Nick Heidfeld

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Nick Heidfeld
Photographie d'un pilote automobile, habillé en rouge, barbu, aux cheveux châtains, vu de face, en gros plan.

Nick Heidfeld aux 6 Heures de Fuji 2014.

Nom complet Nick Lars Heidfeld
Surnom Computer Kid
Quick Nick
Date de naissance (38 ans)
Lieu de naissance Mönchengladbach (Rhénanie-du-Nord-Westphalie)
Nationalité Drapeau d'Allemagne Allemand
Années d'activité Depuis 1994
Qualité Pilote automobile en monoplace et en endurance
Équipe Drapeau : France Prost GP (2000)
Drapeau : Suisse Sauber (2001-2003)
Drapeau : Irlande Jordan GP (2004)
Drapeau : Royaume-Uni Williams (2005)
Drapeau : Allemagne BMW Sauber (2006-2010)
Drapeau : Royaume-Uni Lotus Renault (2011)
Drapeau : Suisse Rebellion Racing (2012-)
Drapeau : Monaco Venturi GP (2014-)
Nombre de courses 183
Pole positions 1
Meilleurs tours en course 2
Podiums 13
Victoires 0
Site web nickheidfeld.com

Nick Lars Heidfeld, dit Nick Heidfeld, né le à Mönchengladbach, est un pilote automobile allemand. De 2000 à 2011, il participe à 183 Grands Prix de Formule 1, pour treize podiums.

Nick Heidfeld fait ses débuts en karting dans le milieu des années 1980. Repéré par l'ADAC, il remporte plusieurs titres et passe à la monoplace en 1994. Vainqueur de la catégorie 1 600 cm³ du championnat d'Allemagne de Formule Ford, puis de la catégorie 1 800 cm³ l'année suivante, Heidfeld termine troisième du championnat d'Allemagne de Formule 3 en 1996, avant d'être sacré champion l'année suivante. Pris sous l'aile de Mercedes, il intègre la Formule 3000 en 1998. Manquant le titre de justesse pour sa première année, il est sacré en 1999. Dans cette même période, il effectue ses premiers tests en Formule 1.

Nick Heidfeld fait ses débuts en Formule 1 en 2000 chez Prost Grand Prix, où il ne marque aucun point. Transféré chez Sauber, il se révèle en montant sur son premier podium. Snobé par McLaren qui lui préfère Kimi Räikkönen, Heidfeld reste chez Sauber, mais semble s'enliser dans le ventre mou du peloton, ne remontant plus sur le podium. Il rejoint Jordan, en pleine crise, pour la saison 2004 et marque quelques points. En 2005, l'Allemand signe avec BMW-Williams et parvient à décrocher trois podiums, sans pour autant gagner. En 2006, il rejoint BMW Sauber et réalise quelques places d'honneur, dont un podium. En 2007, Heidfeld se classe cinquième du classement général, notamment grâce à sa régularité à obtenir des points. L'année suivante est assez similaire avec une sixième place finale et quatre podiums récoltés, sans aucune victoire toutefois.

En 2009, l'écurie est sur le déclin et Heidfeld ne décroche qu'un seul podium, stagnant en milieu de tableau la plupart du temps. En 2010, l'Allemand décide de quitter l'équipe pour rejoindre Mercedes en tant que pilote de réserve, avant de passer chez Pirelli pour le développement des pneumatiques. Vers la fin de l'année, Sauber l'appelle pour les dernières courses de la saison, ce qui le fait gagner quelques points, chez une écurie qui n'est plus que l'ombre de celle qu'elle était précédemment. En 2011, Lotus Renault le recrute en tant que titulaire : malgré un podium, il est remercié à mi-saison. C'est la dernière saison du pilote allemand en Formule 1.

En 2012, Heidfeld se reconvertit en endurance et dans son championnat du monde avec Rebellion Racing, en participant à plusieurs manches de la saison. En 2013, malgré des moyens plus limités que ceux des constructeurs, Heidfeld termine huitième et vice-champion des American Le Mans Series. En 2014, Heidfeld termine dixième du championnat des Pilotes, tout en faisant ses débuts en Formule E, où il décroche un podium lors de la première saison avec Venturi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des débuts en karting au titre de Formule 3000 (1977-1999)[modifier | modifier le code]

Né à Mönchengladbach en 1977, le jeune Nick Heidfeld fait une course de moto-cross à l'âge de cinq ans avec ses frères Tim et Sven[1], mais est victime d'un grave accident, au niveau du mollet, ce qui pousse ses parents à interdire toute contact entre leur fils et le sport automobile[2]. Après un voyage au Nürburgring en 1984, le jeune Nick convainc ses parents de lever leur interdiction, et de faire ses débuts en karting[3],[4]. Afilié au club de karting de Kerpen-Mannheim, aux côtés de Michael et Ralf Schumacher[2], en 1988, l'espoir allemand remporte la Ligue de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, championnat régional de karting[3],[4]. En 1991, Heidfeld rejoint l'ADAC, par le biais de son équipe de karting junior ; troisième du trophée ADAC, le jeune Allemand se qualifie pour les championnats d'Europe et du monde de karting[4],[5]. Cinquième du championnat d'Allemagne de karting junior, il fait ses débuts en championnat du monde en 1993, lors d'une course à Laval[3],[4],[5].

En 1994, Nick Heidfeld décide d'arrêter le karting pour commencer la monoplace, débutant dans le championnat d'Allemagne de Formule Ford : engagé dans la catégorie 1 600 cm³, Heidfeld se montre sans partage, remportant huit des neuf courses de la saison, remportant ainsi sa catégorie[4],[2]. L'année suivante, dans la catégorie 1 800 cm³, Nick Heidfeld remporte quatre victoire et termine sur le podium les autres courses, ce qui lui permet de dominer sa catégorie, et de terminer vice-champion de la Formule Ford allemande toutes catégories[3],[6]. En 1996, Heidfeld rejoint le championnat d'Allemagne de Formule 3, dans lequel il termine troisième avec trois victoires[7], tout en finissant troisième des Masters de Formule 3[8]. En 1997, Nick Heidfeld se montre impérial toute la saison, qui commence avec une victoire aux 100 miles d'Hockenheim[9]. Il remporte ensuite le Grand Prix de Monaco de Formule 3 avec un coup du chapeau (victoire, pole position, meilleur tour)[10]. Toujours engagé en Formule 3 allemande, Heidfeld est sacré champion avec cinq victoires en dix-huit courses, pour seulement quelques points devant Timo Scheider[11]. Ces performances suscitent l'intérêt de Mercedes qui le prend sous son aile et lui offre ses premiers tests au volant d'une Formule 1 de McLaren-Mercedes[12].

