Bataille de Leuthen

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Bataille de Leuthen
Bataille de Leuthen, par Carl Röchling.
Bataille de Leuthen, par Carl Röchling.
Informations générales
Date 5 décembre 1757
Lieu Leuthen (en) en Silésie
Issue Victoire prussienne
Belligérants
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse Drapeau de l'Autriche Archiduché d'Autriche
Commandants
Frédéric II de Prusse Charles de Lorraine
Leopold Joseph von Daun
Forces en présence
36 000 hommes
167 canons
65 000 hommes
210 canons
Pertes
1 141 morts
5 118 blessés
85 prisonniers
3 000 morts
7 000 blessés
12 000 prisonniers
Guerre de Sept Ans
Batailles
Europe

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Saint-Louis (1758) · Gorée (1758) · Gambie

Coordonnées 51° 08′ N 16° 48′ E / 51.133, 16.851° 08′ Nord 16° 48′ Est / 51.133, 16.8  

Géolocalisation sur la carte : Pologne

(Voir situation sur carte : Pologne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Leuthen.

La bataille de Leuthen est une bataille de la guerre de Sept Ans qui eut lieu, le 5 décembre 1757, près de Leuthen (en), en Silésie. La Prusse de Frédéric II y écrase l'armée impériale autrichienne.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les guerres de Silésie[modifier | modifier le code]

Le XVIIIe siècle est marqué par deux grandes rivalités : la France contre l’Angleterre et la Prusse contre l’Autriche. Le conflit entre l’Autriche et la Prusse trouve son origine en 1740 quand Frédéric II de Prusse profite de la faiblesse de l’armée autrichienne pour s’emparer de la Silésie, province correspondant à peu près à l’actuel sud de la Pologne, après la bataille de Mollwitz. Voulant profiter de ce différend, la France entre en guerre au côté de la Prusse pour regagner sa prédominance européenne. Mais l’intervention de la Hongrie et de l’Angleterre va contrecarrer les plans français (bataille de Dettingen).

En juillet 1743, la Prusse signe un traité de paix avec l’Autriche lui garantissant la Silésie et la Saxe. Cette paix ne va pas durer : en 1745, effrayé par la montée en puissance autrichienne, Frédéric II décide de déclarer la guerre à l’Autriche et envahit la Bohême. Cette attaque permet à la France de reprendre la main en Hollande (bataille de Fontenoy) mais la Prusse est par la suite refoulée de Bohême. Cependant, grâce aux victoires de Hohenfriedberg et de Soor, Frédéric peut signer une paix encore une fois favorable lui garantissant la possession de la Silésie (décembre 1745).

La guerre de Sept Ans[modifier | modifier le code]

Soirée de bataille, Marktleuthen.

En 1756, un retournement majeur intervient : la France s’allie avec l’Autriche. Conscient que sa position est plus que précaire, Frédéric décide de prendre les devants et envahit la Saxe puis la Bohême en septembre 1756. Frédéric possède un atout dans sa manche : le soutien de l’Angleterre. En effet, celle-ci verrait d’un très bon œil la France empêtrée dans une guerre européenne, ce qui lui permettrait d’avoir les mains libres outremer pour prendre possession des colonies françaises.

Pour les Prussiens, la guerre commence difficilement : le 18 juin 1757, une armée autrichienne commandée par Daun défait les troupes de Frédéric à la bataille de Kolin. La menace la plus pressante devient alors l’armée franco-impériale venant de l’ouest, que Frédéric va écraser lors de la bataille de Rossbach, le 5 novembre 1757. Cette menace supprimée, il se tourne une nouvelle fois vers l’armée autrichienne qui est en train d’envahir la Silésie. Revenant à marche forcée de Saxe, il fonce vers l’armée commandée par le prince Charles de Lorraine et le maréchal Daun.

Plan de bataille[modifier | modifier le code]

L’armée de Frédéric est maigre puisqu’elle ne compte que 36 000 hommes. Le moral est cependant très haut après la victoire de Rossbach. Frédéric ne souhaite pas attendre pour attaquer car il a peur que les Autrichiens profitent de l’hiver pour affirmer leur emprise sur la Silésie et qu’ils soient prêts au printemps pour porter la guerre dans le Brandebourg. En face, Charles de Lorraine peut compter sur une armée de 65 000 hommes mais sans artillerie lourde, laissée au camp de Breslau (certains officiers, dont Daun, sont partisans d’attendre le combat au lieu d’aller à sa rencontre).

