Amitié judéo-chrétienne de France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Amitié judéo-chrétienne de France
AJCF
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Dialogue interreligieux
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 26 février 1948
Fondateur Jules Isaac et Edmond Fleg
Origine Dix points de Seelisberg
Identité
Siège Paris (8e)
Présidente Jacqueline Cuche
Vice-présidente Mireille Hadas-Lebel
Présidente d'honneur Florence Taubmann
Affiliation internationale International Council of Christians and Jews
Site web ajcf.fr

L'Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) est une fédération nationale d'associations locales d'amitié judéo-chrétienne. Elle a « pour tâche essentielle de faire en sorte qu'entre judaïsme et christianisme, la connaissance, la compréhension, le respect et l'amitié se substituent aux malentendus séculaires et aux traditions d'hostilité. Elle œuvre non seulement pour que soit éradiqué l'antijudaïsme ancestral, mais aussi pour que juifs et chrétiens aident, par une présence civique et spirituelle, la société moderne à s'orienter » (article 2).

L'AJCF publie une revue mensuelle, Sens, dirigée par Yves Chevalier, et décerne un prix annuel pour honorer une personne particulièrement impliquée dans le dialogue entre les juifs et les chrétiens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Conférence de l'AJCF le 10 octobre 2018 à Paris : « Juifs et chrétiens : une fraternité ». De gauche à droite : Mireille Hadas-Lebel, vice- présidente ; Jacqueline Cuche, présidente ; Florence Taubmann, présidente d'honneur.

Du 30 juillet au 5 août 1947 1947 est réunie à Seelisberg, en Suisse, une « Conférence internationale extraordinaire pour combattre l’antisémitisme » par International Council of Christians and Jews. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, elle appelle les différentes Églises chrétiennes à revoir leur façon de présenter le peuple juif dans leur enseignement et leurs conceptions théologiques. Les « Dix points de Seelisberg » déplorent les sources chrétiennes de l'antisémitisme et présentent les réformes nécessaires pour la réconciliation entre juifs et chrétiens[1],[2].

Le 26 février 1948 est fondée l'Amitié judéo-chrétienne de France[3]. La première équipe comprend un petit groupe de protestants, de catholiques, d'orthodoxes et de juifs : Henri Marrou, le pasteur Jacques Martin[4], Samy Lattès, Fadiey Lovsky, Henri Bedarida, Maurice Vanikoff, Léon Algazi, le R.P. Daniélou, Edmond Fleg, le R.P. Florowsky, Jules Isaac, le grand-rabbin Jacob Kaplan, Jacques Madaule, Maurice Vaussard, Léon Zander[5]. L'AJCF est affiliée à L'Amitié judéo-chrétienne internationale (ICCJ).

Jules Isaac publie alors Jésus et Israël, qui propose un nouveau regard sur la judéité de Jésus. En 1960, il rencontre le pape Jean XXIII, qui s'engage à ce que le concile Vatican II aborde les relations entre catholiques et juifs.

L'association organise depuis plus de 70 ans des conférences, des voyages, et des rencontres entre ses membres. afin de créer des amitiés durables dans le respect des différences confessionnelles. La direction fédérale se charge des actions de portée nationale. Elle tisse des relations avec les autorités civiles et religieuses et porte un plaidoyer face au racisme et à l'antisémitisme.

De 2008 à 2014, la pasteure Florence Taubmann en assure la présidence. Elle cède ensuite sa place à Jacqueline Cuche[6].

Statuts[modifier | modifier le code]

Les statuts sont modifiés lors de l'assemblée générale de Paris, le 27 mai 2007[7].

Extrait des principes :

  • Article 2
    • § 1 - Cette fédération a pour tâche essentielle de faire en sorte qu'entre judaïsme et christianisme, la connaissance, la compréhension, le respect et l'amitié se substituent aux malentendus séculaires et aux traditions d'hostilité. Elle œuvre non seulement pour que soit éradiqué l'antijudaïsme ancestral, mais aussi pour que juifs et chrétiens aident, par une présence civique et spirituelle, la société moderne à s'orienter.
    • § 2 - Elle veut, en particulier, par un dialogue fraternel et par une coopération active et amicale, travailler à réparer les iniquités dont les juifs et le judaïsme sont victimes depuis des siècles et à en éviter le retour. Elle combat l'antisémitisme, le racisme et toute haine des autres cultures et religions.
    • § 3 - Elle exclut de son activité toute tendance au syncrétisme et toute espèce de prosélytisme. Elle ne vise aucunement à une fusion des religions et des Églises. Elle ne réclame de personne aucune abdication ou renoncement à ses croyances ; elle n'exige ni n'exclut aucune appartenance religieuse ou idéologique. Mais elle attend de chacun, dans la conscience de ce qui distingue et de ce qui unit Juifs et chrétiens, et dans un total respect réciproque, une entière bonne volonté, une totale loyauté d'esprit dans la recherche, l'étude des textes et traditions respectifs, en même temps qu'un rigoureux effort de vérité.

Lauréats du prix de l'AJCF[modifier | modifier le code]

Depuis 1988, chaque année, le prix de l'AJCF est remis à une personnalité juive ou chrétienne œuvrant pour le dialogue judéo-chrétien.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « 5 août 1947 - Les Dix Points de Seelisberg », Service International de Documentation Judéo-chrétienne, Rome,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  2. La-Croix.com, « Les 10 points de Seelisberg, un texte de référence dans le dialogue judéo-chrétien », sur La Croix, (consulté le 11 octobre 2018)
  3. Florence Taubmann, « Une petite histoire de l’Amitié judéo-chrétienne », Évangile et Liberté,‎ (lire en ligne)
  4. Michel Leplay, « C'était dans l’air », sur ajcf.fr
  5. L'Amitié judéo-chrétienne, no 1, septembre 1948, p. 1
  6. « https://www.ajcf.fr/-les-personnes-.html »
  7. « Statuts de l’AJCF », Site de l'AJCF,‎ (lire en ligne)
  8. Entretien avec Colette Kessler, Réforme, juin 2005

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Rota, « Définir la mission de l’AJCF. Origine des crises de 1948 et 1955 », Sens, décembre 2005.
  • Bruno Charmet et Olivier Rota, « Le bulletin trimestriel de l’Amitié judéo-chrétienne de France. Premières orientations 1948-1974 », paru dans Sens, juillet-août 2009, p. 403-431.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]