Boulevard Voltaire (site web)

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Boulevard Voltaire
Logo de Boulevard Voltaire (site web)

Adresse bvoltaire.fr
Type de site Politique
Langue Français
Siège social Paris
Drapeau de la France France
Directeur de la publication Gabrielle Cluzel
Lancement
État actuel En activité

Boulevard Voltaire est un site généraliste d'information, lancé le par Robert Ménard et Dominique Jamet. Il est fréquemment classé à l'extrême droite de l'échiquier politique français[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

D'après Jean-Yves Le Gallou, c'est la réunion de sa fondation identitaire Polémia[2] du 15 octobre 2011 qui « a soufflé l'idée de Boulevard Voltaire à Ménard. À l'époque, il ne connaissait pas trop les blogs. J'ai contribué à son site, et je lui ai donné des noms de blogueurs qui pourraient y contribuer »[3].

Dominique Jamet, Robert Ménard et son épouse Emmanuelle Ménard fondent officiellement, le 1er octobre 2012, Boulevard Voltaire[4]. Denis Florent participe aussi à la fondation[5]. Dominique Jamet est en 2013 directeur de publication.

En avril 2014, Robert Ménard a annoncé son départ de Boulevard Voltaire afin de se consacrer à son mandat de maire[6].

Dominique Jamet démissionne de sa fonction de directeur de publication au début du mois d'avril 2016, se disant en désaccord avec l'évolution et l'orientation de la ligne éditoriale du site[7] et pour consacrer plus de temps à sa fonction de vice-président de Debout la France[4].

Emmanuelle Ménard, qui avait pris le relais de Jamet en tant que directrice de la rédaction[4] démissionne le 21 juin 2017 pour se consacrer à son mandat de députée[8]. Elle est remplacée par l'écrivaine et journaliste Gabrielle Cluzel.[9]

En 2017, le réseau d'activistes Sleeping Giants mène une campagne dirigée contre Boulevard Voltaire visant à réduire ses revenus publicitaires. Pour cela, ils contactent les entreprises et leur expliquent la marche à suivre auprès de leur régie publicitaire pour exclure Boulevard Voltaire des sites susceptibles d'accueillir leurs publicités. Selon Télérama, le préjudice financier pour Boulevard Voltaire est « difficile à évaluer, mais il est important ». Les Sleeping Giants annoncent avoir réduit de 90 % les revenus publicitaires du site, mais l'information n'est ni confirmée ni infirmée par Boulevard Voltaire[10].

Orientation politique et prises de position[modifier | modifier le code]

Boulevard Voltaire est fréquemment classé par les médias parmi les sites Internet de l'extrême droite française, plusieurs de ses contributeurs étant issus des courants de cette tendance idéologique et certains textes parus sur Boulevard Voltaire étant jugés islamophobes, contre le multiculturalisme et contre le mariage homosexuel[11],[12],[13],[14],[15]. Pour l'Obs, la proximité de Robert Ménard avec le Front national et avec des « militants catholiques du Printemps français » classe Boulevard Voltaire comme site d'extrême droite, de même que sa référence à Voltaire lui permettrait de revendiquer l'irrévérence à l'égard des religions, principalement orientée vers l'Islam[16]. Boulevard Voltaire a publié des textes de personnalités liées à la Nouvelle Droite comme Alain de Benoist, ou à la mouvance identitaire comme Renaud Camus. Le site Conspiracy Watch souligne en outre la présence sur le site de personnalités liées au conspirationnisme et à l'extrême droite tel que Pierre Hillard et Alain Soral et des liens de Robert Ménard avec le conspirationniste Thierry Meyssan président du Réseau Voltaire, Alain Benajam et Étienne Chouard[17]. Le psychologue Didier Pleux dit avoir cessé sa collaboration à Boulevard Voltaire après avoir constaté que « Le mariage homosexuel est diabolisé, l'expression « racisme antiblanc » valorisée, l'islamophobie banalisée. Je m'informe illico sur la biographie des chroniqueurs, j'y vois un dénominateur commun : des thèses « intolérantes », pas voltairiennes pour un sou ! »[11]. Mediapart relève que « sous couvert d'une liberté d'expression totale, et alors que pendant un temps, certains contributeurs proviennent des rangs de la gauche, le site se mue rapidement en catalogue de toutes les pensées réactionnaires issues de la droite « hors les murs »[18].

