Bataille de Fort Beauséjour

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Bataille de Fort Beauséjour

Camp du 43ème Régiment britannique pendant le siège du Fort Beauséjour, juin 1755
Informations générales
Date 3 au 16 juin 1755
Lieu Près de Sackville, Nouveau-Brunswick
Issue Victoire britannique
Belligérants
Royaume de France Royaume de France  Grande-Bretagne
Commandants
Louis Du Pont Duchambon de Vergor Robert Monckton
Forces en présence
Inconnu 2 000
Pertes
162 morts, blessés ou capturés Inconnu
Guerre de Sept Ans
Batailles
Europe

Minorque (navale) — Lobositz — Reichenberg — Prague — Kolin — Hastenbeck — Gross-Jägersdorf — Moys — Rossbach — Breslau — Leuthen — Krefeld — Domstadl — Zorndorf — Saint-Cast — Tornow — Hochkirch — Lutzelberg (1758) — Bergen — Kay — Minden — Kunersdorf — Neuwarp (navale) — Hoyerswerda — Maxen — Meissen — Landshut — Emsdorf — Warburg — Legnica — Kloster Kampen — Torgau — Villinghausen — Kolberg — Wilhelmstahl — Burkersdorf — Lutzelberg (1762) — Freiberg — Baie de Quiberon (navale)


Amérique du Nord
Jumonville Glen — Fort Necessity — Fort Beauséjour — Monongahela — Petitcoudiac — Lac George — Fort Bull — Fort Oswego — Kittanning — Fort William Henry — Louisbourg — Le Cran — Fort Carillon — Fort Frontenac — Fort Duquesne — Fort Ligonier — Fort Niagara — Beauport — Plaines d'Abraham — Sainte-Foy — Ristigouche (navale) — Mille-Îles — Signal Hill


Inde
Plassey — Gondelour — Negapatam (navale) — Pondichéry (navale) — Wandiwash


Philippines
Manille

La bataille de Fort Beauséjour a marqué le début d'une offensive britannique dans le théâtre nord-américain lors de la guerre de Sept Ans ou la Guerre franco-indienne. À partir du 3 juin jusqu'à la capitulation française le 16 juin 1755, une puissante armée britannique, sous le commandement du colonel Robert Monckton, basée au fort Lawrence avec 2 000 volontaires du Massachusetts et d'un petit détachement de troupe régulière, assiégea la garnison de 460 hommes du Fort Beauséjour dans le but d'ouvrir l'Isthme de Chignectou aux Britanniques.


Sommaire

[modifier] Prélude à la bataille

En juin 1755, la population acadienne n'ayant toujours pas prêté le serment d'allégeance inconditionnelle à la couronne britannique, le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse (anciennement l'Acadie), Charles Lawrence, redoutant de voir les Acadiens, ces "French Papists", prendrent les armes, planifie une expédition afin de prendre le fort Beauséjour. Le gouverneur du Massachusetts, William Shirley, y collabore en envoyant 2 000 hommes pour joindre les 2 350 soldats réguliers et miliciens dépêchés par Lawrence.

[modifier] Historique de la bataille

Il faut préciser que le fort Beauséjour en pentagone, avec cinq bastions, était en piteux état car les travaux étaient toujours en cours au début juin 1755, quand les troupes anglo-américaines passèrent à l'attaque. En plus, celui-ci ne pouvait contenir pas plus que deux cent cinquante soldats.

Le 2 juin, un colon français aperçut une flotte britannique d'une quarantaine de navires dans la baie Françoise (aujourd'hui baie de Fundy), en attente de jeter l'ancre à l'entrée de Beaubassin. Alerté, Monsieur de Vergor envoya des courriers à Québec, à rivière Saint-Jean, à Louisbourg et à l'île Saint-Jean (aujourd'hui île du Prince Édouard) pour solliciter de l'aide, pendant que la population locale allait se réfugier au fort.

Pendant ce temps, le lieutenant-colonel Robert Monckton, commandant une flotte de 31 transports et de trois navires de guerre de la Royal Navy transportant 270 soldats réguliers et 2 000 miliciens de la Nouvelle-Angleterre, est entré dans le bassin de Cumberland. Les navires jetèrent l'ancre à l'embouchure de la rivière Messaguash et les forces britanniques débarquèrent en début de soirée sans opposition.

