Guerre des Alliés (220-217)

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Les conflits autour du bassin méditerranéen vers 220 av. J.-C.

La guerre des Alliés ou guerre sociale est un conflit ayant opposé la Ligue achéenne alliée au royaume de Macédoine à la Ligue étolienne et à ses alliés, dont Sparte de 220 à 217 av. J.-C. Elle se termine par la victoire des premiers.

Contexte[modifier | modifier le code]

Vers 224 av. J.-C., Antigone III Doson avait fondé avec la ligue achéenne et d'autres États grecs une alliance militaire, la ligue hellénique, qui avait triomphé de Sparte à la bataille de Sellasia en 222, conduisant à une suprématie de la ligue achéenne dans le Péloponnèse.

La Ligue étolienne, rivale de ces derniers, était alliée aux cités d'Élide et de Messénie, qui commençaient à se rapprocher des Achéens. Pour contrer ces mouvements, les Étoliens avaient envoyé des troupes dans le Péloponnèse en 221, provoquant une déclaration de guerre avec la ligue achéenne en -220 et l'entrée de Messène dans l'alliance achéenne. Leur armée ayant été battue en Arcadie à Kaphiai, les Achéens d'Aratos durent faire appel à leur allié le roi de Macédoine Philippe V, successeur d'Antigone III Doson. La guerre fut décidée lors d'une assemblée générale de l'alliance tenue à Corinthe. L'un des buts affichés de la guerre était aussi de soustraire le sanctuaire de Delphes à l'influence étolienne[1].

Hormis quelques États restés neutres dont Athènes, toute la Grèce fut concernée par le conflit ; Sparte finit par rejoindre le camp étolien, tandis que les cités de Crète se déchirèrent (Guerre de Lyttos).

Déroulement des opérations[modifier | modifier le code]

Les opérations militaires furent violentes et destructrices[2]. Dans le Péloponnèse, les Étoliens alliés aux Éléens et aux Spartiates ravagèrent les territoires dépendant de la Ligue achéenne. En Grèce centrale, en Épire et en Macédoine, les sanctuaires de Dodone et Dion furent pillés par les Étoliens, tandis que Philippe mettait ensuite à sac la capitale fédérale Thermos en -218. Philippe V ne s'engagea réellement dans le Péloponnèse qu'après la fin de la guerre d'Illyrie en 219. À l'été 217, il remporta une victoire sur les Étoliens en s'emparant de la place forte de Thèbes de Phtiotide. Préoccupé de la situation en Illyrie, il proposa la paix aux Étoliens.

Paix de Naupacte[modifier | modifier le code]

Les négociations se firent sur la base du statu quo, chacun conservant ses acquisitions[3]. Les Étoliens perdaient ainsi quelques places fortes mais conservaient leur influence à Delphes. Cette paix n'était satisfaisante pour aucune des deux parties et ne constituait en réalité qu'une trêve. Libéré du front étolien, Philippe V peut se tourner vers l'Illyrie, ce qui aboutit peu après à la Première Guerre macédonienne contre les Romains

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Will 2003, p. 72, tome 2.
  2. Will 2003, p. 73, tome 2.
  3. Will 2003, p. 75-76, tome 2.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 202060387X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]