Paimpont

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Paimpont
Église et maison abbatiale de Paimpont
Église et maison abbatiale de Paimpont
Blason de Paimpont
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Rennes
Canton Plélan-le-Grand
Intercommunalité Communauté de communes de Brocéliande
Maire
Mandat
Alain Lefeuvre
2014-2020
Code postal 35380
Code commune 35211
Démographie
Gentilé Paimpontais
Population
municipale
1 621 hab. (2011)
Densité 15 hab./km2
Population
aire urbaine
15 104 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 01′ 08″ N 2° 10′ 11″ O / 48.0188888889, -2.1697222222248° 01′ 08″ Nord 2° 10′ 11″ Ouest / 48.0188888889, -2.16972222222  
Altitude 160 m (min. : 62 m) (max. : 258 m)
Superficie 110,28 km2
Localisation

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Site web Site de la commune

Paimpont (Pempont en breton) est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne.

La commune est principalement couverte par la forêt du même nom (communément assimilée à la forêt de Brocéliande), ses habitants se répartissant encore aujourd'hui entre quelques vastes et antiques clairières à vocation agricole et le bourg situé en son centre, mais qui n'a connu qu'un développement tardif et toujours limité. Le bourg s'est peu développé - quelques commerces, une abbaye du XIIIe siècle - cerné par la forêt classée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Paimpont Carte generale.svg

Située tout à l'ouest du département d'Ille-et-Vilaine, elle est contiguë sur la moitié de sa périphérie avec les départements des Côtes-d'Armor et du Morbihan. Dans celui-ci, la commune de Guer est surtout couverte par les landes qui prolongent au sud les feuillus de la forêt de Paimpont proprement dite. La rivière de l'Aff sert de limite communale et délimite également le Camp de Coëtquidan, terrain d'entraînement réservé aux militaires et élèves des trois écoles militaires qui se sont implantées à Guer à la fin de la guerre de 1939-1945.

Avec plus de onze mille hectares, c'est la plus grande commune du département. Atteignant 17 km, son axe ouest-est est plus grand que l'axe nord-sud. Vers le bourg convergent plusieurs routes départementales, l'accès principal à cette commune se situant au sud-est par la sortie de la quatre-voies N 24 au niveau de Plélan-le-Grand. Le nombre d'habitants a été globalement constant ou en légère augmentation depuis le XVIIe siècle jusqu'en 1850 (environ 3 500 personnes vivent alors à Paimpont). À partir de cette date, si le bourg a gagné régulièrement quelques habitants, les villages se sont dépeuplés lentement, mais constamment. À la fin du XXe siècle, les habitants ne sont guère plus de quinze cents dont trois cents pour le bourg.

Forêt de Paimpont[modifier | modifier le code]

Le bourg de Paimpont, l'abbaye essentiellement, vu depuis la forêt sur la rive ouest de l'étang.
Article détaillé : Forêt de Paimpont.

Étangs et hydrographie[modifier | modifier le code]

Le bourg de Paimpont épouse le contour oriental d'un vaste (50 ha) étang appelé étang de Paimpont ou étang de l'Abbaye, sur la rive duquel s'est installée et développée l'abbaye de Paimpont. La pêche et des activités nautiques (planche à voile, pédalos, canoë) y sont pratiquées. Il est la propriété du Conseil général d'Ille-et-Vilaine.

Le ruisseau principal - l'Aff - ne prend pas sa source dans l'étang de Paimpont, dont l'eau ne fait que rejoindre celle de plusieurs ruisseaux en amont alimentés presque toute l'année par les pluies apportées par les vents de sud-ouest et de l'ouest, la végétation libérant progressivement l'excès d'humidité des jours de fortes précipitations. Longé dans ses multiples méandres par un sentier de grande randonnée, l'Aff grossit très progressivement depuis une origine incertaine mais située aux approches de la commune de Campénéac au sud-ouest de la forêt. Après avoir transité par le village des Forges où il a longtemps fourni son énergie, énergie qui reconstituée assurait ensuite le fonctionnement d'un grand nombre de moulins tout au long de son cours, il rejoint l'Oust quelques kilomètres avant de se joindre à la Vilaine à Redon.

