67P/Tchourioumov-Guérassimenko

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67P/Tchourioumov-Guérassimenko
67P/Churyumov-Gerasimenko

Description de cette image, également commentée ci-après

La comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko
photographiée par la caméra NAVCAM de Rosetta.

Caractéristiques orbitales
Époque 10 août 2014 (JJ 2456879.5)
Demi-grand axe 3,4630 ua
Excentricité 0,6410
Périhélie 1,2432 ua
Aphélie 5,6829 ua
Période 6,44 a
Inclinaison 7,0405°
Dernier périhélie 28 février 2009
Prochain périhélie 13 août 2015
Caractéristiques physiques
Diamètre du noyau lobe principal + lobe secondaire :
[(4,1×3,2×1,3) + (2,5×2,5×2,0)] km
Masse (1,0±0,1)×1013 kg
Masse volumique 400-500 kg/m3
Période de rotation 12,4043±0,0007 h
Découverte
Découvreurs Klim Tchourioumov et Svetlana Guérassimenko
Date 11 septembre 1969

67P/Tchourioumov-Guérassimenko[1] (en russe : Комета Чурюмова — Герасименко), surnommée « Tchouri » (Chury) et parfois abrégée (en français) en 67P/TG[2] ou 67P/T-G (resp. 67P/C(-)G), est une comète périodique. Comme toutes les comètes, elle est nommée d'après le nom de ses découvreurs, Klim Ivanovitch Tchourioumov et Svetlana Ivanovna Guérassimenko, qui ont observé l'astre sur leurs plaques photographiques en 1969.

Cette comète est la destination de la sonde Rosetta de l'Agence spatiale européenne, lancée le 2 mars 2004. La comète a été atteinte le 6 août 2014 ; la sonde est entrée en orbite le 10 septembre 2014 ; l'atterrisseur, Philae, s'est posé sur la surface de la comète le 12 novembre 2014.

Découverte[modifier | modifier le code]

La comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko vue par le Very Large Telescope en 2014.

Cette comète a été découverte par Klim Tchourioumov[3] alors qu'il examinait une plaque photographique de la comète 32P/Comas Solá prise le 11 septembre 1969 par Svetlana Guérassimenko à l'institut d'astrophysique d'Almaty alors Alma-Ata. Il trouva un objet cométaire près des bords de la plaque et supposa qu'il s'agissait de Comas Solá. À son retour à Kiev, les plaques furent minutieusement inspectées et le 22 octobre, on découvrit que l'objet ne pouvait être la comète en question car sa position différait de plus de 1,8° de la position attendue. Un examen plus attentif révéla une faible image de Comas Solá à sa bonne position ce qui prouva que l'objet identifié par Tchourioumov était une comète qui n'avait pas encore été découverte.

Exploration[modifier | modifier le code]

La sonde spatiale Rosetta est lancée en 2004 pour explorer la comète courant 2014. Rosetta atteint l'orbite autour de Tchouri le 6 août 2014. Elle lance son atterrisseur Philae pour se poser avec succès sur la surface le 12 novembre 2014[4],[5], sur un site nommé Agilkia baptisé d'après l'île d'Aguilkia[6].

Caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

Reconstruction tridimensionnelle du noyau de 67P/Tchourioumov-Guérassimenko grâce à des observations effectuées par le télescope spatial Hubble en 2003.

Dimensions et masse[modifier | modifier le code]

Des clichés pris par le télescope spatial Hubble en mars 2003[7] ont permis d'estimer le diamètre de l'objet à environ 4 kilomètres. En juillet 2014, de nouvelles images prises par Rosetta révèlent un noyau bilobé, la partie la plus importante oblongue faisant 4,1 × 3,2 × 1,3 km et une partie plus petite et ronde 2,5 × 2,5 × 2,0 km. Une hypothèse a été avancée que ce serait une binaire à contact, d'une taille globale de 4 kilomètres sur 3,5[8].

En 2012, sa masse avait été estimée à 3,14±0,21×1012 kg et sa masse volumique globale à 102±9 kg/m3[9]. Des nouvelles données de Rosetta indiquent la masse de 1,0±0,1×1013 kg[10] et sa masse volumique à 400 kg/m3[11].

Rotation[modifier | modifier le code]

La comète tourne sur elle-même en 12,4 h[12], entraînant une variation de densité de sa chevelure[13]. Elle fait le tour de son orbite en 6,45 ans. Elle se rapprochera de son périhélie (position de son orbite la plus proche du Soleil) le 13 août 2015[14].

Température[modifier | modifier le code]

Selon les données du spectromètre VIRTIS, la température moyenne à la surface de la comète est de -40 °C à -70 °C, à 555 millions de km du Soleil, indiquant qu'elle est essentiellement composée de poussières plus que de glace[15].

Structure et caractéristiques de surface[modifier | modifier le code]

Chevelure[modifier | modifier le code]

La chevelure est majoritairement composée d'eau H2O et de dioxyde de carbone CO2[16], mais aussi de monoxyde de carbone CO, d'ammoniac NH3, de méthane CH4 et de méthanol CH3OH. La sonde a aussi détecté des traces de formaldéhyde HCHO, de sulfure d'hydrogène H2S, du cyanure d'hydrogène HCN, du dioxyde de soufre SO2 et du sulfure de carbone CS2[17].

