prêts hypothécaires et l'acquisition du nom Brawn Racing, avant de devenir officiellement la secrétaire de société de la nouvelle structure[43],[44],[45],[46].

Bruno Senna, malgré le soutien de son principal commanditaire personnel Petrobras, ne réussit pas à obtenir les fonds nécessaires pour piloter aux côtés de Jenson Button ; il doit céder sa place à son compatriote Rubens Barrichello qui est déjà lié Honda depuis 2006. Présent en Formule 1 depuis 1993, le Brésilien, avec 268 départs en Grands Prix, est le pilote plus expérimenté de la discipline[41][47]. Jenson Button a, pour sa part, accepté une réduction de 80 % de son salaire pour aider l'écurie[48]. Le 6 mars, Ross Brawn confirme officiellement Button et Barrichello aux postes de titulaires pour 2009 et la fourniture de moteurs Mercedes-Benz ; il se déclare ravi de l'expérience qu'apportera le duo le plus expérimenté du plateau qui sera un « atout inestimable » pour se préparer pour la première course du championnat[49].

Le même jour, Honda annonce que « la propriété de l'écurie a été transférée à M. Brawn », qui l'a acquise pour une livre sterling symbolique. Brawn remercie la FIA, la Formula One Management, la Formula One Teams Association, le Département des Affaires, de l'Innovation et des Compétences britannique, son motoriste et le fournisseur de pneumatiques, Bridgestone, d'avoir soutenu le projet ainsi que le personnel de l'usine de Brackley pour avoir conservé sa motivation pendant ces quatre mois d'incertitude. Brawn possède désormais l'équipe avec Nick Fry qui en devient le président, Nigel Kerr, son directeur financier, Caroline McGrory, sa conseillère juridique et John Marsden, son directeur des ressources humaines[50]

Si Honda Racing F1 Team est rebaptisée Brawn GP Formula One Team, cette dénomination n'était pas le premier choix des responsables qui souhaitaient initialement rendre hommage à Tyrrell Racing à l'origine de la structure de Brackley ; toutefois, ce nom ne semblait plus en adéquation avec la Formule 1 moderne. L'appellation Pure Racing est évoquée lors d'un brainstorming mais provoque le courroux de Mercedes. « Pourquoi pas Brawn ? », qui a tout gagné en Formule 1, propose Caroline McGrory[51].

Quelques heures plus tard, sur le circuit de Silverstone, Jenson Button prend le volant de la nouvelle Brawn BGP 001, dans une livrée blanche dépourvue de tout sponsor[52],[53].

La Brawn BGP 001[modifier | modifier le code]

Eu égard aux profondes modifications techniques en vigueur en 2009, le développement de la Brawn BGP 001, d'abord connue comme la Honda RA109, commence à l'hiver 2007[54]. Les premiers essais concernant l'efficacité du système de récupération de l'énergie cinétique ont lieu en avril 2008 sur la piste de dragster de Santa Pod, en Angleterre, où Alexander Wurz, le pilote d'essai de Honda Racing F1 Team, étrenne une Honda RA106 de 2006, équipée d'un SREC. Le système hybride de cette monoplace nommée RA1082, ne peut être testé convenablement et l'écurie part à Jerez. Wurz effectue plus de 300 kilomètres de tests au volant d'une monoplace dont le SREC délivre 400 kJ, améliorant d'environ 7 km/h sa vitesse de pointe[55].

Satisfait de ces premiers résultats, Honda dote son châssis RA08 d'un SREC, donnant naissance à la RA1089, également équipée d'un aileron de requin derrière l'entrée de la boîte à air et d'un aileron avant élargi pour valider l'emploi de pièces aérodynamiques déjà testés par Button et Wurz à la mi-novembre 2008. Après une nouvelle session de déverminage à Santa Pod, par Anthony Davidson, la RA1089 doit ensuite participer aux essais d'intersaison de Jerez qui débute le 7 décembre mais Honda annonce son retrait de la Formule 1, mettant un terme au projet[56].

Vue de gauche d'une monoplace de Formule 1 blanche, aux liserés jaune fluo et noir, en piste
La Brawn BGP 001, dénuée de tout sponsor, est le résultat de quinze mois de développement par Honda puis Brawn GP.

Bien qu'en avance sur BMW, Williams et McLaren sur cette technologie, la version SREC de la RA109, baptisée RA109K, est abandonnée puisque, dans tous les cas, Honda cède son implication de motoriste en Formule 1. Un bureau d'études du constructeur japonais, basé à Tochigi au Japon, continue cependant de travailler en secret sur la RA109[57],[58].

Alors que Ross Brawn négocie une fourniture de moteurs avec Mercedes, les ingénieurs adaptent l'aérodynamique de la monoplace pour y loger le bloc FO 108W de 755 chevaux, soit 25 de plus que le moteur Honda initialement prévu[59],[60]. Brawn choisit dans un premier temps de ne pas utiliser le SREC du constructeur allemand afin de pouvoir conserver les pontons rétrécis du châssis d'origine Honda. La BGP 001 se distingue également de la concurrence par un double diffuseur qui améliore profondément le passage du flux d'air sous le fond plat de la voiture. Elle arbore une livrée immaculée ornée seulement de deux liserés noir et jaune fluorescent parcourant la carrosserie depuis le capot moteur jusqu'à l'aileron avant[61].

Honda, qui souhaitait revenir au sommet en 2009, a ainsi investi plus de 150 millions de dollars dans la conception de cette voiture, ce qui en fait la monoplace la plus chère du plateau mais aussi celle qui dispose le plus faible budget d'exploitation, Brawn GP étant une écurie privée. Alexander Wurz, devenu consultant pour l'écurie de Brackley, affirme que le constructeur japonais avait exploité trois types de conception différentes en soufflerie alors que certains observateurs pensent que jusqu'à cinq souffleries ont été utilisées simultanément pour la conception de la monoplace[62].

