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Cléopâtre Théa

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Cléopâtre Théa
Illustration.
Monnaie à l'effigie de Cléopâtre Thea.
Titre
Reine régnante séleucide

(5 ans)
Avec Séleucos V (126-125 av J.-C.)
Antiochos VIII (125-121 av J.-C.)
Prédécesseur Alexandre II Zabinas
Démétrios II
Séleucos V
Successeur Antiochos VIII (seul)
Reine séleucide
~
(21 ans)
Prédécesseur Laodicé V
Successeur Cléopâtre Tryphaena
Biographie
Surnom Eueteria
Date de naissance vers 165 av. J.-C.
Date de décès vers 121 av. J.-C.
Père Ptolémée VI Philométor
Mère Cléopâtre II Philométôr Soteira
Fratrie Ptolémée Eupator
Ptolémée VII Eupator
Cléopâtre III Évergète
Ptolémée Memphitis
Conjoint Alexandre Ier Balas
Démétrios II Nicator
Antiochos VII Sidêtês
Enfants Antiochos VI Dionysos
Séleucos V Nicator
Antiochos VIII Gryphos
Antiochos IX de Cyzique Philopator
Laodicé VIII
Laodicé IX

Cléopâtre Théa (« la Divine »), surnommée Eueteria (« récolte fructueuse »), en grec ancien Κλεοπάτρα Θεά Ευετηρια, née vers 165, morte vers 121 av. J.-C., est une princesse lagide et une reine séleucide. Elle est la fille, sans doute aînée, de Ptolémée VI Philométor, roi d'Égypte, et de sa sœur-épouse Cléopâtre II.

Premier mariage avec Alexandre Balas

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Vers 150, Cléopâtre est mariée au nouveau roi séleucide, Alexandre Balas (qui se dit le fils d'Antiochos IV Épiphane). Elle est alors probablement âgée d'une quinzaine d'années. Ses noces ont lieu à Ptolémaïs Akkè en présence de son père, et donnent lieu à des fêtes somptueuses. À une date inconnue, entre 149 et 145, elle lui donne un fils : le futur Antiochos VI Dionysos.

Deuxième mariage avec Démétrios II

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Son père et son mari s'étant brouillés, Cléopâtre est utilisée par son père pour intervenir dans les troubles de succession séleucide : celui-ci la marie cette fois à Démétrios II, fils de Démétrios Ier et prétendant au trône séleucide. Battu, Alexandre Balas s'enfuit. Démétrios II Nicator devient roi, mais ses sujets d'Antioche acclament Ptolémée VI comme leur nouveau souverain. Conscient de l'opposition de Rome à l'union des deux couronnes, Philométor s'efface devant Nicator. Il meurt peu après des blessures reçues lors de la bataille qui l'oppose à Balas qui y est alors lui aussi tué.

Entre 145 et 140, Cléopâtre donne au moins trois enfants à Démétrios II : Laodice, future reine des Parthes ; et les futurs Séleucos V et Antiochos VIII.

Chassé par les habitants d'Antioche qui le détestent, Démétrios II est concurrencé par le stratège Diodote, commandant de la place forte d'Apamée, qui proclame roi Antiochos VI Dionysos, fils de Cléopâtre Théa et d'Alexandre Balas. Démétrios n'a pas le temps de les affronter car il est appelé à l'aide par les habitants de Séleucie du Tigre qui viennent de succomber face aux Parthes (141). La reconquête de Nicator tourne court : battu, capturé, il est contraint par le roi Mithridate Ier d'épouser sa fille Rhodogune.

Troisième mariage avec Antiochos VII

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Littéralement veuve, menacée par Diodote qui a tué le petit Antiochos VI et s'est proclamé roi sous le nom de Tryphon (« le Magnifique »), Cléopâtre offre le trône et sa main à son beau-frère, le frère de Démétrios II Nicator : Antiochos VII Évergète, surnommé Sidêtês (car il a été élevé dans la ville de Sidé en Pamphylie pendant son exil). Antiochos VII vainc l'usurpateur Tryphon et semble avoir été apprécié de ses sujets d'Antioche. Entre 139 et 129, Cléopâtre Théa lui donne au moins trois enfants : deux filles (deux Laodice dont on sait peu de chose) et le futur Antiochos IX. Antiochos VII entame à son tour une campagne pour refouler les Parthes et récupérer son frère (peut-être pour mieux s'en débarrasser). Il emmène avec lui ses neveux, Laodice et Séleucos. La campagne, d'abord brillamment commencée, s'achève en désastre. Antiochos VII est tué (ou se suicide), et les princes Laodice et Séleucos sont capturés alors que Démétrios II regagne la Syrie.

