Boulevard Voltaire (site internet)

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Boulevard Voltaire
Image illustrative de l'article Boulevard Voltaire (site internet)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Genre Politique
Date de fondation
Ville d’édition Paris

Directeur de publication Emmanuelle Duverger
Site web http://www.bvoltaire.fr

Boulevard Voltaire est un site généraliste d'information, lancé le 1er octobre 2012 par Robert Ménard et Dominique Jamet. Il est fréquemment classé à l'extrême droite[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dominique Jamet, Robert Ménard et son épouse Emmanuelle Ménard cofondent le 1er octobre 2012 Boulevard Voltaire[2]. Dominique Jamet est en 2013 directeur de publication. Il démissionne de sa fonction de directeur de publication début avril 2016 se disant en désaccord avec l’évolution et l'orientation de la ligne éditoriale du site[3] et pour consacrer plus de temps à sa fonction de vice-président de Debout la France[2]. En avril 2014, Robert Ménard a annoncé son départ de Boulevard Voltaire afin de se consacrer à son mandat de maire[4]. Emmanuelle Ménard est directrice de Boulevard Voltaire[2]. Elle démissionne le 21 juin 2017 pour se consacrer à son mandat de députée[5].

D'après Jean-Yves Le Gallou, c'est la réunion de sa fondation identitaire Polémia[6] du 15 octobre 2011 qui « a soufflé l'idée de Boulevard Voltaire à Ménard. À l'époque, il ne connaissait pas trop les blogs. J'ai contribué à son site, et je lui ai donné des noms de blogueurs qui pourraient y contribuer »[7].

En 2017, le réseau d’activistes Sleeping Giants (en) mène une campagne dirigée contre Boulevard Voltaire visant à réduire ses revenus publicitaires. Pour cela, ils contactent les entreprises et leur expliquent la marche à suivre auprès de leur régie publicitaire pour exclure le site Boulevard Voltaire des sites susceptibles d'accueillir leurs publicités. Selon Télérama, le préjudice financier pour Boulevard Voltaire est « difficile à évaluer, mais il est important ». Les Sleeping Giants annoncent avoir réduit de 90 % les revenus publicitaires du site, mais l'information n'est ni confirmée ni infirmée par Boulevard Voltaire[8].

Orientation politique et prises de position[modifier | modifier le code]

Boulevard Voltaire est fréquemment classé par les médias parmi les sites Internet de l'extrême droite française, plusieurs de ses contributeurs étant issus des courants de cette tendance idéologique et certains textes parus sur Boulevard Voltaire étant jugés islamophobes, contre le multiculturalisme et contre le mariage homosexuel[9],[10],[11],[12],[13]. Pour l'Obs, la proximité de Robert Ménard avec le Front national et avec des « militants catholiques du Printemps français » classe Boulevard Voltaire comme site d'extrême droite, de même que sa référence à Voltaire lui permettrait de revendiquer l'irrévérence à l'égard des religions, principalement orientée vers l'Islam[14]. Boulevard Voltaire a publié des textes de personnalités liées à la Nouvelle Droite comme Alain de Benoist, ou à la mouvance identitaire comme Renaud Camus. Le site Conspiracy Watch souligne en outre la présence sur le site de personnalités liées au conspirationnisme et à l'extrême droite tel que Pierre Hillard et Alain Soral et des liens de Robert Ménard avec le conspirationniste Thierry Meyssan président du Réseau Voltaire, Alain Benajam et Étienne Chouard[15]. Le psychologue Didier Pleux dit avoir cessé sa collaboration à Boulevard Voltaire après avoir constaté que « Le mariage homosexuel est diabolisé, l'expression "racisme antiblanc" valorisée, l'islamophobie banalisée. Je m'informe illico sur la biographie des chroniqueurs, j'y vois un dénominateur commun : des thèses "intolérantes", pas voltairiennes pour un sou ! »[9].

En mai 2016, Robert Ménard, coorganise le « Rendez-vous de Béziers » avec son épouse Emmanuelle Duverger, patronne de Boulevard Voltaire, et Yves de Kerdrel, directeur du magazine de droite Valeurs actuelles, un rassemblement de ce qu'il appelle la « droite hors des murs » (La Dépêche du Midi parle d'une « extrême droite réactionnaire »). Parmi les participants, on compte Renaud Camus créateur de la théorie conspirationniste du grand remplacement, l'inventeur de la « préférence nationale » Jean-Yves Le Gallou ou des personnalités du Front national telles que Marion Maréchal-Le Pen et Louis Aliot[12].

