Jésus et Israël

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Jésus et Israël
Auteur Jules Isaac
Pays Drapeau de la France France
Genre Essai
Éditeur Albin Michel, puis Fasquelle
Date de parution 1948, rééd. 1959[1]
Nombre de pages 596
ISBN 978-2246171911

Jésus et Israël est un essai historique de Jules Isaac rédigé en français et publié pour la première fois à Paris en 1948, puis réédité dans une version corrigée en 1959.

« Le livre, écrit l'historien André Kaspi, annonce l'aggiornamento du concile de Vatican II, détruit des mythes et anéantit des accusations. »[2]

Rédigé à partir de 1942, ce livre dissèque, expose, et combat les racines chrétiennes de l'antisémitisme. « Il a proposé un plan pour redresser l'enseignement chrétien sur le judaïsme et tenté de construire sur des bases solides, tout autant que nouvelles, l'amitié judéo-chrétienne. »[2]

La genèse de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1941 et au début de l'année 1942, un certain nombre de chrétiens se mettent à dénoncer le traitement infligé aux juifs (arrestations et déportation) et agissent, en cachant aux occupants allemands mais aussi aux autorités de Vichy des familles et des enfants juifs, leur évitant ainsi une mort certaine, telle que l'annonçaient par exemple des journaux très lus comme Je suis partout et Le Petit Parisien. Cette attitude exemplaire est à replacer également dans la notion de Juste parmi les nations[3]. Il est utile de rappeler que dès mars 1937, le pape Pie XI s’inquiétait des dérives racialistes en Europe dans sa bulle intitulée, en allemand, Mit brennender Sorge.

Jules Isaac, lui-même menacé, avec sa famille, en tant que juif, se met alors à relire les évangiles et écrit dans son Carnets aux lépreux : « J'ai lu les Évangiles […] Et les ayant lus, scrutés, honnêtement, minutieusement, en ce qui concerne Israël et la position de Jésus par rapport à Israël, je suis arrivé à cette conviction que la tradition reçue ne cadrait pas avec le texte évangélique, qu'elle le débordait de toute part. Et je suis arrivé à cette conviction que cette tradition reçue, enseignée depuis des centaines d'années par des milliers et des milliers de voix, était la source première et permanente, la souche puissante et séculaire sur laquelle toutes les autres variétés d'antisémitisme — même les plus contraires — étaient venues se greffer. »[4]

À la suite de ce constat, Jules Isaac se met à rédiger un texte intitulé : Quelques constatations basées sur la lecture des évangiles qu'il envoie en juin 1942 à Maurice Blondel, qui n'y prête guère d'attention et au pasteur André Trocmé qui, lui, l'encourage à poursuivre.

Son mémoire, conservé dans le fonds Isaac, compte alors 61 pages dactylographiées. Jules Isaac poursuit : « L'originalité de Jésus ne consistera pas à innover en matière de foi et à rompre avec la religion de ses pères, mais plus simplement à extraire de l'Écriture et de toute la tradition orale juive les éléments d'une foi vraiment pure et d'une morale universelle vivifiées par l'exemple personnel d'une fidélité constante à Dieu. » Il insiste « sur la découverte géniale du christianisme primitif [qui] sera de voir que cette morale conçue au monde présent, une étonnante morale de l'efficacité rendue praticable par le sentiment de l'amour de Dieu. »[5]

La question obsède Jules Isaac qui est, à l'automne 1942, alors que la Zone libre est envahie, contraint de quitter son refuge auxois en Haute-Loire, puis Chambon-sur-Lignon, Saint-Agrève, puis Riom où sa femme et sa fille sont arrêtés puis déportés, il ne les reverra plus : « La tragédie de Riom aurait pu mettre fin à cette entreprise intellectuelle et spirituelle. Les papiers de Jules Isaac auraient pu être détruits ou confisqués par la Gestapo. Or, après avoir vu l'arrestation de sa femme, Isaac s'est précipité dans sa chambre et a emporté la valise qui renfermait son manuscrit. […] Ce livre est aussi ma chair et mon sang, écrit-il. Il n'y a pas une ligne de ce que j'écris qui ne leur soit dédiée à toutes les deux, c'est leur œuvre autant que la mienne. »[6]

La rupture avec Daniel-Rops[modifier | modifier le code]

La conférence de Seeligsberg[modifier | modifier le code]

La publication de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

« Jésus a vécu sous la Loi (juive) »[modifier | modifier le code]

Le peuple juif n'est pas déicide[modifier | modifier le code]

La résonance de « Jésus et Israël »[modifier | modifier le code]

Le débat sur « Jésus et Israël »[modifier | modifier le code]

Les critiques catholiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Isaac, Jésus et Israël, Éditions Fasquelle, , 596 p. [dernière édition corrigée par l'auteur]
  • André Kaspi, Jules Isaac ou la passion de la vérité, Paris, Plon, , 257 p. (ISBN 978-2-259-19199-9)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Notice critique par J. Hadot dans Revue de l'histoire des religions, 1960, vol. 158, p. 101.
  2. a et b Kaspi 2002, p. 178
  3. Sur les initiatives de théologiens face à la persécution antisémite à Lyon en 1941-1942 on se reportera à l'article de Bernard Comte, dans Bulletin de l'Institut catholique de Lyon, no 103, octobre-décembre 1993, p.  7-36.
  4. Kaspi 2002, p. 180-181
  5. Kaspi 2002, p. 181-182
  6. Kaspi 2002, p. 183-184