Polémique liée à des premiers tours de piste surprenants[modifier | modifier le code]

Photo vue de l'avant de la BGP 001 de Barrichello en piste
Rubens Barrichello sur la Brawn BGP 001 en test à Barcelone le 10 mars 2009

La Brawn BGP 001 participe aux essais hivernaux organisés du 9 au 12 mars sur le circuit de Barcelone où elle se confronte à ses rivales qui ont déjà accumulé les kilomètres en piste. L'arrivée de Brawn GP satisfait les ingénieurs et les mécaniciens des autres écuries qui les aident à préparer leurs essais qui laissent entrevoir le fort potentiel de la monoplace[63]. Dès le premier jour, Jenson Button réalise le quatrième temps de la session et ne déplore qu'un léger souci de boîte de vitesses en fin de journée[64]. Le lendemain, Rubens Barrichello, qui réalise le troisième temps, s'enthousiasme de la fiabilité et des performances de sa monture[65]. Le troisième jour, Button domine nettement la concurrence en réalisant le meilleur temps, repoussant à plus d'une seconde la Ferrari F60 de Felipe Massa ; Barrichello fait de même le lendemain[66])[67]. Fernando Alonso déclare alors : « On ne sait pas combien d'essence ils embarquent mais nous, même en roulant sans essence, nous n'arriverions pas à faire ces temps. Ils sont un pas devant nous. Leur voiture est très élaborée, aux formes très définies et avec un aileron avant très travaillé, comme la partie arrière »[68]. Lors de ces essais, les rumeurs rapportent que Brawn GP aurait obtenu le soutien financier de Bwin, une société autrichienne de paris en ligne, dont les couleurs, le noir et l'orange, apparaitraient sur la BGP 001[69].

Brawn GP participe, du 15 au 17 mars, à une dernière série d'essais, à Jerez, avant le Grand Prix d'ouverture, en Australie. Les résultats sont tout aussi prometteurs puisque, le premier jour, Button effectue sans encombre une centaine de tours de piste et réalise une nouvelle fois le meilleur temps avec plus de cinq dixièmes d'avance sur son dauphin Fernando Alonso[70]. Le lendemain, Barrichello obtient le second temps, devant son coéquipier ; seul Alonso semble en mesure de rivaliser avec les pilotes Brawn[71]. Enfin, le troisième jour, Button, à nouveau le plus rapide du plateau, s'octroie le meilleur temps absolu de l'ensemble des trois jours de test[72].

Photo de l'arrière de la BGP 001
Le double diffuseur de la Brawn BGP 001, source de la polémique sur les performances de la monoplace.

Dès ses premiers tours sur le circuit de Barcelone, les observateurs habitués des paddocks de Formule 1 s'interrogent sur potentiel de performance réel de la Brawn BGP 001. Très surpris par la compétitivité du châssis de Ross Brawn, les responsables des écuries concurrentes le soupçonnent de rouler avec le minimum d'essence pour attirer de potentiels commanditaires financiers grâce à des temps rapides, ce que réfute l'ingénieur britannique : « Même Mercedes ne voulait pas nous croire quand on leur a parlé du contenu du réservoir. Quand nous avons vu les temps de nos concurrents, nous avons été surpris qu'ils n'aillent pas plus vite »[73]. Il ajoute que l'écurie est « à la recherche de partenaires sérieux pour des contrats de longue durée et non pas de sponsors qui veulent se faire une bonne publicité parce que la voiture fait de bons temps »[74]. Sam Michael, le directeur technique de Williams, estime que si Button et Barrichello tournent une seconde plus vite que les autres pilotes à Melbourne comme ils le font à Barcelone, ils gagneront la course avec un tour d'avance.

Pensant d'abord que la BGP 001 pesait moins que les 605 kilogrammes minimum autorisés, les critiques se focalisent ensuite sur le double diffuseur de la monoplace qui joint au plancher de la voiture de façon incurvée afin d'augmenter fortement son efficacité. Pour Briatore et Stefano Domenicali, le directeur sportif de Ferrari, les doubles diffuseurs des Brawn BGP 001, Williams FW31 et Toyota TF109 ne sont pas conformes au règlement, ce que réfute Barrichello[75]. La semaine précédant le Grand Prix d'Australie, l'écurie Red Bull Racing envisage de déposer une plainte contre Brawn GP, Williams et Toyota si elles ne modifient pas leur diffuseur d'ici la manche inaugurale[76]. Le 26 mars, Red Bull, Renault et Ferrari, mettent à exécution la menace mais, après examen des monoplaces incriminées, les commissaires de course du Grand Prix valident la conformité des double diffuseurs et autorisent les monoplaces à participer à l'épreuve. BMW Sauber, Ferrari, Renault et Red Bull font dès lors appel de cette décision auprès de la FIA[77],[78].

Une seule saison en Championnat du monde[modifier | modifier le code]

Premiers contrats[modifier | modifier le code]

Photo de gauche de la BGP 001, blanche et jaune fluo, sans sponsors
La BGP 001 vierge de tout sponsor pour ses débuts en piste.
Photo de gauche de la BGP 001, blanche et jaune fluo, orné du logo Virgin près de la roue avant
Les logos Virgin font leur apparition en course dès le premier Grand Prix, en Australie.

Peu après ces essais, la FIA confirme l'inscription de l'écurie de Brackley au championnat du monde de Formule 1 2009. Celle-ci, qui a demandé le changement du nom Honda Racing F1 Team en Brawn GP Formula One Team, est considérée comme une nouvelle équipe, ce qui la prive des droits télévisuels acquis par Honda en fonction de son classement en 2008 et versés par la Formula One Management, puisque Honda a rompu le contrat qui la liait à cet organisme jusqu'en 2012[79]. Cette déconvenue ne semble pourtant pas affecter les dirigeants de Brawn GP qui assurent que l'écurie est solide financièrement même si son budget, fourni par Honda et estimé autour de 104 millions de dollars, est l'un des plus serré du plateau (avec la Scuderia Toro Rosso et Force India)[80],[81].