Également en position centrale et de taille comparable, l'autre grand étang avec 75 ha est l'étang du Pas-du-Houx, bordé de châteaux du XIXe siècle (châteaux privés de Brocéliande et du Pas-du-Houx). Sa faible profondeur jointe aux variations climatiques lui donne une surface assez variable. Les étangs de l'Abbaye et du Pas-du-Houx sont des exemples d'étang dystrophe d'Ille-et-Vilaine[1]

Les eaux de ces étangs rejoignent celles d'étangs plus petits ; ensemble elles actionnaient autrefois les machines des forges, en dehors de la saison chaude :

Cascade du déversoir de l'étang de Beauvais à son plus haut niveau (avril).
  • étang du Chatenay, situé au village de Beauvais, à l'ouest. D'environ quatre hectares et alimenté lui-même par l'étang de Beauvais ou étang d'En-haut, ce sont les premiers étangs à alimenter l'Aff alors encore à proximité de sa source. Près de la digue et de l'ancien moulin se dresse sur des piliers de béton le restaurant panoramique, avancée de la Station biologique (Université de Rennes 1). Le moulin, propriété de l'Université de Rennes 1, fut restauré en 1973 par l'association des Amis du Moulin du Chatenay.
  • étang de la Fenderie, au milieu de la forêt, alimenté lui-même par l'étang d'En-haut. Une scierie a existé longtemps dans des bâtiments adossés à la digue de l'étang avant de fermer définitivement vers 1995. Elle avait pris la suite de l'atelier de fenderie, annexe des forges situées un peu plus au sud. Le site est maintenant reconverti en gîte rural.
  • étang des Forges, au village du même nom, au sud, alimenté par l'étang du Perray, contigu mais sis en Plélan-le-Grand. Les deux communes se partagent la propriété de l'étang.
  • étang Bleu, au nord du bourg où son eau rejoint celle de l' étang de l'Abbaye décrit ci-dessus. À l'opposé de l' étang du Pas-du-Houx qui est dans le même secteur, il est très profond (15 à 50 mètres) puisqu'il résulte de l'abandon à l'eau de la minière principale de la forêt au début du XXe siècle. « Puis cette vaste fosse de plus d'un hectare remplie à plein bord en hiver d'où reflète une eau claire, qui semblerait, peut-on dire, coloriée d'un bleu presqu'azuréen. » [2]. Contrairement aux autres étangs, l'accumulation de l'eau ne provient pas pour l'essentiel du ruissellement des pluies, ce qui lui confère une limpidité sans comparaison. Cette eau n'a jamais été utilisée avant la seconde moitié du XXe siècle [3], quand une station de pompage a été construite pour exploiter cette réserve d'eau d'excellente qualité (riche en fer cependant) et à peu près constante.

La forêt comporte d'autres étangs, plus petits encore (le Miroir aux Fées dans le Val-sans-Retour, exemple d'étang oligotrophe[4]) ou situés dans les communes voisines, le plus vaste et parmi les plus beaux de la forêt étant celui qui est à l'abri des regards à l'arrière du château de Comper en Concoret, plan d'eau de 37 ha (entrée payante). Certains participaient à leur mesure à l'alimentation de l'étang des Forges, dernière retenue avant l'usine à fer.

Le secteur comprend trois des vingt-deux sites de tourbières du département : la tourbière de queue d'étang de l'étang du Pas-du-Houx d'intérêt national ; la tourbière de Vaubossard-Lambrun et la tourbière de queue d'étang de l'étang de l'Abbaye d'intérêt régional[5].

Préservée autant que possible de la pollution d'origine agricole ou urbaine, l'eau du massif est convoitée. Dès 1963, une station de pompage est construite à l'étang Bleu pour alimenter treize communes. Une usine d'embouteillage a été implantée à proximité du bourg vers 2002. Peu de temps auparavant, un projet de barrage de l'Aff presqu'au cœur du massif a soulevé l'indignation des habitants et des innombrables amoureux de ce pays. Certains craignent que les besoins en eau de Rennes et de sa région amènent le renouvellement de tels projets.

Flore[modifier | modifier le code]

Du point de vue de la richesse de la flore, Paimpont est à la neuvième place des communes du département possédant dans leurs différents biotopes le plus de taxons, soit 606 pour une moyenne communale de 348 taxons et un total départemental de 1373 taxons (118 familles). On atteint ainsi des nombres records pour le département avec 219 taxons à forte valeur patrimoniale (total de 207!) ; 94 taxons protégés et 171 appartenant à la liste rouge du Massif armoricain (total départemental de 237). Outre son étendue et la faible place de l'agriculture, la présence de petites tourbières contribue à cette importance. À titre de comparaison, les quatre dernières valeurs sont pour Plélan-le-Grand sa voisine, respectivement, 521 ; 21 ; 12 ; 11[6].

