Strychnine

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Strychnine
Molécule de strychnine
Molécule de strychnine
Identification
No CAS 57-24-9
No EINECS 200-319-7
SMILES
InChI
Apparence cristaux inodores et incolores, de goût amer[1].
Propriétés chimiques
Formule brute C21H22N2O2  [Isomères]
Masse molaire[3] 334,4116 ± 0,0193 g/mol
C 75,42 %, H 6,63 %, N 8,38 %, O 9,57 %,
pKa 8.26 (25 °C)[2]
Propriétés physiques
fusion 287 °C [2]
Solubilité 160 mg·l-1 (eau, 25 °C) [2]
Soluble dans l'alcool
et le chloroforme
Masse volumique 1,36 g·cm-3[1]
Précautions
Directive 67/548/EEC
Très toxique
T+
Dangereux pour l’environnement
N



Transport
66
   1692   
[5]
SIMDUT[6]
D1A : Matière très toxique ayant des effets immédiats graves
D1A,
SGH[7]
SGH06 : ToxiqueSGH09 : Danger pour le milieu aquatique
Danger
H300, H310, H410,
Écotoxicologie
DL50 2 mg·kg-1 (souris, oral)
0,41 mg·kg-1 (souris, i.v.)
0,474 mg·kg-1 (souris, s.c.)
0,98 mg·kg-1 (souris, i.p.) [2]
LogP 1,68[1]
Composés apparentés
Autres composés
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La strychnine est un alcaloïde très toxique extrait de la noix vomique, fruit du Strychnos nux-vomica. A très faibles concentrations, il est utilisé comme stimulant. C'est le premier poison de l'histoire à être isolé. Il est le poison classique dans la lutte contre les corbeaux et les petits rongeurs. Cette utilisation est interdite en France depuis 1999.

Propriétés physiques et chimiques[modifier | modifier le code]

Deux pharmaciens français, Pierre Joseph Pelletier et Joseph Caventou isolèrent la strychnine en 1818. La strychnine s'obtient en râpant la noix vomique dans l'alcool bouillant puis en distillant la liqueur obtenue.

Les cristaux sont des prismes rhomboïdaux incolores, inodores, mais de forte saveur amère. Les solutions sont lévogyres. La structure chimique est complexe ; deux prix Nobel de chimie ont contribué à résoudre le problème: Sir Robert Robinson qui proposa la formule en 1946 et Robert Woodward qui réalisa la synthèse totale en 1954.

Une vue « 3D » aide à mieux comprendre la complexité structurelle de la molécule.

Effets sur l'être humain[modifier | modifier le code]

  • La strychnine est un stimulant du système nerveux central. Elle accroît le goût, l'odorat et la vue. À dose moyenne, elle augmente l'amplitude respiratoire.
  • Thomas Hicks devint champion olympique du marathon en 1904, grâce à deux piqûres de strychnine[réf. nécessaire].
  • Autre anecdote du type, Dorando Pietri, en 1908, dopé à la strychnine lui aussi, s'effondra dans les derniers mètres alors qu'il menait la course. Les juges le portèrent jusqu'à l'arrivée. Il fut disqualifié pour « aide étrangère »[8].
  • À dose létale, 0,2 mg·kg-1 pouvant suffire : spasmes musculaires au bout de 10 à 20 minutes en commençant par la tête et le cou, fortes douleurs, convulsions, arrêt cardiaque, puis la mort par asphyxie. Les meilleurs antidotes sont les barbituriques[réf. nécessaire].
  • À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Adolf Hitler, alors âgé de 56 ans, recevait jusqu'à six piqûres de strychnine par jour pour tenir pendant les bombardements de Berlin par les Soviétiques[9].

Suicides et assassinats à la strychnine[modifier | modifier le code]

  • L'empoisonneur de Lambeth (en), assassin à la strychnine de quatre prostituées, fut pendu en 1892.
  • Le guitariste de blues Robert Johnson aurait été empoisonné à la strychnine à l'aide d'une bouteille de whisky offerte par le tenancier d'un bar, jaloux de le voir tourner autour de sa femme en 1938.
  • Le bandit sicilien Gaspare Pisciotta (1924-1954) fut empoisonné en prison par la mafia ; de la strychnine fut versée dans son café.

