Transat 6.50

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Transat.
Thomas Ruyant remporte la Transat 6.50 en 2009.

La Transat 6.50, ou Mini Transat, est une course transatlantique en solitaire et sans assistance à bord de voiliers de 6,50 m, créée en 1977 par Bob Salmon et organisée chaque année impaire depuis. La traversée s'effectue en deux étapes, au départ de la France métropolitaine (depuis 1985), avec une escale d'une dizaine de jours aux îles Canaries ou à Madère, avant de rejoindre les Antilles (de 2001 à 2011, le parcours emmenait la flotte jusqu'à Salvador de Bahia, au Brésil). Cette régate constitue l'apogée du parcours de la Classe Mini.

Esprit de la Transat 6.50[modifier | modifier le code]

Jean-Luc Van Den Heede, deuxième de la Transat 1979 en parlait ainsi :

«  En dehors des tours du monde, je ne connais pas une course aussi extraordinaire. Il y a autant de vainqueurs possibles que de concurrents au départ »

La Mini Transat a été créée pour réagir au gigantisme des courses transatlantiques qui sont organisées depuis les années 70. Dans l'esprit de Bob Salmon, il s'agissait de renouer avec l'esprit aventureux des premières transatlantiques, telles qu'elles étaient vécues par Éric Tabarly par exemple[1]. Ainsi, les concurrents de la Mini Transat ne disposent que du minimum technique indispensable pour traverser l'Atlantique. Depuis quelques années, GPS et VHF sont autorisés (jusqu'alors, le sextant était encore le seul moyen de navigation autorisé) mais les concurrents ne disposent pas de routage météo par satellite, contrairement à la plupart des autres courses transatlantiques. Les marins n'ont aucun contact avec la terre, ils n'ont pas le droit de demander une assistance au risque d'être disqualifiés. Chaque Mini possède une balise satellite de positionnement et d'appel de détresse en dernier recours. Aussi, les voiliers se doivent d'être insubmersibles. Pour assurer leur sécurité en haute mer, des voiliers appelés « bateaux accompagnateurs » veillent au milieu de la flotte tout au long du parcours. Le règlement en exige 1 pour 12 Minis[2].

Les bateaux utilisés sont allégés au maximum. Deux catégories de bateaux courent en même temps mais sur des classements séparés. D'une part, des prototypes, véritables laboratoires de technique nautique (c'est sur les Minis qu'ont été notamment testées les premières quilles pendulaires), d'autre part les bateaux de série, qui sont des anciens prototypes ayant fait leurs preuves et qui sont alors construits en série (plus de 10 unités). Les marins courant en Classe Mini, surtout en prototype, sont généralement des « as de la bidouille » qui ont conçu, préparé et amélioré tout seul leur bateau. En 2011, David Raison innove et gagne la transat avec un bateau presque aussi large à l'arrière qu'à l'avant.

Importance et renommée[modifier | modifier le code]

La Classe Mini, très décriée à ses débuts en raison de la prise de risque énorme induite par la si petite taille des bateaux, s'est peu à peu imposée comme un passage quasi obligatoire pour les futurs grands skippers. C'est une véritable école de la course au large et en solitaire, où le skipper doit être polyvalent et autonome pour faire avancer son bateau malgré l'exigence de cette transaltlantique. De nombreux grands noms de la voile contemporaine sont passés par la Classe Mini : Loïck Peyron et son frère Bruno Peyron, Jean-Luc Van Den Heede, Marc Thiercelin, Yves Parlier, Laurent Bourgnon et son frère Yvan Bourgnon, Isabelle Autissier, Michel Desjoyeaux, Ellen MacArthur, Roland Jourdain, Lionel Péan, Marc Guillemot, Thomas Coville, Catherine Chabaud, Lionel Lemonchois, Jacques Caraës, Patrice Carpentier, Thierry Dubois, Halvard Mabire, Didier Munduteguy, Yannick Bestaven, et bien d'autres, ont participé à la Mini Transat.

« C'est la Mini Transat qui m'a donné le goût du large. Je ne l'oublierai jamais » disait Ellen MacArthur.

La Transat reste principalement une course française, avec de rares concurrents non-français. Pour de potentiels concurrents Nord-Américains, la difficulté pour rejoindre le départ de la Transat en France est notamment un important obstacle.

