Alpha Ursae Minoris

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α Ursae Minoris
Étoile polaire (Polaris)

Description de cette image, également commentée ci-après

Polaris vue par le Télescope spatial Hubble.

Époque J2000.0

Données d'observation
Déclinaison +89° 15′ 51″
Constellation Petite Ourse
Magnitude apparente ?
Caractéristiques
Type spectral ?
Indice U-B ?
Indice B-V ?
Indice R-I ?
Indice J-K ?
Variabilité Céphéide classique (en)
Astrométrie
Vitesse radiale ? km/s
Mouvement propre μα = ? mas/a
μδ = ? mas/a
Parallaxe ? mas
Distance ?
Magnitude absolue ?
Caractéristiques physiques
Masse M
Rayon R
Gravité de surface (log g) ?
Luminosité L
Température K
Métallicité ?
Rotation km/s
Âge ? a

Autres désignations

α UMi (Bayer), 1 UMi (Flamsteed), HR 424, HD 8890, BD+88 8, SAO 308, ADS 1477 A, CCDM J02319 +8915A, FK5 907, HIP 11767

Alpha Ursae Minoris (α Ursae Minoris / α UMi, selon la désignation de Bayer) est l'étoile la plus brillante de la constellation de la Petite Ourse. Elle est connue pour correspondre avec une bonne précision à la direction du pôle nord céleste, ce qui lui vaut l'appellation commune d’Étoile polaire ou plus simplement de Polaire. Sa distance angulaire au pôle céleste est aujourd'hui d'environ 0°45'. Du fait de cette propriété cruciale pour le repérage, en particulier dans le contexte de la navigation, toutes les civilisations ou presque lui ont donné un nom traditionnel. On trouve ainsi le nom traditionnel d'origine latine Polaris, mais également bien d'autres.

L'étoile polaire, du nord terrestre[modifier | modifier le code]

Du fait de sa position quasiment confondue avec la direction de l'axe de rotation terrestre, toutes les autres étoiles du ciel paraissent tourner autour d'elle, et dans l'hémisphère nord elle ne se couche jamais, tandis qu'elle n'est jamais visible dans l'hémisphère sud.

Bien que Shakespeare ait écrit : « Je suis aussi constant que l'étoile polaire », le pôle nord céleste change en fait de position au fil des siècles du fait de la précession des équinoxes, c'est-à-dire un lent changement de la direction de l'axe des pôles terrestres sur environ 25 800 ans[1].

Le pôle nord céleste continue à s'en approcher, à notre époque, jusqu'à atteindre une direction au plus proche de celle de Polaris le 24 mars 2100[2], après quoi il s'en éloignera pendant les millénaires suivants, jusqu'à en devenir distant d'environ 45°, au maximum. Puis, il sera destiné à s'en rapprocher de nouveau petit à petit.

Il y a 4 000 ans, l'étoile Polaire était Thuban (α Draconis) ; dans un futur lointain, ce sera Véga (α Lyrae).

L'utilité de Polaris comme aide à la navigation (elle s'appelle aussi Stella Maris, étoile de la mer) est attestée depuis les plus anciennes écritures assyriennes. Il est facile de trouver Polaris en suivant la ligne tracée à partir de β Ursae Majoris (Merak) à travers α Ursae Majoris (Dubhe), les deux étoiles au bord droit de la « casserole » caractéristique de la Grande Ourse. On peut aussi, à l'opposé, suivre la portion droite de la pointe centrale du « W » de Cassiopée.

À notre époque, Polaris n'a pas d'équivalent au voisinage du pôle sud céleste ; l'étoile la plus proche du pôle sud céleste, σ Octantis, est très peu lumineuse. Cependant la Croix du Sud pointe vers le pôle sud et est utilisée pour le repérer (quoiqu'avec moins de précision qu'avec Polaris, en ce qui concerne le pôle nord).

Caractéristiques propres[modifier | modifier le code]

Polaris se trouve à environ 431 années-lumière de la Terre (mesure effectuée par David Turner de l'université d'Alifax du télescope Russe BTA-6). C'est une variable céphéide supergéante, avec deux compagnons plus petits.

Polaris avait commencé à se distinguer de toutes les autres étoiles variables en 1899 au moins (premières mesures précises). À cette époque, sa magnitude apparente (luminosité), variait d'environ un dixième, sur un cycle de quatre jours, soit une variation d'éclat d'environ 25 %. Puis, l'amplitude de cette variation a commencé de diminuer, lentement d'abord, puis de plus en plus rapidement.

Le journaliste scientifique Serge Jodra[3],[4] a révélé en juin 1994 un fait bizarre et toujours peu connu des astronomes — ou en tout cas non commenté : en 1994, la luminosité de l'étoile s'est complètement stabilisée. Les variations de luminosité de Polaris semblent toutefois suivre un rythme complexe[5]. Elles ont d’ailleurs progressivement repris et sont en augmentation[6].

Dénominations[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreux noms de Alpha Ursae Minoris, il y a celui d'origine grecque Kinosura, ou Cynosura (réminiscence du fait que la constellation initiale dont faisait partie cette étoile était un chien), ainsi que Yilduz, Mismar, Navigatoria, Tramontana, Phoenice (allusion à sa nature circumpolaire), Polyarnaya, et Alruccaba, parfois orthographié Alruccabah ou Al'rukaba[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Alpha Ursae Minoris, en tant qu'étoile toujours visible de l'hémisphère Nord et astre le plus brillant de la constellation de la Petite Ourse, est connue depuis la Préhistoire.

Le 4 février 2008, la NASA diffuse la chanson Across The Universe à travers la Voie lactée pour fêter le 40e anniversaire de son enregistrement. La chanson voyagera à la vitesse de la lumière pendant plus de quatre siècles pour atteindre sa destination visée, Alpha Ursae Minoris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Séguin et Benoit Villeneuve, Astronomie et astrophysique, Éditions du Renouveau pédagogique, p. 17.
  2. Jean Meeus, Mathematical Astronomy Morsels, chap.  50,  éd. Willmann-Bell, Virginie, 1997.
  3. Magazine Ciel et Espace, no 292, juin 1994, p. 56-59.
  4. Encyclopédie Imago Mundi, « Les Étoiles (fin de la page) », Imago Mundi,‎ 2004 (consulté le 27 mars 2010)
  5. « Precise radial velocities of polaris: detection of amplitude growth », Lee B.-C. et al, Astronomical Journal, 135, 2240-2244 (2008).
  6. « L'étoile Polaire n'est pas mourante », MaxiSciences,‎ 2008 (consulté le 15 avril 2011).
  7. (en) N. D. Kostjuk, HD-DM-GC-HR-HIP-Bayer-Flamsteed Cross Index, disponible au Centre de données astronomiques de Strasbourg, voir en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]