Léon XII

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Léon XII
Image illustrative de l’article Léon XII
Biographie
Nom de naissance Annibale Sermattei della Genga
Naissance
Genga, Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Décès (à 68 ans)
Rome, Flag of the Papal States (1825-1870).svg États pontificaux
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat (63 ans)
Fin du pontificat
(5 ans, 4 mois et 13 jours)

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Annibale Sermattei della Genga (la Genga, près d’Ancône, Rome, ), est le 252e évêque de Rome. Comme pape il choisit de régner sous le nom de Léon XII (en latin Leo XII, en italien Leone XII), de 1823 à 1829.

Biographie[modifier | modifier le code]

Léon XII.

Né dans une famille de noblesse pontificale, il est le fils du comte Flavio Sermattei et de la comtesse Maria Luisa Periberti Di Fabriano, qui eurent également neuf autres enfants.

Il est ordonné prêtre en 1783. Diplomate (en Suisse), il se fait remarquer en 1790 pour son éloge funèbre prononcée lors du décès de l'empereur Joseph II.

En 1793, il devient archevêque in partibus de Tyr et est ensuite nommé nonce apostolique à Lucerne, nonce apostolique à Cologne puis en Bavière. Il y multiplie missions et contacts avec les cours d'Europe, partageant son temps entre les plaisirs de la chasse, la vaillance et les affaires ecclésiastiques. Il attire aussi la rumeur (il aurait eu une liaison et trois enfants illégitimes)[1]. Sa carrière d'ambassadeur cesse avec l'abolition des États pontificaux par le général Bonaparte en 1798, et il vit à l'abbaye de Monticelli (près de Plaisance, en Italie), où il chasse les oiseaux et développe le goût de la musique (activité aristocratique qu'il continua à développer comme Pape).

En 1814, à la chute de l’empereur des Français (et roi d’Italie) Napoléon Ier, il est envoyé porter les félicitations pontificales au roi Louis XVIII.

En 1816, il accède au cardinalat, puis en 1820, est nommé vicaire de Rome.

À la mort de Pie VII, il fut élu le par le parti conservateur, après une période de sede vacante (siège vacant) débutée le .

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Les premières mesures prises par le nouveau pape sont significatives de son désir de ramener l’ordre dans les États pontificaux : par des ordonnances de police, Léon XII relance la lutte contre le brigandage endémique dans les régions montagneuses d’Italie centrale. Sont également concernés par ces mesures les patriotes carbonari dont les menées clandestines et l’organisation en sociétés secrètes inquiètent le Saint-Siège. Pour manifester un retour à la normalité de la vie à Rome, une année sainte est déclarée en 1825.

En 1824, après avoir rendu aux Jésuites la direction du 'Collège romain' (bref ‘Cum multa in Urbe’ du 17 mai 1824)[2] avec son observatoire astronomique et son église Saint-Ignace, il relance et réorganise la vie académique dans les états pontificaux par la bulle ‘Quod divina sapientia (28 août 1824). Rome et Bologne deviennent des universités de premier ordre avec 38 chaires académiques. Et cinq autres, y compris Pérouse et Fermo, deviennent des universités de deuxième ordre. Toutes les chaires, sauf quelques-unes réservées aux ordres religieux, sont ouvertes à la compétition publique[3]. Pour superviser la bonne application de ces mesures il crée la ‘Congrégation (romaine) des Études’.

En 1823, il rétablit le sermon de predica coatta, auquel les Juifs du ghetto étaient obligatoirement forcés d'assister sans broncher ainsi qu'un sermon après leur repas de shabath sous peine d'amende ou de fouet[4],[5] En 1825, il agrandit le ghetto juif de Rome[6]. L'année suivante, il rétablit les portes des ghettos dont celui de la ville d’Ancône, que les troupes napoléoniennes avaient abattues, pour y enfermer les Juifs dès huit heures du soir et jusqu'au matin, leur impose de nombreuses restrictions et les persécute en forçant souvent leur conversion au christianisme. Ces cruautés poussent nombre de Juifs à fuir ces villes[7],[8],[5].