Transports[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Portail de l'abbatiale de Paimpont, datant du XIIIe siècle

Le monastère fondé au VIIe siècle par Judicaël est devenu abbaye Notre-Dame de Paimpont au XIIIe. Longtemps le bourg ne fut constitué que de l'abbaye avec ses bâtiments associés tels que l'hôtellerie pour l'accueil des pèlerins, du cimetière et de quelques habitations.

Ce n'est qu'au cours du XIXe siècle, bien après la vente de l'abbaye comme bien national en 1790, que le bourg commença à prendre la physionomie qu'on lui connaît aujourd'hui.

Paimpont sous l'ancien régime[modifier | modifier le code]

Les arrières de l'abbaye au bord de l'étang.

Paimpont était une des paroisses de l'évêché de Saint-Malo. L'évêque avait d'ailleurs à sa disposition une résidence d'été dans la paroisse de Saint-Malo-de-Beignon située au sud de Paimpont. La paroisse avait comme succursale la paroisse de Saint-Péran au nord-est. On trouve par exemple certains registres des actes de naissance, mariage ou décès de Saint-Péran incorporés à ceux de Paimpont.

Les principaux villages possédaient leur chapelle et mêmes certains leur école au XIXe siècle, évitant ainsi de longs déplacements vers une abbatiale qui n'aurait peut-être pas pu tous les accueillir. À Beauvais, la chapelle Saint-Mathurin se dresse toujours à mi-pente, au carrefour de la voie en direction du château de Trécesson et celle allant vers le Val-sans-Retour, près d'une fontaine-lavoir qui laisse son eau approvisionner l'Aff naissant non loin de là. Au village de Coganne, la chapelle Saint-Jacques-le-Mineur a été préservée et appartient maintenant au domaine public. Telhouët possédait également une chapelle ainsi que le village des Forges, celle-ci étant dédiée à saint-Éloi le patron des forgerons.

La paroisse de Paimpont relevait également de l'archidiaconé de Porhoët et du doyenné de Beignon.

Plusieurs juridictions seigneuriales se partageaient en principe l'essentiel du territoire de la paroisse de Paimpont. Mais on sait que ces juridictions dites inférieures - surtout les plus petites - avaient partout une activité très variable dans le temps et de l'une à l'autre selon le caractère ou intérêt de leurs possesseurs et le zèle des sénéchaux, procureurs fiscaux et autres officiers de juridiction. Peu d'archives nous sont parvenues. La juridiction royale immédiatement supérieure était la sénéchaussée de Ploërmel, c'est elle qui assurait le respect minimal du droit en cas de défaillance des juridictions ou par sa compétence propre.

Pour ce qui concernait l'administration de l'Intendance de Bretagne au XVIIIe siècle, Paimpont faisait partie de la subdélégation de Plélan. Certainement soucieux au nom du roi de la prospérité du secteur, l'intendant n'ignorait pas l'importance des forges et pas moins celle de la considérable activité exercée dans le village du Cannée entre lesdites forges et le bourg : le blanchiment de fil et de toiles. Dans des prés ou parcelles de petite taille entourées de haies, appelés parcs, étaient exposées à la lumière et au soleil de grandes pièces de toile. Cette activité s'est éteinte au XIXe siècle avec la concurrence des procédés chimiques. Extrait des archives : «Le village du Cannée est tellement populeux qu'il serait difficile de commettre un vol semblable en plein jour sans être aperçu.» Déposition Gentilhomme, 1837, tribunal correctionnel de Montfort.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Comme en beaucoup d'endroits, seul fut possible un inventaire extrêmement sommaire des biens de l'église en raison de la forte hostilité des habitants[réf. nécessaire].

Maison de Gaulle

Durant la Première Guerre mondiale, 585 Paimpontais sont mobilisés. Au moins 157 en perdront la vie selon la liste gravée sur l'obélisque du monument aux morts inauguré en 1923 et dressé près de l'abbaye (Place des litières maintenant Place du Roi St Judicaël)[7].

