Élections législatives autrichiennes de 1999

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Élections législatives autrichiennes de 1999
  
80,42 %
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
Législature élue
XXIe

Les élections législatives autrichiennes de 1999 (Nationalratswahl in Österreich 1999, en allemand), se sont tenues le 3 octobre 1999, en vue d'élire les cent quatre-vingt-trois députés de la vingt-et-unième législature du Conseil national, pour un mandat de quatre ans.

Le scrutin a été vécu comme un tremblement de terre en Autriche.

Bien que le Parti social-démocrate d'Autriche conserve son statut de premier parti du pays, il réalise son pire score, tandis que le Parti autrichien de la liberté, d'extrême droite, devient la seconde force politique, au détriment du Parti populaire autrichien. Toutefois, les deux derniers vont trouver une accord de coalition, mettant fin à trente ans de pouvoir social-démocrate.

Contexte[modifier | modifier le code]

À l'occasion des élections législatives du 17 décembre 1995, le Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ), du chancelier fédéral, Franz Vranitzky, avait connu sa première progression depuis le scrutin de 1979, réalisant 38 % des voix et confirmant son statut de premier parti du pays, acquis en 1970. Son partenaire de coalition, le Parti populaire autrichien (ÖVP), dirigé par le vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères, Wolfgang Schüssel, avait reçu 28,1 % des voix, progressant de moins d'un demi-point.

Ensemble, les deux formations, au pouvoir depuis 1986, étaient donc parvenues à conserver une franche majorité de 123 députés sur 183 au Conseil national.

Le Parti autrichien de la liberté (FPÖ), en progression depuis l'arrivée au pouvoir de l'aile droite, nationaliste et pan-germaniste, de Jörg Haider, marque cette fois un coup d'arrêt, se stabilisant à 22 %. Les deux autres partis de l'opposition, le Forum libéral (LIF) et Les Verts, se tassent, assurant toutefois le maintien de leur présence au Conseil national.

En janvier 1997, le chancelier Vranitzky, au pouvoir depuis onze ans, renonce à présider le SPÖ et à diriger le gouvernement. Les sociaux-démocrates choisissent alors Viktor Klima, ministre fédéral des Finances depuis à peine un an, et précédemment ministre fédéral des Transports, pour diriger le parti et devenir chancelier. Il maintient sa grande coalition avec l'ÖVP.

Partis et têtes de liste[modifier | modifier le code]

Parti Idéologie Tête de liste Résultat en 1995
Parti social-démocrate d'Autriche
Sozialdemokratische Partei Österreichs
Centre-gauche
Social-démocratie, progressisme
Viktor Klima
(Chancelier fédéral)
38,1 % des voix
71 députés
Parti populaire autrichien
Österreichische Volkspartei
Centre-droit
Démocratie chrétienne, conservatisme, libéralisme
Wolfgang Schüssel
(Ministre fédéral des Affaires étrangères)
28,3 % des voix
52 députés
Parti autrichien de la liberté
Freiheitliche Partei Österreichs
Extrême droite
Nationalisme, conservatisme, euroscepticisme
Thomas Prinzhorn 21,9 % des voix
41 députés
Forum libéral
Liberales Forum
Centre-droit
Libéralisme, libertarianisme
Heide Schmidt 5,5 % des voix
10 députés
Les Verts - L'Alternative verte
Die Grünen - Die Grüne Alternative
Centre-gauche
Écologie politique, progressisme
Alexander Van der Bellen 4,8 % des voix
9 députés

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Parti Suffrages Sièges
Voix  % +/- Députés +/-
Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) 1 532 448 33,15 % en diminution 4,91 65 en diminution 6
Parti autrichien de la liberté (FPÖ) 1 244 087 26,91 % en augmentation 5,02 52 en augmentation 11
Parti populaire autrichien (ÖVP) 1 243 672 26,91 % en diminution 1,38 52 en stagnation
Les Verts - l'Alternative verte (Grüne) 342 260 7,40 % en augmentation 2,59 14 en augmentation 5
Forum libéral (LIF) 168 612 3,65 % en diminution 1,86 0 en diminution 10
  Parti communiste d'Autriche (KPÖ) 22 016 0,48 % en augmentation 0,19 0 en stagnation
  Autres 69 241 1,51 % N/A 0 N/A

Analyse[modifier | modifier le code]

Avec un score de seulement 33,1 %, le SPÖ parvient à conserver son statut de première force politique d'Autriche, acquis en 1970, en réalisant toutefois son plus mauvais score depuis 1945. Il en est de même pour l'ÖVP, dont le recul est cependant moins marqué. Toutefois, cette apparente stabilité est totalement contrebalancée par le FPÖ qui, avec une progression de l'ordre de cinq points et seulement 415 voix d'avance sur les conservateurs, parvient à devenir le deuxième parti de la scène politique, confirmant sa solide implantation. Les Verts, revenus à la quatrième place des forces politiques, au détriment du LIF, exclu du Conseil national faute d'avoir dépassé les 4 %, réalisent eux aussi leur meilleur score, renforçant l'idée d'un déclin des deux grands partis du pays.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Malgré le fait qu'elle soit en recul de plus de six points, la grande coalition du chancelier Klima conserve une nette majorité, avec 117 députés sur 183, soit 64 % des sièges. Toutefois, l'ÖVP, du vice-chancelier Schüssel, préfère entamer des négociations secrètes avec le FPÖ, qui aboutissent, le 4 février 2000, à la formation d'une coalition noire-bleue et du gouvernement Schüssel I. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le plus grand parti du pays est exclu du gouvernement, le poste de chancelier fédéral revient au partenaire minoritaire de la coalition et l'extrême droite entre au gouvernement fédéral.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]