Poing américain

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Poing américain.

Le poing américain est une pièce de métal dans laquelle on passe les doigts. Lorsque l'on ferme le poing, la pièce de métal vient donc en prolongement des excroissances des articulations osseuses. Si l'on frappe quelqu'un avec un poing américain, c'est le métal qui vient d'abord en contact, avec les conséquences suivantes :

  • la surface de contact étant petite, la force est très concentrée et l'impact plus efficace qu'à poing nu ;
  • la personne qui frappe a moins peur de s'endommager les mains en frappant, ce qui lui permet de frapper d'autant plus fort.

Origine historique[modifier | modifier le code]

Le principe d'un renfort "entourant" le poing pour en améliorer la frappe est ancien, on peut par exemple citer le ceste romain, arme antique proche du principe du poing américain. L'origine de la forme actuelle du poing américain est confuse, certaines sources la faisant remonter à l'immigration asiatique aux États-Unis au début du XIXe siècle, où il aurait été utilisé comme arme improvisée dans les campements de la guerre de Sécession, sans preuve historique[1]. Son utilisation est par contre certifiée dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.

Cette arme a été conçue pour permettre à son utilisateur de continuer à se servir de ses doigts par exemple pour recharger une arme à feu. Au XIXe siècle, les fusils étaient longs à recharger, tout comme les revolvers à 6 coups et d'autres carabines à répétition comme la Winchester. Le poing américain permet de réapprovisionner son arme tout en gardant un potentiel de défense au corps à corps, là où le couteau ne laisse pas les doigts libres.

Les modèles en plomb ont rapidement été abandonnés à cause de la toxicité du plomb qui par un simple contact prolongé avec la peau et la transpiration suffit à induire une intoxication grave (saturnisme). De plus, même additionné d'agents durcisseurs tels que l'arsenic et l'antimoine (comme c'était généralement le cas dans les munitions), il reste un métal mou se déformant très facilement. L’acier l’a donc rapidement remplacé. Cette arme a fait partie de l’armement réglementaire du soldat de cette époque.

Au cours de la Première Guerre mondiale, les « nettoyeurs de tranchées » de chaque camp étaient équipés d'armes de corps-à-corps. Celles de l'armée américaine étaient des sabres très courts équipés d'une poignée protégeant les doigts et permettant de frapper du poing. À la fin de la guerre, il fut permis à ces soldats de garder ces armes en souvenir, mais leur lame fut brisée à ras. Cette arme est apparue en France à partir de la Première Guerre mondiale sous la forme d’un poignard de combat. Elle arrivera en masse avec le débarquement des alliés ; bien qu’interdite par la convention de Genève, elle faisait souvent partie des effets personnels du soldat.

Législation[modifier | modifier le code]

Au Canada, en Belgique et en Suisse, le poing américain est classé comme arme prohibée.

En France, le poing américain est classé comme arme blanche de 6e catégorie et vendu librement aux personnes majeures. Comme toutes les armes de 6e catégorie, son port est interdit et son transport n'est autorisé qu'avec un « motif légitime ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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