Philippe Bilger

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Philippe Bilger
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Philippe Bilger en 2015.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (78 ans)
Metz
Drapeau de la France France
Nationalité
Activité
Père
Fratrie
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Distinction

Philippe Bilger /filip bilʒeʁ/[1] est un magistrat et essayiste français, né le à Metz[2].

Juge d'instruction, puis avocat général, il est au service de la justice pendant près de quarante années, connu surtout comme avocat général à la cour d'assises au sein de la cour d'appel de Paris. Il est l'auteur de nombreux ouvrages à caractère politique ou social[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Philippe Bilger naît à Metz au cours de la seconde guerre mondiale après l’invasion nazie, pendant la seconde annexion allemande. Son père Joseph Bilger (1905-1975) est un homme politique alsacien, militant agrarien, autonomiste et catholique de la fin de la Troisième République. À la Libération, son père, fondateur d'une organisation d'extrême droite, est condamné à dix ans de travaux forcés pour faits de collaboration[4],[5]. Ce jugement reste, pour Philippe Bilger, une injustice qui n'a pas été sans incidence sur le choix de sa carrière de magistrat et sur sa manière d'exercer la fonction[6],[7].

Après la guerre, Philippe Bilger est scolarisé dans l'établissement privé Saint-Louis à Montargis[8].

Carrière judiciaire[modifier | modifier le code]

Philippe Bilger commence sa carrière dans la magistrature en 1970.

Juge d'instruction à Lille en 1972, substitut à Bobigny en 1976 puis à Paris en 1982, il y poursuit sa carrière, à partir de 1999, comme avocat général hors hiérarchie[2],[9].

Il représente l'accusation notamment aux procès de Christian Didier, François Besse, Bob Denard et Émile Louis[10].

En 2004, il est avocat général au procès de Maxime Brunerie, qui a tenté de tuer le président Jacques Chirac en 2002 sur les Champs-Élysées, avant le défilé militaire du 14 Juillet. Dans son réquisitoire il décrit alors, en ce qui concernerait l'accusé, un « désir de lustre étincelant effaçant une vie de grisaille » ; le verdict dépasse ses réquisitions[11]. Maxime Brunerie, à sa sortie de prison, lui propose de préfacer son livre ; Philippe Bilger refuse[12].

En 2006, au procès d'Hélène Castel, il requiert et obtient que l'accusée, quinze ans après les faits et repentante, soit condamnée à une peine dimensionnée de manière qu'elle soit libérée à l'issue du procès[13].

En 2009, Philippe Bilger représente le ministère public au procès relatif à l'affaire « du gang des barbares ». Ses réquisitions sont dans l'ensemble suivies par la cour, notamment en condamnant le principal accusé à la peine maximale, et il déclare que « les débats et l’arrêt rendu ont été exemplaires »[14],[15]. N'ayant pas demandé cette peine maximale pour certains complices, il est attaqué pour son traitement de cette affaire par Bernard-Henri Lévy et par l'avocat des parties civiles Francis Szpiner[16].

Le , Philippe Bilger est admis à la retraite et maintenu en activité comme substitut général[17], et ce jusqu'au [18],[19].

Activités après sa carrière de magistrat[modifier | modifier le code]

Le , Philippe Bilger quitte la magistrature et rejoint le cabinet « D'Alverny, Demont et associés » en qualité de conseiller spécial salarié jusqu'en [20],[5]. Il crée alors l'Institut de la parole, qui dispense des formations pour l’amélioration de la communication orale[21],[5]. À partir de 2013, il devient auto-entrepreneur avec la même activité, plus celle de consultant judiciaire. Au début de l'année 2014, il acquiert le statut d'indépendant[réf. nécessaire].

Il est membre du jury du prix des Hussards, créé par Christian Millau[22].

Il tient un blog sur la justice et les faits de société depuis 2005 : Justice au singulier.

Depuis 2013, il a sa chaîne YouTube, Philippe Bilger les soumet à la question[23], où il réalise des entrevues de fond (d’une durée de 45 à 60 minutes) avec des personnalités des mondes intellectuel, de la politique et des arts.

Engagements divers au cours de sa vie[modifier | modifier le code]

Philippe Bilger intervient fréquemment sur des sujets politiques ou de justice, dans les médias et sur son blog[24]. Sa forte présence médiatique et ses positions qu'il qualifie de « réactionnaires » lui attirent de nombreuses hostilités, et de tout aussi nombreuses adhésions[25],[5].

Philippe Bilger défend les peines plancher et, du moins initialement, la suppression du juge d'instruction. S'agissant de cette dernière réforme, il indique qu'à ses yeux, elle devrait être assortie d'une réelle indépendance structurelle du parquet, estimant que cette réforme permettrait de « sortir d'une justice d'autorité pour entrer dans une justice de contradiction et d'explication »[26].

Estimant qu'il a « pr[is] [s]es désirs pour des réalités », il finit par revenir sur cet optimisme[27], comme sur la politique de Nicolas Sarkozy : il joint sa voix aux protestations de la magistrature du début 2011[28].