Selon Bernie Ecclestone qui aurait préféré la dénomination Brawn Honda, la dénomination nom Brawn GP n'évoque rien pour le public tandis que Ross Brawn trouve que « c'est un peu embarrassant d'avoir son nom sur la voiture, même si cela peut aider le côté commercial »[82],[83].

Afin de prendre en compte le fait que l'équipe est nouvelle et non un prolongement de Honda Racing F1 Team, la FIA attribue les numéros 20 et 21 à Button et Barrichello tandis que Force India récupère les numéros 18 et 19 initialement réservés à Honda. Force India, qui utilise déjà les numéros 20 et 21 sur les produits dérivés promotionnels et de merchandising est déjà en vente demande à conserver ses anciens numéros. La FIA accède à cette requête légitime à la veille des essais libres du Grand Prix d'Australie et donne les numéros 22 et 23 aux pilotes Brawn (ainsi, en 2009, aucune équipe n'utilise les numéros 18 et 19)[84],[85].

Le même jour, l'écurie annonce avoir signé son premier partenariat commercial avec la société britannique Henri Lloyd, fabricant de vêtements dédiés aux sports nautiques, dont le logo apparaît sur la carrosserie de la BGP 001[86].

Brawn GP annonce, le 28 mars, que Virgin devient un de ses partenaires financiers majeurs ; Ross Brawn avait de longue date noué des liens étroits avec le milliardaire britannique Richard Branson qui sponsorisait Super Aguri F1 (qui faisait également partie de la "sphère d'influence Honda") en 2007[87],[88]. Cette information se traduit instantanément par l'apparition de logotypes Virgin sur la carrosserie des monoplaces encore vierge le matin même, lors des essais libres. Bien que l'équipe ne reçoive que 250 000 dollars par course de leur nouveau partenaire, Richard Branson déclare toutefois que cet accord n'est qu'une première étape vers une collaboration plus étroite : « Je pense que nous aimerions tous que cette relation évolue en quelque chose de plus complet, probablement d'ici trois ou quatre semaines. Nous allons examiner cette possibilité. Je ne pense pas que l'équipe désire avoir un nom qui ne fait la promotion de rien du tout. Tout le monde sait que Ross Brawn est un grand ingénieur et il n'est donc pas nécessaire que cette équipe porte son nom. Le nom de l'équipe pourrait donc changer mais nous verrons bien[89],[90],[91],[92]. » À la suite de ces déclarations, il est envisagé que les monoplaces changent de livrée dès le Grand Prix de Malaisie pour suivre la charte graphique de l'entreprise Virgin et que l'équipe modifie sa dénomination commerciale en associant la marque Virgin à l'appellation Brawn GP. Finalement, l'écurie conserve son patronyme et les monoplaces leur livrée d'origine (blanc, jaune, noir) ; les logotypes Virgin sont toutefois plus présents (sur le museau, sur les pontons et sur l'aileron arrière)[93],[94].

Premiers succès en course[modifier | modifier le code]

Photo du garage l'écurie Brawn en Australie
En Australie, l'écurie Brawn GP est relégué dans le stand le plus petit du circuit.
Photo de la BGP 001 vue de l'avant, en piste, aux mains de Button
L'écurie Brawn GP obtient sa première pole position et sa première victoire dès sa première course grâce à Jenson Button.

Confiante après les bonnes performances de Barcelone et Jerez, Brawn GP engage, au Grand Prix d'Australie, une monoplace n'ayant subi aucune modification depuis les derniers essais privés. Pour cette manche inaugurale disputée sur le circuit de l'Albert Park, Jenson Button et Rubens Barrichello utilisent un nouveau casque où les couleurs de l'écurie se substituent aux couleurs habituelles des pilotes. L'écurie étant considérée comme débutante, elle se voit octroyer le plus petit stand du plateau, au tout début de la voie des stands (la place la plus handicapante en course). Seules quarante personnes peuvent y travailler alors qu'une centaine officiait du temps de Honda. Brawn GP ne dispose en outre que d'un infime stock de pièces de rechange, mis à part un aileron avant supplémentaire pour chaque pilote[95].

Pour son premier Grand Prix de Formule 1, l'écurie frappe très fort puisque Jenson Button obtient la pole position[96]. Une telle performance est une première depuis 1970Jackie Stewart avait réalisé la pole position pour la première course de l'écurie Tyrrell Racing. Depuis la création du championnat du monde en 1950, seules huit écuries ont réussi cette performance (Alfa Romeo et Kurtis Kraft en 1950, Mercedes Benz et Lancia en 1954, Lola en 1962, March et Tyrrell)[97]. La performance des monoplaces est d'autant plus remarquable que Rubens Barrichello, auteur du deuxième temps, permet à l'équipe de réaliser un doublé en première ligne pour ses débuts dans l'élite ; seules les écuries Alfa Romeo (avec Giuseppe Farina, Luigi Fagioli, Juan Manuel Fangio et Reg Parnell aux quatre premières places du Grand Prix d'Angleterre en 1950), Kurtis-Kraft (avec Walt Faulkner et Frederick Agabashian à Indianapolis en 1950), Mercedes Benz (avec Fangio et Karl Kling au Grand Prix de France 1954) et March (avec Jackie Stewart et Chris Amon au Grand Prix d'Afrique du Sud 1970) ont réussi un tel exploit[98],[99],[100],[101].

Au terme d'une course disputée où s'affrontent des monoplaces munies d'un système de récupération de l'énergie cinétique, d'autres d'un diffuseur contesté et enfin d'autres dépourvues de ces deux éléments, les Brawn concrétisent tous les espoirs que laissaient paraître leur résultats depuis leurs premières sorties en piste puisque Button remporte aisément la course devant Barrichello, pourtant en difficulté après avoir été accroché par Heikki Kovalainen au premier tour[102],[103]. Seuls Alfa Romeo lors du premier Grand Prix de l'histoire du championnat du monde, Mercedes Benz en France en 1954 et Walter Wolf Racing au Grand Prix d'Argentine en 1977 ont réussi un tel exploit[104],[105],[106].