L’armée de Frédéric progresse d’ouest en est le long de la route qui va de Neumarkt à Breslau et l’armée autrichienne dans le sens opposé. Le 5 décembre au matin, la région est couverte de neige et de brouillard. Les 2 armées ne sont distantes que de quelques kilomètres mais il est difficile de discerner les positions des uns et des autres. Les premières escarmouches ont lieu autour du village de Borne (en) entre les avant-gardes des deux armées. Les Autrichiens sont repoussés de ce village et Charles, averti de l’imminence du combat met son armée en position de combat.

Le déploiement autrichien est fait perpendiculairement à la route sur un front d’environ 6 kilomètres et s’appuyant sur le village de Nippern (en) au nord jusqu’au village de Sagschutz (en) au sud. Le plus gros village de la région, Leuthen, se trouve approximativement au centre du dispositif des Autrichiens. Charles de Lorraine n’a pas de plan de bataille particulier si ce n’est celui d’attendre les Prussiens puis de les battre en bénéficiant de l’avantage de la position défensive.

Déroulement[modifier | modifier le code]

La feinte[modifier | modifier le code]

Frédéric fait semblant d'attaquer au centre pour mieux contourner l'armée autrichienne par sa droite

De son côté, Frédéric arrive sur le champ de bataille et décide alors de contourner l’armée autrichienne par le sud et d’attaquer son flanc gauche en profitant de la plus grande manœuvrabilité de son armée. Il lance tout d’abord quelques troupes de cavalerie et d’infanterie vers le nord le long de la route pour faire diversion et donner l’impression d’une attaque centrale. L’armée autrichienne réagit comme prévu et Charles de Lorraine va dégarnir son flanc gauche en envoyant la cavalerie de Daun vers son flanc droit en renfort.

La manœuvre[modifier | modifier le code]

Sous couvert du brouillard et du relief, l'armée prussienne se déplace sur le flanc gauche des Autrichiens

Le reste de l’armée prussienne, profitant du relief et du brouillard, se dirige vers le sud en 2 colonnes parallèles. Vers midi, l’armée prussienne effectue un quart de tour à gauche et se retrouve en ordre de bataille sur 2 lignes sur le côté du flanc gauche autrichien. L’armée autrichienne n’a pas réagi et a déjà perdu la bataille, reste à savoir quelle sera l’ampleur de la défaite.

L’assaut[modifier | modifier le code]

Attaque de l'armée prussienne sur le flanc gauche de l'armée autrichienne

Les troupes du général Wedell (de) sont chargées du premier assaut. Il attaque vers Sagschutz avec la cavalerie de Zieten qui défait la cavalerie adverse. L’attaque est violente, soutenue par l’artillerie, et la ligne autrichienne commence à battre en retraite vers Leuthen. À ce moment, Charles de Lorraine comprend qu’il a été berné et essaye de reformer une ligne de combat en faisant pivoter les troupes inutilisées de son flanc droit. Mais les qualités manœuvrières de l’armée autrichienne ne sont pas celles des Prussiens et la confusion s’installe. Il est 15h30, l’armée autrichienne s’est rétablie tant bien que mal autour de Leuthen dans l’espoir d’arrêter la progression de l’armée adverse. Les combats dans Leuthen sont féroces mais les Prussiens prennent le dessus. L’armée de Charles de Lorraine est encore en ordre mais reflue de plus en plus.

Suite et fin[modifier | modifier le code]

Assaut final et rupture de l'armée autrichienne

La cavalerie autrichienne tente alors une dernière charge sur le flanc gauche des Prussiens. Elle se voit accueillie par l’artillerie et l’infanterie de Retzow (de) ainsi que par une contre-charge de Driesen (de). Repoussée violemment, l’armée autrichienne finit par rompre sous l’assaut général des troupes prussiennes.

Bilan[modifier | modifier le code]

La bataille de Leuthen est une grande victoire pour Frédéric et lui permet d’éradiquer la menace autrichienne et de s’assurer définitivement du contrôle de la Silésie. Cette bataille est souvent considérée comme le plus bel exemple du génie militaire de Frédéric avec la mise en œuvre d'une de ses stratégies favorites : l'ordre oblique. Pour autant, la guerre n’est pas finie car la Russie et la Suède entrent alors en jeu et attaquent la Prusse. L’armée suédoise sera vaincue mais l’armée russe infligera deux défaites à Frédéric (à la bataille de Zorndorf et à la bataille de Kunersdorf). L’indécision des Russes et surtout la mort d’Élisabeth, impératrice de Russie en janvier 1762 vont mettre un terme à la guerre de Sept Ans. La Prusse signera alors le traité de Hubertusburg le 15 février 1763 qui lui permet de garder la Silésie mais perd à tout jamais la Saxe .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]