Plaque commémorative sur la maison habitée par Mme Henri de Gaulle, mère du général de Gaulle

Suite à la débâcle de 1940, la mère du général de Gaulle se réfugia à Paimpont. Menant une existence nécessairement discrète, c'est pourtant une foule considérable qui, suite à son décès en 1943, apparut d'on ne sait trop où et assista à ses funérailles. On doit, devant cette ferveur, supposer que son fils était déjà porteur d'un grand espoir de libération.

Entre 1946 et 1956, les derniers charbonniers - les trois frères Guégan - cessèrent successivement leur activité. Pourtant, il fut un temps où environ quarante charbonniers faisaient vivre leur famille dans la forêt. En 1978, les frères Guégan font une fouée de démonstration (cinq cordes de bois contre 20 à 25 ordinairement) pour faire connaître cette technique au public. En juillet 1979, c'est aux Forges qu'eut lieu une reconstitution par les anciens employés de la société Edet qui avait cessé son activité en 1954.

En juillet 1967, a lieu l'inauguration de la Station biologique de Paimpont. Les vastes cages sont prêtes pour recevoir des singes du Gabon et faire progresser la primatologie. Cette Station Biologique, établissement dépendant de l'Université de Rennes 1 accueille chaque année des étudiants venant de tous les horizons. Elle accueille également deux Unités Mixte de Recherche du Centre National de Recherche Scientifique (CNRS)l'UMR 6552 “éthologie, évolution, écologie" et l'UMR 6553 "Ecosystèmes, Biodiversité, Evolution" (ECOBIO).

Le Syndicat des eaux et forêts de Paimpont assure la distribution dans treize communes de l'eau limpide de l'étang Bleu.

La rénovation principale de l'abbatiale portant en particulier sur la nef se terminent en 1970. Mais en septembre 1974, des peintures murales sont découvertes sous les boiseries en cours de restauration. Datant des XIVe-XVe-XVIe siècles, elles sont - en dépit de leur état - exceptionnelles au niveau de la Bretagne.

Le projet de centre régional d'initiation à l'écologie qui devait se réaliser au moulin rénové du Châtenay reste sans suite.

Evénement symbolique le 23 août 1976 sous les chênes majestueux du bord de l'étang et en présence du public, la Confraternité philosophique des Druides intronise six druides dont deux femmes. On se presse ensuite pour emporter un peu de gui, alors que l'incendie qui sévit encore au loin a dissuadé d'allumer le feu rituel.

Dans les années 1977-80, les Six Heures de Voile de Paimpont se déroulant sur l'étang est l'événement sportif local. Création du camping municipal.

En 1978, ouvre la Résidence de Brocéliande, foyer pour personnes âgées, avec environ quarante studios. Le bourg continue son urbanisation modérée.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1977 mars 1983 Fernande Chantoux    
mars 1983 mars 1989      
mars 1989 juin 1995 Daniel Bricon   Enseignant
juin 1995 mars 2001 Guy Larcher PS Enseignant
mars 2001 novembre 2010 Daniel Bricon[8],[9]   Enseignant
novembre 2010 en cours Alain Lefeuvre[10]   Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 621 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 687 3 773 3 376 3 462 3 791 3 695 3 479 3 596 3 666
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 420 3 387 3 357 3 250 3 344 3 250 3 236 3 127 3 016
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 022 3 086 2 828 2 687 2 506 2 450 2 344 2 239 1 986
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 791 1 714 1 559 1 449 1 385 1 395 1 614 1 621 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Le minerai de fer et les ressources énergétiques constituées par la forêt et son hydrographie ont orienté l'évolution du territoire vers l'activité métallurgique. Très ancienne, la production de fer et dérivés par les forges de Paimpont à partir de ce minerai s'est finalement éteinte vers la fin du XIXe siècle.

En 2002, s'est implantée une usine d'embouteillage de l'eau du sous-sol de Paimpont. Employant une quinzaine de personnes, en 2005 la Société des eaux de source de Paimpont (Groupe des Mousquetaires) a produit plus de 45 millions de bouteilles (2 l). À partir de 2006, cette eau est commercialisée sous l'appellation Brocéliande.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Mégalithes et autres sites[modifier | modifier le code]

  • La Fontaine de Barenton, perdue dans la forêt à Folle-Pensée ;
  • Le Val sans Retour ;
  • Le Hotié de Viviane ou Tombeau des Druides ou Maison de Viviane, grand coffre funéraire (Néolithique), au Val sans Retour ;
  • Le Tombeau des Géants, au Val sans Retour ;
  • Le Tombeau de Merlin (Néolithique) et la Fontaine de Jouvence.