Ce doublé historique laisse bouche-bée les observateurs qui ne pensaient pas voir Brawn GP dominer le championnat. Ross Brawn est lui-même médusé ainsi que le rapporte : « Vous ne voyez pas souvent Ross rester muet mais durant quinze minutes, je serais surpris qu'il ait dit un mot. Il est venu me voir et m'a fait un câlin d'ours. Comme Bigfoot. Sur le chemin du podium, il n'avait rien à dire. Le gros nounours était sans voix. C'était beau de voir que c'était une journée aussi émouvante pour lui que pour nous ». Cependant, le professionnel qu'il est ne tarde pas à se faire entendre en réclamant une meilleure efficacité de ses mécaniciens lors des arrêts aux stands[107],[108]. Vu du Japon, le succès de Brawn GP frustre les cadres de Honda qui tiennent toutefois à féliciter leur ancienne équipe[109]. Alors que l'équipe fête sa victoire dans une discothèque de Melbourne, Nick Fry annonce que Brawn GP, dont les finances sont restreintes, va licencier 270 personnes afin de revenir à 430 employés, comme lors de la saison 2004[110].

Jenson Button en pole position au Grand Prix de Malaisie 2009.
Le Grand Prix de Malaisie est interrompu sur drapeau rouge en raison d'une pluie diluvienne.

En marge du Grand Prix de Malaisie, des rumeurs annoncent que Virgin apporterait à Brawn GP un soutien de 30 millions de dollars en 2010 en échange de l'acquisition de l'intégralité des espaces publicitaires disponibles sur la future monoplace. L'entreprise deviendrait alors le sponsor-titre de l'écurie et pourrait revendre une partie de la couverture publicitaire à de nouveaux commanditaires, à l'instar de Marlboro avec la Scuderia Ferrari. Richard Branson révèle alors : « Pour le moment nous sommes seulement un sponsor mais peut-être qu'un jour Virgin possèdera sa propre équipe ». Cette déclaration renforce les spéculations quant à l'éventuelle prise de participation, voire le rachat de Brawn GP par Virgin Group[111],[112].

Après des essais libres difficiles en raison du manque d'équilibre de la monoplace, le rythme des BGP 001 s'améliore en qualifications puisque Barrichello est l'auteur du meilleur temps de la première session, suivi par Button lors des deux phases suivantes. Alors que Button ravit la pole position, Barrichello, plus lent que Sebastien Vettel et le pilote Toyota Jarno Trulli (longtemps en lutte pour la pole position contre Button) prend la quatrième place des qualifications mais, en raison d'une pénalité de cinq places pour un changement de boîte de vitesses le vendredi-après-midi, s'élance de la huitième place sur la grille (Vettel, auteur du troisième temps, est pénalisé de dix places pour avoir provoqué son accident avec Kubica en Australie). Pensant que la première place allait se jouer entre les pilotes Red Bull et Ferrari, Button prédit que ses concurrents seront plus rapides d'ici quelques courses. Il semble très préoccupé par les conditions de course du lendemain car, alors que la manche malaisienne se dispute régulièrement sous la pluie, la BGP 001 reste la seule monoplace du plateau à n'avoir jamais roulé sur une piste mouillée et son comportement pourrait être imprévisible[113],[114].

Les craintes de Button se justifie quand le départ de la course est donné sous un ciel menaçant. Button, qui survire au premier virage, est dépassé par laisse Rosberg et Trulli tandis que Barrichello remonte à la cinquième position puis, au quatrième tour, dépasse Fernando Alonso. Les pilotes Brawn GP sont ensuite deuxième et troisième après l'arrêt aux stands de Rosberg au quinzième tour. Au tour suivant, le Britannique prend la tête et la cède brièvement à Barrichello au vingtième tour. Un déluge s'abat alors sur le circuit, forçant tous les pilotes à chausser leurs pneus pluie. Barrichello rétrograde progressivement en cinquième place, avant que le drapeau rouge ne soit agité au trente-et-unième tour, les conditions climatiques n'étant plus favorables à la poursuite de l'épreuve. Après une heure d'interruption, la direction de course met un terme au Grand Prix. Button est déclaré vainqueur devant son équipier ; il est également détenteur du meilleur tour en course, son premier depuis ses débuts dans la discipline et le premier de Brawn GP. Il réalise ainsi le premier hat-trick (pole position, victoire, meilleur tour en course) de sa carrière. Comme moins de 75 % de la distance a été parcourue (31 tours sur 56), seule la moitié des points est distribuée : Button en marque ainsi cinq et Barrichello deux. Le Britannique, qui a gagné les deux premières courses sous le régime de la voiture de la sécurité puis à l'arrêt, espère remporter le prochain Grand Prix en franchissant la ligne d'arrivée à pleine vitesse[115],[116],[117],[118].

Au terme des deux premières manches, Brawn GP mène le championnat des constructeurs avec 25 points devant Toyota F1 Team qui a inscrit 16,5 points. Avec 15 points, Button mène le championnat des pilotes devant Barrichello (10 points)[119].