Lors du lancement de Boulevard Voltaire, Dominique Jamet déclare son attachement à la liberté d'expression et au pluralisme, et affirme vouloir « permettre à des opinions qui ne sont pas forcément officielles et autorisées par les grands groupes de presse et les grands partis politiques de s’exprimer »[16],[17],[18]. Selon le journaliste Antoine Bayet, le nom du site Boulevard Voltaire est composé d’un clin d'œil à la Rue de Rue89, et au site conspirationniste Réseau Voltaire de Thierry Meyssan[19]. Certains intervenants de Boulevard Voltaire contribuent au FigaroVox[20]. Valeurs actuelles, voit dans le qualificatif d'« extrême droite » accolé à Boulevard Voltaire par les médias "mainstream" - généralement classés à gauche - une volonté de décrédibiliser les médias dits de « réinformation »[21].

Boulevard Voltaire participe à la cérémonie des Bobards d'or, organisée par la fondation d'extrême droite Polémia, un think tank identitaire dont le président est Jean-Yves Le Gallou, promoteur de la « réinformation ». Selon France Inter, « En fait, sous couvert de « ré-information », on a une presse d’opinion, d’extrême droite, qui sape la légitimité des médias et prospère sur Internet. »[22].

Désinformation[modifier | modifier le code]

Selon le quotidien Libération, Boulevard Voltaire, comme d'autres membres moins éminents de la « fachosphère », s'est livré à plusieurs reprises à de la désinformation, relayant par exemple une « intox » concernant une fausse nouvelle taxe sur les familles, une citation inventée de Bernard Cazeneuve sur les racines chrétiennes de la France, et également de nombreuses désinformations de droite et d'extrême droite comme l'intoxication de droite fustigeant le « laxisme de Christiane Taubira » qui aurait « facilité la fuite » de 236 détenus (alors que la loi en question, sur les permissions, est antérieure au mandat de la ministre). De plus, Libération s'amuse que le site Boulevard Voltaire reconnaisse lui-même en 2017 que sa « famille de pensée » est « le groupe social qui diffuse le plus de fausses nouvelles ». Robin de La Roche, dans un article du site, déclare qu'il n’y a que dans les réseaux « de droite » que l’on trouve « un tel salmigondis d’idioties, de rumeurs infondées, de mélanges honteux, bref, de fausses informations ». Il cite par exemple « une rumeur complètement idiote sur "l’oreillette" qu’aurait portée [Emmanuel Macron, lors] du débat présidentiel. Ridicule bêtise fondée sur une photo du cartilage de son oreille »[23].

Concernant le projet de mosquée à Tulle, le site Boulevard Voltaire écrit « cette mosquée, sous couvert d'être un immeuble culturel et pas seulement cultuel, sera en partie financé par les deniers publics », alors qu'en fait la ville n'est pas décidée à valider le projet et qu'il sera financé uniquement par des fonds privés[24].

Décodex, un média de vérification des faits rattaché au journal Le Monde, recommande d'être « prudent » quand on lit des informations sur Boulevard Voltaire[25].

Condamnation[modifier | modifier le code]

Le 18 novembre 2014, Boulevard Voltaire est condamné pour incitation à la « discrimination et à la haine contre l'ensemble des musulmans » pour avoir publié une fiction politique sur l'interdiction de l'Islam. Le directeur de la publication, Benjamin Jamet, et l'auteur, Christine Tasin, islamophobe revendiqué , sont condamnés à 1 000 euros d'amende dont la moitié avec sursis[26]. Le jugement est confirmé en appel en novembre 2015, avec obligation de la publication d'un communiqué faisant état de la décision sur le site Boulevard Voltaire[27].

