A Momentary Lapse of Reason

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A Momentary Lapse of Reason

Album de Pink Floyd
Sortie 7 septembre 1987
Enregistré d'octobre 1986 à mai 1987
Durée 51:14
Genre rock progressif
Producteur Bob Ezrin, David Gilmour
Label EMI, Columbia
Classement 3e (Royaume-Uni, États-Unis)
Critique

Albums de Pink Floyd

Singles

  1. Learning to Fly
    Sortie : 14 septembre 1987
  2. On the Turning Away (Live)
    Sortie : 14 décembre 1987
  3. One Slip
    Sortie : 13 juin 1988

A Momentary Lapse of Reason est le treizième album studio du groupe de rock progressif britannique Pink Floyd, paru en septembre 1987.

En 1985, le guitariste David Gilmour commence à réunir des musiciens pour travailler sur son troisième album solo. Fin 1986, il décide que le travail fourni donnera naissance à un nouvel album de Pink Floyd, à la suite de quoi le batteur Nick Mason et le claviériste Rick Wright (qui avait quitté le groupe en 1979) sont intégrés au projet. Pour des raisons légales, Wright ne peut être crédité comme membre du groupe à part entière, mais il participe néanmoins à la conception de ce qui devient le premier album de Pink Floyd à sortir après le départ du bassiste et parolier Roger Waters, en décembre 1985.

L'essentiel de l'album est enregistré sur l’Astoria, la péniche de Gilmour convertie en studio. Sa production est marquée par une querelle juridique d'intensité croissante entre Waters et le groupe quant aux droits sur le nom « Pink Floyd », qui n'est réglée que plusieurs mois après la sortie de l'album. À la différence des précédents albums du groupe, A Momentary Lapse of Reason ne présente pas de thème central et se présente comme une simple collection de chansons écrites essentiellement par Gilmour et Anthony Moore. L'album reçoit des critiques mitigées et Waters le tourne en dérision dans la presse, mais grâce à une tournée mondiale couronnée de succès, ses ventes dépassent aisément celles de l'album précédent du groupe, The Final Cut. Aux États-Unis, A Momentary Lapse of Reason est certifié plusieurs fois disque de platine.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la sortie de l'album The Final Cut (souvent considéré comme un album solo de Waters de facto), les trois membres de Pink Floyd se consacrent à des projets individuels. En 1984, le guitariste David Gilmour exprime en partie son ressenti vis-à-vis du bassiste Roger Waters sur son second album solo, About Face. La tournée de promotion de ce dernier s'achève lorsque Waters entame celle de son album The Pros and Cons of Hitch Hiking[1]. Les deux musiciens ont beau avoir fait appel à des interprètes talentueux (notamment Eric Clapton pour Waters), ils découvrent que leurs noms séduisent moins le public que celui de Pink Floyd. Des ventes médiocres obligent Gilmour à annuler plusieurs concerts, et le critique David Fricke note que les concerts de Waters sont « un écho agressif, une tentative évidente de prouver que Roger Waters était Pink Floyd[2] ». Après six mois de pause, Waters repart en tournée sur les routes des États-Unis en mars 1985 ; mais il agit sans le soutien de CBS Records, qui ne cache pas désirer en réalité un nouvel album de Pink Floyd[3].

« À ce moment-là, je me suis certainement dit : je ne vois vraiment pas comment on va pouvoir faire le prochain disque, ou si on peut le faire, ça sera dans un futur très lointain, et ça sera sans doute davantage pour, davantage parce qu'on se sentira obligés de le faire, sans le moindre enthousiasme. »

— Nick Mason, In the Studio with Redbeard (1987)

Pendant ce temps, le batteur Nick Mason, ayant assisté à un concert de Waters à Londres en 1985, admet que jouer sur scène sous le nom de Pink Floyd lui manque. Son second album solo, Profiles, paraît en août de la même année ; Gilmour chante sur le single qui en est extrait, Lie for a Lie[4],[5]. Les deux hommes partagent une passion pour l'aviation : ils prennent des leçons, et achètent par la suite un avion de Havilland Dove. Gilmour collabore également avec d'autres artistes, notamment au concert Live Aid de 1985 pour Bryan Ferry, et coproduit le premier album du groupe The Dream Academy[6].