Le retour de la concurrence[modifier | modifier le code]

À l'approche du verdict qui doit être rendu le 14 avril par la FIA concernant la légalité du double diffuseur employé par Brawn GP, Toyota et Williams, chacun s'exprime sur le sujet. Pour Fernando Alonso (Renault), « si la cour d'appel ne fait rien le 14 avril, vous pouvez supposer qu'ils vont gagner toutes les autres courses »[120]. Pour l'ancien pilote David Coulthard, la cour d'appel de la FIA confirmera le jugement des commissaires techniques de Melbourne, d'autant que ces écuries ont dépensé beaucoup d'argent pour introduire ce système malgré la crise, et leurs concurrentes devront modifier leur voiture[121]. Rory Byrne, un ancien ingénieur de Ferrari, juge le double diffuseur illégal car les trous qui y sont percés permettent de voir les suspensions en regardant la monoplace par dessous[122]. La FIA confirme finalement la légalité du double diffuseur, ce qui permet aux écuries le possédant de conserver les résultats acquis en course depuis le début de saison mais pousse les autres écuries à développer un tel système[123].

Peu avant le début des essais libres du Grand Prix de Chine, disputé du 17 au 19 avril sur le circuit international de Shanghai, Brawn GP annonce avoir signé un partenariat commercial avec le courtier suisse MIG Investments dont le logo apparaît sur le museau et l'aileron avant de la BGP 001[124]. Deux jours plus tard, Nick Fry officialise un partenariat avec Ray-Ban, déjà lié à British American Racing puis Honda Racing F1 Team depuis 2004. Le logo de l'entreprise est désormais présent sur les casques de Button et Barrichello[125].

Malgré un début de weekend prometteur où Button bat largement le temps de la pole position de l'édition précédente du Grand Prix, les BGP 001 sont dominées par les monoplaces de l'écurie autrichienne Red Bull Racing qui se révèlent particulièrement rapides. Si Button réalise le meilleur temps de la première partie de la séance, le reste des qualifications est dominé par l'Allemand Sebastian Vettel qui obtient la première pole position de sa carrière. Barrichello, auteur du quatrième temps, est plus lent de trois dixièmes de seconde, à l'instar de son équipier, cinquième sur la grille[126]. Bien que satisfait, Ross Brawn explique la baisse de performance de ses pilotes par des problèmes de sous-virage rencontrés en fin de séance et par l'amélioration du niveau de ses concurrents[127].

Jenson Button dans le peloton sous le crachin chinois.
Jenson Button sous la pluie du Grand Prix de Chine.

Sous la pluie, le départ de la course est donné sous régime de la voiture de sécurité qui libère la piste au huitième tour. Button dépasse son équipier avant de prendre la tête au seizième tour après les ravitaillements de Vettel et de Mark Webber. Deux boucles plus loin, Robert Kubica percute Jarno Trulli, obligeant l'intervention de la voiture de sécurité. Barrichello, alors deuxième, en profite pour ravitailler avec son équipier ; le Brésilien se retrouve septième tandis que Button s'intercale entre les deux Red Bull, à l'avant de la course. Reprenant brièvement la tête au quarantième tour, il s'arrête deux boucles plus loin, juste avant Barrichello, et est alors troisième, position qu'il conserve jusqu'à l'arrivée, à 45 secondes de Vettel alors que son équipier finit quatrième, à une minute. Barrichello réalise toutefois son seizième meilleur tour en course, son premier depuis le Grand Prix du Japon 2004, preuve que la BGP 001 s'avère performante tant sur piste sèche que mouillée[128],[129],[130]. Button révèle que sa monoplace manque d'adhérence par rapport à la Red Bull RB5 et qu'il avait l'impression qu'elle flottait sur la surface de l'eau[131].

Button et Barrichello, avec 21 et 15 points, mènent toujours le championnat du monde et accroissent leur avance sur Timo Glock et Vettel qui marque ses premiers points. Brawn GP mène le championnat des constructeurs avec 36 points, près le double de Red Bull et Toyota[132].

Lors de ce Grand Prix, Flavio Briatore, directeur de Renault F1 Team, conteste, à l'instar de Bernie Ecclestone, le fait que Brawn GP bénéficie du versement des droits télévisés acquis par Honda en 2008 et estimés à 30 millions de dollars. Il juge que l'écurie anglaise, en tant que nouvelle équipe, ne doit pas toucher cette somme qui doit être répartie équitablement entre les autres écuries pour compenser les dépenses engendrées par le développement d'un double diffuseur[133]. Alors que Ross Brawn cherche à régler le problème au sein des instances réglementaires et non en public, Martin Whitmarsh, le directeur de McLaren Racing, qui a soutenu Brawn GP en permettant à Mercedes de lui fournir ses moteurs, lui renouvelle son appui en révélant que la Formula One Teams Association (association des écuries de Formule 1), dont il est le président, fera pression sur la FIA pour que Brawn perçoivent bien les droits télévisées[134],[135].

Les écuries de Formule 1 se rendent directement de Chine à Bahreïn pour disputer, une semaine plus tard sur le circuit international de Sakhir, la quatrième manche du championnat. Alors que Richard Branson attend la réponse de la petite écurie britannique quant à l'extension de son partenariat avec Virgin Group, Ross Brawn, eu égard aux très bonnes performances de son équipe, lui demande une augmentation de sa participation financière. Virgin ne souhaite pas s'engager à n'importe quel prix : « Nous verrons ce qu'il se passe. Quelqu'un pourrait venir et payer un prix absurde et nous prendrions congé gracieusement si cela arrivait mais nous avons fait une offre que nous estimons pouvoir nous permettre »[136],[137]. Pour ce quatrième Grand Prix, la BGP 001 arbore les logos de Virgin Galactic, une filiale du groupe qui souhaite proposer à l'avenir des vols touristiques dans l'espace. Alors que le triple champion du monde et commandant de bord Niki Lauda suit une formation pour devenir pilote de vaisseau spatial, Virgin annonce que Rubens Barrichello a d'ores et déjà acheté son billet pour un vol dans l'espace[138].

Jenson Button remporte, à Bahreïn, sa troisième course en quatre départs.