Qui sont ces marins ?[modifier | modifier le code]

La particularité de cette Transat est l'extrême variété des concurrents. Certains sont de futurs grands noms de la voile, d'autres viennent réaliser le rêve de leur vie. La modicité des budgets nécessaires à la Transat permet à tous de traverser l'Atlantique. On y trouve tous les types d'amateurs de la mer. Cependant, l'inflation des qualifications nécessaires pour pouvoir participer à la Mini Transat tend à en écarter depuis quelques années les marins qui ont une vie professionnelle à côté et à privilégier les skippers financés par de gros sponsors. De même, une visibilité médiatique en forte progression, notamment lors de la Transat 2005 (Corentin Douguet, vainqueur en prototype, a bénéficié notamment d'une page entière dans Le Monde), attire les sponsors et pourrait d'un certain côté nuire à l'esprit de camaraderie et de « bidouille » de cette Transat.

Différentes éditions[modifier | modifier le code]

1977[modifier | modifier le code]

Vingt-sept concurrents (dont l’organisateur Bob Salmon) participent en 1977. Les bateaux partent de Penzance, en Cornouailles. Mais la première étape ne compte pas pour le classement de cette première édition : elle n’est qu’un convoyage vers Tenerife (îles Canaries), où a lieu le véritable départ de la course, qui arrive à Antigua (Caraïbes)[3]. Le premier vainqueur est Daniel Gilard.

Les trois éditions suivantes restent sur ce parcours Penzance-Tenerife-Antigua.

1985[modifier | modifier le code]

Bob Salmon passe le relais de l’organisation au Français Jean-Luc Garnier. À partir de 1985, le départ est donné en France. La cinquième édition part de Brest et mène à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), avec escale à Tenerife[3].

Les sept éditions suivantes restent sur ce parcours Finistère- Antilles : le départ est donné à Brest, à Concarneau ou à Douarnenez ; l’escale se fait à Tenerife, à Funchal (sur l’île de Madère) ou à Puerto Calero (sur l’île de Lanzarote, une des Canaries) ; et l’arrivée a lieu à Pointe-à-Pitre, à Fort-de-France (Martinique), à Saint-Martin ou à Rivière Sens (Guadeloupe).

2001[modifier | modifier le code]

La course connaît un changement de parcours radical. De 2001 à 2011, elle part de Fort Boyard, en Charente-Maritime, pour arriver à Salvador de Bahia, au Brésil, avec escale à Puerto Calero ou à Funchal. Comme il n’est plus besoin d’attendre la fin de la saison des typhons, le départ peut être donné plus tôt, début septembre. Mais la course traverse le Pot au Noir[3]. Il y a maintenant deux classements : prototypes et bateaux de série[4].

2009[modifier | modifier le code]

Trente-deux ans après la première, la 17e édition part de Charente-Maritime, le dimanche 13 septembre 2009, à 14 heures 17 minutes, au large de Fort Boyard, avec 85 concurrents dont 6 femmes sur la ligne de départ. Les 36 prototypes et les 49 bateaux de série effectuent 4 200 milles, soit 7 800 kilomètres, avec une étape à Funchal et une arrivée à Salvador de Bahia.

2011[modifier | modifier le code]

La 18e édition compte 72 participants. Le départ a lieu le dimanche 25 septembre 2011 à Fort Boyard, au large de La Rochelle, à destination de Salvador de Bahia[5].

2013[modifier | modifier le code]

La 19e édition retrouve le parcours Finistère-Antilles. Elle met aux prises 84 concurrents[6] (31 sur prototype, 53 sur bateau de série). Reporté 16 jours durant, le départ est donné à Douarnenez le 29 octobre 2013. Mais, le lendemain, les conditions météo obligent les organisateurs à demander aux concurrents de se mettre à l'abri sur la côte espagnole. Le parcours effectué depuis Douarnenez n'est pas pris en compte pour le classement. Un nouveau départ est donné à Sada le 13 novembre, à 9 h 45[7]. Mais il n'y a pas d'escale à Lanzarote comme prévu initialement. Les concurrents doivent rallier Pointe-à-Pitre en une seule étape. Ils ont toutefois une porte à passer au large de Lanzarote, avec possibilité d'arrêt technique (12 à 72 heures) à Puerto Calero (au sud-ouest de l'île). L'étape est donc la plus longue de l'histoire de la Transat 6.50 (3 600 milles), mais elle évite le Pot au Noir[8].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Classement scratch (1977-1999)[modifier | modifier le code]