En 1982, Waters avait évoqué son futur dans une interview pour Rolling Stone, déclarant : « je pourrais travailler avec un autre batteur et un autre claviériste très facilement, et il est probable que je le ferai tôt ou tard ». En décembre 1985, il annonce son départ de Pink Floyd, qu'il estime être une « force épuisée[7] ». Gilmour n'est pas de cet avis ; il refuse de laisser Pink Floyd disparaître, et se montre bien décidé à continuer avec le groupe : « Je lui [Waters] ai dit avant qu'il parte, "si tu pars, mec, on continuera. Je te le dis clair et net, on continuera ». Waters répond sèchement : « Vous ne le ferez jamais, bordel »[8]. Celui-ci a également écrit à EMI et Columbia pour leur indiquer son intention de quitter le groupe et leur demander de le libérer de ses obligations contractuelles. Il se passe également des services de Steve O'Rourke, le manager du groupe, et confie la gestion de ses affaires à Peter Rudge[4]. Pour Gilmour et Mason, cela veut dire qu'il les laisse libres de reprendre le nom de Pink Floyd[9].

En l'absence de Waters, Gilmour réunit plusieurs musiciens pour un nouveau projet. Quelques mois auparavant, lors d'un bœuf au studio de Hookend, le claviériste Jon Carin et Gilmour avaient composé la grille d'accords de ce qui deviendra Learning to Fly, et Carin est donc invité à rejoindre l'équipe[10]. Gilmour fait appel à Bob Ezrin (coproducteur de The Wall en 1979) pour son nouveau projet, afin de consolider les chansons déjà écrites[11]. Quelques mois plus tôt, le producteur canadien avait décliné l'offre de Waters de participer à son nouvel album solo, Radio K.A.O.S.[12]. Ezrin arrive en Angleterre durant l'été 1986, pour ce que Gilmour décrira par la suite comme « faire l'imbécile avec des tas de démos[13] ». Il n'y a alors aucun engagement définitif pour un nouvel album de Pink Floyd, et Gilmour continue à affirmer publiquement que ce qu'il enregistre peut donner lieu à son troisième album solo. En novembre 1986, lors d'une réunion entre Gilmour, Ezrin et Stephen Ralbosky, le représentant de CBS, ce dernier exprime clairement son sentiment : « cette musique ne sonne foutrement pas comme du Pink Floyd[14] ». Par la suite, Gilmour a admis que l'absence de Waters lui a posé problème, et que le projet fut difficile à mener sans lui[15]. Gilmour collabore avec divers auteurs, parmi lesquels Eric Stewart et Roger McGough, mais finit par choisir Anthony Moore[16], qui est crédité comme coauteur de Learning to Fly et On the Turning Away. L'idée d'un album-concept est repoussée, Gilmour adoptant une approche plus conventionnelle, avec des chansons sans lien thématique[17]. À la fin de l'année, il se décide à faire du nouveau matériel un projet de Pink Floyd.

Enregistrement[modifier | modifier le code]

« Impossible de revenir en arrière [...] il faut trouver une nouvelle façon de travailler, d'opérer et s'y tenir. La conception de celui-ci ne s'est absolument pas passée comme celle d'un autre disque du Floyd. Des systèmes différents, totalement. »

— David Gilmour[18]

L'enregistrement de l'album se déroule dans plusieurs studios, principalement sur l’Astoria, la péniche de Gilmour, ancrée sur la Tamise, si bien qu'une ambiance fluviale « s'imposa d'elle-même » à toutes les chansons selon Ezrin[19]. « Y travailler était tout simplement magique, très inspirant ; les enfants qui godillaient le long du fleuve, les oies qui nous survolaient[13]... ». L'ingénieur du son Andrew Jackson, collègue du fidèle James Guthrie, est invité à participer au projet. Les sessions s'étendent de façon irrégulière entre novembre 1986 et février 1987[20] et marquent une rupture vis-à-vis du passé : l'enregistrement s'effectue avec une machine analogue 24-pistes, et les overdubs sont ajoutés sur un enregistreur digital Mitsubishi 32-pistes. Cet emploi des nouvelles technologies est prolongé par l'usage de la synchronisation MIDI, avec l'aide d'un ordinateur Macintosh[14],[21].