Lors des essais libres, les Brawn BGP 001 se montrent en retrait face aux écuries de pointe ; Button, qui manque d'adhérence en sortie de virage, n'obtient que le quatrième temps des qualifications, à six dixièmes de Jarno Trulli (en première ligne avec Timo Glock) alors que Barrichello (bloqué dans son tour rapide par un groupe de voitures effectuant leur tour de sortie) plus lent encore de deux dixièmes de secondes que son équipier, prend la sixième place de la grille. Ross Brawn considère néanmoins que sa voiture progresse au fil du weekend et que ses pilotes, qui se sont qualifiés à des places « décentes », tireront parti des températures moins chaudes annoncées pour la course[139],[140]. Button se montre moins optimiste en déclarant qu'il place son écurie désormais derrière Toyota et Red Bull en termes de performances[141].

En course, Button, en difficulté avec son embrayage, prend un mauvais départ mais conserve son rang puisqu'il dépasse Vettel mais est débordé par Lewis Hamilton (sur qui il tente de prendre l'avantage à trois reprises avant d'y parvenir). Il profite des ravitaillements de Trulli et Glock pour mener la course au treizième tour, avant de s'arrêter à son tour trois boucles plus loin ; Barrichello se retrouve alors quatrième mais son premier arrêt le repousse au dixième rang, derrière la Renault R29 de Nelsinho Piquet, qu'il dépasse au dix-neuvième tour après avoir été ralenti par ce dernier. Button reprend la tête au vingt-deuxième tour après les arrêts de Vettel et Kimi Räikkönen. Son équipier dépasse successivement Alonso, Glock, Rosberg et Räikkönen pour pointer au cinquième rang au trente-huitième tour, lors duquel Button cède la tête à Vettel pendant trois boucles. Luttant avec Hamilton pour la quatrième position, Barrichello perd son duel face au Britannique après son troisième ravitaillement et termine cinquième, à 37 secondes de son équipier, qui remporte sa troisième course en quatre départs, malgré des problèmes de refroidissement dus à un problème électrique qui lui ont valu quelques brûlures[142],[143],[144],[145]. Le Brésilien, dont des rumeurs prétendent, à tort, qu'il sera remplacé sous peu par Bruno Senna, déclare avec malice : « la chance est du côté de Jenson en ce moment », faisant ironiquement référence à sa situation chez Ferrari en tant que lieutenant de Michael Schumacher. Button avoue que cette victoire est le fruit d'un dur labeur[146],[147].

Domination en début de saison européenne[modifier | modifier le code]

La livrée spécifique Terminator Salvation sur la monoplace de Barrichello au Grand Prix d'Espagne 2009...
...Red Bull Racing était auparavant l'écurie la plus sollicité pour la promotion d'événements cinématographiques.

Alors que les observateurs s'attendent à ce que Virgin devienne le sponsor-titre de Brawn GP dès la manche suivante, organisé du 8 au 10 mai en Espagne, l'écurie britannique conclut un partenariat avec le fabricant de harnais Willans ; il s'agit d'une continuité avec le partenariat établi avec la société de Richard Branson puisque le bateau à moteur le plus rapide à avoir traversé l'océan Atlantique, conçu par Virgin, est équipé de harnais Willans[148],[149]. À l'occasion du Grand Prix d'Espagne, l'écurie finalise une opération promotionnelle d'envergure avec Sony Pictures Entertainment pour assurer la promotion du film Terminator Renaissance dont le logo et des images du film sont arborés par la BGP 001. Ce type de collaboration exceptionnelle entre les milieux du cinéma et de la Formule 1 était, jusqu'à présent, l'apanage de Red Bull Racing, associée précédemment à la promotion des films Superman Returns et Star Wars[150]. Nick Fry, qui cherche à assurer l'avenir de l'écurie pour les cinq prochaines années, annonce que les excellents résultats de l'équipe ont permis la négociation avec vingt à vingt-cinq entreprises pour le rôle de sponsor-titre. Bien qu'il dit prendre son temps pour signer un accord majeur avec l'une ou l'autre de ces entreprises, Fry se dit convaincu de voir beaucoup d'entre elles s'afficher sur la carrosserie de ses monoplaces[151].

Après des essais libres réussis lors desquels les pilotes Brawn testent de nouvelles pièces à l'arrière de la BGP 001, Barrichello s'empare du meilleur temps absolu du weekend de Grand Prix lors de la deuxième phase de qualification. Button réalise ensuite une pole position inattendue en min 20 s 527, repoussant Sebastian Vettel à un dixième de seconde ; celui-ci devance d'un dixième de seconde le Brésilien, troisième en min 20 s 762. Alors que Barrichello se montre déçu de ne pas partir depuis la première ligne, Ross Brawn assure que les modifications apportées à la BGP 001 ont permis à l'écurie de progresser, même s'il faut encore optimiser leur impact sur les performances de la monoplace[152],[153],[154].

En course, Barrichello prend un excellent départ, dépasse Vettel, puis prend la tête au premier virage. Il conserve sa position jusqu'au dix-neuvième tour où il s'arrête aux stands mais mène à nouveau dès le tour suivant. Button, deuxième, qui s'était arrêté une boucle plus tôt, doit attendre le vingt-sixième tour pour dépasser Nico Rosberg. Disposant d'une lourde charge en carburant, le Britannique, plus rapide que Barrichello, qui n'arrive pas à reconstruire son avance, passe d'une stratégie de trois à deux arrêts et, au prix d'un pilotage agressif, dépasse son équipier au trente-deuxième tour. Il ne rend sa position qu'aux quarante-neuvième et cinquantième boucles, à l'occasion de son second arrêt, et remporte sa quatrième course de la saison, devant Barrichello (à 13 secondes) talonné par Mark Webber après une chute des performances après son dernier arrêt[155],[156],. Le Brésilien réalise au vingt-huitième passage de la ligne le meilleur tour en course, le dix-septième et dernier de sa carrière[157],. Le changement soudain de stratégie de Button provoque l'interrogation du vétéran brésilien qui se voyait remporter son premier Grand Prix de la saison et soupçonne son écurie de favoriser son coéquipier[158],[159]. Ross Brawn, qui « aimerait voir Rubens gagner une course », déclare que Button et Barrichello sont traités à égalité et qu'aucune consigne d'équipe n'est donnée chez Brawn GP : « Si vous regardez les temps, avec les pneumatiques et la quantité d'essence, vous verrez qu'il y a eu un moment où Rubens était plus lent que prévu. C'est ce qui lui a coûté la victoire car Jenson était plus rapide, avec plus d'essence. Lors du premier virage, vous avez pu voir qu'il n'y avait pas de consigne donnée aux pilotes. Rubens a pris un bon départ et a pris l'avantage sur Jenson. Que Rubens ne soit pas heureux est une bonne chose. Ça m'ennuierait qu'il le soit après avoir fini deuxième derrière Jenson »[160],[161].