En 1998, Heidfeld rejoint la Formule 3000 chez le West Junior Team, écurie junior de McLaren-Mercedes, qui le conserve comme pilote d'essais pour la saison ; en lutte avec Juan Pablo Montoya durant toute la saison, l'Allemand doit s'incliner dans la dernière course, après une erreur de son équipe qui ne lui met pas assez d'essence pour les qualifications : avec trois victoires, Heidfeld est vice-champion[12],[13]. Mais en 1999, parallèlement à ses activités de pilote essayeur pour le compte de McLaren-Mercedes en Formule 1, Heidfeld se montre d'entrée, remportant la première course de la saison de Formule 3000 à Monza[14]. Alors qu'une pénalité lui enlève sa victoire lors de la deuxième course[15], le protégé de Mercedes prend sa revanche à Barcelone en s'imposant[16]. Au cours de l'année, Heidfeld participe avec Mercedes, aux 24 Heures du Mans 1999 : septième des qualifications[17], Heidfeld peut légitimement espérer un bon résultat mais lors de la course, le prototype, piloté par son coéquipier Peter Dumbreck, s'envole à plus de 300 km/h avant de terminer sa course folle dans un rail de sécurité[18].

Photographie d'une monoplace de F3000 grise, vue de trois-quarts, exposée dans un musée.
La Lola B99/50 de Nick Heidfeld, qui permet à l'Allemand de remporter le championnat international de Formule 3000 1999.

Malgré cette déception aux 24 Heures du Mans, les très satisfaisantes performances en Formule 3000 font espérer à Heidfeld un volant de titulaire pour la saison 2000 de Formule 1[19]. Sa troisième victoire de la saison, à Magny-Cours, le fait prendre le large encore un peu plus au championnat[20]. Début juillet, Heidfeld se trouve en négociations avancées pour remplacer Damon Hill chez Jordan Grand Prix pour le reste de la saison 1999, en cas de retraite du champion du monde[21]. Peu après, Ron Dennis confirme ces discussions et annonce qu'il est prêt à libérer son jeune pilote pour qu'il aille chez Jordan[22]. Finalement, Damon Hill décide de rester chez l'écurie irlandaise pour le reste de la saison, mettant un terme aux espoirs du protégé de Mercedes[23]. En rien déstabilisé par cette nouvelle, l'Allemand se rapproche du titre en Formule 3000, avec une nouvelle victoire à Spielberg[24]. Sur l'Hungaroring, Heidfeld parvient à terminer sur le podium, ce qui lui assure, à deux courses de la fin du championnat, le titre de champion intercontinental de Formule 3000[25]. Ce titre attire la convoitise de Prost Grand Prix qui lui propose des tests sur le circuit de Silverstone[26]. Une semaine après ces tests concluants, Nick Heidfeld signe chez l'écurie française pour la saison 2000[27]. En Formule 3000, Nick Heidfeld remporte le championnat avec quatre victoires en neuf courses, et quasiment le double de points que son dauphin Jason Watt (59 contre 30)[28]. En plus de ce titre en Formule 3000, Nick Heidfeld bénéficie d'une grande expérience des Formule 1, ayant effectué environ 10 000 km avec des McLaren de 1997 à 1999, lors d'essais privés, loin de la pression médiatique[29]. En décembre, il participe aux essais d'après-saison de Formule 1 avec Prost Grand Prix et effectue le deuxième temps, devançant son coéquipier Jean Alesi de plus d'une seconde[30].

Les débuts difficiles en Formule 1 chez Prost Grand Prix (2000)[modifier | modifier le code]

Au sein de l'écurie française Prost-Peugeot, Nick Heidfeld vit des essais de pré-saison très compliqués se battant avec la Scuderia Minardi pour échapper à la dernière place, ce qui provoque l'inquiétude du pilote allemand qui déclare : « Nous ne pouvons pas aller à Melbourne comme ça. »[31],[32]. En Australie, pour le premier Grand Prix de sa carrière, Nick Heidfeld se qualifie en milieu de grille devant son coéquipier Jean Alesi, mais percute au départ Marc Gené mais les deux voitures peuvent continuer, toutefois, l'Allemand peine à trouver le rythme, et termine neuvième, à deux tours du vainqueur[33]. Au Brésil, l'Allemand subit de nombreux problèmes techniques lors des essais libres et des qualifications : c'est un problème moteur qui achève le calvaire du pilote débutant dans les premiers tours de course[34]. À Saint-Marin, Heidfeld réalise une mauvaise qualification et doit s'élancer de la dernière position : lors du tour de formation, la Prost AP03 ne démarre pas et l'Allemand est remorqué illégalement par son équipe dans les stands ; recevant une pénalité pour cette illégalité, le pilote Prost abandonne durant la course après un problème hydraulique[35]. En Grande-Bretagne, parti de la 17e position après un problème moteur à la fin de son tour, Heidfeld perd trois places dans le premier tour et se retrouve distancé durant toute l'épreuve, avant que le moteur n'achève la course du pilote allemand à quelques tours de l'arrivée[36]. En Espagne, l'Allemand vit une nouvelle course très compliquée : parti 19e[37], Heidfeld ne parvient jamais à trouver le rythme, ce qui le fait terminer seizième, à trois tours du vainqueur du jour[38].

Photographie d'une monoplace de Formule 1 bleu foncé, exposée dans un musée automobile, près d'autres voitures.
La Prost AP03 avec le récalcitrant moteur Peugeot à droite.