En mai 2016, Robert Ménard, coorganise le « Rendez-vous de Béziers » avec son épouse Emmanuelle Duverger, patronne de Boulevard Voltaire, et Yves de Kerdrel, directeur du magazine de droite Valeurs actuelles, un rassemblement de ce qu'il appelle la « droite hors des murs » (La Dépêche du Midi parle d'une « extrême droite réactionnaire »). Parmi les participants, on compte Renaud Camus créateur de la théorie conspirationniste du grand remplacement, l'inventeur de la « préférence nationale » Jean-Yves Le Gallou ou des personnalités du Front national telles que Marion Maréchal-Le Pen et Louis Aliot[14].

Lors du lancement de Boulevard Voltaire, Dominique Jamet déclare son attachement à la liberté d'expression et au pluralisme, et affirme vouloir « permettre à des opinions qui ne sont pas forcément officielles et autorisées par les grands groupes de presse et les grands partis politiques de s'exprimer »[19],[20],[21]. Selon le journaliste Antoine Bayet, le nom du site Boulevard Voltaire est composé d'un clin d'œil à la « Rue » de Rue89, et au site conspirationniste Réseau Voltaire de Thierry Meyssan[22]. Certains intervenants de Boulevard Voltaire contribuent au FigaroVox[23]. Valeurs actuelles, voit dans le qualificatif d'« extrême droite » accolé à Boulevard Voltaire par les médias mainstream - généralement classés à gauche - une volonté de discréditer les médias dits de « réinformation »[24].

Boulevard Voltaire participe à la cérémonie des Bobards d'or, organisée par la fondation d'extrême droite Polémia, un think tank identitaire dont le président est Jean-Yves Le Gallou, promoteur de la « réinformation ». Selon France Inter, « En fait, sous couvert de « ré-information », on a une presse d'opinion, d'extrême droite, qui sape la légitimité des médias et prospère sur Internet. »[25].

Désinformation[modifier | modifier le code]

Selon le quotidien Libération, Boulevard Voltaire, comme d'autres membres moins éminents de la « fachosphère », s'est livré à plusieurs reprises à de la désinformation et aux fake news, relayant par exemple une « intox » concernant une fausse nouvelle taxe sur les familles, une citation inventée de Bernard Cazeneuve sur les racines chrétiennes de la France, et également de nombreuses désinformations de droite et d'extrême droite comme l'intoxication de droite fustigeant le « laxisme de Christiane Taubira » qui aurait « facilité la fuite » de 236 détenus (alors que la loi en question, sur les permissions, est antérieure au mandat de la ministre). De plus, Libération s'amuse que le site Boulevard Voltaire reconnaisse lui-même en 2017 que sa « famille de pensée » est « le groupe social qui diffuse le plus de fausses nouvelles ». Robin de La Roche, dans un article du site, déclare qu'il n'y a que dans les réseaux « de droite » que l'on trouve « un tel salmigondis d'idioties, de rumeurs infondées, de mélanges honteux, bref, de fausses informations ». Il cite par exemple « une rumeur complètement idiote sur « l'oreillette » qu'aurait portée [Emmanuel Macron, lors] du débat présidentiel. Ridicule bêtise fondée sur une photo du cartilage de son oreille »[26].

Concernant le projet de mosquée à Tulle, Boulevard Voltaire écrit « cette mosquée, sous couvert d'être un immeuble culturel et pas seulement cultuel, sera en partie financé par les deniers publics », alors qu'en fait la ville n'est pas décidée à valider le projet et qu'il sera financé uniquement par des fonds privés[27].

Décodex, un outil de vérification des faits rattaché au journal Le Monde, qui recommande d'être « prudent » quand on lit des informations sur Boulevard Voltaire, est dénoncé par la collaboratrice du site Charlotte d'Ornellas comme un exemple du manque de nuance de la presse traditionnelle[28].

Condamnation[modifier | modifier le code]

Le 18 novembre 2014, Boulevard Voltaire est condamné pour incitation à la « discrimination et à la haine contre l'ensemble des musulmans » pour avoir publié une fiction politique sur l'interdiction de l'Islam. Le directeur de la publication, Benjamin Jamet, et l'auteur, Christine Tasin, islamophobe revendiquée , sont condamnés à 1 000 euros d'amende dont la moitié avec sursis[29]. Le jugement est confirmé en appel en novembre 2015, avec obligation de la publication d'un communiqué faisant état de la décision sur le site Boulevard Voltaire[30].

Contributeurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir par exemple :
    Romain Badouard, « ”Je ne suis pas Charlie”. Pluralité des prises de parole sur le web et les réseaux sociaux », in Pierre Lefébure et Claire Sécail (dir.), Le Défi Charlie. Les médias à l'épreuve des attentats, Éd. Lemieux, 2016 ;
    Bernard Bruneteau, « Les permanences de l'antisémitisme antimondialiste (fin XIXe-début XXIe siècle) », in Revue d'histoire moderne et contemporaine no 62, 2015, pp. 225-244 [lire en ligne] ;
    Olivier Schmitt, Pourquoi Poutine est notre allié ? Anatomie d'une passion française, Éd. Hikari, 2017 ;
    Thomas Jammet et Diletta Guidi, « Observer Les Observateurs. Du pluralisme médiatique au populisme anti-islam, analyse d'un site de « réinformation » suisse et de ses connexions », in Réseaux no 202-203, 2017, pp. 241-271 [lire en ligne].
  2. Bobards d'or : l'extrême droite fait le plein sur la critique des médias - Mathieu Dejean, Les Inrocks, 11 mars 2015.
  3. Dominique Albertini et David Doucet, La Fachosphère : Comment l'extrême droite remporte la bataille du net, Flammarion, , 318 p. (ISBN 9782081354913, lire en ligne), p. 202
  4. a b et c Emmanuelle Duverger, directrice de Boulevard Voltaire et femme de Robert Ménard, candidate aux législatives à Béziers - Le Lab (Europe 1), 10 mai 2017.
  5. Opus Dei : l'intrigant ami de Robert Ménard - Olivier Pechter, Rue89, 5 juillet 2013.
  6. « Pourquoi je me retire de Boulevard Voltaire ! », Boulevard Voltaire, (consulté le 22 mai 2016).
  7. « Dominique Jamet quitte le site "Boulevard Voltaire" », La Lettre de l'Expansion, (inaccessible sans abonnement).
  8. Emmanuelle Ménard: extrême fonction - Libération, 30 août 2017.
  9. « Boulevard Voltaire a cinq ans ! », sur Boulevard Voltaire (consulté le 1er février 2018)
  10. « Boulevard Voltaire, le site fondé par Robert Ménard, lâché par ses annonceurs », Télérama, (consulté le 12 novembre 2017).
  11. a et b Didier Pleux, « « Boulevard Voltaire », le site de l'intolérance », Le Monde, (consulté le 22 mai 2016).
  12. Tugdual Denis, Claire Chartier, Manon Gauthier-Faure et Agnès Laurent, « Le plan secret de l'ultra-droite », L'Express, (consulté le 22 mai 2016).
  13. Guillaume Weill-Raynal, « Islamophobie : la ligne rouge est franchie, madame Taubira, vous devez réagir ! », L'Obs, (consulté le 22 mai 2016).
  14. a et b « Robert Ménard rassemble les partisans d'une droite «dure» pendant trois jours à Béziers », La Dépêche, .
  15. (en) « Firebrand French mayor takes aim at Le Pen… from the Right », Politico, .
  16. Marie Lemonnier, « Quand l'extrême-droite récupère l'héritage de Voltaire », L'Obs, .
  17. « Alain Soral sur Boulevard Voltaire ? Rien que de très logique », Conspiracy Watch, .
  18. Lucie Delaporte et Loup Espargilière, « L'union des droites commence par les médias », Mediapart, (consulté le 19 janvier 2018).
  19. David Doucet, « Des personnalités d'extrême droite font de l'entrisme sur des sites d'infos », Les Inrocks, .
  20. « « Boulevard Voltaire », très rive droite », Libération, (consulté le 22 mai 2016)
  21. « Robert Ménard lance son site d’information, “Boulevard Voltaire », Midi libre, (consulté le 22 mai 2016).
  22. Antoine Bayet, « Ménard lance son « boulevard Voltaire », à ne pas confondre avec « Réseau Voltaire » », Le Lab (Europe 1), (consulté le 22 mai 2016).
  23. « Au FigaroVox, on débat à plusieurs voix », Causeur, (consulté le 26 décembre 2016)
  24. La « réinfosphère » crève l'écran - Amaury Brelet, Valeurs actuelles, 4 novembre 2016.
  25. Comment les sites internet d'extrême-droite discréditent le travail des médias - France Inter, 7 février 2017.
  26. « La fachosphère inquiète de la diffusion de fake news... par la fachosphère », Libération, 7 mai 2017.
  27. Samuel Laurent, « Rumeurs et fausses informations autour d'un projet de mosquée à Tulle », Le Monde, .
  28. Boulevard Voltaire, Breizh-Info... dans la tête des « réinformateurs » - L'Express, 8 avril 2017.
  29. « Islamophobie : une militante et Boulevard Voltaire condamnés pour provocation à la haine », RTL/AFP, .
  30. « Justice. Condamnation confirmée pour Christine Tasin et Boulevard Voltaire », Ouest-France, .

Liens externes[modifier | modifier le code]