Arbres remarquables[modifier | modifier le code]

La commune de Paimpont compte plusieurs arbres remarquables :

  • le hêtre de Ponthus,
  • le chêne des Hindrés,
  • le hêtre du voyageur,
  • le hêtre de Roche Plate.

Le passé métallurgique[modifier | modifier le code]

La prospection archéologique a révélé un très grand nombre de sites ou emplacements de la forêt et de sa périphérie ayant connu une activité touchant l'exploitation du minerai de fer : points d'extraction du minerai, bas fourneaux tels que ceux découverts vers 1980 sur la rive de l'étang du Perray, ferriers, c'est-à-dire accumulation de scories et autres déchets ferreux, sans parler des emplacements plus récents des fouées des charbonniers dans la forêt ni des maisons des cloutiers si nombreux au XIXe siècle.

Les plus anciens sites datent de Halstatt et/ou du début de la Tène ancienne (750 à 500 avant J.C.). Plusieurs sites de réduction de minerai, fouillés ces dernières années, sont à relier à la Tène moyenne. On dispose aussi de plus rares indices gallo-romains et du haut Moyen Âge. Les ferriers les plus importants en volume, atteignant parfois jusqu'à plus d'un millier de tonnes de déchets, sont datés entre la deuxième moitié du XIIIe siècle et le début du XVe siècle. On y a découvert des types de fours de réduction de minerai appartenant à une lignée technique inédite. Enfin, une première datation radiocarbone (C14) situerait le fonctionnement d'un premier haut-fourneau au niveau de l'étang du Pas du Houx dans le courant du XVIe siècle, quelques dizaines d'années avant l'implantation des Forges. En 2010, l'ensemble de ces sites était en cours d'étude dans le cadre de plusieurs thèses de doctorat et alimentait un Programme Collectif de Recherche intitulé Brécilien, étude interdisciplinaire d'une forêt mythique.

Fête du fer 2014 à Paimpont Forgerons

En complément de ces données archéologiques, de rares et brèves mentions dans les archives assurent furtivement le relai avec l'histoire des Forges créées au XVIIe siècle. Elles mettent en avant, non pas les Forges célèbres sous l'ancien Régime, mais des forges dites "grossières" réparties à divers endroits de la forêt, ainsi que l'activité du village du Gué situé sur le territoire de Plélan et cœur de cette commune jusqu'au milieu du XIXe siècle.

La Fête du fer a lieu tous les deux ans (2014-2016-...) et met en avant les différentes pratiques de la forge.

Les cloutiers XVIIIe et XIXe 

De nombreux ateliers de clouterie existèrent longtemps principalement dans les villages de Gaillarde, la Ville Danet et Telhouët.
« Ils fabriquaient les clous à ardoises, les clous à lattes, les clous à chevron, les clous à bois pour charpentes, les broches pour les "senans", instruments avec lesquels on faisait la filasse, les clous de girofles pour les talons de souliers, les caboches pour les fers des chevaux, les "maillettes" pour les sabots. Entre cinq et douze ouvriers pouvaient travailler dans chaque forge : Au printemps on entendait les maillets dès 3 heures, 4 heures du matin. À l'hiver, les cloutiers continuaient leur besogne jusqu'à 9 et 10 heures du soir. Ils travaillaient aux pièces, et les plus actifs pouvaient faire jusqu'à 1 200 à 1 500 clous par jour. Ils se servaient d'enclumes que l'on appelait clouxière. [...] Les cloutiers confectionnaient leurs clous avec des baguettes de fer rachetées en bottes de 25 kg à Rennes et à Angers [depuis que l'usine des Forges avait fermé]. » [13].