Noyau[modifier | modifier le code]

Régions[modifier | modifier le code]

Le noyau de la comète est actuellement divisé en dix-neuf régions séparées par des frontières géomorphologiques distinctes. Afin de suivre le thème de l'Égypte antique de la mission Rosetta, ces régions sont nommées d'après des divinités égyptiennes. Ces régions sont regroupées selon leur type de terrain dominant. Cinq catégories de base ont ainsi été identifiées : des régions couvertes de poussière (Maât, Ach et Babi) ; des zones composées de matériaux fragiles avec des fosses et des structures circulaires (Seth) ; des dépressions à grande échelle (Hatméhyt, Nout et Aton) ; des terrains lisses (Hâpy ou Hâpi ?, Imhotep et Anubis) ; et des surfaces exposées et plus consolidées (similaire à de la roche) (Mafdet, Bastet, Serket, Hathor, Anouket, Khépri, Aker, Atoum et Apis).

Région Nom anglophone Type de région Nommé d'après
Maât Ma'at Région couverte de poussière Maât
Ach Ash Région couverte de poussière Ach
Babi Babi Région couverte de poussière Babi
Seth Seth Zone composée de matériaux fragiles avec des fosses et des structures circulaires Seth
Hatméhyt Hatmehit Dépression à grande échelle Hatméhyt
Nout Nut Dépression à grande échelle Nout
Aton Aten Dépression à grande échelle Aton
Hâpy ou Hâpi ? Hapi Terrain lisse Hâpy ou Hâpi ?
Imhotep Imhotep Terrain lisse Imhotep
Anubis Anubis Terrain lisse Anubis
Mafdet Maftet Surface exposée et plus consolidée (similaire à de la roche) Mafdet
Bastet Bastet Surface exposée et plus consolidée (similaire à de la roche) Bastet
Serket Serqet Surface exposée et plus consolidée (similaire à de la roche) Serket
Hathor Hathor Surface exposée et plus consolidée (similaire à de la roche) Hathor
Anouket Anuket Surface exposée et plus consolidée (similaire à de la roche) Anouket
Khépri Khepry Surface exposée et plus consolidée (similaire à de la roche) Khépri
Aker Aker Surface exposée et plus consolidée (similaire à de la roche) Aker
Atoum Atum Surface exposée et plus consolidée (similaire à de la roche) Atoum
Apis Apis Surface exposée et plus consolidée (similaire à de la roche) Apis
Fissure[modifier | modifier le code]

Au niveau de la partie la plus étroite de la comète se trouve une fissure[18]. Déjà repérée au mois d’août 2014 sur les images de la caméra de navigation de Rosetta, celle-ci a été confirmée par les photos résolues de la caméra Osiris[18]. Cela ne signifie pas nécessairement que la comète va se scinder en deux, mais cet événement n'est pas non plus à exclure[18].

Trajectoire orbitale[modifier | modifier le code]

L'orbite de 67P/Tchourioumov-Guérassimenko possède une histoire assez intéressante. Lorsqu'une comète s'approche de Jupiter ou de Saturne, son orbite est souvent modifiée. Pour cette comète, on a pu calculer qu'avant 1840, il était complètement impossible de l'observer, sa distance au périhélie étant située à environ ua.

À cette époque, la gravitation exercée par Jupiter modifia son orbite et sa distance au périhélie devint 3 ua. Plus tard, en 1959, une autre approche avec Jupiter modifia à nouveau son orbite, la distance au périhélie devenant la valeur actuelle, soit 1,28 ua.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tchourioumov-Guérassimenko est la forme francisée usuelle, basée sur la forme russe du nom de ses découvreurs, même si Tchourioumov et Guérassimenko sont ukrainiens : la transcription de leur nom ukrainien donnerait Tchourioumov-Herassymenko, mais cette forme n'est utilisée par personne. La forme anglicisée, Churyumov-Gerasimenko, se base également sur la forme russe : la transcription depuis l'ukrainien donnerait Churyumov-Herasymenko.
  2. « VIDEO. La sonde Rosetta s'est réveillée d'un sommeil de 31 mois », France TV Info, 20 janvier 2014.
  3. [1]
  4. http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/Rosetta/Rosetta_to_deploy_lander_on_12_November
  5. http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/Rosetta/ESA_confirms_the_primary_landing_site_for_Rosetta
  6. http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/Rosetta/Farewell_J_hello_Agilkia
  7. (en) « 67P/Churyumov-Gerasimenko », ESA,‎ 8 juin 2007 (consulté le 18 mai 2010)
  8. La comète cible de Rosetta a un noyau double, Ciel & Espace, 15 juillet 2014
  9. (en) « 67P/Churyumov-Gerasimenko mass determination based on a new method for modeling non-gravitiational forces and accelerations », L. Maquet (IMCCE), F. Colas (IMCCE), L. Jorda (LAM) et J. Crovisier (LESIA). Lunar and Planetary Science Conference Asteroids, Comets, Meteors, 16-20 Mai 2012. Niigata, Japon.
  10. Determining the mass of comet 67P/C-G - ESA Rosetta blog
  11. Mesuring comet 67P/C-G - ESA Rosetta blog
  12. La physionomie de la comète cible de Rosetta se précise, Le Point, 28 juillet 2014
  13. ROSINA tastes the comets gases - ESA Rosetta Blog
  14. 67P/Churyumov-Gerasimenko - IAU Minor Planet Center
  15. Rosetta measures comet’s temperature - ESA Portal
  16. VIRTIS detects water and carbon dioxide in comets coma - ESA Rosetta blog
  17. The perfume of 67P/C-G - ESA Rosetta blog
  18. a, b et c Ciel & Espace, no 538, mars 2015, p. 10.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]