Ummagumma

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Ummagumma

Live par Pink Floyd
Sortie 25 octobre 1969
Enregistré Disque live
le 27 avril et le 2 mai 1969 au Mother's Club de Birmingham et au Manchester College of Commerce
Disque studio
d'avril à juin 1969 aux studios Abbey Road
Durée 86:11
Genre Rock psychédélique
Musique expérimentale
Producteur Pink Floyd (disque live)
Norman Smith (disque studio)
Label Harvest, EMI (UK)
Harvest/Capitol (US)
Critique

3.5 étoiles sur 5 Allmusic lien
2 étoiles sur 5 Blender lien
3 étoiles sur 5 Prog Archives lien

Albums par Pink Floyd

Ummagumma est le quatrième album du groupe de rock progressif britannique Pink Floyd. Sorti en double album en octobre 1969 en Angleterre et un peu plus tard aux États-Unis, il est composé d'un disque studio, et d'un disque en concert. L'album se classera à la 10ème place en France à sa sortie.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme Ummagumma semble ne rien vouloir dire. C'est en fait une expression argotique qui signifie « enlever ses bottes », mais signifie aussi « faire l'amour ». Ummagumma pourrait aussi désigner le rock 'n' roll[1]. D'ailleurs, la prononciation varie ; au cours d'une interview, Nick Mason dit oo-mah-goo-mah, tandis que Roger Waters, lors d'un concert, a prononcé uh-ma-gum-a[1].

L'album[modifier | modifier le code]

Ummagumma est le premier album-concept de Pink Floyd et l'un des premiers de la mouvance rock psychédélique / rock progressif britannique avec S.F. Sorrow des Pretty Things et Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles. Cependant, contrairement à la pratique précédente en la matière, le « concept » de celui-ci ne repose pas sur un récit ou un thème sous-jacents mais sur une cohérence formelle et proprement conceptuelle.

L'album contient deux disques, le premier reprenant des prestations publiques, le second composé de morceaux enregistrés en studio. Les concepts retenus sont, pour les deux disques présenter des morceaux longs (environ 10 minutes) composés et interprétés dans un esprit « psychédélique », pour l'album studio que chaque membre du groupe propose son propre morceau.

Au final les membres du groupe furent déçus par le résultat : David Gilmour ne sut pas « s'expliquer son succès commercial », tandis que Roger Waters dit simplement : “Ummagumma? What a disaster!” (« Ummagumma ? Quel désastre ! »). Il obtint pourtant en France le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros et connut une faveur certaine en Grande-Bretagne, figurant à la cinquième place dans le classement des albums[2]. Aux États-Unis, il atteindra la 74e place du Billboard 200[3] et se vendra à plus d'un million d'exemplaires.

Disque en concert[modifier | modifier le code]

La partie « live » est un concert enregistré au Mother's Club de Birmingham le 27 avril et au Manchester College of Commerce le 2 mai 1969. Il comprend Astronomy Domine et Careful with That Axe, Eugene, tous deux bien enrichis par rapport à leurs premières versions studio (respectivement dans The Piper at the Gates of Dawn et en 45 tours), et des versions évoluées de la même façon de deux morceaux de l'album A Saucerful of Secrets : le morceau-titre, enrichi d'une mélopée vocale de Gilmour basée sur la grille d'accords finale, et le psychédélique Set the Controls for the Heart of the Sun dans lequel la partie centrale instrumentale en partie improvisée se décompose en un crescendo suivi d'un mouvement « spatial » à l'ambiance éthérée, et double sa durée.

Disque studio[modifier | modifier le code]

La partie studio, au son assez déroutant à l'époque, est une suite de compositions psychédéliques en majorité instrumentales de chaque membre du groupe. Une anecdote montre à quel point cet album a été composé par chaque membre du groupe indépendamment des autres : David Gilmour, qui n'avait à l'époque jamais rien composé, exception faite de l'espagnolade A Spanish Piece dans More, demanda un peu d'aide à Roger Waters qui lui répondit simplement non[4]. L'idée de laisser à chaque membre du groupe une partie de l'album viendrait de Richard Wright, qui se sentait frustré de ne pas pouvoir jouer de la musique « sérieuse ». Il qualifiera quelques années plus tard sa propre production (Sysyphus) de « prétentieuse ».

Le titre Embryo, qui apparaît sur la compilation Works, fut enregistré pour Ummagumma, mais étant une composition de groupe, il fut écarté. Il fut cependant très largement utilisé dans le répertoire de concert du groupe à cette époque.

