Albert Decourtray

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Albert Decourtray
Biographie
Naissance
à Wattignies (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 71 ans)
à Lyon
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Jean-Paul II
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de la Trinité-des-Monts
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par
Mgr Adrien Gand
Prélat de la Mission de France
Archevêque de Lyon (France)
Évêque de Dijon (France)
Évêque titulaire de Hippo Diarrhytus
Évêque auxiliaire de Dijon (France)
Autres fonctions
Fonction religieuse
Président de la Conférence des évêques de France
(1987-1990)
Fonction laïque
Membre de l'Académie française (1993-1994)

Blason
« In simplicitate »
« Dans la simplicité »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Albert Decourtray, né le à Wattignies dans le Nord et mort le à Lyon, est un cardinal de l'Église catholique romaine, archevêque de Lyon et académicien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il entre en 1941 au grand séminaire de Lille. Il est ordonné prêtre le pour le diocèse de Lille et célèbre sa première messe en juillet 1947 à Seclin (Nord), où il était venu habiter avec sa famille en 1938.

Prêtre[modifier | modifier le code]

Il poursuit ses études à l'Université catholique de Lille avant de partir, en 1948, pour l'université pontificale grégorienne à Rome où il exerce également la fonction de chapelain de l'église Saint-Louis-des-Français. Il y obtient un doctorat en théologie et soutient en 1951 une thèse sur Nicolas Malebranche.

De retour dans le Nord, il exerce principalement son ministère comme enseignant au grand séminaire de Lille de 1952 à 1966. À partir de 1958, il est également responsable diocésain pour la formation des jeunes prêtres. En 1966, il est nommé vicaire général du diocèse de Lille.

Évêque[modifier | modifier le code]

Paul VI le nomme évêque auxiliaire de Dijon le avec le titre d'évêque titulaire (ou in partibus) de Hippo Diarrhytus. Il est consacré le 3 juillet suivant.

Il est nommé évêque titulaire de Dijon le en remplacement de Mgr André Charles de la Brousse, démissionnaire.

Le , Jean-Paul II le nomme archevêque de Lyon, ce qui lui confère le titre de Primat des Gaules. Du au , il est également prélat de la Mission de France.

Il préside la Conférence des évêques de France de 1987 à 1990.

Cardinal[modifier | modifier le code]

Il est créé cardinal par Jean-Paul II lors du consistoire du avec le titre de cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts (SS. Trinità al Monte Pincio), titre souvent attribué au cardinal archevêque de Lyon. Au sein de la curie romaine, il est membre des conseils pontificaux pour le dialogue inter-religieux et avec les non-croyants.

Sa devise est « In simplicitate » (Dans la simplicité).

Il est victime d'un accident vasculaire cérébral le et meurt quatre jours plus tard, le , à Lyon. Il repose dans la Primatiale Saint-Jean de Lyon.

Académicien français[modifier | modifier le code]

Le cardinal Decourtray est élu à l'Académie française, le , au fauteuil 4, succédant au professeur Hamburger. Sa réception officielle a lieu le 10 mars 1994.

Après sa disparition, il est remplacé, le 15 juin 1995, par le cardinal Lustiger qui, comme le veut la coutume, fait au cours de son discours de réception l'éloge de son prédécesseur[1].

Dialogue avec la communauté juive[modifier | modifier le code]

Le ministère du cardinal Decourtray est marqué par son dialogue constant avec la communauté juive.

Il décide de l'ouverture aux historiens des archives du diocèse de Lyon concernant la période de la Seconde Guerre mondiale afin que la lumière soit faite sur les relations entre Paul Touvier et l'Église de Lyon au cours de cette période[2].

Il se rend à Auschwitz en compagnie du cardinal Lustiger puis assure, pour le pape, une mission de médiation concernant le carmel d'Auschwitz, mission qui aboutira au départ du carmel. Il a été un précurseur de la démarche de repentance à l'égard du peuple juif concrétisée en 2000 par Jean-Paul II.

Prévention du sida[modifier | modifier le code]

En 1988, alors président de la conférence des évêques de France, le cardinal Decourtray s'oppose à la première campagne publicitaire télévisuelle française[3] préconisant l'emploi du préservatif pour lutter contre le sida : « si l'on croit que le préservatif est le remède, c'est bien triste »[4],[5], mais il admet par la suite que « quand il faut choisir entre donner la mort et prendre un moyen qui n'est pas bon, il faut choisir le moindre mal... »[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Une voix dans la rumeur du monde (1988).
  • Un Evêque et Dieu (1989), chez Fayard.
  • Le Testament inachevé (1994), chez Flammarion, compte rendu fidèle d'entretiens avec Nicolas Domenach et Maurice Szafran, journalistes.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Discours de réception l'Académie française du cardinal Lustiger.
  2. Hommage au cardinal Decourtray sur le site du diocèse de Lyon.
  3. Une chronologie des campagnes publicitaires est disponible dans Jaeho Eun « SIDA et action publique: une analyse du changement de politiques en France », L'Harmattan, 1999, (ISBN 2296081487) p. 183.
  4. 4 novembre 1988, propos rapportés par Denis Philippe Sida et préservatif, Le Soir, 24 décembre 1988, p. 6.
  5. Le cardinal s'exprimait sur Radio France Lyon : Jean-Luc Allouche, « L'Église s'abrite sous le parapluie de la science ». L'historien Guy Bechtel explique les détours employés par Rome pour amorcer des changements, Libération, 13 février 1996.
  6. Émission L'Heure de vérité du 12 décembre 1988, propos transcrits sur le site internet de l'INA.

Liens externes[modifier | modifier le code]