William Degouve de Nuncques

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William Degouve de Nuncques, né le 28 février 1867 à Monthermé, France, et mort le 1er mars 1935 à Stavelot, Belgique, est un peintre symboliste.

William Degouve de Nuncques, Paysage enneigé avec barge, 1911,
Otterlo, Musée Kröller-Müller

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et milieu familial[modifier | modifier le code]

William Degouve de Nuncques est issu d'une grande et ancienne famille de la noblesse française où les arts furent toujours à l’honneur. L'un de ses oncles fut préfet de la Seine, un autre conservateur au Musée des beaux-arts de Valenciennes et protecteur du sculpteur Carpeaux. William Degouve de Nuncques voue une grande admiration à son père, esprit très cultivé, qui l’initie non seulement à l’art et à la littérature mais aussi à la philosophie, aux sciences et à la musique.

Les jeunes années[modifier | modifier le code]

Né à Monthermé dans les Ardennes françaises, ses parents s'installent en 1870 à Spa d'abord, puis à Bruxelles après la guerre franco-prussienne de 1870. Il commence à dessiner très tôt sans jamais suivre d'enseignement artistique à proprement parler hormis les conseils prodigués par le peintre hollandais Jan Toorop avec lequel il partage un atelier à Machelen en 1883. Il se lie également avec le peintre Henry de Groux qui le prend comme modèle, entre autres pour la tête de son célèbre Christ aux outrages[1].

La maturité[modifier | modifier le code]

Encouragé par Rodin il expose pour la première fois en 1890 à Bruxelles. Il montre au Salon de Paris de 1894 la toile Place du Warichet à Perwez, peinte en 1889, qui se vend immédiatement. Il épouse la belle-sœur d’Émile Verhaeren, la peintre Juliette Massin, renforçant ainsi ses liens avec les milieux symbolistes, dont notamment Fritz Thaulow, Maurice Denis et en particulier avec Pierre Puvis de Chavannes dont il apprécie les œuvres au climat de sourde mélancolie. La notion d'allégorie rejoint sa conception du symbolisme en alliant suspension du flux temporel, théâtralisation de l'espace voué au spirituel, volonté de sortir de l'histoire et désir de fonction poétique. Il se singularise pourtant de son modèle par un rejet quasi général de la figure humaine, laissant apparaître le recueillement par une mise en retrait de toute individualité. Il est invité au Salon annuel de 1893 du Groupe des XX où il présente 6 œuvres dont La Maison rose, peinte en 1892[2] et un dessin représentant son ami Henry de Groux. Il rejoint l'association La Libre Esthétique et expose des scènes nocturnes à l'huile ou au pastel dont il a le secret. Ses œuvres s'inspirent de poètes comme Maurice Maeterlinck et revêtent des aspects surnaturels et des climats étranges accentués par les ambiances nocturnes qui préfigurent le surréalisme. Juste avant la guerre, il se lance dans une quête mystique qui oriente son art vers des sujets religieux, tandis que son langage symboliste s'allie à une technique un peu plus expressionniste. En 1919, la mort de sa femme le plonge dans un profond désespoir et il arrête de peindre pendant trois ans. Il s'installe à la fin de sa vie à Stavelot où il se marie en 1930 avec sa deuxième compagne, Suzanne Poulet. À Stavelot, il peint les paysages ardennais. Il perd l'usage de sa main. Il meurt à Stavelot en 1935 et est enterré au cimetière d'Uccle

Honneurs[modifier | modifier le code]

Une rue porte son nom dans la commune de Schaerbeek.

Ses œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice sur le Christ aux outrages
  2. La Maison rose, Otterlo, Musée Kröller-Müler

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]