Utilisant de plus l'avant-poste britannique, le fort Lawrence (situé à environ trois kilomètres à l'est) comme aire, Monckton s'installe le lendemain sur les hauteur de la côte Aulac. L'offensive britannique commença donc le 3 juin, avec un Monckton qui soigneusement et méthodiquement avançait sur la fortification française, en venant par le nord. Lorsque ses forces ont été assez près, Monckton commença le bombardement avec des mortiers de 13 pouces.

En face, les forces françaises sont ridicules, soit environ 460 hommes. Le marquis ne dispose que de 150 soldats des compagnies de Franches de la Marine et une douzaine de canonniers-bombardiers et de miliciens (selon certains 290 Acadiens et quelques Micmacs).

Bien que le commandant du Fort Beauséjour, le marquis Louis Du Pont Duchambon, Sieur de Vergor, sujet à des attaques intenses, défie les Britanniques pendant deux semaines, les Français ne peuvent rien faire pour lever le siège face à la nette supériorité britannique. Le bombardement du fort débuta comme tel le 14 juin. Dans la soirée du 15, plus de 140 boulets furent lancé sur la flotte anglaise qui l'attaquait, et le 16 juin, après que le feu des mortiers britanniques eut ouvert une brèche dans les fortifications et malmené la garnison, et qu'après qu'une casemate «à l'épreuve des boulets» est été atteint en plein dans le mille en tuant de nombreux de ses occupants, le commandant de Vergor capitula. Le jour suivant, soit le 17 juin, les Français abandonnèrent le Fort Gaspareaux, situé à baie Verte, satellite du fort Beauséjour et sans même qu'il ne soit attaqué! Ce faisant, ils coupèrent les communications avec l'Acadie. Désormais les forces britanniques contrôlaient la frontière de la Nouvelle-Écosse. Ce même jour, les Français abandonnent le Fort Jemseg à Saint-Jean, le dernier fort français en Acadie.

Le commandant français ne brûla pas le fort et demanda aux Anglais d'être transportés avec armes et bagages à Louisbourg. On dit même qu'il offrit au soir le sa capitulation, un banquet à tous les officiers vainqueurs et vaincus, livrant joyeusement la clef de l'Acadie à la couronne Britannique. Le 18 juillet, les Britanniques le rebaptisa fort Cumberland et consolidèrent les bâtiments.

Jusqu'à maintenant personne ne peut dire pourquoi le commandant de Louisbourg n'a jamais envoyé de renforts pour contre-attaquer les troupes anglo-américaines.

[modifier] Conséquences

La campagne de 1755 n'était pas stratégiquement décisive et ne menaça pas l'intégrité territoriale de la Nouvelle-France, car la poussée simultanée d'Edward Braddock dans la vallée de l'Ohio prit fin dans le désastre lors de la bataille du Monongahela. Cependant l'impact sur la population locale était catastrophique. Les Acadiens francophones, qui précédemment avaient déclaré leur neutralité dans le conflit entre la France et la Grande-Bretagne, ont participé à la bataille au côté des Français (Précisons qu'au moment de la reddition du fort, plusieurs miliciens acadiens s'y trouvaient, et bien qu'ils affirmaient y avoir été contraints par les autorités françaises, les doutes du lieutenant-gouverneur Lawrence s'en trouvaient confirmés). Cette infraction ouverte à la neutralité des «Français neutres», bien que ce fut leur devoir, a été vu par les Britanniques comme inacceptable. Sous la direction de Monckton, les Acadiens des abords, et plus tard dans toute l'Acadie, furent emprisonnés et/ou déportés.

Voir l'article Déportation des Acadiens.


[modifier] Références

  • Battlefields of Canada, par Mary Beacock Fryer et Andy Tong.
  • Chris M. Hand, The Siege of Fort Beausejour 1755, Fredericton: Goose Lane Editions/New Brunswick Military Heritage Project, 2004.
  • The Siege of Fort Beauséjour, in 1755: A French Stronghold falls and the expulsion of Acadians begins, by Gwyneth Hoyle, Publication: The Beaver: Exploring Canada's History, Canada's National History Society, 2002.



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