Au Nürburgring, Heidfeld parvient à réaliser le trezième temps des qualifications, ce qui constitue alors son meilleur résultat dans la discipline[39]. Toutefois, la Prost AP03 de l'Allemand affiche un poids de 598 kg au lieu des 600 minimum, conformément à la réglementation, ce qui l'exclut des qualifications, avant qu'un communiqué de la Fédération internationale de l'automobile n'autorise le pilote débutant à prendre le départ de la course[40]. L'équipe assume entièrement l'erreur et ne décide pas de faire appel, Heidfeld, pour sa part, se déclare « très triste » d'être disqualifié devant le public allemand et alors qu'il avait réalisé sa meilleure qualification[41]. À Monaco, Heidfeld tape violemment lors des essais[42], et sort de la piste durant les qualifications : aidé par un commissaire de piste (action illégale), l'Allemand décide d'abréger sa séance pour éviter une disqualification : alors que l'équipe entière ne tarit pas d'éloges sur Jean Alesi, auteur d'un tour excellent qui le place en septième place, l'Allemand déçoit avec sa 18e position[43]. En course, après un début de course très compliqué, Heidfeld remonte dans le classement et profite des nombreux abandons pour franchir la ligne d'arrivée en huitième position, ce qui constitue le meilleur résultat de l'équipe cette saison, mais Prost n'en tire pas un grand mérite, et comptait sur Alesi, abandonnant sur un problème de transmission pour décrocher quelques points[44]. Au Canada, Heidfeld fracasse une nouvelle fois sa voiture contre le mur d'un circuit qu'il découvre[45]. Parti en fond de grille, l'Allemand effectue un bon départ et se trouve en lutte avec Jenson Button avant d'abandonner à mi-course d'un problème moteur[46].

À Magny-Cours, avec l'arrivée du nouveau moteur Peugeot et des essais très satisfaisants, la déception est grande en qualification pour les pilotes Prost : Heidfeld est 16e, deux places devant son coéquipier Alesi ; l'Allemand avoue qu'il s'attendait à une meilleure séance de qualifications et déclare que la voiture était bien équilibrée[47]. En course, les performances sont meilleures que les courses précédentes mais loin des attentes de Prost, Heidfeld termine douzième, malgré un contact avec Giancarlo Fisichella et, pour la première fois de la saison, les deux voitures voient l'arrivée avec Alesi en quatorzième position[48]. En Autriche, malgré quelques soucis de boîte de vitesses, Nick Heidfeld parvient à se qualifier en treizième position, quatre rangs devant son coéquipier[49]. En course, les deux pilotes se retrouvent roue dans roue au quarante-deuxième tour : Alesi tente alors de doubler son coéquipier, mais les deux voitures s'accrochent et abandonnent[50]. Cet accrochage marque un tournant de la saison chez Prost et prend de grandes proportions. Si Alain Prost « préfère ne rien dire », les deux pilotes se rejettent mutuellement la faute, tandis que Jacques Villeneuve critique vivement le débutant allemand : « Il conduit comme en F3000 quand il envoyait tout le monde dans l'herbe. On ne peut pas accepter ça surtout de la part d'un pilote qui lutte pour la quinzième place. »[50]. Les deux pilotes Prost sont convoqués par la direction de course pour s'expliquer quant à leur accident. Le directeur sportif John Walton, pour défendre ses pilotes, explique que Heidfeld a reçu l'ordre par radio de laisser passer Alesi, plus rapide que lui et devant effectuer un arrêt aux stands mais que la radio était défectueuse. Les commissaires de course ne prennent finalement aucune sanction contre Alesi et Heidfeld[51]. Toutefois, les relations entre les deux équipiers se dégradent car Heidfeld prétend qu'Alesi ne voulait pas le laisser alors qu'il était une demi-seconde plus lent que lui[52], ce que le pilote français dément : « [Heidfeld] est un garçon impertinent et il ne devrait pas être autorisé à parler de moi comme ça. Je l'ai toujours aidé, comme il est normal de le faire entre un pilote expérimenté et un débutant. Il m'avait déjà touché au Grand Prix de France et en Autriche, il est allé plus loin. Et où a-t-il rêvé qu'il était plus rapide que moi d'une demi-seconde ? »[53].

En Allemagne, dans un climat difficile chez Prost[54], mais devant son public et sous des conditions instables, Heidfeld parvient à se qualifier en treizième position, alors qu'Alesi n'est que vingtième, de plus en plus en difficulté avec la Prost AP03, au contraire de son coéquipier[55]. En course, Heidfeld se retrouve seizième, mais profite des abandons successifs de ses concurrents, prenant la dixième place avant d'abandonner au quarantième tour à cause d'un problème électrique mais est toutefois classé douzième pour avoir effectué plus de 90 % de la distance de course[56]. En Hongrie, le pilote allemand se trouve en difficulté avec sa voiture durant les essais et décide de piloter la voiture de réserve en qualifications, ce qui lui permet d'obtenir le 19e temps, espérant qu'il pourra peaufiner les réglages de cette voiture par la suite[57]. En course, avec une voiture « nettement meilleure que pendant toutes les séances d'essais », Heidfeld se hisse en quinzième position, mais doit abandonner lors de son premier arrêt aux stands, ne pouvant plus redémarrer la voiture qui souffrait d'un problème de batterie[58]. En Belgique, alors que les rumeurs sur l'avenir d'Heidfeld et de Prost Grand Prix vont bon train, le pilote allemand parvient à faire abstraction des rumeurs pour signer le quatorzième temps des qualifications[59]. Sur une piste très humide, le pilote Prost parvient à conserver sa position, mais doit abandonner au douzième tour après un problème de boîte de vitesses[60]. Peu après cette nouvelle course compliquée et comme les rumeurs l'annonçaient depuis quelques temps, Nick Heidfeld et Peter Sauber trouvent un accord pour un contrat de trois ans au sein de l'écurie éponyme[61],[62]. Le Grand Prix d'Italie s'annonce compliqué pour l'équipe qui ne s'attend pas à grand-chose : lors des qualifications, les résultats leur donnent raison avec Alesi en dix-neuvième position et Heidfeld juste derrière, ne devançant que les Minardi[63]. Après un terrible carambolage au départ, Heidfeld se retrouve à une surprenante neuvième position mais ne peut pas tenir le résultat : avec un moteur supposé défaillant par le pilote et l'arrière de la voiture très instable, il abandonne après un tête-à-queue, ayant glissé sur une tache d'huile venant du carambolage du départ[64].