La pochette[modifier | modifier le code]

Réalisée, comme les deux précédents albums, par Hipgnosis, la pochette de l'album studio est globalement divisée verticalement en deux parties. Dans celle de droite, on voit l'extérieur d'une pièce donnant sur un jardin de style anglais. Dans ce jardin, on voit les différents membres du groupe (la photo est prise de manière à ce qu'aucun des membres ne cache ceux qui sont derrière lui) :

La partie gauche est composée d'un mur blanc :

  • au pied de ce mur est posé l'album de la musique du film Gigi (absent de la version américaine pour des raisons de copyright), une comédie musicale de 1958 ;
  • devant cet album est écrit « Pink Floyd » en lettres majuscules blanches posées sur le sol ;
  • sur le mur est accroché un cadre, dans ce cadre la même photo est reproduite, de manière à créer une mise en abîme. Dans ce cadre cependant, la position des membres du groupe est changée : celui qui était au premier plan passe au fond, celui du second plan au premier et ainsi de suite. Sur la pochette de l'album, le tout dernier cadre (minuscule) clôt cette mise en abîme en montrant la pochette du précédent album du groupe, A Saucerful of Secrets, sur la pochette du 33 tours et de la première édition CD (pochette 4 CD). Ce n'est pas le cas du poster qui accompagne la version CD et de la deuxième édition CD (pochette cartonnée verte). Cette photo figure au milieu du verso et sur le côté de la pochette live de la deuxième édition CD.

La pochette de l'album live (prise près de l'aérodrome de Biggin Hill, près de Londres) représente deux roadies, Alan Stiles et Peter Watts, avec le camion de tournée du groupe et leurs instruments étalés sur la route de manière à former un triangle, pointe vers le bas. Cette photo figure au milieu du verso et sur le côté de la pochette studio de la deuxième édition CD.

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Disque 1[modifier | modifier le code]

Les morceaux crédités à Pink Floyd sont composés par David Gilmour, Nick Mason, Roger Waters et Richard Wright.

Face A
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
1. Astronomy Domine Syd Barrett Roger Waters, Richard Wright 8:29
2. Careful with That Axe, Eugene Pink Floyd Roger Waters (vocalises de Gilmour) 8:50
Face B
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
3. Set the Controls for the Heart of the Sun Roger Waters Roger Waters 9:12
4. A Saucerful of Secrets Pink Floyd Instrumental (vocalises de Gilmour) 12:48

Disque 2[modifier | modifier le code]

Face A
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
1. Sysyphus (Part 1) Richard Wright Instrumental (vocalises de Wright) 1:08
2. Sysyphus (Part 2) Richard Wright Instrumental (vocalises de Wright) 3:30
3. Sysyphus (Part 3) Richard Wright Instrumental 1:49
4. Sysyphus (Part 4) Richard Wright Instrumental 6:59
5. Grantchester Meadows Roger Waters Roger Waters 7:28
6. Several Species of Small Furry Animals Gathered Together in a Cave and Grooving with a Pict Roger Waters Instrumental (imitations de Waters) 4:59
Face B
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
7. The Narrow Way (Part 1) David Gilmour David Gilmour 3:28
8. The Narrow Way (Part 2) David Gilmour David Gilmour 2:53
9. The Narrow Way (Part 3) David Gilmour David Gilmour 5:57
10. The Grand Vizier's Garden Party (Part 1 - Entrance) Nick Mason Instrumental 0:59
11. The Grand Vizier's Garden Party (Part 2 - Entertainment) Nick Mason Instrumental 7:05
12. The Grand Vizier's Garden Party (Part 3 - Exit) Nick Mason Instrumental 0:41

Personnel[modifier | modifier le code]

Certifications[modifier | modifier le code]

Pays Ventes Certification Date
Drapeau des États-Unis États-Unis[5] 1 000 000 + Disque de platine Platine 11/03/1994
Drapeau de la France France[6] 100 000 + Disque d'or Or 1977

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Grantchester Meadows est un parc près de Cambridge où les membres du groupe allaient parfois[4].
  • C'est Lindy, la femme de Nick Mason, qui joue de la flute sur The Grand Vizier's Garden Party[4].
  • Jude, la future femme de Roger Waters à l'époque, apparaît sur la pochette intérieure de l'album, mais elle a été enlevée sur les versions suivantes[4].
  • Il y a un message caché sur Several Species... (cf. l'article concerné).

Citations[modifier | modifier le code]

Je n'avais jamais rien écrit avant. J'ai simplement été dans le studio et j'ai commencé à faire un peu n'importe quoi, puis j'ai rassemblé tous ces petits morceaux. J'ai appelé Roger [Waters] une fois, pour lui demander de m'écrire certains des textes. Il m'a juste répondu "non"[7].

– David Gilmour, Mojo Magazine, mai 1994

Ça n'avait rien d'un album de groupe. La partie live sonne incroyablement vieillote maintenant, bien que le fait que Pink Floyd joue au Mother's de Birmingham était considéré comme un événement à l'époque. On recherchait de nouvelles façons de faire un album, cependant je pense que cela démontre que le tout est toujours meilleur que nos individualités. Les gens d'EMI étaient très étroits d'esprit. C'était encore dirigé par des « gars en costards blancs ». Un manager de studio m'a empêché d'éditer mes propres enregistrements parce que soi-disant je ne faisais pas vraiment partie du groupe[7].

– Nick Mason, Mojo Magazine, mai 1994

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La FAQ de Pink Floyd
  2. officialcharts.com /pinkfloyd/albums consulté le 18 décembre 2012
  3. allmusic/album/ummagumma/awards consulté le 18 décembre 2012
  4. a, b, c et d Notes sur Ummagumma
  5. RIAA Database/goldplat/search consulté le 18 décembre 2012
  6. Infodisc.fr/certifications consulté le 18 décembre 2012
  7. a et b Article de Mojo Magazine

Liens externes[modifier | modifier le code]