Religion hellénistique

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Les Religions hellénistiques regroupent les systèmes de croyances et pratiques religieuses des gens vivant sous influence de la culture grecque antique pendant l'époque hellénistique et l'Empire romain (du IIIe siècle av. J.-C. au IIIe siècle ap. J.-C.) La religion hellénistique a été assez constante : les divinités grecques ont continué à être adorées, et les mêmes rites ont été pratiqués comme avant.

Les changements sont survenus par addition de nouvelles religions venues d'autres pays, comme les divinités égyptiennes Isis et Sarapis, les divinités phéniciennes Dercéto et Hadad (en), qui ont fourni un nouveau débouché pour les personnes cherchant la réalisation à la fois dans la vie présente et l'au-delà. Le culte des souverains hellénistiques était aussi une caractéristique de cette période, notamment en Égypte, où la dynastie des Ptolémées a adopté la pratique pharaonique plus tôt, et se sont établis comme des rois-dieux. Ailleurs dirigeants peuvent recevoir un statut divin sans le plein statut de dieu.

La magie (en) était largement pratiquée, comme auparavant. Partout dans le monde hellénistique, les gens consultent les oracles, et utiliser des amulettes et des figurines pour chasser le mauvais œil ou lancer des sorts. Le système complexe de l'astrologie (en), qui visait à déterminer le caractère et l'avenir d'une personne dans les mouvements du Soleil, de la Lune et les planètes, était également florissant à l'époque. Les systèmes de la philosophie hellénistique, comme le stoïcisme ou l'épicurisme, offraient une alternative à la religion traditionnelle, même si leur impact a été largement limitée à l'élite instruite.

Religion de la Grèce classique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion grecque antique.

La religion grecque antique était centrée sur les douze divinités olympiennes menés par Zeus. Les dieux étaient honorés avec des temples et des statues de pierre, et des sanctuaires (enclos sacrés), qui, bien que dédiés à une divinité spécifique contenaient souvent des statues commémorant d'autres dieux[1]. Les cités-États tenaient des fêtes et des commémorations tout au long de l'année, particulièrement envers la divinité protectrice de la cité comme Athéna pour Athènes ou Apollon pour Corinthe[1].

La pratique religieuse comprenait également le culte héroïque grec. Les héros se répartissaient entre les figures mythologiques des épopées d'Homère aux personnages historiques comme le fondateur de la cité[1]. Le paysage était rempli de lieux sacrés et de monuments : des statues de nymphe ont été trouvées près de sources et des représentations d'Hermès aux carrefours[1].

La magie (en) était centrale dans la religion grecque[2], les oracles lisaient les volontés divines dans le bruissement des feuilles, la forme des flammes et de la fumée d'un feu, le vol des oiseaux, etc[3]. De même, les mystères d'Éleusis étaient associés à Déméter et Perséphone[3].

Religion hellénistique[modifier | modifier le code]

Après les conquêtes d'Alexandre le Grand, la culture grecque s'était répandue largement et était venue au contact des civilisations du Proche-Orient et d'Égypte. Les changements les plus sensibles sur la religion grecque furent la perte d'indépendance des cités-États vis-à-vis des rois de Macédoine, l'import de divinités étrangères et le développement de nouveaux systèmes philosophiques[4]. Des études anciennes sur la religion hellénistique décrivent la période comme un déclin religieux et parlent d'une progression du scepticisme, de l'agnosticisme et de l'athéisme et d'une augmentation des superstitions, du mysticisme et de l'astrologie[5].

Cependant il n'y a pas de raison de supposer de déclin des traditions religieuses[6]. La documentation montre que les Grecs poursuivent les pratiques de l'époque classique, avec les sacrifices, fêtes et commémorations[7]. De nouvelles religions apparurent pendant cette période, sans chasser les anciennes divinités[8]. Peu de Grecs s'y intéressèrent[9].

Nouvelles religions[modifier | modifier le code]

Cultes du dirigeant[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : culte impérial et culte héroïque grec.

Astrologie et théurgie[modifier | modifier le code]

Astrologie

L'astrologie hellénistique est le résultat des influences de l'astrologie babylonienne, de la science astrale orientale, de la science « du temps » des temples égyptiens et des mathématiques grecques.

Ce mélange de l'astrologie est donc le fruit de plusieurs astrologues qui ont fait connaître cette science par des traités. Bérose a fait connaître l'astrologie aux Grecs par son école qu'il fonda sur l’Île de Cos, au large de l'Asie Mineure. Puis, chez les Grecs, on peut citer les écrits de l'astrologue Critodème et notamment son traité Pinax. On peut également citer pour l'astrologie grecque, le philosophe stoïcien Posédonios d'Apamée (135-51 av. J.-C.). Ensuite, pour les ouvrages les plus connus de l'astrologie gréco-égyptienne, on peut citer le traité Salmeschiniaka (un recueil de présage), le Livre d'Hermès (les fondements de l'astrologie généthliaque) et le traité de Néchepso-Pétosiris.

À l'époque hellénistique, le berceau de l'astrologie est la ville d'Alexandrie, où sont notamment jetées les bases mathématiques de l'horoscope. Ainsi, une classe particulière de prêtres hellénisés étaient appelés des horoscopoï, puis ils sont devenus des astrologues d’État. Par la suite, l'astrologie hellénistique et l'horoscope étaient déterminés par quatre facteurs clés qui constituaient désormais cette science : les planètes, le zodiaque, le cercle des douze maisons et les aspects.