Aux États-Unis, sur un nouveau tracé, Heidfeld se montre plutôt à son aise, enchaînant les tours et pointant en milieu de tableau au contraire de son coéquipier qui récolte les problèmes mécaniques[65]. En qualifications, il signe le seizième temps, devant son coéquipier qui accumule les ennuis[66]. Plus compétitive sur la pluie, les Prost AP03 remontent dans le classement : si Alesi abandonne, Heidfeld parvient à terminer neuvième, à un tour du vainqueur : l'Allemand déclare que « c'est bien de terminer une course à nouveau » mais admet qu'il ne peut pas être heureux de ce résultat qui ne lui rapporte aucun point. Le novice explique que l'équilibre de sa voiture s'est dégradé après son second arrêt aux stands et a souffert de sous-virage[67]. Au Japon, Heidfeld termine seizième des qualifications juste devant Jean Alesi : les deux pilotes décrient le manque d'évolutions et de développement de la Prost AP03 en cette fin de saison[68]. En course, Nick Heidfeld stagne dans la deuxième moitié de classement : sa course s'achève prématurément sur un problème de suspension[69]. Pour le dernier Grand Prix de la saison, en Malaisie, Nick Heidfeld se qualifie à une lointaine 19e place, derrière son coéquipier[70]. La course s'achève dès le premier tour pour l'Allemand, à l'issue d'une collision avec Pedro Diniz et Pedro de la Rosa : « Je suis resté coincé entre deux voitures et je n'avais pas de place pour éviter la collision. » déclare-t-il à la fin de la course[71],[72].

Nick Heidfeld rejoint donc l'équipe suisse Sauber en avouant qu'il ne s'attendait pas à ce que sa première année dans la discipline-reine du sport automobile soit « aussi mauvaise »[73]. Il termine 20e du championnat des Pilotes sur 23 engagés, devant son coéquipier Jean Alesi, 22e, avec pour meilleur résultat, une huitième place à Monaco ; l'écurie Prost Grand Prix termine dernière du championnat avec aucun point[74]. Aux essais d'après-saison avec Sauber, Nick Heidfeld se montre à son avantage, pointant en haut de la feuille des temps à plusieurs reprises[75],[76].

Premiers points et premier podium chez Sauber (2001)[modifier | modifier le code]

Passé chez Sauber, une écurie censée être bien plus compétitive que Prost, pour la saison 2001, Nick Heidfeld se montre aux avants-postes lors des essais de pré-saison à plusieurs reprises et établit même le record du tour du circuit du Mugello, l'une des bases de la Scuderia Ferrari[77],[78]. Pour l'ouverture de la saison, en Australie, le pilote allemand sort de la piste en essais libres : Michael Schumacher, en pleine amélioration et surpris par cette sortie, tente d'éviter la Sauber C20 de son compatriote, mais fait un passage par les graviers et fait un tête-à-queue[79]. En qualifications, le pilote Sauber surprend en parvenant à décrocher le dixième temps des qualifications, tandis que son coéquipier débutant Kimi Räikkönen se trouve treizième[80]. En course, Heidfeld profite des abandons d'adversaires bien classés et réalise plusieurs dépassements ce qui lui permet de terminer cinquième et d'accrocher ses premiers points[81]. Toutefois, Sauber se plaint à la direction de course d'un dépassement d'Olivier Panis sur leur pilote allemand, sous les drapeaux jaunes (ce qui est interdit) : le pilote français est pénalisé de 25 secondes et Heidfeld termine quatrième avec trois points, alors que son coéquipier Räikkönen entre dans les points pour sa première course, en sixième position[81]. Onzième aux qualifications du Grand Prix de Malaisie[82], la course s'achève dès le troisième tour pour le pilote allemand : Jacques Villeneuve sort de la piste et emmène avec lui dans les graviers Enrique Bernoldi et Heidfeld, qui doivent tous trois, abandonner[83]. Neuvième des qualifications au Brésil, le pilote allemand réalise une course sage, remontant peu à peu, et profitant des problèmes des Jordan pour passer de la cinquième à la troisième position, décrochant son premier podium en Formule 1, à un tour toutefois de David Coulthard et Michael Schumacher[84],[85]. Devancé par son coéquipier en qualifications, Nick Heidfeld reprend le dessus grâce à un problème de direction pour le Finlandais, mais il échoue à la porte des points, en septième place[86]. En Espagne, malgré des essais libres où les deux Sauber se battent pour les meilleurs temps, elles doivent finalement se contenter en qualifications de la neuvième et de la dixième place[87]. Visant une nouvelle arrivée dans les points[88], il gagne deux places au départ, puis une troisième avec l'abandon de Ralf Schumacher : évoluant en septième position, il parvient à décrocher le point de la sixième place avec l'abandon du leader de la course, Mika Häkkinen dans le dernier tour[87],[89].

En Autriche, Nick Heidfeld réalise sa meilleure qualification avec le sixième meilleur temps[90]. Malheureusement, le pilote Sauber n'a pas le loisir de profiter de sa bonne position, avec un problème d'allumage au départ : forcé de s'élancer de la voie des stands, l'Allemand démarre alors que les autres pilotes ont déjà bouclé deux tours : dans une course dépourvue du moindre intérêt pour lui, il parvient à remonter à la neuvième place, aidé par les multiples abandons[91]. À Monaco, les Sauber pointent dans les dernières places lors des qualifications ; en course, Nick Heidfeld monte sur l'une des roues de l'Arrows A22 de Jos Verstappen et va s'écraser contre les barrières de sécurité[92]. Après deux courses décevantes, Heidfeld veut absolument retrouver les points pour se remettre en confiance[93]. Onzième en qualification, soit quatre rangs derrière son coéquipier[94], Nick Heidfeld voit de nouveau la malchance s'abattre sur lui quand Eddie Irvine tente un dépassement impossible sur le pilote allemand, qui abandonne tout comme le pilote irlandais[95],[96]. Cet accident manque d'avoir des conséquence sur le prochain Grand Prix pour Heidfeld, qui après quelques temps d'incertitudes liées à la condition physique du pilote, est confirmé pour le Grand Prix d'Europe par Peter Sauber, puis par les médecins de la FIA[97],[98]. Qualifié dixième, juste derrière son coéquipier débutant, Heidfeld passe une grande partie de l'épreuve en huitième position, mais percute Jean Alesi en fin de course et doit abandonner peu après, à cause de la transmission, cassée dans l'accident[99]. En France, le pilote Sauber se qualifie en neuvième position, ce qui fait espérer à l'Allemand, des points qui lui échappent depuis quatre courses[100]. À l'issue d'une course sage et maîtrisée, Heidfeld termine sixième de la course, à un tour du vainqueur et juste devant son coéquipier, décrochant le dernier point mis en jeu[101]. En Grande-Bretagne, parti neuvième[102], Nick Heidfeld est en lutte avec Heinz-Harald Frentzen durant une majeure partie de la course pour le point de la sixième place, lutte dont le pilote Sauber sort vainqueur[103]. En Allemagne, après des qualifications satisfaisantes (septième place)[104], Nick Heidfeld, devant son public, est envoyé à l'abandon dans les premiers virages de la course par Pedro de la Rosa qui assume directement son erreur : « Nous faisons tous des erreurs. Aujourd'hui, c'était à mon tour. »[105],[106]. Heidfeld estime, lui, avoir perdu de précieux points, et aussi un possible podium dans cet accident[107].