C’est aussi sous son pontificat que la cour quitte le palais du Quirinal pour celui du Vatican.

Une doctrine conservatrice[modifier | modifier le code]

Léon XII, statue dans la basilique Saint-Pierre, au Vatican.

S’inscrivant dans une mouvance conservatrice que suivront ses successeurs, Pie VIII puis Grégoire XVI, Léon XII publie en 1826, la lettre apostolique Quo graviora par laquelle il condamne la franc-maçonnerie.

Son intervention disciplinaire la plus marquante demeure cependant la lettre apostolique Diræ Librorum, publiée le 26 juin 1827, dans laquelle il déclare qu’« au terrible torrent de boue constitué par les livres sortis de l’officine ténébreuse des impies, sans autre but, sous leur forme éloquente et leur sel perfide, que de corrompre la foi et les mœurs et d’enseigner le péché, le meilleur remède, on en peut être assuré, est de leur opposer des écrits salutaires et de les répandre. »

Politiquement, Léon XII est considéré comme le « pape de la Sainte-Alliance » : son hostilité au libéralisme fait de lui l’héritier politique du congrès de Vienne.

Son conservatisme politique le conduit également à s’ingérer dans la politique interne des États catholiques : il demandera ainsi à Louis XVIII d’écarter Villèle devenu président du conseil, dont ses conseillers jugent la politique trop libérale. Mais le roi Louis XVIII lui répondit que « des rapports dictés par un zèle imprudent et peu éclairé avaient trompé la religion du Saint-Père sur le véritable état des choses ». Troublé, Léon XII se renseigna de plus près ; il se rendit compte qu’une fois de plus on avait essayé de le manœuvrer. Il marqua son regret en allant prier à Saint-Louis-des-Français, pour la France.

Peu populaire en raison de son hostilité au mouvement des nationalités, Léon XII meurt à Rome le 10 février 1829. Il est le seul pape du XIXe siècle à avoir créé cardinal[réf. nécessaire] un de ses neveux[Qui ?].

Un portrait par Chateaubriand[modifier | modifier le code]

Dans ses Mémoires d'Outre-Tombe, l'écrivain Chateaubriand qui était ambassadeur de France auprès du Saint-Siège le décrit ainsi:

« Léon XII, prince d'une grande taille et d'un air à la fois serein et triste, est vêtu d'une simple soutane blanche ; il n'a aucun faste et se tient dans un cabinet pauvre, presque sans meubles. Il ne mange presque pas ; il vit, avec son chat, d'un peu de polenta. »

— Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, livre 29, ch. 4.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Letters from Rome in: The New Monthly Magazine and Literary Journal, Tom 11, pp. 468-471.
  2. Le pape lui-même est présent à l’ouverture de la nouvelle année académique, le 2 novembre
  3. Ph. Caraman, University of the Nations, New York, Paulist Press, 1981, p.84-85.
  4. Brian Isabelle, « « Les prédicateurs à Paris, à Rome et dans quelques autres villes. De l'Âge classique aux Lumières » », Histoire urbaine, 2012/2 (n° 34),,‎ , p. 51-69 (DOI 10.3917/rhu.034.0051, lire en ligne)
  5. a et b Philippe Boutry, « Rome, ville sainte ? Le projet de restauration de Léon XII et son échec (1823-1829) », dans Les Chrétiens dans la ville, Presses universitaires de Rouen et du Havre, coll. « Normandie », (ISBN 9791024010366, lire en ligne), p. 105–124
  6. (it) Carla Benocci, Il rione S. Angelo, éd. Rari Nantes-Roma, Rome, 1980, p. 56
  7. (en) Vittore Castiglione, « Ancona », sur Jewish Encyclopedia, (consulté le 31 octobre 2018)
  8. Archives israélites de France, Bureau des Archives Israélites de France, (lire en ligne), « Les Juifs évangélisés enfin, et bientôt rétablis », p. 75-76

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]