Les Forges de Paimpont[modifier | modifier le code]

L'entrée des Forges

À l'instar de la légèreté de la Paimpolaise de Théodore Botrel contrastant avec la rudesse d'un métier que certains ont qualifié de bagnard, la pêche à la morue, la chanson «Les filles des Forges» semble quelque peu insolite à l'égard d'un site qui sans manquer de charme était entièrement façonné et marqué par l'industrie. Installé en contrebas de la digue de l'étang, lui-même cerné par la forêt, le village - mais ce mot convient-il vraiment ? - ne semble jamais avoir eu d'autre perspective que la production. Les bâtiments industriels situés à l'est et en partie sur la commune de Plélan ne sont accompagnés que de rares logements, ceux du maître des forges et des ouvriers spécialisés peu nombreux. Tous les autres ouvriers et travailleurs de diverses spécialités (mineurs et autres manouvriers, bûcherons, charretiers, charbonniers, etc) se retiraient dans leurs villages selon un rythme quotidien et en fonction de l'activité variable des hauts-fourneaux. On peut apprécier ce site de la digue même, en évitant de pénétrer sur les terrains privés, les deux chapelles, le chenil des chiens de meute et d'autres bâtiments préservés forment un ensemble harmonieux. Enfin, sur le bord de la route, l'ancienne cantine des ouvriers est devenu un restaurant apprécié.

Depuis l'achat d'une partie de la forêt de Paimpont en vue de la création de forges en 1653 par les familles de Farcy et d'Andigné jusqu'à la fin du XIXe siècle (1884), ce site a absorbé l'essentiel de l'énergie humaine et naturelle de la commune de Paimpont et partiellement de Plélan en échange d'une production relativement intense. Après l'eau, variable sur laquelle il était difficile d'agir, c'est sur la ressource en bois que la pression était la plus forte, les besoins en charbon de bois étant considérables. Ainsi toute l'histoire du développement des forges se déroule en parallèle d'un conflit jamais complètement réglé entre les propriétaires de la forêt et des forges et les habitants de Paimpont, acceptant mal que l'accès à la forêt et les pratiques ancestrales leur soient interdites pour des impératifs de croissance de la forêt aussi obscurs qu'elle.

Un document du tribunal correctionnel de Montfort nous renseigne sur le prix du fer : «Le sieur Marchand [à Ploërmel] me dit qu'on lui vendait ce fer vingt cinq centimes le kilogramme [...] et que nous le vendons à peu près le double pris aux forges.» (Déposition du directeur des Forges, le Sieur Nicolle, 1838). Un autre nous donne un détail sur l'évolution de l'usine : «Le Sieur Herpe nous a aussi observé que l'année dernière [1836], on a démoli aux forges de Paimpont un moulin à farine pour le remplacer par un marteau à l'usage des forges.» (Procès verbal Cochet, 1838).

Au bord de la route allant des Forges au Pont du Secret, se trouve le bâtiment principal des forges d'en-bas qui étaient alimentées en eau par un petit canal.

Même si pour certains la forge était à plus de deux heures de marche, chacun avait parmi ses proches au moins une personne dont le revenu principal était lié plus ou moins directement à la production de fer, revenu de surcroît moins soumis aux aléas de la conjoncture et du climat. Ce simple constat ne devait pas suffire à faire oublier à la multitude laborieuse, considérant la médiocrité des terres ingrates, l'intérêt et même la nécessité de tirer de la forêt si proche et si familière tout ce qu'il était possible, au mépris de toutes les défenses sentencieusement faites même devant le Parlement de Bretagne. Ainsi, jusque dans les années 1950, des agriculteurs certes rares avaient entretenu la possibilité de faire paître quelques têtes de bétail en périphérie de la forêt.

«Quant aux prétendus vols de cordes de bois dans la forêt, on a fait le mal plus grand qu'il n'était et tout porte à croire que le peu qui a été soustrait ne l'a été que par les ouvriers de l'usine auxquels il est dû des fagots pour chauffage qui auraient pris soin d'y mêler chacun quelques pièces de gros bois. La chose serait difficile autrement, la forêt étant surveillée par au moins vingt gardes-brigadiers et maréchaux des logis qui ne dorment guère.» Lettre du juge de paix Joubaire le 8 février 1835 (même source).

En 2004, les Forges de Paimpont ont été classées monument historique et la restauration du bâtiment du laminoir a été commencée.

Les forges de Paimpont ont été immortalisées par une reprise d'une chanson traditionnelle du groupe Tri Yann : "Ce sont les filles des Forges".