En Hongrie, malgré quelques « petites erreurs », Heidfeld signe le septième temps des qualifications[108]. Au départ, le pilote allemand évite l'accrochage avec Jarno Trulli de justesse : conservant sa septième position durant une grande partie de la course, il prend la sixième place à son coéquipier Räikkönen à la faveur des arrêts aux stands et prend ensuite un écart conséquent sur le jeune Finlandais pour s'assurer le point de la sixième place[109]. Peu après cette course, les dirigeant de Sauber font part de leur envie de garder Heidfeld et Räikkönen pour la saison 2002[110]. Au Grand Prix de Belgique, après des qualifications difficiles, Heidfeld prend un départ moyen et conserve sa position ; suite au grave accident de Luciano Burti, envoyé à 300 km/h vers un mur de pneus, la course est arrêtée, et un deuxième départ est pris : cette fois, Heidfeld est percuté par Jos Verstappen, ce qui l'amène à s'accrocher avec Pedro de la Rosa, qui touche également Juan Pablo Montoya, les quatre pilotes doivent abandonner[111]. Après l'annonce de la retraite de Mika Häkkinen chez McLaren-Mercedes, plusieurs noms sont avancés pour lui succéder dont celui de Nick Heidfeld, ancien pilote essayeur de l'équipe et protégé de Mercedes : finalement, c'est le coéquipier de celui-ci, Kimi Räikkönen, qui est choisi par l'équipe de Ron Dennis, jugé plus talentueux qu'Heidfeld, alors que ce dernier est mieux classé que le Finlandais au championnat[112], ce qui surprend l'Allemand, qui aurait pu être promu chez McLaren mais qui reste donc chez Sauber pour la saison prochaine[113]. En Italie, malgré une prometteuse huitième place en qualifications[114], la Sauber C20 de l'Allemand subit un problème hydraulique au tour de formation et doit s'élancer de la voie des stands : il termine onzième[115]. Aux États-Unis, Heidfeld signe le sixième temps des qualifications, convaincu qu'il aurait pu être cinquième[116]. Compétitif durant tout le week-end, le pilote allemand termine uniquement sixième, alors qu'il s'attendait à un meilleur résultat, la faute notamment à une stratégie manquée et le fait d'avoir été bloqué derrière plusieurs pilotes durant la course[117],[118],[note 1]. Début octobre, Ron Dennis, directeur de McLaren, déclare que Heidfeld pourrait, à l'avenir, rouler dans son équipe, malgré la décision prise de recruter Räikkönen[119]. Aux essais libres du Grand Prix du Japon, le pilote Sauber sort indemne d'un terrible accident, dont son équipe le juge responsable[120]. Dixième des qualifications[121], Heidfeld prend un mauvais départ et perd plusieurs positions ; au cinquième tour, Jean Alesi et Kimi Räikkönen s'accrochent violemment ; Heidfeld, juste derrière, parvient à éviter les roues en perdition et à continuer sa course, assez discrète, qui se terminera en onzième position[122]. À la fin de saison, il est opéré du nez avec succès : le pilote allemand s'était plaint à plusieurs reprises de difficultés pour respirer en même tant que piloter[123].

Avec une voiture bien plus compétitive que l'an passé, Nick Heidfeld se classe huitième du championnat du monde 2001 avec un podium, devant son coéquipier Kimi Räikkönen, pourtant promu chez McLaren ; l'écurie Red Bull Sauber Petronas termine, quant à elle, quatrième du championnat des Constructeurs[124].

Deuxième saison chez Sauber et places d'honneur (2002)[modifier | modifier le code]

Photo de Massa levant le pouce gauche lors du GP des États-Unis 2005
Dès ses premières courses, le prometteur Felipe Massa se montre en lutte avec son coéquipier Heidfeld.

Toujours chez Sauber pour la saison 2002, Nick Heidfeld reçoit un nouveau coéquipier débutant comme la saison précédente, Felipe Massa, tenant du titre en Euro Formule 3000[125]. Avant même les essais de pré-saison, Nick Heidfeld se montre très optimiste concernant la nouvelle Sauber C21[126]. Lors de ces essais, la monoplace suisse confirme les espoirs de son pilote, menant l'Allemand à dominer plusieurs sessions à Barcelone puis à Valence[127],[128], mais qui préfère « garder les pieds sur terre »[129]. Qualifié en dixième position derrière son coéquipier pour le premier Grand Prix de la saison, la course du pilote allemand s'achève dès le premier virage, dans le carambolage impliquant huit voitures, provoqué par Ralf Schumacher et Rubens Barrichello : toutefois, le pilote Sauber se sent en partie responsable de l'accident, dans le fait qu'il n'ait pas pu éviter la Jordan EJ12 de Giancarlo Fisichella alors que c'était possible[130]. En Malaisie, Heidfeld se qualifie en septième position, restant convaincu qu'il pouvait faire mieux après cette qualification « frustrante »[131]. Un bon départ le fait jaillir en cinquième position, qu'il gardera au terme de la course, juste devant son coéquipier Massa, qui marque un point : malgré un tour de retard, cette double entrée dans les points fait renaître de la confiance dans l'équipe suisse, aussi bien du côté de la fiabilité que du côté de la vitesse de la C21[132]. Au Brésil, qualifié en neuvième position[133], lors du warm up[note 2], Heidfeld ne voit pas les drapeaux jaunes, annonçant un accident, il perd le contrôle de sa voiture et fracasse la portière de la voiture médicale qui venait tout juste de s'ouvrir, manquant de peu la tragédie de percuter la personne qui sortait de la voiture[134],[135]. En course, en lutte pour les points, il doit abandonner dans les derniers tours d'un problème de freins[136].

