Sleeping Giants

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Sleeping Giants ("Les Géants Endormis") est une organisation activiste agissant sur les réseaux sociaux visant à persuader les entreprises de supprimer leurs publicités de certains médias conservateurs tenant des propos jugés racistes et/ou sexistes. La campagne a débuté en novembre 2016[1] peu après la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine de 2016, avec le lancement d'un compte Twitter visant à boycotter Breitbart News[2],[3]. Le premier message (sur Twitter) ciblait la société de gestion financière SoFi[1] (compagnie spécialisée dans la gestion financière). La plupart des messages de l'organisation sur le réseau social Twitter sont des messages destinés aux entreprises fournissant de la publicité à la chaîne Breitbart News. La majorité de leurs messages incitent à participer au boycott de l'entreprise tant que celle-ci n'aura pas rejoint la lutte contre Breitbart. La plupart de l'activité du réseau ne provient pas du compte lui-même, mais sont des "retweets" de ceux-ci, cette méthode donne à l'organisation un très grand impact sur les utilisateurs des réseaux sociaux.

Jusqu’en juillet 2018, personne ne savait qui était à la tête du mouvement, mais finalement, après deux ans d'activités, Matt Rivitz, un publicitaire, confirme qu’il est le fondateur du groupe, après avoir été identifié par le média conservateur Daily Caller[4].

Campagne[modifier | modifier le code]

L'organisation agit principalement depuis son compte Twitter mais dispose également d'un compte Facebook. Elle a monté, au fil du temps, diverses antennes régionales en Australie, en Belgique, au Brésil, au Canada, en Finlande, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande, en Norvège, en Espagne, en Suède, en Suisse et enfin au Royaume-Uni (antennes possédant aussi leurs propres comptes Twitter).

En février 2017, 820 entreprises avaient rejoint le mouvement et avaient cessé de fournir de la publicité (et donc de l'argent) à Breitbart News, selon les statistiques fournies par l'organisation[1]. Un peu plus tard, en mai 2017, l'ampleur du mouvement ne peut plus être qualifié de négligeable : plusieurs milliers d'annonceurs ont cessé de placer leurs produits sur la chaîne Breitbart News[3] (les publicités sont la source de revenus principales des chaînes de télévision), considérant la campagne comme un moyen de protester ouvertement contre la politique de Donald Trump[3] ainsi que de se garantir la confiance des militants (et par conséquent celle de tous les citoyens suivants l'organisation sur les réseaux sociaux).

La liste des entreprises ayant rejoint le mouvement ne cesse de s'agrandir mais on peut retenir comme noms les plus célèbres les marques, AT & T, Kellogg's, BMW, Visa, Autodesk, Lenovo, HP Inc., Vimeo, Deutsche Telekom, Lyft, Allstate, Nest et Warby Parker (société spécialisée dans la vente de lunettes sur internet)[1],[5],[6]. Le gouvernement canadien a également cessé de fournir de la publicité à Breitbart News après avoir déclaré que son contenu "n'était pas conforme au code de valeur et d'éthique du gouvernement"[7]. La stratégie de Sleeping Giants consiste à faire pression sur les annonceurs en associant méthodes traditionnelles (manifestations, etc.) et méthodes plus "numériques" (activisme en ligne) dans le but de recruter et de mobiliser une large population d'utilisateurs des réseaux sociaux. Selon Slate (magazine publié sur internet) la stratégie de Sleeping Giants est similaire à celle adoptée en 2014 par le mouvement Gamergate contre Gawker Media[8].

La décision de Kellogg's de se joindre à l'initiative de Sleeping Giants a provoqué la colère de Breitbart News, celle-ci lance une première campagne de boycottage des produits Kellogg's en décembre 2016[9].

Autres actions[modifier | modifier le code]

Sleeping Giants a notamment mené une longue campagne visant à convaincre les entreprises à ne plus fournir des publicités à The O'Reilly Factor dès que l'affaire des cinq accords de harcèlement sexuel de l'animateur Bill O'Reilly et de la chaîne de télévision ultra-conservatrice Fox News a été révélée. L'organisation a fini par remporter la victoire, entraînant l'annulation de l'émission[10].

Depuis mai 2017, l'antenne locale canadienne a utilisé les mêmes moyens pour faire pression sur les sociétés fournissant la publicité au média conservateur canadien The Rebel Media, la réussite de l'opération est confirmée quelques mois après le début de celle-ci[11].

L'antenne régionale française conduit en ce moment même une campagne proche de celle de l'antenne principale visant le site aligné d'extrême droite, Boulevard Voltaire[12].

En octobre 2019, l'antenne française fait pression sur la société Ferrero et obtient de celle-ci qu'elle retire l'émission Zemmour & Naulleau de la liste de diffusion des publicités Nutella[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) Dara Kerr, « Tech companies' newest cause celebre? Boycott Breitbart », CNET,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Pagan Kennedy, « How to Destroy the Business Model of Breitbart and Fake News », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 21 novembre 2018)
  3. a b et c (en) Mattea Kramer, « These Protesters Are Hitting Trump Where It Actually Hurts », The Nation,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Patrick Coffee, « The Daily Caller Names Founder of Sleeping Giants, Which Organized Breitbart Advertiser Boycotts », Adweek, sur adweek.com, (consulté le 21 novembre 2018)
  5. (en) Jeremy Quittner, « Shopify Won't Remove Breitbart's Online Shop, Claiming Free Speech. », sur fortune.com, (consulté le 21 novembre 2018)
  6. (en) Steven Perlberg, « Breitbart Takes Aim at Kellogg in ad Dispute », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne, consulté le 21 novembre 2018)
  7. (en) Sara Guaglione, « Various Companies, Canadian Government Pull Ads From 'Breitbart News' », sur mediapost.com, MediaPost, (consulté le 21 novembre 2018)
  8. (en) Osita Nwanevu,, « Sleeping Giants" Is Borrowing Gamergate’s Tactics to Attack Breitbart », Slate,‎ (ISSN 1091-2339, lire en ligne, consulté le 21 novembre 2018)
  9. (en) Nicky Woolf, « Breitbart declares war on Kellogg's after cereal brand pulls advertising from site », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 21 novembre 2018)
  10. (en) David Pierson, « How a social media campaign helped drive Bill O'Reilly out of Fox News », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Daniel Tencer, « Rebel Media Has Lost 300 Advertisers In Past 3 Months: Group », Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  12. Romain Jeanticou, « Boulevard Voltaire, le site fondé par Robert Ménard, lâché par ses annonceurs », sur telerama.fr, Telerama, (consulté le 21 novembre 2018)
  13. Amaury Bucco, « Eric Zemmour privé de Nutella : décryptage d’une invraisemblable sanction publicitaire », sur valeursactuelles.com,

Liens externes[modifier | modifier le code]