À l'issue de ce cinquième Grand Prix, Jenson Button creuse l'écart au championnat des pilotes avec 41 points, 14 de plus que Rubens Barrichello qui devance Sebastian Vettel de trois unités. Au championnat des constructeurs, Brawn GP mène avec 68 points, 30 de plus que Red Bull Racing qui s'affirme comme son principal rival[162].

Jenson Button remporte une nouvelle victoire, dans les rues de Monaco.
À Monaco, Rubens Barrichello permet à son écurie de réaliser un doublé.

Alors que les équipes se préparent à disputer la sixième manche de la saison à Monaco, Flavio Briatore, le directeur de Renault F1 Team, pense que le titre de champion du monde des constructeurs est d'ores et déjà acquis pour Brawn GP : « En Formule 1, presque tout est possible mais je pense qu'il sera très dur pour une autre équipe de gagner le titre. Ils ont un bon financement, ils peuvent encore développer leur voiture sans trop de problème mais c'est un problème pour la concurrence. Nous ne pouvons pas simplement aller au supermarché, acheter un diffuseur et l'installer sur la voiture. Pour une telle partie, il faut changer toute la voiture, et cela prend du temps »[163]. Ross Brawn confirme cette tendance à court terme en précisant que la BGP 001 fonctionne très bien dans les virages lents et que le moteur Mercedes-Benz lui offre une grande maniabilité, deux atouts majeurs sur le tracé monégasque[164]. Cette manche est l'occasion pour Ross Brawn d'affirmer le soutien de son écurie au jeune Britannique Will Stevens (déjà protégé de Honda Racing F1 Team) qui court en Eurocup Formula Renault 2.0[165].

Lors de qualifications où les pilotes Toyota sont relégués en fond de grille, les Brawn BGP 001, très performantes sur le lent tracé monégasque, se battent pour les premières places contre les Red Bull et le Ferrari. Button remporte, en min 14 s 902 (en repoussant Kimi Räikkönen à 25 millièmes de seconde), sa quatrième pole position de la saison. Son équipier, qui boucle son meilleur tour en min 15 s 077, prend la troisième place[166]. La position sur la grille étant, à Monaco plus qu'ailleurs, déterminante dans le résultat de la course, les deux pilotes Brawn GP croient en leurs chances de victoire, Ross Brawn espèrant même un nouveau doublé[167],[168].

Le lendemain, Button, uniquement inquiété, au cinquante-deuxième tour, par Räikkönen, lors de son arrêt aux stands, remporte sa cinquième victoire en six Grands Prix, confortant la suprématie de son écurie. Barrichello, qui a dépassé Räikkönen dès le premier tour, conserve cette deuxième place malgré la pression exercée par les pilotes Ferrari. En difficulté avec un harnais de sécurité qui s'est détendu pendant la course, il n'a jamais été en mesure de se battre pour la victoire et termine à sept secondes de son équipier[169],[170]. Heureux de ce nouveau succès de rang, le Britannique, qui réside à Monaco, devient le premier pilote de l'histoire à remporter trois courses consécutives sans changer de moteur. Sous le coup de l'émotion, il gare sa monoplace dans le parc fermé au lieu de l'amener au pied de la tribune protocolaire où il est attendu par l'aréopage princier. Il rejoint alors la tribune en courant sous les acclamations du public, et s'excuse de son retard auprès du Prince Albert II de Monaco en charge de la remise des trophées. Il reçoit le soutien de Michael de Kent, membre de la famille royale britannique, pour le prochain Grand Prix de Grande-Bretagne, qui a lieu quatre semaines plus tard. Button, Brawn, Fry et leur épouses respectives sont alors conviés au dîner de gala organisé par le Prince, en compagnie de Jacky Ickx[171].

En tête du championnat du monde des pilotes avec 51 points contre 35 pour Barrichello, Jenson Button dit ne pas penser au titre mondial, de peur de perdre ses moyens. Brawn GP mène le championnat des constructeurs avec 86 points, soit le double de son dauphin, Red Bull Racing[172].

Le motorhome de Brawn Grand Prix lors du Grand Prix de Turquie 2009.

La course suivante, en Turquie, est plus contrastée pour l'écurie : si Button signe une nouvelle victoire, Barrichello est contraint à l'abandon à la suite d'une défaillance de sa boîte de vitesses.

Un essoufflement en cours de saison[modifier | modifier le code]

Button ne se classe que sixième pour son GP national

À partir du Grand Prix de Grande-Bretagne, l'écurie Brawn commence à s'essoufler alors que sa principale rivale, Red Bull Racing progresse inexorablement. Si Barrichello se hisse en première ligne, encadré par Vettel en pole et Webber 3e, Jenson Button ne se qualifie qu'en 6e position. Le doublé des pilotes Red Bull alors que Barrichello et Button ne se classent que 3e et 6e permet à l'équipe autrichienne de revenir à 29,5 points de Brawn au championnat du monde. La lutte reste serrée au Grand Prix d'Allemagne où les qualifications sont âprement disputées. Mark Webber signe sa première pole devant Barrichello, Button et Sebastian Vettel. Les pilotes red Bull signent un nouveau doublé, Webber remportant à cette occasion sa première victoire en Grand Prix, alors que les Brawn ne se classent que 5e et 6e bien que Barrichello ait mené la course pendant 21 tours. Au championnat du monde, les Brawn n'ont plus que 19,5 points d'avance sur leurs rivales.