À Imola, Heidfeld se qualifie en septième position, ce qui lui donne pour objectif, des points en course[137]. Toutefois, Heidfeld vit un véritable calvaire en course dans les stands : lors de son premier arrêt, il entre dans la voie des stands mais les mécaniciens ne l'attendaient pas ; trois tours plus tard, il s'arrête normalement ; il est ensuite pénalisé d'un passage par les puits pour excès de vitesse lors de son dernier arrêt, avant de repasser ensuite pour un arrêt normal, ce qui le fait terminer à une dixième place finale[138]. En marge du Grand Prix d'Espagne, le pilote allemand explique qu'il est ouvert à toutes discussion avec des équipes de pointe[139]. En qualifications, le pilote Sauber effectue le huitième temps, ce qui le satisfait pleinement[140]. En course, Heidfeld se trouve en lutte pour les points durant toute l'épreuve et termine quatrième, aidé par les défaillances des Renault R202 dans la dernière partie de course[141]. Alors qu'il dément sa prochaine arrivée chez Toyota[142], le pilote Sauber signe le cinquième temps des qualifications, ce qui constitue sa meilleure performance dans cet exercice[143]. En course, il parvient à se maintenir en cinquième position, mais, à mi-course, le pilote allemand freine trop fort alors que ses freins sont encore trop froids : il perd le contrôle de sa voiture et percute violemment la Jordan de Takuma Satō[144],[145]. Après avoir passé quelques tests pour déterminer leur condition physique suite à leur accident, les deux pilotes sont déclarés aptes pour le Grand Prix de Monaco[146]. Toutefois le week-end est très compliqué pour l'Allemand : 17e en qualifications, il finit à deux tours du vainqueur en huitième position, tandis que Jarno Trulli l'accuse d'avoir perdu le podium parce qu'il le bloquait pendant vingt tours[147]. Après des essais libres très difficiles au Canada[148], Heidfeld se rassure en signant le septième temps en qualifications[149]. La course est un désastre pour lui : l'équipe connaît un problème de logiciel, et les limitateurs de vitesse dans les stands ne fonctionnent plus : Heidfeld et Massa sont pénalisés d'un nouveau passage par la voie des stands ; durant sa pénalité, Heidfeld est de nouveau trop rapide et reçoit une pénalité d'un passage obligatoire par les puits additionné à un arrêt de 10 secondes ; une fois ces pénalités effectuées, Heidfeld est douzième[150]. Au Nürburgring, Heidfeld, parti neuvième avec pour objectif de ramener quelques points[151], effectue un départ très moyen qui « gâche [s]a course » selon lui ; il termine finalement septième, à la porte des points, derrière son coéquipier Felipe Massa[152].

Photographie en gros plan d'un homme brun, souriant, vu de face.
Heinz-Harald Frentzen devient l'équipier de Nick Heidfeld le temps du Grand Prix des États-Unis 2002, remplaçant Felipe Massa, pénalisé pour ses actions dangereuses en course.

À Silverstone, Nick Heidfeld signe le dixième temps, gêné selon lui et son écurie par Juan Pablo Montoya lors de son tour rapide[153]. Au terme d'une course compliquée à cause d'une Sauber C21 relativement lente mais de plusieurs batailles dans le peloton avec d'autres pilotes, le pilote allemand termine sixième, décrochant le dernier point mis en jeu[154]. En France, Heidfeld, heureux de s'être qualifié dixième[155], termine à la porte des points, handicapé durant toute la course par des problèmes électroniques[156]. En marge de son Grand Prix national, Heidfeld déclare qu'il est plus que probable qu'il reste chez Sauber pour la saison 2003[157]. Le lendemain, c'est Peter Sauber qui dit que le pilote allemand devait toujours évoluer sous les couleurs de l'équipe suisse, conformément au contrat de trois ans signé par les deux parties fin 2000[158]. Dixième des qualifications, Heidfeld bénéficie des consignes d'équipe qui suggèrent à Massa de « faire la bonne chose », ce qui voulait dire de laisser passer son coéquipier, qui était plus rapide que lui : toutefois, en fin de course, les rapports s'inversent mais Sauber ne donne pas de consigne au pilote allemand qui conserve le point de la sixième position[159],[160]. En Hongrie, le pilote allemand vit un week-end assez mitigé avec un mauvais départ qui lui fait perdre plusieurs positions, et n'atteint le neuvième rang que grâce aux déboires de Juan Pablo Montoya et Jenson Button[161]. En accord avec ce qu'il disait précédemment, Peter Sauber confirme officiellement Heidfeld en tant que titulaire, avec pour coéquipier l'expérimenté Heinz-Harald Frentzen qui remplace le fougueux Felipe Massa[162]. En Belgique, les Sauber sont distancées de leurs adversaires et ne devancent que les modestes Minardi en qualifications[163]. La course n'est pas meilleure et Heidfeld termine dixième sur douze pilotes classés, dominé globalement par son coéquipier qui abandonne sur un problème moteur[164]. En Italie, les Sauber sont encore en fond de grille avec Heidfeld en quinzième position, derrière Massa[165]. Au départ, Heidfeld gagne quatre places et évolue en huitième place par la suite ; malheureusement, une mauvais stratégie à deux arrêts le fait reculer à la dixième place, perdant ainsi ses derniers espoirs de bien figurer[166]. Aux États-Unis, Sauber décide de remplacer Massa, pénalisé de dix places suite à un accident, par Heinz-Harald Frentzen qui pilotera pour l'équipe la saison prochaine[167]. Dans une course sans histoires et anonyme, Heidfeld, parti dixième, termine cette course au neuvième rang, à un tour du vainqueur, et un d'avance sur son coéquipier qui prend ses marques au sein de l'écurie[168]. Au Japon, parti douzième[169], le pilote allemand profite des abandons pour se classer septième sur dix, au volant d'une Sauber C21 qui ne reçoit plus d'évolutions, et qui perd du terrain comparé à ses rivales[170].