Le cockpit du 6.50 d'Yves Le Blevec, à l'arrivée de la Transat 6.50 à Salvador de Bahia, en 2007.
Année Nom du vainqueur Nom du bateau Temps cumulé Parcours
1977 Daniel Gilard Serpentaire "Petit dauphin" 38 j 11 h 10' Penzance / Tenerife / Antigua
1979 Norton Smith proto "American Express" 32 j 08 h 10' Penzance / Tenerife / Antigua
1981 Jacques Peignon proto Berret "Iles du Ponant" 32 j 20 h 22' Penzance / Tenerife / Antigua
1983 Stéphane Poughon proto Lucas "Voiles Cudennec" 31 j 14 h 45' Penzance / Tenerife / Antigua
1985 Yves Parlier proto Berret "Aquitaine" 31 j 14 h 45' Brest / Tenerife / Pointe-à-Pitre
1987 Gilles Chiorri proto Berret "Exa" 30 j 06 h 41' Concarneau / Tenerife / Fort-de-France
1989 Philippe Vicariot proto Finot "Thom Pouss" 28 j 07 h 33' Concarneau / Tenerife / Fort-de-France
1991 Damien Grimont proto Finot "GTM Entrepose" 29 j 04 h 37' Douarnenez / Tenerife / Fort-de-France
1993 Thierry Dubois proto Rolland "Amnesty International" nc[9] Brest / Funchal (Madère) / Saint-Martin (Antilles)
1995 Yvan Bourgnon proto Finot "Omapi-St Brévin" 27 j 07 h 21' Brest / Funchal (Madère) / Fort-de-France
1997 Sébastien Magnen proto Magnen "Karen Liquid" 38 j 11 h Brest / Tenerife / Saint-Martin (Antilles)
1999 Sébastien Magnen proto Magnen "Karen Liquid" 24 j 15 h Concarneau / Puerto Calero (îles Canaries) / Rivière Sens (Guadeloupe)

Classement double (depuis 2001)[modifier | modifier le code]

Année Catégorie Nom du vainqueur Nom du bateau Architecte ou série Temps cumulé Parcours
2001 Proto Yannick Bestaven Aquarelle.com Magnen-Nivelt 30 j 00 h 23' Fort Boyard-Puerto Calero-Salvador de Bahia
Série Olivier Desport My Workplace Pogo-1
2003 Proto Armel Tripon Moulin Roty Finot-Conq 29 j 13 h 25' Fort Boyard-Puerto Calero-Salvador de Bahia
Série Erwan Tymen Navy Lest Pogo-2
2005 Proto Corentin Douguet E. Leclerc-Bouygues Telecom Manuard 24 j 21 h 36' Fort Boyard-Puerto Calero-Salvador de Bahia
Série Peter Laureyssens Wellments Pogo-2
2007 Proto Yves Le Blevec Actual Lombard 23 j 03 h 51' Fort Boyard-Funchal-Salvador de Bahia
Série Hervé Piveteau Jules-Cartoffset Pogo-2
2009 Proto Thomas Ruyant Faber France Finot-Conq 24 j 23 h 40' Fort Boyard-Funchal-Salvador de Bahia
Série Francisco Lobato Roff TMN Pogo-2
2011 Proto David Raison[10] Teamwork Evolution Raison 26 j 03 h 28' Fort Boyard-Funchal-Salvador de Bahia
Série Gwénolé Gahinet[4] Voiles Océan Pogo-2
2013 Proto Benoît Marie benoitmarie.com Finot - Chantiers AMCO 18 j 13 h 1' (Douarnenez)-Sada[11]-Pointe-à-Pitre
Série Aymeric Belloir Tout Le Monde Chante Contre Le Cancer Nacira 21 j 09 h 12'

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Counting the cost Mini Transat », sur www.minitransat650.com,‎ article de Yacht & Boat Owner de mai 1978 (consulté le 10 septembre 2009)
  2. « La Charente-Maritime / Bahia Transat 6,50 2009 », sur www.classemini.com,‎ 1er septembre 2009 (consulté le 10 septembre 2009)
  3. a, b et c « Historique », sur minitransat.fr.
  4. a et b Dominic Bourgeois, « La grande course des petits bateaux », sur ouestbateaux.com.
  5. « Transat 6,50 : départ le 25 septembre depuis Boyard » sur le site pharedere.com
  6. « J ˗ 5 avant le grand saut », sur letelegramme.fr, 9 octobre 2013.
  7. « Glissez, petits bolides », sur minitransat.fr, 13 novembre 2013.
  8. « Sada-Pointe-à-Pitre d'une seule traite », sur minitransat.fr, 5 novembre 2013.
  9. Non communiqué, en raison de l’annulation de la première étape.
  10. David Raison remporte la Transat 6,50 sur TeamWork Evolution site TeamWork Voile et Montagne
  11. La première étape est annulée. Communiqué de course expliquant les changements de route dus aux intempéries.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :