Parti de la liberté d'Autriche

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Parti de la liberté d'Autriche
(de) Freiheitliche Partei Österreichs
Image illustrative de l'article Parti de la liberté d'Autriche
Logo officiel
Présentation
Président Heinz-Christian Strache
Fondation 3 novembre 1955
Siège Theobaldgasse 19/4A-1060 Vienne
Secrétaires généraux Herbert Kickl
Harald Vilimsky
Vice-présidents Gerald Hauser
Norbert Hofer
Barbara Rosenkranz
Idéologie National-libéralisme
Conservatisme
Euroscepticisme
Affiliation européenne Alliance européenne pour la liberté
Affiliation internationale aucune
(Internationale libérale de 1979 à 1993)
Adhérents 40 000
Couleurs bleu
Site web www.fpoe.at/
Représentation
Députés nationaux
40 / 183
Conseillers fédéraux
4 / 62
Députés européens
4 / 18

Le Parti de la liberté d'Autriche (Freiheitliche Partei Österreichs, FPÖ), est un parti politique nationaliste autrichien fondé en 1955. Longtemps dirigé par Jörg Haider, il est présidé depuis 2005 par Heinz-Christian Strache. Le parti adhère en 2007 au groupe Identité, tradition, souveraineté au Parlement européen, disparu la même année.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le Parti de la liberté d'Autriche a été fondé fin 1955, et était à ses débuts un parti aux visions relativement libérales. Elle puise ses racines dans le mouvement des nationalités du XIXe siècle et l'esprit de 1848. Elle a ainsi attiré un éventail d’adhérents libéraux anticléricaux inquiets de l’isolement potentiel de l’Autriche catholique par rapport à l’Allemagne nationaliste. En 1980, l'aile européenne de la FPÖ prend le contrôle du parti sous la direction de Norbert Steger. En 1983, celui-ci fait entrer le parti dans un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates (SPÖ) du chancelier Fred Sinowatz. Suite aux premières élections législatives de 1986, la FPÖ fait son retour au gouvernement, toujours au côté de la SPÖ, dans le premier cabinet de Franz Vranitzky.

Réorientation à l'extrême droite[modifier | modifier le code]

Jörg Haider, le dirigeant de la FPÖ qui a réorienté le parti vers l'extrême droite.

À la convention nationale du parti en 1986 à Innsbruck, Jörg Haider, soutenu par les tendances nationales allemande et autrichienne, évince Norbert Steger et prend la direction du FPÖ. Peu de temps après, le chancelier autrichien annonce de nouvelles élections et forme une coalition avec les conservateurs (ÖVP), reléguant la FPÖ dans l'opposition. De 1986 à 2001, Haider va imposer sa marque sur le parti qu'il va positionner de plus en plus vers la droite nationaliste et populiste, n'hésitant pas à relativiser ou à réinterpréter le passé nazi de son pays. En 1989, Haider devient gouverneur de Carinthie avec l'aide des sociaux-démocrates mais il doit démissionner dès 1991, après ses premières déclarations controversées sur le Troisième Reich, lequel aurait été plus efficace que le gouvernement de Vienne dans la politique de l'emploi. En 1993, l'aile européenne de la FPÖ quitte le parti pour fonder le Forum libéral. La même année, le FPÖ résilie son adhésion à l'Internationale libérale, puis, en 1994, une coalition noire-bleue avec l'ÖVP est mise en place dans le Vorarlberg.

Le retour au gouvernement[modifier | modifier le code]

En 1999, Haider est réélu gouverneur de Carinthie avec la majorité absolue des suffrages. Aux élections législatives d'octobre 1999, le FPÖ obtient 27 % des suffrages juste derrière les sociaux-démocrates. Elle devance alors de 400 voix le parti conservateur ÖVP du ministre des Affaires étrangères Wolfgang Schüssel. Les tractations pour mener une coalition débouchent sur une coalition inédite entre la FPÖ et l'ÖVP permettant à Wolfgang Schüssel de prendre la chancellerie. En effet, le seul moyen d'obtenir une majorité parlementaire était une union de deux des trois principaux partis politiques autrichiens, mais le SPÖ refusa de s'associer au FPÖ, et l'ÖVP écarta l'idée d'une nouvelle grande-coalition avec les sociaux-démocrates. La mise en place de la coalition noire-bleue provoque une consternation en Europe où les 14 membres de l'Union européenne décident de mettre l'Autriche sous « surveillance » afin de vérifier que le pays respecte toujours les droits démocratiques les plus élémentaires. Les contacts bilatéraux sont réduits au minimum avec le gouvernement. Le président autrichien Thomas Klestil ira même jusqu'à questionner les ministres du FPÖ sur leur loyauté à l'Autriche. Les dirigeants européens se rendent compte rapidement que leurs mesures sont contreproductives, ayant abouti à resserrer les liens de la population derrière leur gouvernement. Dès l'été 2000, il est officiellement constaté que l'Autriche demeure une démocratie et les contacts reprennent d'autant plus facilement que Haider ne fait pas partie du gouvernement et a renoncé à la présidence du parti en février 2000 pour se consacrer à la Carinthie.

Susanne Riess-Passer, ancienne vice-chancelière, est la principale figure du FPÖ à participer au gouvernement de coalition avec l'ÖVP.

Au sein du gouvernement, plusieurs membres du FPÖ émergent par leur compétence comme Susanne Riess-Passer, vice-chancelière, et Karl-Heinz Grasser, jeune ministre des Finances de 31 ans. Ces deux personnalités dont la carrière dépendait de Haider vont vite entrer en conflit avec leur leader à mesure que les résultats des élections locales sont de plus en plus mauvais pour le FPÖ. Haider en rejette la responsabilité sur le gouvernement mais ses ministres font corps autour du chancelier. A la convention de Knittelfeld, trois membres FPÖ du gouvernement sont obligés de démissionner.[réf. souhaitée] Aux élections de novembre 2002, l'ÖVP remporte une victoire historique et éclatante avec 42 % des suffrages. La FPÖ s'effondre à 10 % des voix (- 17 points). La coalition perd 7 sièges en tout mais demeure majoritaire. Elle est alors reconduite en février 2003. En septembre 2003, lors des élections régionales, la FPÖ est devancée par les écologistes. Le parti est donc laminé quand se profile en 2004 l'élection du gouverneur de Carinthie. Mais contre toute attente, Haider obtient la majorité relative des voix avec 42,5 % des suffrages. Là encore, contre toute attente, l'ÖVP refusant de se joindre à lui, il trouve un allié inattendu chez les sociaux-démocrates pour retrouver son poste de gouverneur. Aux élections européennes de 2004, la FPÖ n'atteint que 6 % des voix et un seul élu. Le 4 avril 2005, Haider fait sécession et fonde un nouveau parti, l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ). Souhaitant continuer l'alliance avec le Parti populaire autrichien (ÖVP) du chancelier Wolfgang Schüssel, il laisse la FPÖ aux partisans d'un retour de ce parti dans l'opposition. Ursula Haubner, ministre des Affaires sociales, élue avec 79 % des voix en 2004, a démissionné du parti pour rejoindre le BZÖ. Les six ministres FPÖ sont passés au BZÖ.

L'après-Haider[modifier | modifier le code]

Heinz-Christian Strache, le premier dirigeant de la FPÖ de l'après-Haider.

Lors du dernier congrès à Salzbourg, en avril 2005, le FPÖ a porté à la présidence Heinz-Christian Strache. Âgé de 35 ans, Strache, chef du FPÖ de la capitale, Vienne, et considéré comme un représentant de l'aile la plus dure de la droite, a obtenu 90,1 % des voix des 431 délégués présents. À l'annonce du résultat, il a été porté en triomphe au podium par plusieurs délégués. Il a parlé d'Haider comme d'un « Michael Jackson de la politique intérieure qui a tellement changé que ses proches ne le reconnaissent plus ». Il a aussi déclaré que Vienne ne doit pas devenir Istanbul et que l'Union européenne n'est pas [leur] patrie. Il a également demandé aux 13 députés du FPÖ de ne souscrire qu'aux projets de loi favorables à l'Autriche. Le 6 mars 2006, le FPÖ lance une campagne intitulé « Stoppt den EU-Wahnsinn! » (« Non à la folie de l'Europe ! ») pour un référendum contre l'Union européenne, contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et contre l'immigration musulmane. L'objectif est d'obtenir pour cette demande populaire, lancée sous le slogan « Österreich bleib Frei! » (« Autriche, reste libre ! »), la signature de 100 000 Autrichiens, ce qui obligera le Parlement à en débattre. Selon un sondage, 80 % des Autrichiens sont opposés à l'adhésion de la Turquie[1]. Aux élections législatives de 2006, le parti obtient 11,2 % des voix et 21 sièges, soit un meilleur résultat qu'en 2002, avant la scission. Mais la constitution d'une grande coalition droite-gauche, qui aboutit en janvier 2007, le rejette cependant définitivement dans l'opposition. Lors des législatives anticipées de 2008, le FPÖ réalise 18 % tandis que le BZÖ fait 11 % ce qui fait un total de 29 % pour l'extrême droite autrichienne. En décembre 2009, le BZÖ de Carinthie, refusant l'évolution du parti vers la droite libérale, annonce son départ de l'alliance nationale, fusionne avec le FPÖ local et annonce l'affiliation au FPÖ du nouvel ensemble, Die Freiheitlichen in Kärnten[2],[3]. Pour Strache, le « troisième camp » de la politique autrichienne est dès lors réunifié. Lors de l'élection présidentielle de 2010, la candidate du parti, Barbara Rosenkranz, a rassemblé 15,24 % des voix. En octobre de la même année, lors des élections municipales à Vienne, le FPÖ obtient un score historique avec 27 % des voix, ce qui priva la gauche de la majorité absolue. Le parti est donc la deuxième force politique à Vienne. Aux élections législatives en septembre 2013, le FPÖ améliore son score de 2008 de plus de 4 points en obtenant 21,9 % des voix. En Styrie, elle arrive première devant ses deux rivaux politiques, la SPÖ et l'ÖVP[4].

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Le FPÖ est généralement considérée comme un parti populiste et nationaliste. Ses thèmes forts sont la lutte contre l’immigration extra-européenne, un renforcement des lois et une politique pour promouvoir et renforcer la famille et la natalité européenne.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections au Conseil national[modifier | modifier le code]

Année Voix Mandats Rang Gouvernement
1956 6,5 %
6 / 165
3e Opposition
1959 7,7 %
8 / 165
3e Opposition
1962 7,0 %
8 / 165
3e Opposition
1966 5,4 %
6 / 165
3e Opposition
1970 5,5 %
6 / 165
3e Opposition
1971 5,5 %
10 / 183
3e Opposition
1975 5,4 %
10 / 183
3e Opposition
1979 6,1 %
11 / 183
3e Opposition
1983 5,0 %
12 / 183
3e Gouvernement Sinowatz, Vranitzky I
1986 9,7 %
18 / 183
3e Opposition
1900 16,6 %
33 / 183
3e Opposition
1994 22,5 %
42 / 183
3e Opposition
1995 21,9 %
41 / 183
3e Opposition
1999 26,9 %
52 / 183
2e Gouvernement Schüssel I
2002 10,0 %
18 / 183
3e Gouvernement Schüssel II
2006 11,0 %
21 / 183
4e Opposition
2008 17,5 %
34 / 183
3e Opposition
2013 20,6 %
40 / 183
3e Opposition

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix Mandats Rang Groupe
1996 27,5 %
6 / 21
3e NI
1999 23,4 %
5 / 21
3e NI
2004 6,3 %
1 / 18
5e NI - ITS (2007)
2009 12,7 %
2 / 17
4e NI
2014 19,7 %
4 / 18
3e NI

Ouvrages sur le FPÖ[modifier | modifier le code]

  • BALAND Lionel, Jörg Haider le phénix. Histoire de la famille politique libérale et nationale en Autriche, Collection « Politica », Éditions des Cimes, Paris, 2012. (ISBN 979-10-91058-02-5)

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Parti de la liberté d'Autriche.
  • Dominique Reynié, Populismes : la pente fatale, Paris, Plon, 2011, 280 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]