Après avoir accepté de retravailler la musique contre laquelle Ralbosky s'était emporté, Gilmour embauche des musiciens de session supplémentaires, parmi lesquels les batteurs Carmine Appice et Jim Keltner, qui remplacent Mason sur la majorité des chansons de l'album. Ce dernier estime qu'il manque trop de pratique pour pouvoir jouer de son instrument et préfère se consacrer aux effets sonores[14],[22]. Des boîtes à rythme sont également employées[23].

La nouvelle épouse de Rick Wright, Franka, entre en contact avec Gilmour pour lui demander si son mari peut participer à l'album. Le claviériste avait quitté le groupe en 1979, et son retour poserait des problèmes légaux, mais Gilmour le réintègre dans le groupe après une rencontre à Hampstead[24]. Par la suite, il a admis que la présence de Wright « nous rendait plus forts légalement et musicalement ». Il est donc engagé comme simple musicien en février 1987, avec un salaire hebdomadaire de 11 000 $[25], mais ses contributions à l'album sont minimales, l'essentiel des parties de claviers étant déjà enregistrées. Il joue donc des parties de renfort sur un orgue Hammond et un piano Fender Rhodes et contribue également aux harmonies vocales. Le solo qu'il interprète sur On the Turning Away est écarté, « pas parce qu'ils ne l'aimaient pas [...] ils pensaient seulement qu'il ne collait pas », d'après Wright[26].

Gilmour a par la suite déclaré : « Au début, Nick et Rick étaient catatoniques en termes de capacité à jouer. Ni l'un ni l'autre n'a vraiment joué là-dessus. De mon point de vue, ils ont été détruits par Roger. » Ce commentaire a clairement agacé Mason, qui réplique : « Je n'étais absolument pas catatonique. Je pouvais m'attendre à ce genre de propos de la part de l'opposition, mais c'est moins plaisant venant d'un allié. Il s'est excusé d'une certaine façon plus tard. » Mason concède néanmoins que Gilmour était nerveux quant à l'accueil que recevrait l'album[25].

Learning to Fly s'inspire des leçons d'aviation prises par Gilmour, parfois au détriment de ses horaires de studio[27]. Cette chanson comprend également un enregistrement de la voix de Mason, réalisé pendant un décollage[28]. Le groupe se livre également à des expériences avec l'échantillonnage, et Ezrin enregistre le son des rames du batelier de Gilmour, un certain Langley Iddens[13]. La présence d'Iddens se révèle cruciale lorsqu'une crue fait pencher dangereusement le bateau vers le quai auquel il est amarré[22]. The Dogs of War, qui parle de « mercenaires physiques et politiques », est inspirée d'un accident survenu durant l'enregistrement : un échantillonneur diffuse un échantillon de rire, qui rappelle à Gilmour un aboiement de chien[29]. Terminal Frost est l'une des plus anciennes démos de Gilmour ; il envisage un moment d'y ajouter des paroles, mais abandonne finalement cette idée[30]. À l'inverse, les paroles de Sorrow ont été écrites avant la musique. La guitare en ouverture de la chanson a été enregistrée au Los Angeles Memorial Sports Arena : un studio mobile 24-pistes achemine le son de la Fender à travers un système de sonorisation, puis enregistre en multicanal[31].