Nick Heidfeld termine la saison 2002 à la 10e place du championnat des Pilotes, avec quasiment le double de points que son équipier Felipe Massa, 14e ; Red Bull Sauber Petronas se classe cinquième chez les Constructeurs[171].

Dernière saison chez Sauber sur la pente descendante (2003)[modifier | modifier le code]

Malgré une saison correcte, sa carrière semble s'enliser dans le ventre mou du peloton.

Court passage chez Jordan (2004)[modifier | modifier le code]

Nick Heidfeld sur Jordan au Grand Prix du Canada 2004

Non retenu par Sauber pour 2004, il trouve refuge chez Jordan Grand Prix, une équipe alors en pleine dégringolade et en proie à d'importants soucis financiers. Bien que relégué le plus souvent dans la deuxième partie du peloton, Heidfeld impressionne en dominant largement son équipier, l'espoir italien Giorgio Pantano, et en donnant le sentiment de porter à bout de bras la moribonde écurie irlandaise. Il termine notamment septième du Grand Prix de Monaco, et huitième du Grand Prix du Canada.

Dans le giron BMW (2005-2010)[modifier | modifier le code]

Nick Heidfeld lors des essais du Grand Prix des États-Unis 2005 sur Williams-BMW.
Nick Heidfeld au Grand Prix de Turquie 2009.

Malgré ces belles prestations, il reste longtemps dans l'incertitude quant à son avenir en Formule 1 au cours de l'hiver 2004-2005. À l'issue d'un long test comparatif face au Brésilien Antônio Pizzonia, il est titularisé pour la saison 2005 chez Williams-BMW aux côtés de l'Australien Mark Webber.

À ce stade, Williams-BMW représente la plus belle opportunité de sa carrière mais il ne dispose pas, comme il l'imaginait, d'une monture capable de viser la victoire. Le châssis n'est en effet pas une grande réussite et les désaccords de plus en plus profonds entre Williams et BMW ne tardent pas à tirer l'ensemble de l'équipe vers le bas. Après un début de saison marqué notamment par une seconde place au GP de Monaco, performance qu'il réédite au GP d'Europe après avoir signé la pole position, Heidfeld retombe progressivement dans l'anonymat, non sans avoir la satisfaction de régulièrement prendre le meilleur en course sur son coéquipier Mark Webber, plus rapide que lui en qualifications. Sa saison s'arrête prématurément en raison d'un gros crash lors d'essais privés à Monza, puis d'une blessure à l'épaule après un accident de vélo.

Particulièrement apprécié par BMW, il rejoint en 2006 les rangs de la nouvelle écurie BMW Sauber F1 Team, fruit du rachat de Sauber par BMW. Plus performant que son coéquipier Jacques Villeneuve, il confirme sa solidité en ramenant régulièrement des points à son employeur et termine neuvième du classement pilotes avec 23 points.

2007 s'annonce sous de meilleurs auspices car Nick Heidfeld commence par une série de trois quatrièmes places consécutives lors des premiers Grand Prix de la saison. Il parvient à monter deux fois sur le podium (second au Canada et troisième en Hongrie) et réalise la meilleure saison de sa carrière. Il finit cinquième avec 61 points.

Il est logiquement reconduit pour 2008 chez le constructeur allemand. Cette fois il est battu sur l'ensemble de la saison par son coéquipier Robert Kubica, avec une différence de 15 points entre les deux pilotes au classement final. Toutefois les progrès du constructeur allemand lui permettent de signer de bons résultats : il finit à quatre reprises à la deuxième position, finissant sixième du championnat. Mais le déficit de performance de l'écurie en 2009 ne lui permet pas de réitérer ces résultats.

Mercedes Grand Prix puis BMW Sauber F1 Team (2010)[modifier | modifier le code]

Nick Heidfeld lors des essais du Grand Prix du Japon sur BMW Sauber.

Le 4 février 2010, il est annoncé comme pilote de réserve chez Mercedes Grand Prix. L'équipe possède donc un trio de pilotes allemands avec Michael Schumacher et Nico Rosberg. Le 26 mars 2010, il est élu président du Grand Prix Drivers' Association, l'association des pilotes de Formule 1 et succède à Pedro de la Rosa, désormais titulaire chez BMW Sauber F1 Team.

En août 2010, Mercedes Grand Prix le libère de son contrat et il s'engage avec le manufacturier Pirelli, nouveau manufacturier exclusif de la Formule 1 à compter de la saison 2011, pour assurer le développement de ses pneumatiques[172].

Le 14 septembre 2010, Peter Sauber annonce le remplacement de Pedro de la Rosa par Nick Heidfeld à compter du Grand Prix de Singapour, le contrat est signé le 17 septembre[173]. Pirelli recrute alors le français Romain Grosjean pour le remplacer[174].

Heidfeld dispute les cinq derniers Grands Prix de la saison et inscrits six points qui lui permettent de se classer dix-huitième du championnat, sans pour autant conserver son baquet chez Sauber pour la saison suivante.

Demi-saison chez Renault (2011)[modifier | modifier le code]

Nick Heidfeld termine sur le podium du Grand Prix de Malaisie.

À la suite de l'accident de Robert Kubica lors d'un rallye quelques semaines avant le début de la saison[175], il est appelé par l'écurie Renault pour participer à une séance d'essais à Jerez, le 12 février 2011, lors de laquelle il signe le meilleur temps. Le 16 février, il est confirmé au poste de titulaire par Lotus-Renault pour pallier l'absence de Kubica[176].