Reine-mère abusive

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Démétrios II est mal accueilli par ses anciens sujets. On ne sait si Cléopâtre Théa reprend la vie commune, mais ce qui est certain, c'est qu'elle l'envoie à la mort en 125 en lui refusant l'accès à Ptolémaïs Akkè où elle est retranchée, alors qu'il est poursuivi d'une armée voulant sa peau. Il meurt à Tyr et son fils Séleucos V le remplace. Cléopâtre s'en débarrasse en le faisant poignarder (ou, selon Appien, en le faisant tuer par un archer) et en mettant sur le trône son second fils, Antiochos VIII Grypos. Celui-ci manifestant des désirs d'indépendance, elle tente de l'empoisonner, probablement vers 121, mais, méfiant, il oblige sa mère à boire le poison qu'elle lui destinait.

C'est ce que nous racontent les sources littéraires contemporaines ou postérieures aux événements, mais il est important de les regarder avec du recul. Beaucoup d'auteurs romains prenaient l'habitude de décrier les gouvernements monarchiques. De plus, Cléopâtre Théa souffre dans les représentations postérieures de son règne de sa condition de femme. Tout comme la reine séleucide Laodicé Ire : la mort de son époux s'ensuivit d'une propagande lagide contre sa légitimité, souhaitant avancer l'idée qu'elle a assassiné elle-même son époux. Il est possible que Cléopâtre Théa ne soit pas la meurtrière de son fils et que cela ne soit qu'une écriture postérieure. Nous savons d'ailleurs qu'Antiochos VIII était un fin connaisseur de poison[1].

De son union avec Antiochos VII, elle a un autre fils, Antiochos IX Philopator, qui tente à partir de 114 de ravir le trône à son demi-frère, ainsi probablement que deux filles, Laodicé VIII et Laodicé IX.

Représentation iconographique

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Tétradrachme d’argent représentant Cléopâtre Théa et Antiochos VIII Epiphane Grypos (origine incertaine) (125-121 av. J.-C.)
Tétradrachme d’argent représentant Cléopâtre Théa et Alexandre Balas (Phénicie)

Cléopâtre Théa est la première reine séleucide à avoir été autant représentée sur les monnaies. D'abord représentée aux côtés d'Alexandre Balas, ces pièces cherchent à justifier l'ascension au trône séleucide de l'usurpateur en se représentant avec une reine. Il est d'ailleurs intéressant de voir que la reine est au premier plan de la pièce : elle est l'élément principal de l'objet, car elle représente pour Alexandre Balas un élément de légitimité pour s'asseoir sur le trône. Sur ces pièces datant probablement de l'arrivée au pouvoir d'Alexandre Balas, la corne d'abondance est représentée aux côtés de Cléopâtre. Cet élément symbolise la prospérité qu'amène la reine pour le royaume séleucide[2].

Puis Cléopâtre Théa est seule sur des pièces de 125/126 av. J.-C. Elles témoignent de son importance politique. Elle est alors seule représentante du pouvoir royal[2].

Enfin, elle se fait représenter sur des pièces de monnaie en compagnie de son fils Antiochos VIII, pièces où la reine est au premier plan tandis qu'Antiochos se tient derrière elle sur des émissions de monnaies de 125 à 121 av. J.-C.[2].

Postérité

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Le personnage et l'histoire de Cléopâtre Théa ont fourni à Corneille le sujet de sa pièce Rodogune.

Références

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  1. Grace Harriet Macurdy, Hellenistic queens: A study of womanpower in Macedonia, Seleucid Syria, and Ptolemaic Egypt, AMS Pr, coll. « Johns Hopkins University. Studies in archaeology », (ISBN 978-0-404-14683-2)
  2. a b et c L. L. C. SNS Library, Catharine Lorber et Oliver and Hoover, Seleucid Coins: A Comprehensive Catalogue: Part II Seleucus IV - Antiochus XIII - VOL II, ANS, (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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