Porosité

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La porosité est l'ensemble des vides (pores) d'un matériau solide, ces vides sont remplis par des fluides (liquide ou gaz).

La porosité est aussi une valeur numérique définie comme le rapport entre le volume des vides et le volume total d'un milieu poreux.

 \phi = \frac{V_{pores}}{V_{total}}

avec :

  •  \phi la porosité
  •  V_{pores} le volume des pores
  • V_{total} le volume total du matériau, c'est-à-dire la somme du volume de solide et du volume des pores


Type de porosité[modifier | modifier le code]

La porosité peut avoir de nombreuses origines, ce qui conduit à des pores de taille et de géométrie différentes. On distingue ainsi la porosité de fissures et la porosité de pores. Une fissure est un espace vide dont deux dimensions sont nettement supérieures à la troisième. La porosité de fissure est liée à des contraintes mécaniques ou thermiques. Un pore est un espace dont les dimensions sont plus proches, il peux s'agir de l'espace entre les grains d'une roche sédimentaire.

Dans l'industrie pétrolière et gazière ou dans d'autres contexte, la fracturation hydraulique de la roche vise à en augmenter la porosité de fracture : résultant en une argumentation de la macro porosité, et moindrement la micro-porosité.

La porosité peut également résulter d'une condensation de lacunes dans un cristal. Il s'agit en général de pores fermés, situés au sein d'un cristal ou bien aux interfaces : joint de grain, interface métal/oxyde.

Article détaillé : Pore (cristallographie).

taille des pores[modifier | modifier le code]

On peut distinguer les pores par la taille, et ainsi définir plusieurs porosités :

  • Microporosité : relatif aux pores dont le diamètre n'excède pas les 2 nanomètres
  • Mésoporosité : relatif aux des pores dont le diamètre est compris entre 2 et 50 nanomètres
  • Macroporosité : relatif aux des pores dont le diamètre est supérieur à 50 nanomètres

On peu parler de porosité multimodale dans le cas des solides comportant deux types de porosité (micro-mésoporeux par exemple). Dans le cas de pores connectées, le fluide contenu dans les pores s'écoule beaucoup plus rapidement dans les pores de grande taille, formant la macroporosité, que dans ceux de petite taille, formant le micrporosité.


exploitation des ressources souterraines[modifier | modifier le code]

Pour l'exploitation des ressources souterraines on distingue plusieurs sortes de porosité :

  • porosité occluse ou fermée : c'est la porosité des pores non accessibles par les agents extérieurs (inutilisables pour l'exploitation de la ressource) ;
  • porosité libre : par opposition à la porosité occluse ou fermée ;
  • porosité piégée : c'est une porosité libre ne permettant pas la récupération des fluides piégés ;
  • porosité utile : c'est la porosité qui permet la récupération de la phase piégée (terme principalement utilisé par les pétroliers) ;
  • porosité résiduelle : c'est la porosité due aux pores ne communiquant pas entre eux ou avec le milieu extérieur ;
  • porosité totale : c'est la somme de la porosité utile et de la porosité résiduelle ;
  • porosité efficace : c'est un terme surtout employé en hydrogéologie. Cette porosité est celle où l'eau circule et est récupérable.

Les roches poreuses peuvent être des roches réservoirs, c'est-à-dire contenant un fluide (gaz naturel, pétrole, eau) ; ce fluide peut être arrivé naturellement (réserves naturelles de pétrole ou de gaz) ou injecté par l'homme stockages souterrains).



Modèles de porosité[modifier | modifier le code]

Modèles statistiques[modifier | modifier le code]

Les modèles statistiques consistent à définir une fonction de points f(M), où M est un point dépendant des coordonnées d'espaces.

On attribue alors la valeur 1 à la fonction si le point M se situe dans le vide, et la valeur 0 si le point se situe dans le solide.

Ces modèles permettent de modéliser dans l'espace la porosité d'un matériau. Cependant ils donnent de mauvais résultats qualitatifs.

Arrangements de sphères[modifier | modifier le code]

Faisceau capillaire - Modèle de Purcell[modifier | modifier le code]

Ce modèle permet de modéliser la porosité mais également la perméabilité. Il consiste à définir un certain nombre de capillaires droits qui traversent le matériau. Ce modèle est satisfaisant conceptuellement mais dans la pratique il représente mal la réalité. En effet, les capillaires sont droits et ne communiquent pas entre eux.

Rose et Bruce ont amélioré ce modèle en prenant en compte la tortuosité Τ des capillaires.

Modèle en réseau de Fatt (1956)[modifier | modifier le code]

Modèle de Houpeurt et Ehrlich[modifier | modifier le code]

Mesure de la porosité[modifier | modifier le code]

Pour mesurer la porosité, on peut déterminer trois paramètres :

  • Vt, qui est le volume total de l'échantillon ;
  • Vs, qui est le volume de l'échantillon sans sa porosité ;
  • Vp, qui est le volume des pores.

Méthodes directes de mesures au laboratoire[modifier | modifier le code]

On distingue :

  • les mesures sur échantillons non-remaniés ;
  • les mesures sur des échantillons remaniés.

Mesure de la porosité sur des échantillons non-remaniés[modifier | modifier le code]

Il existe une seule méthode qui est dite "de sommation des fluides". Elle implique d'enrober l'échantillon (avec de la paraffine par exemple) à la sortie du carottage, pour que les fluides présents dans la porosité ne s'échappent pas.

Les volumes d'air sont mesurés à l'aide d'un porosimètre à mercure. Les volumes d'eau et d'hydrocarbures sont mesurés par distillation fractionnée à température ordinaire.

Mesure de la porosité sur des échantillons remaniés[modifier | modifier le code]

En laboratoire, les échantillons doivent être dans le même état physique avant de réaliser les mesures, ce qui impose de les préparer. Il faut tout d'abord extraire les fluides de l'échantillon, avec, par exemple :

  • un extracteur Soxhlet ;
  • un extracteur Dean-Stark  ;
  • une extraction par centrifugation ;
  • une extraction par distillation sous vide.
Mesure du volume total Vt[modifier | modifier le code]
  • Mensuration
  • Mesure à l'aide d'une pompe volumétrique
  • Mesure par poussée d'Archimède
Mesure de Vs[modifier | modifier le code]
  • Utilisation du pycnomètre
  • Méthode d'immersion
  • Utilisation d'une chambre de compression
Mesure de Vp à l'aide d'un porosimètre à mercure[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'injecter sous pression un volume de mercure à l'échantillon.

Le mercure remplit les vides d'un échantillon de roche préalablement séché. Il ne reste qu'à regarder le volume de mercure injecté pour avoir le volume des pores ainsi que la distribution de la taille des pores.

Détermination de la porosité in situ : diagraphies[modifier | modifier le code]

diagraphie neutron[modifier | modifier le code]

Une sonde envoie des neutrons dans un puits. Ceux-ci se réfléchissent sur les hydrogènes de l'eau et reviennent à un récepteur ralentis. Le capteur compte le nombre de neutrons revenus. Cette méthode n'est pas fiable pour les sols contenant une trop grande fraction d'argiles. De plus elle a l'inconvénient de faire l'hypothèse que le sol est saturé en eau.

mesure de la résistivité du terrain[modifier | modifier le code]

À l'exception des argiles, les matériaux usuels du sol sont isolants, mais l'électricité circule dans la phase mouillée du sol.

De ce fait, en faisant l'hypothèse de sols saturés en eau, la résistivité du sol sera fonction de la porosité.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]