L’Astoria

Malgré la tranquillité offerte par l’Astoria, les sessions sont fréquemment interrompues par la querelle de plus en plus intense entre Waters et Pink Floyd concernant les droits sur le nom du groupe. O'Rourke, estimant que son contrat avec Waters s'est achevé illégalement, intente un procès au bassiste, réclamant 25 000 £ d'arriérés[13]. À l'automne 1986, lors d'une réunion du conseil d'administration de Pink Floyd Music Ltd. (la chambre de compensation du groupe pour toutes ses transactions financières depuis 1973), Waters apprend qu'un nouveau compte en banque a été ouvert, exclusivement pour l'argent lié au « nouveau projet de Pink Floyd »[32]. Il lance aussitôt une procédure devant la High Court pour empêcher tout emploi futur du nom de Pink Floyd[4], mais ses avocats découvrent que le partenariat n'a jamais été officiellement confirmé. Waters revient devant la High Court afin d'obtenir un veto sur tout emploi futur du nom du groupe. L'équipe de Gilmour réplique par un communiqué de presse qui affirme posément que Pink Floyd continuera à exister. Néanmoins, le guitariste déclare par la suite à un journaliste du Sunday Times : « Roger joue les chiens dans la mangeoire et je vais l'affronter, personne d'autre n'a jamais affirmé que Pink Floyd leur appartenait entièrement. Il faut être extrêmement arrogant pour agir ainsi »[25],[33]. Waters restant actionnaire et administrateur de Pink Floyd Music, il peut bloquer toutes les décisions prises par ses anciens camarades. L'enregistrement se poursuit aux studios Mayfair en février 1987, puis aux studios A&M de Los Angeles de février à mars, à la suite d'un accord passé avec Ezrin qui désirait que le travail se poursuive plus près de chez lui. « C'était fantastique, parce que [...] les avocats ne pouvaient pas nous appeler pendant l'enregistrement, à moins d'appeler au beau milieu de la nuit »[20],[34]. La querelle acerbe entre Waters et Pink Floyd est couverte dans le numéro de juillet 1987 de Rolling Stone, la meilleure vente de l'année pour le magazine[25]. Elle est finalement résolue en novembre.

Pochette et photographie[modifier | modifier le code]

Le titre A Momentary Lapse of Reason est choisi après de nombreuses hésitations, l'emportant sur Signs of Life, Of Promises Broken et Delusions of Maturity.

Storm Thorgerson revient travailler sur la pochette de l'album, dix ans après Animals, sa dernière pochette pour un album studio de Pink Floyd. Son design final consiste en une longue chaîne de lits d'hôpitaux sur une plage, une image inspirée par un vers des paroles de Yet Another Movie et une vague idée de Gilmour comprenant un lit dans une maison méditerranéenne et des « vestiges de relations évanouies, ne laissant que des échos »[35]. La pochette montre ainsi 800 lits à Saunton Sands, dans le Devon (où, par coïncidence, des scènes du film Pink Floyd The Wall avaient été tournées)[36],[37]. Les lits sont arrangés par le partenaire de Thorgerson, Colin Elgie[38]. Un deltaplane est visible dans le ciel, référence évidente à Learning to Fly. "Dogs of War" est aussi évoqué, car on voit en arrière-plan une meute de chiens couchés (probablement des bergers allemands). L'image prend en tout deux semaines pour être produite, et elle vaut une médaille d'or de l'Association of Photographers Awards au photographe Robert Dowling[39].

Pour marquer le départ de Waters, une photographie du groupe (prise par David Bailey) est incluse à l'intérieur de l'album, pour la première fois depuis Meddle, en 1971. Elle ne représente que Gilmour et Mason : le nom de Wright apparaît uniquement dans les crédits[40],[41].

Parution et accueil[modifier | modifier le code]

A Momentary Lapse of Reason sort au Royaume-Uni et aux États-Unis le lundi 7 septembre 1987, en vinyle et en CD[41]. Il se classe directement no 3 dans les deux pays, derrière Bad de Michael Jackson et 1987 de Whitesnake. Si Gilmour le considère comme un retour du groupe à son meilleur niveau, Wright exprimera par la suite son désaccord, admettant que « les critiques de Roger sont fondées. Ce n'est pas du tout un album de groupe[40] ».

L'album présente un contraste fort avec son prédécesseur, The Final Cut, en termes de style et de contenu. Gilmour le présente comme un retour au Floyd de jadis, estimant que sur la fin de la période Waters, les paroles étaient devenues plus importantes que la musique. Gilmour affirme que « le succès de The Dark Side of the Moon et Wish You Were Here n'était pas uniquement dû aux contributions de Roger, mais aussi au meilleur équilibre entre la musique et les paroles [que par la suite] », un équilibre qu'il déclare avoir voulu rétablir sur A Momentary Lapse of Reason[42].

