Paul Teitgen

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Paul Teitgen, né le à Colombe-lès-Vesoul et mort le à Saint-Cloud, résistant dès 1940 et déporté d'abord au camp du Struthof en Alsace puis à Dachau, pendant la Seconde Guerre mondiale, est secrétaire général de la préfecture d'Alger, chargé de la police générale pendant la guerre d'Algérie, entre août 1956 et septembre 1957.

Histoire[modifier | modifier le code]

Résistant dès 1940, il est arrêté à Nancy puis torturé par la Gestapo en 1943 et envoyé en camp de déportation en 1944 et 1945.

Après sa libération du camp de Dachau, il passe avec succès le premier concours de l'École Nationale d'Administration et devient élève de la promotion « France Combattante ». À sa sortie de scolarité, il choisit de servir dans le corps préfectoral.

Pendant la guerre d'Algérie, il envoie sa lettre de démission en réaction aux actes de tortures pratiqués par des militaires français sur les prisonniers algériens ou sur les Français métropolitains favorables à l'indépendance de l'Algérie et en opposition aux exécutions extra judiciaires, estimées par lui-même à environ 3000, pour la période entre janvier et septembre 1957. Envoyée au ministre-résident en Algérie Robert Lacoste le [1] sa démission est refusée temporairement puis l'acceptée finalement le par ce dernier.

Après avoir révélé de tels faits à la presse, Paul Teitgen regagne la métropole en septembre 1957 où il est sans affectation réelle au ministère de l'Intérieur, pendant deux ans. Il quitte ensuite les cadres du ministère de l'Intérieur en étant en poste au Brésil pour une période courte de six mois. Il regagne ensuite la France et intègre alors le Conseil d'État en tant que maître des requêtes.

Yves Courrière publie dès 1969 la lettre de démission de Paul Teitgen dans son ouvrage Le temps des léopards consacré à la « bataille d’Alger ». Étudiant cette source, l'historien Guy Pervillé souligne les problèmes historiographiques que posent les estimations de disparus fournies par Courrière sur la base du document de Paul Teitgen[1]. Selon Paul Teitgen, les arrestations suivies d'assignation à résidence, pratiquées par l'armée et notamment les membres de la 10e division parachutiste, entre janvier 1957 et septembre 1957, à Alger, lors de la bataille d'Alger, sont environ au nombre de 24 000.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

L'Art français de la guerre d'Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011, où Paul Teitgen apparaît, notamment dans le chapitre intitulé « Roman VI ».

« Derrière ses grosses lunettes il regardait tout en face, le colonel devant lui, la nécropole d'encre disposée le long des murs, les comptes qui étaient la trace des morts. Il était le seul à tenir le compte des gens. Il finit par démissionner, il s'en expliqua publiquement. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b A propos des 3.024 disparus de la bataille d’Alger : réalité ou mythe ? (2004), Guy Pervillé, exposé prononcé le 13 janvier 2004, modifié le 22 avril 2008

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