Eurydice (épouse de Philippe III)

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Eurydice (vers 336 - 317 av. J.-C.) de son nom originel Adea, est l'épouse de Philippe III, dit Arrhidée, roi de Macédoine de -323 à 317 av. J.-C..

Biographie[modifier | modifier le code]

Née entre -337 et -336/335, elle est la fille d'Amyntas IV, fils de Perdiccas III, et de Cynané, fille de Philippe II de Macédoine. Elle se nomme en réalité Adéa, et sa mère l'élève en Macédoine dans une ambiance de guerres civiles. Son père, lorsqu'il fut enfant, régna sur la Macédoine mais fut rapidement évincé par son régent et oncle, Philippe II. C'est parce qu'il représente une menace pour le roi en place, Alexandre III le fils de Philippe II, qu'Amyntas est assassiné en -336, à peu près à la naissance de sa fille.

En -322, Cynané décide de faire épouser sa fille, qui n'a alors qu'une quinzaine d'années, au roi Philippe III qui est épileptique et faible d'esprit. Ce mariage déplait à Olympias, la mère d'Alexandre, et à Perdiccas qui ordonne à son frère, Alcétas, d'assassiner Cynané en Asie mineure, alors qu'elle se trouvait en route pour marier sa fille, en 322 av. J.-C. Ce meurtre a probablement été perpétré non loin de Kelainai en Phrygie. Les sources antiques insistent sur le courage de la princesse face à son meurtrier et à son armée[1].

L'armée macédonienne, scandalisée par l'assassinat de la fille de Philippe II, se mutine et fait accepter le mariage voulu par Cynané. Ce mariage provoque la colère d'Olympias d'Épire et de Cléopâtre de Macédoine qui y voient une menace. C'est probablement la même assemblée en armes qui renomme Adea du nom de la mère de Philippe II, Eurydice. Celle-ci semble avoir demandé à l'Assemblée des Macédoniens d'être considérée comme la porte-parole de son époux, et donc la représentante du roi, en lieu et place des Diadoques. Ce meurtre a pour conséquence d'accélérer la formation de la coalition contre le chiliarque[2].

Elle joue dès lors, malgré sa jeunesse, un rôle important dans la guerre civile qui secoue la Macédoine. Elle est très ambitieuse et a l'intention de récupérer pour elle-même le pouvoir royal.

Durant les Accords de Triparadisos, le régent Antipater subit une mutinerie fomentée par Eurydice. L'armée réclame en effet auprès d'Antipater les gratifications promises par Alexandre le Grand. Eurydice accuse Antipater en public mais l'intervention des troupes d'Antigone le Borgne permet au régent de reprendre le contrôle de la situation.

En 317 av. J.-C., elle profite de l'absence de Polyperchon, le nouveau régent en lutte avec Cassandre, pour s'entendre avec le parti de ce dernier, et prendre le pouvoir en Macédoine. Elle ordonne, au nom de Philippe III à Polyperchon et Antigone le Borgne, de remettre leurs armées à Cassandre, auquel est confiée l'administration (la régence) du royaume. Au printemps 317, Cassandre entre en Macédoine après en avoir repoussé Polyperchon, Eurydice le fait proclamer régent de Macédoine alors que Polyperchon et déchu de ce titre.

Olympias, alors en Épire avec Alexandre IV, mobilise une armée et marche sur la Macédoine ; elle craint le pouvoir d'Eurydice qu'elle considère comme un obstacle à son fils pour l'accession au trône: elle rencontre les forces levées par Philippe III et cette dernière à Euia, sur la frontière entre la Macédoine et la Thessalie. Le prestige de la vieille Reine-mère et le souvenir d'Alexandre l'emportent : les soldats de Philippe III l'abandonnent, le faisant prisonnier. Eurydice est bientôt elle aussi arrêtée alors qu'elle fuit vers Amphipolis. En septembre 317, Olympias fait assassiner Philippe III et, après quelques jours de détention, Olympias ordonne à Eurydice de se suicider et celle-ci se pend avec sa ceinture. Olympias fait également exécuter 100 de leurs partisans, dont Nicanor, le frère de Cassandre. Cassandre qui assurera à Eurydice des funérailles royales dans la nécropole d'Aigéai avec Philippe ΙII et sa mère Cynané. Le couple royal n'avait pas eu de descendance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Polyen, Stratagèmes, VIII, 60 ; Photios, Bibliothèque, Histoire de la succession d’Alexandre.
  2. Briant 1973, p. 178-180.

Source[modifier | modifier le code]

  • Sylvie Le Bohec. « Les reines de Macédoine de la mort d'Alexandre à celle de Persée ». Dans: Cahiers du Centre Gustave Glotz, 4, 1993. p. 229-245.