« Je le trouve très facile, un faux assez bien réalisé [...] Les chansons sont pauvres dans l'ensemble ; j'ai encore du mal à croire aux paroles. Les paroles de Gilmour sont vraiment de troisième ordre. »

— Roger Waters[43]

Pour Q Magazine, l'album est avant tout l'œuvre du seul Gilmour : « A Momentary Lapse of Reason est tout autant l'album de Gilmour que les quatre derniers parus sous le nom du Floyd étaient dominés par Waters[20] ». Cette opinion est partagée par William Ruhlman, qui qualifie l'album, dans sa critique pour Allmusic.com, d'« album solo de Gilmour en tout, sauf le nom[44] ». Pour Toronto Star, « il manque quelque chose ici. Malgré son poids écrasant, ce disque n'est pas aussi stimulant et provocateur que Pink Floyd devrait l'être. Il est regrettable de dire que A Momentary Lapse of Reason est quelconque, prévisible[45] ». Robert Christgau écrit pour The Village Voice : « en résumé, on ne dirait guère que le maître à penser du groupe est parti — en-dehors du fait que le nombre d'idées avancées est significativement moindre[46] ». Pour le magazine Sounds, l'album « revient de l'autre côté du mur, là où les diamants sont fous, les lunes ont des faces cachées et les mères des cœurs atomiques[47] ».

A Momentary Lapse of Reason est certifié disque d'argent et d'or au Royaume-Uni le 1er octobre 1987, et disque d'or et de platine aux États-Unis le 9 novembre. Il devient double disque de platine le 18 janvier de l'année suivante, triple le 10 mars 1992 et quadruple le 16 août 2001[48], dépassant de loin les ventes de The Final Cut[49]. L'album est réédité en 1988 en vinyle ; cette édition limitée inclut des posters et un bon pour un billet pour la tournée à venir du groupe au Royaume-Uni[50]. Une édition anniversaire est parue aux États-Unis en 1997[50].

Tournée[modifier | modifier le code]

La scène sur la tournée A Momentary Lapse of Reason

La décision de partir en tournée pour promouvoir l'album est prise avant même son achèvement, et les premières répétitions sont chaotiques. Mason et Wright manquent de pratique, et Gilmour, submergé de travail, demande l'aide de Bob Ezrin. Les fonds de départ sont avancés par Gilmour et Mason (ce dernier, séparé de sa femme, doit mettre en gage sa Ferrari 250 GTO). Les choses sont encore compliquées par Waters, qui contacte plusieurs promoteurs américains et menace de les traîner en justice s'ils emploient le nom de Pink Floyd. Néanmoins, les menaces de Waters agacent certains promoteurs, et quelques mois plus tard, les 60 000 billets mis en vente à Toronto s'écoulent en quelques heures[35],[37].

Le groupe reformé (avec Wright) joue en Amérique du Nord en même temps que Waters, qui promeut son album Radio K.A.O.S., dans des salles généralement plus petites que Pink Floyd ; ils jouent parfois non loin l'un de l'autre. Waters lance une assignation pour ses droits sur le cochon volant employé par Pink Floyd, à la suite de quoi le groupe ajoute une paire de testicules au ballon afin de le rendre distinct du cochon de Waters. En novembre 1987, le bassiste semble néanmoins reconnaître sa défaite, et un accord est finalement conclu le 23 décembre sur l’Astoria. Mason et Gilmour se voient reconnaître le droit inaliénable d'utiliser le nom de Pink Floyd, tandis que Waters se voit accorder, entre autres choses, les droits sur The Wall. Les chicaneries se poursuivent néanmoins, Waters ayant toujours un mot de dédain pour ses anciens camarades, qui s'en amusent[51]. The Sun publie un article selon lequel Waters aurait embauché un artiste pour créer 150 rouleaux de papier toilette avec le visage de Gilmour sur chaque feuille. Waters a par la suite qualifié cette histoire de non-sens[52], mais elle montre bien à quel point les deux clans se sont éloignés[53].