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Xavier de Gaulle (1887-1955), Ingénieur civil des Mines, percepteur, résistant, Consul Général de France en Suisse, frère aîné du général de Gaulle, est venu habiter dans la commune avec sa famille à la mobilisation.
  • Marthe Niel (1878-1928), aviatrice pionnière, née à Paimpont le 29 décembre 1878, où ses parents sont cultivateurs. Elle s'y remarie en 1915 avec le constructeur d'avion Paul Koechlin.
  • La chanson traditionnelle locale Les filles des Forges a notamment été interprétée et popularisée par le groupe Tri Yann sur l'album Tri Yann an Naoned (1972).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bellevue (X. de), La forêt druidique, la forêt enchantée et les romans de la table ronde, 1902 (rééd. 1980), Marseille, 278 p.
  • Bénédicte de Massol, Droits d'usage et utilisation de la forêt dans l'ancienne forêt de Paimpont, Mémoire pour le Diplôme d'Études Approfondies d'Histoire du Droit, Université de Rennes, 1982, (Archives d'I&V - Mémoire 2 J 423).
  • Deniaud (A.), Le peuplement à la lisière de la forêt de Paimpont, Maîtrise de géographie, Universite de Haute Bretagne, Rennes II, 1959, 181 p.
  • Denis (M.), Grandeur et décadence d'une forêt. Paimpont du XVIe au XIXe siècle, Annales de Bretagne, vol.64, 3, 1957, p. 257-273.
  • Jacques Jouvance, Paimpont, étude démographique : 1670-1769, Rennes, 1984, (Archives d'I&V - Mémoire 2 J 992).
  • Laurence Roux, Les forges de Paimpont : monographie d'un établissement métallurgique rural en Bretagne aux XVIIIe et XIXe siècles, Rennes, 1987, (Archives d'I&V - Mémoire 2 J 476).
  • Colette Guilmault, Le bourg de Paimpont, évolution de l'espace au XIXe siècle, dans Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine, 2007, Tome CXI, p. 123-129.
  • Vivet (J.-B.) (dir.), Métallurgie médiévale et forêt en prélude aux Grandes Forges de Paimpont (Ille-et-Vilaine), Les dossiers du Centre Régional d'Archéologie d'Alet, n°AF, 221 p.
  • Du 18 avril 1760 - "Arrest du conseil d'état du roy qui condamne le nommé Gauthier, procureur fiscal de la jurisdiction de Paimpont, en 300 livres d'amende pour avoir refusé de délivrer au subdélégué de M. l'intendant de Bretagne, un état des crimes dignes de mort ou de peines afflictives, commis dans ladite jurisdiction, ou un certificat négatif." Cet imprimé de grand format a été adressé à tous les subdélégués de la province. Source : C 137.

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Diard, La flore d'Ille-et-Vilaine, Atlas floristique de Bretagne, Rennes, Siloë, 2005, p. 64.
  2. Armand Gernigon, Mémoires & souvenirs d'Armand Gernigon, garde en forêt de Paimpont, 2005, p. 71.
  3. « Au bourg, n'y avait-il pas une pompe et la bonne source de Jacob ? » et puis le « danger était trop grand » en raison du bord abrupt. Mémoires & souvenirs d'Armand Gernigon, garde en forêt de Paimpont, p. 71.
  4. Louis Diard, La flore d'Ille-et-Vilaine, Atlas floristique de Bretagne, Rennes, Siloë, 2005, p. 69.
  5. Louis Diard, La flore d'Ille-et-Vilaine, Atlas floristique de Bretagne, Rennes, Siloë, 2005, p. 77.
  6. Louis Diard, La flore d'Ille-et-Vilaine, Atlas floristique de Bretagne, Rennes, Siloë, 2005, carte p. 170.
  7. Bulletin municipal Vivre à Paimpont, 1er sem. 2009, p. 17.
  8. « Ils ont été élus maires », Dimanche Ouest-France (éd. Ille-et-Vilaine), no 535,‎ 23 mars 2008, p. 10-13 (ISSN 1285-7688)
  9. « Le nouveau maire sera élu mercredi soir », Ouest-France (éd. Ille-et-Vilaine),‎ mardi 16 novembre 2010
  10. Ouest-France.fr, Ouest-France.fr « Alain Lefeuvre élu maire de Paimpont »,‎ édition du 18 novembre 2010 (consulté le 18 novembre 2010)
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  13. Armand Gernigon, Mémoires & souvenirs d'Armand Gernigon, garde en forêt de Paimpont, 2005, p. 73.