Louis Verneuil

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Louis Jacques Marie Collin du Bocage, dit Louis Verneuil, né à Paris le 14 mai 1893, mort le 3 novembre 1952, est un auteur dramatique et scénariste français qui fut aussi acteur. Il a signé seul trente-huit pièces de théâtre et vingt-cinq autres en collaboration avec Georges Berr.

Son père, Louis Georges Collin, fils d'Auguste Collin et de Noémi Barbié du Bocage, avait modifié son patronyme, en 1888, pour s'appeler Collin du Bocage, en souvenir de son bisaieul, le fameux géographe Jean-Denis Barbié du Bocage (1760-1825), et de son aieul, Jean-Guillaume Barbié du Bocage (1793-1843), lui-même géographe réputé.

Sommaire

Biographie [modifier]

Louis Verneuil fut dans les années 30 l'un des rois du Boulevard, aussi souvent à l'affiche que Sacha Guitry ; l'un des champions, avec Marcel Pagnol, du théâtre filmé.

Il a signé seul trente-huit pièces et vingt-cinq autres en collaboration avec Georges Berr. Parmi les plus fameuses : Pour avoir Adrienne, Le Fauteuil 47, Azaïs, Maître Bolbec et son mari, toutes devenues des films, de même que Ma cousine de Varsovie, L'Amant de madame Vidal, Une femme ravie, avec la volcanique Elvire Popesco. La Banque Nemo, autre film tiré d'une autre de ses pièces, fut victime de la censure en 1934. Monsieur Lamberthier, jouée dans dix-neuf pays, a failli être portée à l'écran par Carl Theodor Dreyer ; Alfred Hitchcock lui doit l'idée de I confess (la Loi du silence), et René Clair l'une des trouvailles de It happened tomorrow (C'est arrivé demain). Henri-Georges Clouzot réalisa également, parmi ses premiers films, des adaptations de pièces de Louis Verneuil ("Tout pour l'amour", "Caprice de princesse", 1933).

Estimant que "jusqu'en 1930, la collaboration avec l'Allemagne était souhaitable. Depuis 1933, elle était insensée. En 1940, elle est devenue criminelle", Louis Verneuil se réfugie, sous l'occupation, aux États-Unis où son succès ne se dément pas, dont une adaptation en anglais de "La vie parisienne" d'Offenbach (1941, 1942, 1945). En 1942, ses droits d'auteur sont confisqués par les autorités allemandes, qui bannissent ses œuvres en 1943. Louis Verneuil avait établi l'édition de son théâtre complet en douze volumes ; quatre seulement sont parus, truffés de précieuses préfaces.

Il avait épousé, le 9 mars 1921 à Paris 17ème, Lysiane Bernhardt (1896-1977), la petite-fille de Sarah Bernhardt (1844-1923) pour laquelle il écrivit ses dernières pièces: "Régine Armand" qu'elle joua elle-même le 20 avril 1922 au Théâtre Sarah-Bernhardt, ainsi que "Daniel" (créée le 10 novembre 1920 au Théâtre Sarah-Bernhardt) qui verra la dernière dernière apparition en public de la grande tragédienne, à Turin, à l'automne 1922.

Il entretiendra ensuite une liaison de six années avec Elvire Popesco (1896-1993) qui deviendra son égérie et son interprète fétiche, de "Ma cousine de Varsovie" (Théâtre Michel, 1923) à "Pile ou face" (Théâtre de l'Odéon, 1934), en passant par "L'amant de Madame Vidal" (Théâtre de Paris, 1928) ou "Une femme ravie" (Théâtre de paris, 1932).

Il épousera enfin, le 22 juillet 1937 à Paris 16ème, Germaine Feydeau (1890-1941), la fille de Georges Feydeau (1862-1921), dont louis Verneuil avait été l'ami et un fervent admirateur.

Il a également écrit et publié aux Etats-Unis, où nombre de ses pièces furent reprises entre 1919 et 1952, La vie merveilleuse de Sarah Bernhard, et le premier tome d'un extraordinaire livre de souvenirs professionnels Rideau à neuf heures. Pour Broadway, dans les dernières années de sa vie, il a encore écrit et mis en scène "Love and let love" (jouée du 19 octobre au 1er décembre 1951, avec entre autres Ginger Rogers) et "Affairs of State" qui connut un grand succès avec 610 représentations (jouée du 25 septembre au 4 novembre 1950 au Royale Theatre, puis reprise du 6 novembre 1950 au 8 mars 1952 au Music Box Theatre).

De retour en France, il met en scène de nouveau Elvire Popesco dans une reprise de "L'amant de Madame Vidal" (créée le 17 avril 1952 au Théâtre Antoine), mais il se suicide le 3 novembre 1952 en se tranchant la gorge dans un hôtel du quartier de La Gare Saint-Lazare, l’Hôtel Terminus, où Feydeau avait lui-même vécu les dernières années de sa vie avant son internement à la clinique du docteur Fouquart. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 84).

La famille Collin du Bocage, dont Olivier Collin du Bocage, commissaire priseur, descendant du demi-frère de Louis Verneuil, est détentrice du droit d'auteur et des droits moraux de son œuvre.

De 1967 à 1985, seize de ses pièces seront diffusées à la télévision française dans la série "Au théâtre ce soir", la première enregistrée au Théâtre Marigny le 26 avril 1967: "Pour avoir Adrienne", dans une mise en scène de Pierre Mondy, avec Jean Poiret, Michel Serrault, Danièle Lebrun, etc.

En 1988, "Ma cousine de Varsovie" sera reprise au Théâtre de la Michodière.

Citations de Louis Verneuil:

- "Les auteurs qui pillent sans vergogne leurs aînés ont parfois du talent: ils "volent" de succès en succès."

- "Les femmes ne se souviennent que des hommes qui les ont fait rire et les hommes des femmes qui les ont fait pleurer."

Théâtre [modifier]

Auteur


Adaptation


Comédien
Coauteur
  • 1920 : La maison du passeur, épisode de la Guerre de 1914 ; drame en un acte, coécrit avec Paul Armont[1]

Sépulture [modifier]

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 84).

Bibliographie [modifier]

  • Claude Gauteur, À propos de Louis Verneuil, Séguier, 2007

Lien externe [modifier]

Références [modifier]

  1. Paul Armont et Louis Verneuil, , Paris, Librairie Théâtrale, 1920 (OCLC 57244184)