Pour son retour en course, Heidfeld rate ses qualifications à cause d'une gêne provoquée par Michael Schumacher, se qualifiant dix-huitième, et se classe douzième de la course[177]. Lors de la course suivante, sixième des qualifications, il passe en deuxième position derrière son compatriote Sebastian Vettel dès le départ et se maintient dans les premières positions durant toute la course. Il profite de l'accrochage entre Fernando Alonso et Lewis Hamilton pour prendre la troisième place du Grand Prix[178], signant son premier podium depuis le Grand Prix de Malaisie 2009.

En Chine, il se qualifie encore derrière Petrov, en seizième position, et termine douzième. En Turquie, il se classe septième puis termine huitième en Espagne après être parti dernier à la suite d'un souci mécanique. À Monaco, il se qualifie quinzième et profite de différents faits de course impliquant les pilotes placés devant lui pour terminer huitième. Au Canada, victime d'un accrochage avec Kamui Kobayashi alors qu'il était cinquième, il abandonne pour la première fois de l'année. Lors du Grand Prix d'Europe, il termine dixième avant de marquer les quatre points de la huitième place en Grande-Bretagne. Il abandonne à domicile et en Hongrie. Jugé en retrait face à son coéquipier Vitaly Petrov pourtant moins expérimenté, bien que le devançant au championnat pilote, l'Allemand est qualifié de déception par Éric Boullier et est remplacé par Bruno Senna à partir du Grand Prix de Belgique[179],[180].

Reconversion en endurance et en Formule E (depuis 2012)[modifier | modifier le code]

Nick Heidfeld participe, au sein de l'équipe Rebellion Racing avec Nicolas Prost et Neel Jani, aux 24 Heures du Mans 2012 et termine quatrième. En 2013, cet équipage est reconduit au 24 Heures du Mans et gagne la course du Petit Le Mans. Aux 24 Heures du Mans 2014, il termine de nouveau quatrième avec l'équipe Rebellion Racing, avec Nicolas Prost et Mathias Beche. Ils remportent le trophée Pilotes Teams privés LMP1.

En 2014, Nick Heidfeld s'engage avec Venturi Grand Prix pour disputer le Championnat de Formule E FIA de monoplaces électriques aux côtés de Stéphane Sarrazin[181]. Lors de la manche inaugurale, à Beijing, sa course est marquée par un violent accrochage avec Nicolas Prost dans le dernier virage alors que les deux hommes se battaient pour la victoire[182].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Nick Heidfeld réside en Suisse avec sa compagne Patricia avec laquelle il a eu trois enfants : Juni, née en juillet 2005, Joda, né en juillet 2007 et Justus, né en août 2010. Le frère de Nick, Sven Heidfeld, est également pilote automobile.

Résultats en championnat du monde de Formule 1[modifier | modifier le code]

Nick Heidfeld au volant de la BMW Sauber F1.06 lors d'une séance d'essais libres du GP de Monaco 2006
Saison Écurie Châssis Moteur Pneus GP disputés Pole positions Victoires Meilleurs tours Podiums Abandons Points inscrits Classement
2000 Gauloises Prost Peugeot AP03 Peugeot V10 Bridgestone 17 0 0 0 0 11 0 20e
2001 Red Bull Sauber Petronas C20 Petronas V10 Bridgestone 17 0 0 0 1 6 12 8e
2002 Sauber Petronas C21 Petronas V10 Bridgestone 17 0 0 0 0 3 7 10e
2003 Sauber Petronas C22 Petronas V10 Bridgestone 16 0 0 0 0 4 6 14e
2004 Jordan Ford EJ14 Ford V10 Bridgestone 18 0 0 0 0 7 3 18e
2005 BMW Williams F1 Team FW27 BMW V10 Michelin 15 1 0 0 3 5 27 11e
2006 BMW Sauber F1 Team F1.06 BMW V8 Michelin 18 0 0 0 1 4 23 9e
2007 BMW Sauber F1 Team F1.07 BMW V8 Bridgestone 17 0 0 0 2 3 61 5e
2008 BMW Sauber F1 Team F1.08 BMW V8 Bridgestone 18 0 0 2 4 0 60 6e
2009 BMW Sauber F1 Team F1.09 BMW V8 Bridgestone 17 0 0 0 1 2 19 13e
2010 BMW Sauber F1 Team C29 Ferrari V8 Bridgestone 5 0 0 0 0 1 6 18e
2011 Lotus Renault GP R31 Renault V8 Pirelli 11 0 0 0 1 3 34 11e

Résultats aux 24 Heures du Mans[modifier | modifier le code]

Tableau synthétique des résultats de Nick Heidfeld aux 24 Heures du Mans
Saison Écurie Voiture Coéquipiers Classe Tours Pos. Class. Pos.
1999 Drapeau : Allemagne AMG-Mercedes Mercedes-Benz CLR-Mercedes Drapeau : France Christophe Bouchut
Drapeau : Royaume-Uni Peter Dumbreck
LMGTP 75 39e 6e
2012 Drapeau : Suisse Rebellion Racing Lola B12/60-Toyota Drapeau : France Nicolas Prost
Drapeau : Suisse Neel Jani
LMP1 367 4e  4e
2013 Drapeau : Suisse Rebellion Racing Lola B12/60-Toyota Drapeau : France Nicolas Prost
Drapeau : Suisse Neel Jani
LMP1 275 39e 7e
2014 Drapeau : Suisse Rebellion Racing Rebellion R-One-Toyota Drapeau : France Nicolas Prost
Drapeau : Suisse Mathias Beche
LMP1-L 360 4e Vainqueur
2015 Drapeau : Suisse Rebellion Racing Rebellion R-One-AER Drapeau : France Nicolas Prost
Drapeau : Suisse Mathias Beche
LMP1 330 23e 10e

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Initialement sixième, Nick Heidfeld grimpe à la cinquième position de la course suite à la disqualification de Jarno Trulli, quatrième. Toutefois, quatre semaines plus tard, l'écurie Jordan Grand Prix remporte son appel et réhabilité le pilote italien à sa quatrième place, et Heidfeld redescend à la sixième position.
  2. Jusqu'en 2003, un warm up (échauffement), précédait le Grand Prix pour ainsi permettre aux équipes d'affiner leurs réglages en vue du Grand Prix. Il durait 30 minutes, le dimanche matin, le jour du Grand Prix.

Références[modifier | modifier le code]

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