Combat du 8 juin 1755

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Combat du 8 juin 1755
La capture de l’Alcide et du LysArtiste inconnu (XVIIIe siècle)[1]
La capture de l’Alcide et du Lys
Artiste inconnu (XVIIIe siècle)[1]
Informations générales
Date 8 juin 1755
Lieu Golfe du Saint-Laurent, au large du cap Race (Terre-Neuve)
Issue Victoire britannique
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Commandants
Toussaint Hocquart[2] Edward Boscawen
Forces en présence
3 vaisseaux de ligne
(dont un en flûte)
7 vaisseaux de ligne[3]
Pertes
2 vaisseaux capturés
130 tués et blessés
2 000 prisonniers
7 tués
25 blessés
Guerre de la Conquête
Batailles
Jumonville Glen (1754) · Fort Necessity (1754) · Fort Beauséjour (1755) · 8 juin 1755 · Monongahela (1755) · Petitcoudiac (1755) · Lac George (1755) · Fort Bull (1756) · Fort Oswego (1756) · Kittanning (1756) · Fort William Henry (1757) · Louisbourg (1758) · Le Cran (1758) · Fort Carillon (1758) · Fort Frontenac (1758) · Fort Duquesne (1758) · Fort Ligonier (1758) · Québec (1759) · Fort Niagara (1759) · Beauport (1759) · Plaines d'Abraham (1759) · Sainte-Foy (1760) · Ristigouche (navale) (1760) · Mille-Îles (1760) · Signal Hill (1762)

Le combat du 8 juin 1755 est une bataille navale entre une petite escadre française et une escadre britannique, au début de la guerre de la Conquête, pendant de la guerre de Sept Ans en Amérique du Nord. Les Britanniques capturent l'Alcide (de 3e rang) et le Lys dans le golfe du Saint-Laurent à environ 20 lieues (78 km) au sud sud-est au large du cap Race, Terre-Neuve[4]. La bataille contribue à la déclaration de guerre formelle en 1756, marquant le début de la guerre de Sept Ans.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article principal : Guerre de la Conquête.

En 1754, les forces coloniales françaises et britanniques s'affrontent une première fois à la bataille de Jumonville Glen puis à nouveau à la bataille de Fort Necessity, pour le contrôle de la partie supérieure de la vallée de l'Ohio, près de la ville actuelle de Pittsburgh. Lorsque la nouvelle de ces affrontements atteint Londres le gouvernement britannique décide d'envoyer les troupes régulières pour occuper le site sur lequel les Français avaient construit Fort Duquesne. La nouvelle des préparatifs britanniques atteint la France, où des convois de troupes sont également préparés, prêts à être envoyés en renfort en Amérique du Nord. La Royal Navy, avertie des plans français, envoie une flotte de 8 vaisseaux de ligne, sous le commandement du vice-amiral Boscawen dans le golfe du Saint-Laurent avec pour mission d'intercepter les vaisseaux français qui se rendraient à Québec. Boscawen croise le long des côtes sud de Terre-Neuve. Trois semaines plus tard, une seconde flotte, placée sous le commandement de l'amiral Holbourne, est envoyée pour intercepter les renforts français.

La flotte française, commandée par le chef d'escadre Dubois de la Motte, parvient à éviter en grande partie la flotte britannique placée en embuscade. Une grande partie des navires de transport français atteignent Louisbourg et certains parviennent même à éviter Boscawen et à atteindre Québec. Seuls trois vaisseaux sont séparés du reste de la flotte et se trouvent face à la flotte britannique.

Le combat[modifier | modifier le code]

Captain Richard Howe, peint par John Singleton Copley (1794)

Le HMS Dunkirk, le HMS Defiance et le HMS Torbay entrent en vue du Dauphin Royal, de l'Alcide (capitaine Toussaint Hocquart) et du Lys[5]. Le Lys navigue alors en flûte et sont armement avait été ramené à 22 canons pour lui permettre d'embarquer les soldats du Régiment de la Reine et du Régiment du Languedoc, huit compagnies au total. L’Alcide portait 64 canons. Ces trois vaisseaux sont bientôt rejoints par les bâtiments britanniques. Hocquart, commandant de l’Alcide, crie par trois fois porte-voix en main : « Sommes-nous en guerre ou en paix? », ce à quoi Richard Howe, capitaine du Dunkirk, réponds : « En paix, en paix ». Mais, dès que le Dunkirk est à une demi-portée de pistolet, ses canons ouvrent le feu sur l’Alcide. L’Alcide étant mieux armé que les deux autres vaisseaux français, réplique au feu britannique et combat bravement pendant cinq heures. Mais, ayant subi des dégâts important, il finit par abaisser son pavillon, tout comme le Lys. Le Dauphin Royal parvient à s'échapper à la faveur du brouillard et à regagner le continent.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les Britanniques continueront après ce combat à harceler les vaisseaux français traversant l'Atlantique, alors même que les deux nations n'étaient pas encore officiellement en guerre. La guerre est finalement déclarée par la France en 1756. Les prisonniers français, des hommes de troupe pour la plupart, destinée à la Nouvelle-France, sont internés sur l'île Georges dans le port d'Halifax et traités comme des prisonniers de guerre.

À bord de l'Alcide et du Lys les Britanniques découvrent 10 000 couteaux à scalper destinés aux Acadiens menés par Beausoleil et aux Indiens Micmacs du Chef Cope qui continuaient à combattre dans la guerre anglo-micmac[6].

Hocquart est le prisonnier de Boscawen pour la troisième fois de sa carrière ; il avait été capturé une première fois au cours d'un combat de frégates en 1744 au début de la guerre de Succession d'Autriche. Il l'avait fait à nouveau prisonnier lors de la première bataille du cap Finisterre et cette fois à bord de l’Alcide.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au premier plan de la toile, le HMS Defiance, commandé par le Captain Thomas Andrews faisant feu sur la vaisseau français Lys, qui ne réplique pas. Entre les deux vaiseaux, à l'arrière-plan, on peut apercevoir le HMS Dunkirk commandé par le Captain Richard Howe et l’Alcide commandé par Toussaint Hocquart. Sur la gauche, un vaisseau marchand britannique semble se rapprocher.
  2. Levot 1852, p. 915–916
  3. Lettres et mémoires pour servir à l'histoire du Cap Breton depuis son établissement jusque à la reprise de cette ile par les anglais en 1758. p248-269
  4. Barrow 1838, p. 26
  5. Barrow 1838, p. 25
  6. (en) Thomas H. Raddall, Halifax : Warden of the North, Nimbus, 1993 (1re éd. 1948), p. 45

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) The Naval Chronicle, vol. 7, Bunney & Gold (lire en ligne), p. 200
  • (en) John Barrow, The life of Richard, Earl Howe, K.G. : Admiral of the Fleet and General of Marine, Londres,‎ 1838
  • (en) Rene Chartrand et Jack L. Summers, Military Uniforms in Canada, 1665–1970, Ottawa, Canadian War Museum,‎ 1981
  • Prosper Levot, Biographie bretonne : A-J, Cauderan,‎ 1852 (lire en ligne), p. 915
  • Lettres et mémoires pour servir à l'histoire du Cap Breton depuis son établissement jusque à la reprise de cette ile par les anglais en 1758.La Haye, Pierre Gosse / Londres, John Nourse, 1760, [New York, Johnson Reprint, 1966].