La tournée A Momentary Lapse of Reason rencontre un succès phénoménal. Chaque concert donné à guichet fermé aux États-Unis bat les records d'affluence, ce qui en fait la tournée la plus rentable de l'année. Des concerts en Australie, au Japon et en Europe suivent, avant que le groupe revienne à deux reprises aux États-Unis. La quasi-totalité des concerts affichent complet. Un album tiré de la tournée, Delicate Sound of Thunder, sort le 22 novembre 1988, suivi d'une vidéo en juin 1989. Quelques jours plus tard, l'équipage du Soyouz TM-7 passe l'album, et Pink Floyd devient le premier groupe de rock joué dans l'espace. La tournée s'achève lors du Knebworth festival le 30 juin 1990, après 200 concerts, 4,2 millions de spectateurs et plus de 60 millions de livres de bénéfices, sans compter le merchandising[54].

Titres[modifier | modifier le code]

  1. Signs of Life (Gilmour, Ezrin) – 4:24
  2. Learning to Fly (Gilmour, Moore, Ezrin, Carin) – 4:53
  3. The Dogs of War (Gilmour, Moore) – 6:05
  4. One Slip (Gilmour, Manzanera) – 5:10
  5. On the Turning Away (Gilmour, Moore) – 5:42
  6. Yet Another Movie / Round and Around (Gilmour, Leonard) – 7:28
  7. A New Machine (Part 1) (Gilmour) – 1:46
  8. Terminal Frost (Gilmour) – 6:17
  9. A New Machine (Part 2) (Gilmour) – 0:38
  10. Sorrow (Gilmour) – 8:46

Crédits[modifier | modifier le code]

Pink Floyd[modifier | modifier le code]

Avec[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Blake, p. 302-309.
  2. Schaffner, p. 249-250.
  3. Schaffner, p. 256-257.
  4. a, b et c Blake, p. 311-313.
  5. Schaffner, p. 257
  6. Schaffner, p. 258-260
  7. Schaffner, p. 262-263.
  8. Schaffner, p. 245.
  9. Schaffner, p. 263.
  10. Blake, p. 316.
  11. Blake, p. 315, 317.
  12. Schaffner, p. 267-268.
  13. a, b, c et d Blake, p. 318.
  14. a, b et c Schaffner, p. 268-269.
  15. Blake, p. 320.
  16. Mason, p. 284-285.
  17. Povey, p. 241.
  18. Schaffner, p. 269
  19. Schaffner, p. 268.
  20. a, b et c Povey, p. 246.
  21. Mason, p. 284-286
  22. a et b Mason, p. 287.
  23. Blake, p. 319.
  24. Blake, p. 316-317.
  25. a, b, c et d Manning, p. 134.
  26. Schaffner, p. 269.
  27. Schaffner, p. 267.
  28. MacDonald, p. 229.
  29. MacDonald, p. 204.
  30. MacDonald, p. 272.
  31. MacDonald, p. 268
  32. Schaffner, p. 270.
  33. Schaffner, p. 271.
  34. Blake, p. 321.
  35. a et b Blake, p. 322
  36. Mason, p. 290
  37. a et b Povey, p. 243
  38. Schaffner, p. 273
  39. Blake, p. 323
  40. a et b Blake, p. 326-327
  41. a et b Povey, p. 349
  42. Schaffner, p. 274
  43. Blake, p. 328
  44. William Ruhlmann, « A Momentary Lapse of Reason », allmusic.com (consulté le 18 février 2010)
  45. Greg Quill, « Has Pink Floyd changed its color to puce? », Toronto Star, hébergé sur infoweb.newsbank.com,‎ 11 septembre 1987 (consulté le 24 janvier 2010 (inscription nécessaire))
  46. Robert Christgau, « A Momentary Lapse of Reason », robertchristgau.com (consulté le 18 février 2010)
  47. Manning, p. 136
  48. Povey, p. 349-350
  49. Povey, p. 230
  50. a et b Povey, p. 350
  51. Blake, p. 329-335
  52. Blake, p. 353
  53. Schaffner, p. 276
  54. Povey, p. 243-244

Bibliographie[modifier | modifier le code]