Henri Benoît Stuart

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Henri Stuart
Description de l'image Ritratto di Henry Benedict Marie Clement Edward Stuart, cardinale York.jpg.

Succession

Prétendant aux trônes d'Angleterre
d'Écosse et d'Irlande


(19 ans et 6 mois)

Nom revendiqué « Henri IX et Ier »
Prédécesseur Charles Stuart
Successeur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne
Biographie
Dynastie Maison Stuart
Sépulture Basilique Saint-Pierre de Rome
Père Jacques Stuart
Mère Clementine Sobieska
Religion Catholicisme
Description de cette image, également commentée ci-après

Prétendants au trône d'Angleterre

Henri Stuart, né le à Rome, et mort le , prétendant jacobite aux trônes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, et cardinal-duc d'York, est le second fils de Jacques Stuart et de Clémentine Sobieska. Les jacobites, ses partisans, l'ont proclamé à partir de 1788 « Henri IX, roi d'Angleterre, d'Écosse, de France et d'Irlande », mais il était plus couramment nommé le « cardinal-duc d'York ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Le jeune prince Stuart.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Le prince Henri nait au palais Stuart à Rome le . Il est baptisé le jour même par le pape Benoît XIII sous le nom de Henry Benedict Thomas Edward Maria Clement Francis Xavier Stuart et titré duc d'York. Il est le second fils Jacques Stuart (1688-1766) et de son épouse Clémentine Sobieska (1702-1735). Son père est le prétendant jacobite aux trônes britanniques, devant les échecs répétés des tentatives de restauration, il s'installe à Rome, avec le soutien et la protection du pape. Sa mère est la petite-fille du roi de Pologne Jean III Sobieski.

Henri Stuart part pour la France en 1745 afin d'aider son frère, le prince Charles Stuart, à préparer la campagne militaire jacobite pour reprendre les trônes d'Angleterre et d'Écosse. Après leur défaite, il retourne en Italie.

Le , à l'occasion d'un consistoire spécial, le pape Benoît XIV le crée cardinal-diacre de Santa Maria in Portico. Il est ordonné prêtre le et est finalement fait archevêque titulaire de Corinthe le par le pape Clément XIII. Le 13 juillet 1761, il est nommé cardinal-évêque au titre suburbicaire de Frascati près de Rome, où il vit et travaille consciencieusement pendant de nombreuses années : il se rend chaque après-midi en carrosse à Rome, où sa fonction de vice-chancelier l'appelle.

Ses revenus sont alors extrêmement importants. Ils proviennent des nombreux bénéfices ecclésiastiques dont il jouit, notamment des abbayes en Flandre, en Espagne ou même à Naples. Rien qu'en France, ils s'élèvent à 40 000 livres sterling de l'époque. Il tient également des sinécures aux Amériques espagnoles. Les terres qu'il possède au Mexique ont ainsi largement contribué à son revenu.

Henri est le dernier prétendant au trône britannique à toucher les malades atteints par les écrouelles.

Prétendant au trône[modifier | modifier le code]

En 1784, lorsque son frère, le prince Charles, tombe gravement malade, Henri affirme vouloir conserver son titre de cardinal-duc d'York, même s'il devient roi. À la mort de son frère, le , le cardinal Stuart se considère lui-même comme le roi Henri IX d'Angleterre et Henri Ier d'Écosse. Malgré ses prétentions publiques au trône, Henri reste un homme paisible, soucieux de ses devoirs, hôte généreux et apprécié de ses nombreux visiteurs à Rome, anglais ou écossais, catholiques ou protestants.

Il est le dernier descendant en ligne directe masculine du roi d'Angleterre Jacques II Stuart, et le dernier prince à prétendre publiquement aux trônes de Grande-Bretagne.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Henri Stuart
Image illustrative de l'article Henri Benoît Stuart
Le cardinal-duc d'York.
Biographie
Naissance
à Rome (États pontificaux)
Ordination sacerdotale
Décès (à 82 ans)
à Frascati (États pontificaux)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Benoît XIV
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de San Lorenzo in Damaso
Cardinal-évêque d'Ostie
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
pape Clément XIII
Doyen du Collège des cardinaux
18031807

Blason
« Dieu et mon droit »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

En tant qu'abbé d'Anchin, on s'adresse encore à lui comme à « Sa Majesté le roi de Grande-Bretagne » à la vieille de la Révolution française. Tel est le titre qu'Henri prend dans ses actes et dans ses relations[1].

Le prince Henri Stuart par Quentin de La Tour.

Par le décret du , Henri perd tous ses bénéfices en France, et notamment l'abbaye d'Anchin, déclarée bien national dont il est le 6e abbé commendataire. Il sacrifie de nombreuses richesses pour venir en aide au pape Pie VI. Il est finalement réduit à la pauvreté par les Français suite à la confiscation de ses propriétés de Frascati. Il s'embarque alors pour Padoue, puis pour Venise, pour le conclave de 1800, qui élit le pape Pie VII.

L'ambassadeur britannique à Venise négocie alors le versement au cardinal Stuart d'une rente annuelle de 4 000 livres sterling, de la part Georges III. La maison de Hanovre présente ce geste comme un acte de charité, mais Henri Stuart, comme ses partisans, n'y voient qu'une première restitution de l'héritage dont il a été floué par ses cousins Hanovre. En fait, pendant de nombreuses années, le gouvernement britannique a promis de lui restituer la dot de sa grand-mère, Marie de Modène, sans jamais s'exécuter.

Henri retourne ensuite à Frascati, et, en septembre 1803, devient doyen du Collège des cardinaux et ainsi cardinal-évêque d'Ostie et Velletri, tout en continuant à résider à Frascati. Il y meurt le . La durée de son cardinalat, 60 ans et 10 jours, est le plus long de l'histoire de l'Église catholique romaine.

Succession[modifier | modifier le code]

D'après son testament, qu'il signe « Henry R », ses prétentions à la couronne britannique passent à son plus proche parent, le roi Charles-Emmanuel IV de Sardaigne, un catholique, veuf de Clotilde de France, sœur du défunt Louis XVI.

Henri Stuart, ainsi que ses frère et père, sont enterrés dans la crypte de la basilique Saint-Pierre de Rome. Le monument des Stuart, œuvre du sculpteur Antonio Canova, orne l'un des piliers de la basilique. Ce monument a été restauré aux frais de la mère d'Élisabeth II, la reine-mère Elizabeth Bowes-Lyon. En 1938, lorsque les corps ont été déplacés, un nouveau sarcophage a été utilisé. Il est admis qu'il a été offert par le roi Georges VI.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Abbaye d'Anchin 1079-1792 par E. A. Escalier, Lille, L. Lefort, Imprimeur de Monseigneur l'archevêque de Cambrai, 1852, p. 508.