Le Grand Prix de Hongrie voit le retour au premier plan des "grandes écuries", à la peine depuis le début de la saison. Ainsi, Fernando Alonso signe la pole sur sa Renault F1 Team et Lewis Hamilton se hisse à la 4e place avec sa McLaren. Les pilotes Red Bull se qualifient second et troisième alors que Button n'est que 8e et que Barrichello ne franchit pas la barre de la séance Q2 et s'élance de la 12e place sur la grille. La course confirme le retour des grosses écuries aux avant-postes (victoire d'Hamilton, seconde place pour Kimi Räikkönen sur Ferrari), le maintien de l'équipe Red Bull (Webber se classe troisième), et les difficultés croissantes de Brawn GP où seul Button entre dans les points avec sa modeste 7e place finale. L'avance des Brawn au championnat se réduit encore un peu (15,5 points). Les écuries munies du système KERS (Ferrari et McLaren), handicapées en début de saison par la mise au point du système, semblent désormais maîtriser son utilisation et devenir des rivales potentielles pour Brawn.

Retour aux avant-postes[modifier | modifier le code]

Brawn GP remet la main sur les rênes du championnat lors du Grand Prix d'Europe grâce à la victoire de Barrichello et à la septième place de Button qui lui rapportent 12 points tandis que Red Bull n'en inscrit aucun. Le Grand Prix de Belgique est plus décevant avec l'abandon de Button dans le premier tour et la septième position de son coéquipier alors que Sebastian Vettel, en se classant troisième, permet à Red Bull de reprendre 4 points.

Le Grand Prix d'Italie est un franc succès avec un nouveau doublé, le quatrième de la saison, et la victoire de Barrichello. Red Bull, le principal rival dans la course au titre n'inscrit qu'un point grâce à l'accident de Lewis Hamilton en vue de l'arrivée alors qu'il était troisième. À l'issue de l'épreuve, Brawn possède plus de quarante points d'avance sur Red Bull et ses pilotes pointent aux deux premières places du championnat (Button 80 points et Barrichello 66).

Malgré des résultats assez décevants au Grand Prix de Singapour, ce dernier s'avère être une bonne opération pour Brawn GP. Bien qu'étant partis respectivement en neuvième et onzième positions, Barrichello et Button terminent la course dans les points (sixième et cinquième) derrière Sebastian Vettel et apportent sept points à leur écurie, soit deux de plus que les pilotes Red Bull. Brawn GP creuse encore l'écart et se rapproche encore du titre de champion des constructeurs. Le 18 octobre 2009, malgré les belles prestations des pilotes Red Bull (victoire de Webber et quatrième place de Vettel), l'écurie remporte le championnat à l'issue du Grand Prix du Brésil en marquant cinq points grâce la cinquième place de Button et la huitième de Barrichello.

Button et Barrichello, partis respectivement de la quatrième et cinquième position sur la grille de départ, terminent le Grand Prix d'Abou Dabi, le dernier de l'écurie, aux troisième et quatrième positions offrant un dernier podium à Brawn Grand Prix.

Le , l'écurie est rachetée à 75,1 % par son motoriste Mercedes, qui la renomme Mercedes Grand Prix. Les propriétaires fondateurs, dont Ross Brawn et Nick Fry, conservent 24,9 %[173],[174],[175]. En février 2011, les 24,9 % restants changent de main ; Daimler possède aujourd'hui 60 % du capital de l'équipe, et Aabar 40 % .

Résultats en championnat du monde[modifier | modifier le code]

Résultats de l'écurie Brawn GP en championnat du monde de Formule 1
Saison Écurie Châssis Moteur Pneus Pilotes Grands Prix disputés Pole positions Meilleurs tours Victoires Points inscrits Classement
2009 Drapeau : Royaume-Uni Brawn GP Formula One Team Brawn BGP 001 Mercedes Bridgestone Drapeau : Royaume-Uni Jenson Button
Drapeau : Brésil Rubens Barrichello
17 5 4 8 172 Champion


Tableau synthétique des résultats de l'écurie Brawn GP en Formule 1
Saison Écurie Châssis Moteur Pneumatiques Pilotes Courses Points
inscrits
Classement
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
2009 Brawn GP
Formula One Team
Brawn BGP 001 Mercedes-Benz FO 108W Bridgestone AUS MAL* CHI BAH ESP MON TUR GBR ALL HON EUR BEL ITA SIN JAP BRÉ ABU 172 Champion
Jenson Button 1er 1er 3e 1er 1er 1er 1er 6e 5e 7e 7e Abd 2e 5e 8e 5e 3e
Rubens Barrichello 2e 5e 4e 5e 2e 2e Abd 3e 6e 10e 1er 7e 1er 6e 7e 8e 4e

Légende : ici

  • * : La moitié des points a été distribuée parce que moins de 75 % de la distance prévue de la course ont été effectués.

Palmarès des pilotes Brawn GP[modifier | modifier le code]

Palmarès des pilotes de l'écurie Brawn GP Formula One Team en championnat du monde de Formule 1
Pilote Grand Prix disputés Victoires Podiums Points inscrits Pole positions Meilleur tour en course
Drapeau : Royaume-Uni Jenson Button 17 6 9 95 4 2
Drapeau : Brésil Rubens Barrichello 17 2 6 77 1 2

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Aucun ouvrage consacré uniquement à l'écurie Brawn GP Formula One Team n'est actuellement paru.

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Jenson Button, A Championship Year : The Highs and Lows of a Year That Made a New F1 Champion, Londres, Orion, (ISBN 978-1409118275) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]