Au nom de la défense de la liberté d'expression il s'oppose à la loi Gayssot et soutient Éric Zemmour avant son procès pour diffamation raciale et appels à la discrimination et à la haine raciale[29],[30].[Quand ?]

Au second tour de l'élection présidentielle de 2017, il apporte son soutien à Emmanuel Macron[31].

Depuis , il anime une émission mensuelle sur Fréquence protestante, intitulée Philippe Bilger les soumet à la question[32]. Il y reçoit des personnalités politiques comme Ségolène Royal, du monde des médias comme Didier Maïsto, patron de Sud Radio, et de la culture comme Philippe Grimbert ou encore Michel Onfray.

Participant régulier de l'émission Les Vraies Voix sur Sud Radio, il est impliqué dans une polémique après que, le , Rokhaya Diallo a porté plainte contre une auditrice de la station qui avait prononcé des propos controversés à son encontre lors de l'émission, sans que Philippe Bilger et les autres participants n'interviennent pour réagir en sa faveur et condamner les propos tenus. Au contraire, Philippe Bilger déclare alors à l'intention de l'auditrice : « Attention Danièle Obono va vous tomber dessus »[33].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Philippe Bilger a une sœur, Marie-Christine, et deux frères, François et Pierre (respectivement économiste et chef d'entreprise), aujourd'hui tous trois morts.

Philippe Bilger est marié à Pascale Bilger. Il a six enfants, Laurent, Delphine, Sébastien, Charlotte (elle-même magistrat[34]), Élodie et Jean-Baptiste.

Publications[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API.
  2. a b et c Annuaire de la magistrature, DSJ.
  3. Notice d'autorité sur bnf.fr/
  4. « Joseph Bilger avait pris le risque d'un dialogue dangereux avec l'occupant ».
  5. a b c et d Sonya Faure, « Au revoir, monsieur l’avocat général », Libération, 17 septembre 2011.
  6. "20 minutes pour la mort, Robert Brasillach : le procès expédié", de Philippe Bilger : Bilger rejuge Brasillach (lemonde.fr), article du 07 février 2011 (consulté le 5 mars 2014).
  7. « Les Bilger, fils d'une ambition », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  8. Association des anciens élèves de l'école Saint-Louis de Montargis.
  9. « Décret du 20 juillet 1999 portant nomination de magistrats - JORF n°167 », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le )
  10. Anne-Sophie Lechevallier, « Philippe Bilger, torero dans l’arène » [archive du ], sur parismatch.com (Paris Match), (consulté le )
  11. Patricia Turancheau, « Brunerie condamné à dix ans de réclusion » [archive du ], sur liberation.fr, (consulté le )
  12. « François Bayrou ne veut pas de Maxime Brunerie », sur philippebilger.com (Justice au singulier), (consulté le )
  13. « Procès exemplaire » Jacqueline Remy, L'Express, 12 janvier 2006.
  14. Vanessa Ratignier, « Pas en mon nom », Libération, 3 août 2009 [1].
  15. Éditorial du Monde, 14 juillet 2009 [2].
  16. Francis Szpiner et moi devons-nous être poursuivis disciplinairement ? maitre-eolas.fr, 1er août 2009.
  17. Arrêté du 27 mars 2009.
  18. Conformément aux dispositions de la loi organique no 88-23 du 7 janvier 1988, article premier.
  19. Par arrêté du 10 février 2011, il est admis à cesser ses fonctions à compter du 1er octobre 2011.
  20. Le Nouvel Observateur, 25 mars 2011.
  21. Site de l'Institut de la Parole.
  22. « Jérôme Leroy rejoint le jury du prix des Hussards », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 19 / dimanche 20 novembre 2016, page 38.
  23. « Bilger Philippe », sur YouTube (consulté le ).
  24. Justice au singulier sur philippebilger.com
  25. "" sur Petits meurtres entre amis, Le JDD, 5 février 2012
  26. a et b « Interview de Philippe Bilger, avocat général près la cour d'appel de Paris, par François Sionneau », NouvelObs.com, 13 octobre 2010.
  27. « Le juge d'instruction est-il sauvé ? ».
  28. « Une France qui se paie de maux ».
  29. Philippe Bilger : « Brasillach a été condamné à mort uniquement pour ce qu'il avait écrit », Enquête & Débat (enquete-debat.fr), 8 janvier 2010
  30. Affaire Zemmour : Bilger convoqué par le procureur général, lemonde.fr, 25 mars 2010
  31. « Présidentielle 2017 : 32 personnalités s'engagent pour le second tour », leparisien.fr,‎ 2017-04-28cest09:44:40+02:00 (lire en ligne, consulté le )
  32. « Philippe Bilger les soumet à la question du 16/01/2020 », sur Fréquence Protestante (consulté le )
  33. Le CSA saisi après des injures racistes contre Rokhaya Diallo sur Sud Radio, site lemonde.fr, 21 décembre 2020.
  34. « L’embarrassant départ d’une conseillère d’Eric Dupond-Moretti », sur lemonde.fr, (consulté le ).