Guerre chrémonidéenne

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La Guerre chrémonidéenne est un conflit qui oppose de 268 à 261 une coalition de cités grecques menée par Athènes et Sparte avec le soutien lagide contre la Macédoine d'Antigone II Gonatas. Elle tire son nom de Chrémonidès, l'homme politique athénien qui en fut un des principaux instigateurs. Elle se solde par la défaite d'Athènes et de Sparte et le maintien de l'hégémonie macédonienne sur la Grèce centrale.

Les origines du conflit[modifier | modifier le code]

Après la défaite et la mort de Pyrrhus d'Épire à Argos en 272, Antigone Gonatas, fermement établi sur le trône de Macédoine, contrôle également directement ou indirectement une grande partie de la Grèce centrale et du Péloponnèse, notamment grâce à des garnisons macédoniennes en Eubée, en Attique au Pirée, et surtout à Corinthe qui lui donnent le contrôle de l'isthme, ainsi que par l'intermédiaire de tyrans acquis à sa cause.

Athènes supporte mal la présence des Macédoniens. En 268, un des chefs du parti antimacédonien, Chrémonidès, fait voter par l'assemblée un décret établissant une alliance avec Sparte dans le but de chasser les Macédoniens de Grèce. Le texte de ce décret est préservé (Sylloge3 434) : il montre Athènes agitant la bannière du panhellénisme, en appelant implicitement aux précédents de la Ligue des Hellènes de 480 et de la Guerre lamiaque de 323, mais saluant aussi le rôle de Ptolémée II Philadelphe comme garant de la liberté des Grecs, comme avait pu l'être son père et prédécesseur. Les Lagides sont par ailleurs des alliés traditionnels des Spartiates.

De nombreuses cités rejoignent l'alliance : Élis, Tégée, Mantinée, la Ligue achéenne dans le Péloponnèse, Orchomène et Phigalie en Grèce centrale, et quelques cités crétoises.

Dans cette guerre, Athènes cherche à expulser les garnisons macédoniennes d'Attique et du Pirée, tandis que Sparte espère réaffirmer son hégémonie sur les cités péloponnésiennes gouvernées par des tyrannies favorables aux Macédoniens. De son côté Ptolémée réagit probablement à la montée en puissance de la flotte d'Antigone Gonatas dans l'Égée.

Les opérations[modifier | modifier le code]

Les Macédoniens détiennent une position clef avec Corinthe (sous le commandement de Cratère, le demi-frère d'Antigone II et le fils de Cratère l'ancien compagnon d'Alexandre) et sa puissante forteresse, l'Acrocorinthe, qui leur permet de contrôler les relations terrestres entre le Péloponnèse et la Grèce centrale, mais aussi une partie du golfe Saronique à l'est et du golfe de Corinthe à l'ouest. Elle donne l'avantage aux Macédoniens des lignes intérieures entre les deux fronts de la guerre, celui d'Athènes et celui de Sparte.

Le roi spartiate Areus Ier tente à trois reprises en 267, 266, et 265 de forcer ce verrou macédonien posé sur l'Isthme, mais échoue et meurt dans la dernière tentative.

Antigone Gonatas mène lui-même son armée en campagne, et après avoir écrasé une révolte de mercenaires galates à Mégare assiège Athènes. L'ouverture d'un second front au Nord, en Macédoine même, causé par l'invasion du roi Alexandre II d'Épire le contraint à marcher précipitamment vers le nord en 262, mais sa victoire est aussi complète que rapide sur les Épirotes. Le siège d'Athènes reprend en 261 et se termine par la reddition de la cité.

Les conséquences[modifier | modifier le code]

L'aide lagide est insuffisante pour jouer un rôle dans le conflit qui voit la victoire totale d'Antigone Gonatas. Athènes perd le peu de liberté qui lui restait : l'assemblée voit ses activités réduites, une garnison est installée sur la colline des Muses, qui vient s'ajouter à celles du Pirée et de Mounychie. Un gouverneur macédonien gouverne Athènes jusque vers 250. Les instigateurs du conflit, Chrémonidès et Glaucos, fuient en Égypte.

La guerre a permis néanmoins à la Ligue étolienne, observateur neutre des opérations, de poursuivre son expansion vers l'est en Grèce centrale, où elle se pose un rival dangereux pour la Macédoine, et se rapproche des Lagides.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) N. G. L. Hammond et F. Walbank, A History of Macedonia, vol. 3 : 336-167 B.C., Oxford, Clarendon Press,‎ 1988 (ISBN 0198148151)
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2003 (ISBN 202060387X)