Apparitions[modifier | modifier le code]

Dans les romans policiers[modifier | modifier le code]

Dans la bande dessinée[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]


Dans la chanson[modifier | modifier le code]

  • Dans l'album Solace, le groupe canadien Ion Dissonance a une chanson nommée She's strychnine.
  • Strychnine est le nom d'artiste de Gab.357 (ex-Ion Dissonance) dans le groupe de hip hop hardcore montréalais The Crimson Syndicate.
  • The Sonics : Strychnine est une chanson originale du groupe garage des années 1960 (album : Here Are the Sonics), reprise plus tard par les Cramps.
  • Strychnine est un groupe de rock bordelais des années 1980, représentatif de la vague punk-rock français de cette époque (cf Rock à Bordeaux) ; standard du rock-garage, ce morceau a souvent été repris ou arrangé (cf Tuepogo E64).
  • Dans Le Roi d'Angleterre, Nino Ferrer chante que « Madame Joséphine nourrit de strychnine toutes ses voisines de l'étage au-dessous. »
  • Un des albums du groupe de death metal belge Aborted est nommé Strychine. 213.
  • Le pseudonyme du chanteur Billie Joe Armstrong de Green Day dans leur side-project The Foxboro Hot Tubs est Reverend Strychnine Twitch. Les chansons du groupe font par ailleurs référence à la strychnine dans plusieurs chansons.
  • Un album et un titre du groupe The Veils s'intitulent Nux Vomica, dérivé de Strychnos nux-vomica, arbre produisant la Noix Vomique à partir de laquelle est extrait la Strychnine.
  • Dans Pulque Mescal Y Tequila de l'album Eros Über Alles, Hubert-Félix Thiéfaine « ... picole en compagnie d'un spectre imbibé de strychnine ».

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

  • Dans le film d'animation Astérix et Cléopâtre (1968), la strychnine est utilisée comme ingrédient dans la conception du gâteau pour Cléopâtre : le « pudding à l'arsenic ».
  • Dans le film "Barry Lyndon" Lady Lyndon tente de se suicider en ingérant de la strychnine.
  • Dans le téléfilm Psychose IV (1990), il est révélé que le jeune Norman Bates a assassiné sa propre mère accompagnée de son amant en versant de la strychnine dans les rafraichissements qu'il devait leur servir.
  • Dans le dernier épisode de Prison Break, saison 4, on tente d'empoisonner Sara Tancredi à la strychnine dans la prison où elle est enfermée.
  • Dans les épisodes 3 et 4 de la saison 2 de Sur écoute, de la drogue coupée à la strychnine est distribuée dans la prison par un gardien, à son insu, à la suite d'une machination pour lui faire du tort.
  • Dans le film Les Dents de la mer (1975), le scientifique spécialisé dans les requins Matt Hooper, veut neutraliser le requin avec de la strychnine.
  • Dans le film les Nerfs à vif (1962), la chienne de Sam Bowden meurt empoisonnée à la strychnine.
  • Dans le film les Nerfs à vif (1991), Max Cady prétend, afin de justifier sa génétique exceptionnelle, que sa grand-mère sniffait de la strychnine.
  • Dans la série télévisée Commissaire Moulin, dans l'épisode intitulé « Zombies », le principal dealer coupe sa cocaïne avec de la strychnine, les acheteurs ne font pas long feu avec ce poison.
  • Dans la série en noir et blanc de La Famille Addams, Morticia propose, pour se détendre, ce poison à un invité (normal).
  • Dans le film Un Crime au Paradis, Lucienne Braconier tente d'empoisonner son mari.
  • Dans le film La notte che Evelyn uscì dalla tomba (1971), le cousin de Alan, George, fait boire à Gladys du champagne contenant de la strychnine..

Au théâtre[modifier | modifier le code]

  • Dans la pièce Le noir te va si bien, Lady Lucy Guilvaillant secoue une bouteille de cognac en chantant la formule de la strychnine : « C21H22N2O2, c'est la formule de la strychnine, C21H22N2O2, cela vous tuerait un troupeau de bœufs. »
  • Dans la pièce Le Dindon, de Georges Feydeau, Maggie Soldignac tente de se suicider et de tuer Vatelin –son amant et héros de la pièce– en mettant quelques gouttes de strychnine dans leurs tasses de thé respectives.

Dans les jeux[modifier | modifier le code]

  • Strychnine est le nom français d'un personnage féminin de la ville de Big Town dans le jeu vidéo Fallout 3.
  • La Strychnine est aussi partiellement évoquée dans le jeu vidéo d'horreur Amnesia : A Machine For Pigs

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c STRYCHNINE, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009.
  2. a, b, c et d (en) « Strychnine » sur ChemIDplus, consulté le 10 février 2009.
  3. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  4. « strychnine » sur ESIS, consulté le 11 février 2009.
  5. Entrée du numéro CAS « 57-24-9 » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 28 novembre 2008 (JavaScript nécessaire).
  6. « Strychnine » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009.
  7. Numéro index 614-003-00-5 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008).
  8. Enrico Benedetto, « Pietri, perdant légendaire », dans Le Monde du 30 septembre 2000, également cité dans Le Monde 2 no 230 du 12 juillet 2008, p. 58–59.
  9. La bataille d'Allemagne, documentaire de Daniel Costelle, 1973
  10. « [...] je me traînai jusque chez moi, je pris un peu de nourriture, une forte dose de strychnine, et je me jetai tout habillé pour dormir sur mon lit pas fait... La strychnine, Kemp, est un merveilleux tonique ; ça vous remonte un homme. » (chapitre XX, Le logement de Great Portland Street).