Pléiades (astronomie)

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Les Pléiades

Description de cette image, également commentée ci-après

Les pléiades vues par Hubble.

Données d'observation
Époque J2000.0
Type d'objet Amas ouvert
Ascension droite (α) 03h 45m 48s
Déclinaison (δ) +24° 22′
Distance 440 a.l (∼135 pc)
Magnitude apparente (V) 1,6
Dimensions apparentes 110 min d'arc
Constellation Taureau
Découverte
Désignations M45, NGC 1432/35

Les Pléiades, ou amas M45, sont un amas ouvert d'étoiles qui s'observe dans l'hémisphère nord, dans la constellation du Taureau.

Sommaire

Description[modifier]

L'origine du nom « Pléiades » provient de la mythologie grecque : les Pléiades sont sept sœurs, filles d'Atlas et de Pléioné : Astérope, Mérope (ou Dryope, ou Aéro), Électre, Maïa, Taygète, Célaéno (ou Sélène) et Alcyone.

De nombreux peuples comme les Hébreux ou les Aztèques les ont appelées « poussinière », les comparant à une poule et ses poussins[1]. D'autres ont appelé l'ensemble Belle Boucane[2].

On dénombre aujourd'hui dans cet amas environ 3 000 étoiles, dont une douzaine sont visibles à l'œil nu. Il s'étend sur 2°, soit l'équivalent de 4 fois le diamètre apparent de la Lune. Sa densité est donc relativement faible par rapport aux autres amas ouverts. L'âge de l'amas est estimé à 100 millions d'années, mais il ne devrait pas vivre longtemps puisqu'il devrait se séparer dans 250 millions d'années, en partie à cause de sa faible densité (il s'agit ici de la vie de l'amas et non de celle des étoiles qui le composent).

Les 9 étoiles les plus brillantes de l'amas tirent leur nom des 7 sœurs et de leurs parents. Leur magnitude est comprise entre 2,86 et 5,44, donc accessible à l'œil nu. Astérope a la particularité d'être une étoile double.

Les principales composantes de l'amas sont :

Étoiles des Pléiades
Nom Désignation Magnitude Apparente Type spectral
Alcyone Eta (25) Tauri 2,86 B7IIIe
Atlas 27 Tauri 3,62 B8III
Électre 17 Tauri 3,70 B6IIIe
Maïa 20 Tauri 3,86 B7III
Mérope 23 Tauri 4,17 B6IVev
Taygète 19 Tauri 4,29 B6V
Pléioné 28 (BU) Tauri 5,09 (var.) B8IVep
Célaéno 16 Tauri 5,44 B7IV
Astérope 21 et 22 Tauri 5,64 / 6,41 B8Ve/B9V
18 Tauri 5,65 B8V

L'histoire de leur découverte[modifier]

Dès la Préhistoire[modifier]

  • Comme le souligne Wolfhard Schlosser, professeur d’astronomie à l’Université de la Ruhr (Bochum), les prêtres et Chamans du Néolithique accordaient une extrême importance à cette constellation, puisque son apparition marquait dans tout l'hémisphère Nord, le début des moissons.
  • La « constellation » des Pléiades est également citée dans de nombreuses cultures et religions. Elle apparaît également dans l'Odyssée d'Homère, ainsi qu'à trois reprises dans la Bible.

Dans l'Antiquité classique[modifier]

Si les Pléiades sont connues depuis l'Antiquité, la plus ancienne référence écrite de cet objet remonte au poète Hésiode (700 av. J.-C.). À l'époque d'Hésiode, on croyait à son influence sur l'agriculture (un peu comme la Lune de nos jours). La période du coucher des Pléiades début novembre marquait selon Hésiode le début de l'hiver[3]

Les Arabes les associent à la saison sèche et aux fortes chaleurs. Le nom arabe des Pléiades est الثريا ATHURAYA.

À l’époque moderne[modifier]

Il en déduit qu'elles forment le centre d'un système stellaire bien plus large dont Alcyone serait la plus proche du centre. L'hypothèse fut réfutée par les autres astronomes. On retient cependant qu'elles se déplacent bien en groupe.

  • Les premières photos de l'amas révèlent un nuage de poussière autour des étoiles.

Cette nébuleuse réfléchit la lumière de ces étoiles, situées à proximité ou à l'intérieur.

La plus brillante partie est découverte le 19 octobre 1859 par Ernst Wilhelm Tempel, autour de Mérope ; nébuleuse répertoriée en tant que NGC 1435. En 1875, une extension du nuage est découverte autour de Maïa et classée à NGC 1432. D'autres extensions sont observées autour d'Alcyone, Électre, Célaéno et Taygète en 1880. La structure complexe du nuage est finalement révélée par les frères Henry et Isaac Roberts entre 1885 et 1888.

Cette nébuleuse n'est pas un reste du nuage de poussière originel qui a donné naissance aux Pléiades. En effet, les deux objets n'ont pas la même vitesse apparente. L'amas aura croisé ce nuage sur son chemin.

Comment l'observer[modifier]

Carte schématique du ciel

Grâce à la forte magnitude des étoiles le composant, cet amas est visible à l'œil nu dans le ciel d'automne. Il est situé dans la constellation du Taureau à proximité de l'axe formé par les étoiles : Sirius (Grand Chien) - Ceinture d'Orion (Orion) - Aldébaran (Taureau).

En plus d'être un bel objet, c'est aussi un excellent test d'acuité visuelle ! On distingue rapidement 5 étoiles, puis, au fur et à mesure que l'œil s'accommode, d'autres étoiles apparaissent. Ainsi, jusqu'à 10-11 étoiles sont visibles si les conditions météo sont bonnes.

Avec une paire de jumelles, ou un télescope avec un champ large, on obtiendra bien plus d'étoiles. C'est de cette manière que l'amas donnera le plus de satisfaction. Avec des télescopes plus puissants ou avec un champ plus étroit, seule une partie de l'amas sera visible.

La nébuleuse ne se dévoile véritablement qu'en photographie.

Dans la culture moderne[modifier]

  • Le nom japonais de l'amas est Subaru, qui signifie « unité ».

En 1953, 5 firmes japonaises ont fusionné pour former « Fuji Heavy Industries Ltd ». Ce nouveau groupe a adopté l'amas Subaru en tant que nom et logo de la marque de voiture.

  • Dans les campagnes françaises, l'amas bien visible dans le ciel pur des nuits de fin d'été était appelé "la poussinière"[4].
  • Alignements de Lagatjar: Situés sur la commune de Camaret-sur-Mer dans le Finistère et contemporains des alignements de Carnac, l'ensemble dessine une ligne orientée N 35°E et S 35°O, d'où partent, à angle droit, deux lignes parallèles. Cette orientation laisserait présumer un caractère astronomique, selon Georges-Gustave Toudouze qui l'associe à la constellation des Pléiades. Celle-ci s'appelle en breton Ar yar (la poule), d'où peut-être la toponymie du lieu-dit de Lagad-yar (l'œil de poule)[5].

Notes et références[modifier]

  1. Charles François Dupuis, Origine de tous les cultes ou religion universelle, Volume 3, Agasse, 1794, p. 39
  2. Just Longues-Eaux, Le ciel de la Nouvelle-France. Astronomie entre amérindiens et coureurs de bois, 1994
  3. Serge Lancel, Hannibal, Fayard, 1995, (ISBN 2-213-59550-X), p. 131
  4. Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin - confirmé par Larousse 5/6, p.756
  5. Plaque informative de la commune de Camaret-sur-Mer sur le site de Lagatjar

Annexes[modifier]

Article connexe[modifier]

Liens externes[modifier]

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