Contributeurs[modifier | modifier le code]

Anciens contributeurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir par exemple Romain Badouard, « ”Je ne suis pas Charlie”. Pluralité des prises de parole sur le web et les réseaux sociaux », in Pierre Lefébure et Claire Sécail (dir.), Le Défi Charlie. Les médias à l'épreuve des attentats, Éd. Lemieux, 2016 ; Bernard Bruneteau, « Les permanences de l’antisémitisme antimondialiste (fin XIXe-début XXIe siècle) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n°62, 2015, p. 225-244 ; Olivier Schmitt, Pourquoi Poutine est notre allié ? Anatomie d'une passion française, Éd. Hikari, 2017 ; Thomas Jammet et Diletta Guidi, « Observer Les Observateurs. Du pluralisme médiatique au populisme anti-islam, analyse d’un site de “réinformation” suisse et de ses connexions », Réseaux, n°202-203, 2017, p. 241-271.
  2. a, b et c Emmanuelle Duverger, directrice de Boulevard Voltaire et femme de Robert Ménard, candidate aux législatives à Béziers, LeLab Europe 1, 10/5/2017
  3. « Dominique Jamet quitte le site "Boulevard Voltaire" », sur lalettredelexpansion.com, .
  4. « Pourquoi je me retire de Boulevard Voltaire ! », sur Boulevard Voltaire, (consulté le 22 mai 2016)
  5. Emmanuelle Ménard: extrême fonction, Libération, 30/8/2017
  6. Bobards d’or : l’extrême droite fait le plein sur la critique des médias (Les Inrocks)
  7. Dominique Albertini et David Doucet, La Fachosphère : Comment l'extrême droite remporte la bataille du net, Flammarion, , 318 p. (ISBN 9782081354913, lire en ligne), p. 202
  8. « Boulevard Voltaire, le site fondé par Robert Ménard, lâché par ses annonceurs - L'actu Médias / Net - Télérama.fr », sur www.telerama.fr, (consulté le 12 novembre 2017)
  9. a et b Didier Pleux, « “'Boulevard Voltaire”', le site de l'intolérance », sur 'Le Monde', (consulté le 22 mai 2016)
  10. Tugdual Denis, Claire Chartier, Manon Gauthier-Faure et Agnès Laurent, « Le plan secret de l'ultra-droite », sur L'Express, (consulté le 22 mai 2016)
  11. Guillaume Weill-Raynal, « Islamophobie : la ligne rouge est franchie, madame Taubira, vous devez réagir ! », sur leplus.nouvelobs.com, (consulté le 22 mai 2016)
  12. a et b « Robert Ménard rassemble les partisans d’une droite «dure» pendant trois jours à Béziers »,
  13. (en) « Firebrand French mayor takes aim at Le Pen… from the Right », sur Politico, .
  14. Marie Lemonnier, « Quand l'extrême-droite récupère l'héritage de Voltaire », sur 'L'Obs',
  15. « Alain Soral sur Boulevard Voltaire ? Rien que de très logique », sur Conspiracy Watch,
  16. David Doucet, « Des personnalités d’extrême droite font de l’entrisme sur des sites d’infos », sur LesInrocks.com,
  17. « “Boulevard Voltaire”, très rive droite », sur Libération, (consulté le 22 mai 2016)
  18. « Robert Ménard lance son site d’information, “Boulevard Voltaire” », sur 'Midi libre', (consulté le 22 mai 2016)
  19. Antoine Bayet, « Ménard lance son “boulevard Voltaire”, à ne pas confondre avec “Réseau Voltaire” », sur Le Lab (Europe 1), (consulté le 22 mai 2016)
  20. « Au FigaroVox, on débat à plusieurs voix », sur causeur.fr, (consulté le 26 décembre 2016)
  21. Amaury Brelet, La "réinfosphère" crève l'écran, sur "Valeurs Actuelles", 4 novembre 2016
  22. Comment les sites internet d'extrême-droite discréditent le travail des médias, France Inter, 7/2/2017
  23. « La fachosphère inquiète de la diffusion de fake news... par la fachosphère », Libération, 7/5/2017
  24. Samuel Laurent, « Rumeurs et fausses informations autour d'un projet de mosquée à Tulle », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  25. Boulevard Voltaire, Breizh-Info... dans la tête des "réinformateurs", L'Express, 8/4/2017
  26. La rédaction numérique de RTL et l'AFP, « Islamophobie : une militante et Boulevard Voltaire condamnés pour provocation à la haine », RTL,‎ (lire en ligne).
  27. « Justice. Condamnation confirmée pour Christine Tasin et Boulevard Voltaire », Ouest-France,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]