- Les planètes :

La suite des planètes dans l'astrologie hellénistique est la suivante : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne. Cette suite est scientifiquement exacte puisqu'elle correspond aux périodes de révolution. Ainsi, cette suite qui est purement un concept grec fonde tout le système de l'astrologie. De plus, on remarque que les Grecs place au centre le soleil, ce qui correspond à la théologie solaire soutenue plus tard par la science grecque. Les Grecs ont également étudié la science astrale orientale et ils ont ainsi classé les dieux planétaires grecs en deux catégories : les planètes féminines (Vénus, La lune) et les planètes masculines (Soleil, Mars, Jupiter, Saturne).

- Le zodiaque : Le zodiaque est connu depuis le VIe siècle av. J.-C. par les Grecs, cependant l'imagerie attachée aux signes du zodiaque est issue de l'astrologie babylonienne. C'est au IIe siècle av. J.-C. que l'astronome grec Hipparque conçoit un cercle gradué et divisé en douze parties égales de 30° chacune. Ce cercle, d'abord conçu pour l'astronomie, il est ensuite utilisé par l'astrologie et ses croyances occultes que les astres incarnaient. Plus tard, ce cercle, pour ce qui est de l'astrologie, s'est efforcé de faire correspondre les dieux planétaires aux quatre éléments élémentaires. Donc les douze signes du zodiaque disposés autour du cercle sont reliés par groupe de trois formant ainsi les quatre triangles du zodiaque ou également appelé trigones. Il y a le triangle de feu (Bélier, Lion, Sagittaire), le triangle de la terre (Taureau, Vierge, Capricorne), le triangle de l'air (Gémeaux, Balance, Verseau) et le triangle de l'eau (Cancer, Scorpion, Poisson).

- Le cercle des douze maisons

- Les aspects

Théurgie

Les Oracles Chaldéens sont les premières sources à avoir été étudié pour comprendre les croyances et les pratiques magiques de l'antiquité tardive. Julien, l'auteur des Oracles Chaldéens, est sans doute la première personne à être appelée théourgos.

La théurgie utilise des procédés de la magie commune, mais uniquement dans un but religieux. Ainsi son but, de façon générale, est un procédé permettant le salut de l'âme en se libérant de l'esclavage du corps et en assurant sa remontée. Pour mettre en œuvre ce salut de l'âme, il faut, selon les Oracles, soit susciter l'apparition divine en face à face (la telestikê) ou dans un médium (la transe médiumnique).

La théurgie se divise donc en deux branches :

  • La telestikê : Cette technique dépendait uniquement de l'emploi de symbola (objet de prestigieux, officiel). Chaque dieu aurait son correspondant « sympathique » dans le règne animal, végétal et minéral. Ainsi, dans certaines statuettes représentant les dieux on retrouve à l’intérieur de celles-ci, un symbolon figurant sa nature divine et qui est en rapport avec celle-ci. Ainsi on peut dire que la telestikê cherchait à susciter la présence d'un dieu dans un « réceptacle » inanimé.
  • La transe médiumnique : Cette technique nécessitait le recours à un médium. Ainsi, contrairement à la telestikê, cette technique devait susciter la présence d'un dieu par le biais d'un être humain (un medium). Il s'agissait de la croyance très répandue de croire que les « altérations spontanées de la personnalité » étaient en fait des possessions, soit par un principe divin (un daimôn), soit par un être humain défunt. Cette branche est intéressante en raison de son analogie évidente avec le spiritisme moderne.

Cependant, la théurgie comme elle a été conçue, n'a été destinée qu'à une élite d'initiés qui eux seuls pouvaient la pratiquer. Ainsi, elle aurait été amenée à disparaître. Néanmoins, elle prendra une place non négligeable dans la philosophie néoplatonicienne, grâce à certains penseurs comme Jamblique et Proclus qui ont revalorisé ses rites et les mystères en les distinguant de la magie profane et illicite. En effet, la théurgie semble être fondé sur les doctrines platoniciennes, notamment en ce qui concerne la dualité de l'univers.

Philosophie hellénistique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : philosophie hellénistique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Shipley 2000, p. 154
  2. Chamoux 1981, p. ?[réf. incomplète] (p. 347 dans la traduction en anglais)
  3. a et b Chamoux 1981, p. ?[réf. incomplète] (p. 330 dans la traduction en anglais)
  4. Mikalson 2006, p. 218
  5. Shipley 2000, p. 155
  6. Shipley 2000, p. 170
  7. Mikalson 2006, p. 220
  8. Mikalson 2006, p. 217
  9. Mikalson 2006, p. 219

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Astrologie:

  • Giuseppe Bezza, Précis d'historiographie de l'astrologie Babylone, Egypte, Grèce
  • Emile Biémont, Rythmes du temps: Astronomie et calendriers, De Boeck, 1999
  • André-Jean Festugière, La religion grecque à l'âge hellénistique, Revue des Etudes Grecques, 1951

Théurgie:

  • Eric Robertson Dodds, Les Grecs et l'irrationnel, p279-299, Flammarion, Paris, 1977
  • Carine Van Liefferinge, La Théurgie, des Oracles chaldaïques à Proclus, Presses universitaires de Liège, 2013