Folk psychédélique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Folk psychédélique

Origines stylistiques Rock psychédélique, folk rock, musique folk
Origines culturelles Fin des années 1960, début des années 1970
Instruments typiques Guitare acoustique, percussions
Voir aussi Indie folk, freakbeat, neo-psychedelia, New Weird America

Genres dérivés

Musique électroacoustique, electric folk (en), freak folk, neofolk

Le folk psychédélique, psych folk ou acid folk[1] est une forme de musique psychédélique ayant émergé dans les années 1960 à travers la fusion entre la musique folk et le rock psychédélique. Elle fait usage de l'instrumentation acoustique du folk accompagnée des instruments musicaux du rock psychédélique.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le psych folk favorise en général l'instrumentation acoustique, bien que d'autres instruments n'en soient pas exclus. Du chant, de la musique ancienne et des éléments issus de la musique folk hors occident sont inclus dans le psych folk. Comme pour son équivalent rock, le folk psychédélique est connu pour sa sonorité de type trance, atmosphérique, et se base souvent sur l'improvisation et des éléments musicaux venus d'Asie. Les paroles se centrent principalement sur les thèmes de la nature, de l'amour, de la beauté, et tente d'évoquer un état d'esprit associés aux effets des drogues psychédéliques[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

La première utilisation musicale du terme psychédélique semble être effectuée par le groupe de folk new-yorkais The Holy Modal Rounders dans leur reprise du titre Hesitation Blues de Lead Belly en 1964[3]. Le guitariste folk/avant-garde John Fahey enregistre de nombreux groupes dans les années 1960 qui usent de techniques inhabituelles telles que des passages inversés de cassettes audio[4]. Son The Great San Bernardino Birthday Party de 19 minutes « anticipe les éléments du psychédélique avec ses improvisations nerveuses et ses grattages étranges de guitare[4]. » D'autres chansons issues de The Great San Bernardino Birthday Party & Other Excursions (enregistrées entre 1962 et 1966) font également usage d'« humeurs et dissonances troublantes » qui les mèneront dans la lignée folk. En 1967, il joue aux côtés du groupe psychédélique/avant-garde/noise rock Red Krayola (puis Red Crayola) au Berkeley Folk Festival enregistré puis paru dans l'album Live 1967[5].

D'une manière similaire, les premières chansons du guitariste folk Sandy Bull « incorporent des éléments de folk, et de jazz [...][6]. » Son album publié en 1963 Fantasias for Guitar and Banjo explore de nombreux styles et instruments[7]. D'autres albums, comme E Pluribus Unum (1968) et son album live Still Valentine's Day 1969, sont enregistré d'une manière expérimentale, et contiennent de longues improvisations et des éléments psychédéliques[8],[9].

Déclin[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, le psychédélique décline et ces groupes folk qui n'ont pas encore changé d'orientation musicale commencent à se séparer. Des groupes de folk britanniques commencent à s'électrifier comme le fait le duo acoustique Tyrannosaurus Rex qui deviendra T. Rex[10].

Revirement[modifier | modifier le code]

L'interêt dans la musique folk refait surface chez les artistes indépendants et les groupes crossover qui dominent plus que la scène underground à la fin des années 1990, qui conduisent au revirement du psych folk pendant la décennie suivante avec le mouvement New Weird America, qui voit également la popularité du genre freak folk grimper en flèche. Également, les premiers albums d'Animal Collective sont associés au freak folk, idem pour leur collaboration avec le musicien folk britannique Vashti Bunyan[11] et The Microphones/Mount Eerie[12] qui mêlent éléments naturels au lo-fi et au psychédélique. Ils se popularisent dans la scène musicale indépendante après leur succès bien accueilli sur Pitchfork Media[13],[14],[15] ; d'autres musiciens et groupes commencent à expérimenter le genre, comme Grizzly Bear[16], Devendra Banhart, et Grouper[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) "acid folk" at allmusic.com
  2. Van Waes, Gerald, « A Brief Overview of Psych-Folk and Acid Folk, from 60s until now » (consulté le 2 juillet 2009).
  3. (en) Hicks (2000), pp 59–60.
  4. a et b Richie Unterberger, « The Great San Bernardino Birthday Party & Other Excursions — Album Review », AllMusic, Rovi Corp. (consulté le 25 juin 2013).
  5. Richie Unterberger, « The Red Crayola Live 1967 — Album Review », AllMusic, Rovi Corp. (consulté le 26 juin 2013).
  6. (en) Richie Unterberger, « Sandy Bull — Biography », AllMusic, Rovi Corp. (consulté le 16 juin 2013).
  7. (en) Matthew Greenwald, « Fantasias for Guitar & Banjo — Album Review », AllMusic, Rovi Corp. (consulté le 16 juillet 2013).
  8. (en) Bruce Eder, « E Pluribus Unum — Album Review », AllMusic, Rovi Corp. (consulté le 16 juillet 2013).
  9. Sean Westergaard, « Still Valentine's Day 1969 — Album Review », AllMusic, Rovi Corp. (consulté le 16 juillet 2013).
  10. (en) Sweers (2005), pp. 40.
  11. « Splendid Magazine reviews Animal Collective (featuring Vashti Bunyan): Prospect Hummer », Splended,‎ (consulté le 30 juin 2009).
  12. (en) « Splendid E-zine reviews: The Microphones », Splendid (consulté le 30 juin 2009).
  13. (en) « Animal Collective: Sung Tongs », Pitchfork Media,‎ (consulté le 30 juin 2009).
  14. (en) « Animal Collective / Vashti Bunyan: Prospect Hummer EP », Pitchfork Media,‎ (consulté le 30 juin 2009).
  15. (en) « The Microphones: The Glow, Pt. 2 », Pitchfork Media,‎ (consulté le 30 juin 2009).
  16. (en) « Grizzly Bear Feeds on Psych-Folk », The Harvard Crimson,‎ (consulté le 30 juin 2009).
  17. (en) « Grouper - Dragging A Dead Deer Up A Hill review »,‎ (consulté le 30 juin 2009).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Philip Auslander, Performing Glam Rock: Gender and Theatricality in Popular Music, Ann Arbor, University of Michigan Press,‎ (ISBN 978-0-472-06868-5)
  • (en) Jim DeRogatis, Turn On Your Mind: Four Decades of Great Psychedelic Rock, Milwaukee, WI, Hal Leonard,‎ (ISBN 978-0-634-05548-5)
  • (en) Michael Hicks, Sixties Rock: Garage, Psychedelic, and Other Satisfactions, University of Illinois Press,‎ (ISBN 978-0-252-06915-4)
  • (en) Jeanette Leech, Seasons They Change: The Story of Acid and Psychedelic Folk, London, Jawbone Press,‎ (ISBN 978-1-906002-32-9)
  • (en) Edward Macan, Rocking the Classics: English Progressive Rock and the Counterculture, New York, Oxford University Press,‎ (ISBN 978-0-19-509888-4)
  • (en) Britta Sweers, Electric Folk: The Changing Face of English Traditional Music, New York, Oxford University Press,‎ (ISBN 978-0-19-515878-6)
  • (en) Richie Unterberger, Turn! Turn! Turn!: The '60s Folk-rock Revolution, San Francisco, Backbeat Books,‎ (ISBN 978-0-87930-703-5)