Agriculture itinérante

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L'agriculture itinérante est une forme d'agriculture essentiellement basée sur l'autoconsommation, et caractérisée par l'abandon d'une parcelle cultivée dont la fertilité a beaucoup diminué (friche) au profit de la culture d'un autre terrain plus fertile.

Sur forte pente, les sols préparés par le brûlis peuvent présenter une orientation et un microclimat favorable, mais aussi être plus vulnérables à l'érosion (ici dans le N6E de l'inde (Vijaynagar circle ; Arunachal Pradesh)
Contrairement aux incendies de forêt destinés à les convertir définitivement en culture, arboriculture intensive (palmiers à huile, eucalyptus...) ou prairies pauvres, l'agriculture itinérante a peu d'impacts en termes d'émission de gaz à effet de serre (carte, incluant les effets dus à la conversion des sols). Localement, à Madagascar en particulier, elle a néanmoins eu des effets catastrophiques en termes d'érosion des sols)
Essartage traditionnel à Sumatra (Indonésie) ; Alors qu'en 1900 à Java, presque toutes les terres agricoles cultivées l'étaient de manière permanente, il y avait à Sumatra encore beaucoup d'agriculture traditionnelle itinérante (sur brûlis ou sous les arbres (système dit "Ladang") qui sont ici épargnés car le coût en travail de leur coupe dépasserait l'avantage de les conserver, pour leur ombrage notamment). Le petit bois abattu est brûlé et on plante alors (au plantoir) les graines de plantes annuelles dans les cendres tièdes. Le ladang durait deux ans, puis une nouvelle parcelle était ouverte en forêt

Impacts agroécologiques[modifier | modifier le code]

Pour la FAO et de nombreux agronomes, il y a maintenant consensus sur le fait que l'agriculture itinérante traditionnelle à condition d'être pratiquée dans une zone à faible densité de population et de manière extensive, est aujourd'hui considérée comme un système agraire durable du point de vue écologique [National Research Council, 1993 ; Sanchez, 1976 ; Whitmore, 1992 ; Beets, 1990 ; Kang e.a. 1984 cités par Pauwel de Wachter [1].

Ses impacts sur l'écosystème forestiers, l'eau, l'air, le sol et les sociétés sont a priori bien moindres que la dégradation des forêts, leur fragmentation ou destruction par les plantations industrielles d'arbres, l'exploitation forestière et les effets différés et indirects des créations de routes forestières et autres voies d'accès en forêt, ou que les activités minières, d'orpaillage ou grands projets d'infrastructure (routes, barrages, grands pipelines, etc.). Cependant, les voies d'accès en forêt liées aux activités évoquées ci-dessus peuvent être source d'intensification des échanges commerciaux et de pression sur les milieux (viande de brousse, braconnage, intensification excessive de la culture itinérante)


Les champs vivriers ou parcelles jardinées sous le couvert de la jungle sont souvent situées jusqu'à quelques kilomètres des villages ou campements. La chasse et la pêche traditionnelles apportent en général un complément alimentaire (avec un impact modifié là où les fusils de chasse se sont généralisés)

L'agriculture intinérante traditionnelle, telle qu'elle était pratiquée par les peuples autochtones dits « peuples de la forêt » (Exemple : l'agriculture sur brûlis dans les régions équatoriales comme Kalimantan) , c'est-à-dire généralement de manière extensive, est compatible avec le statut de paysages forestiers intacts qui demande le respect de l'intégrité de la forêt sur des surfaces assez grandes pour que toutes les espèces potentiellement présent puissent y vivre durablement.
Ce statut est notamment retenu par l'écocertification FSC.

Typologies des agricultures intinérantes[modifier | modifier le code]

Diverses formes d' agriculture itinérante sont pratiquées sur les sols tropicaux pauvres et vulnérables (karstiques[2] ou acides, y compris en forêt (sur brulis dans ce cas).
Les familles, groupes ou tribus voyagent alors de terrain en terrain, en laissant en quelque sorte le sol en jachère longue durée. Quelques décennies ou siècles plus tard, il peut à nouveau être mis en culture. « C'est un système autorégénérant et adapté aux contraintes édaphiques, économiques et agronomiques »[3].

Parfois ce sont les femmes qui s'occupent de l'agriculture (0.4 à 0,5 ha de champ par femme active [1]) et les hommes de la chasse et la pêche.

Limites[modifier | modifier le code]

Les principales limites à ce type d'agriculture sont la disponibilité en espace, un caractère relativement extensif et le besoin d'un temps long pour la régénération du sol. Tant que le système reste extensif, il contribue à une gestion locale de la biodiversité (y compris en termes de diversité génétique des plantes cultivées ou de la volaille et d'autres animaux (cochon, chèvre) parfois associés), mais au-delà d'un certain seuil de pression, des effets négatifs pour le sol, le gibier, la biodiversité et la santé des populations peuvent apparaître « en particulier lorsque, sous l'effet de la croissance urbaine, des plans de développement et de facteurs sociétaux, la présence humaine augmente et les pratiques agraires s'intensifient »[3] selon F Renoux & al.

Pour calculer les besoins en terre il faut tenir compte du besoin alimentaire des individus et multiplier la surface mise en culture par année avec le cycle moyen culture-jachère[1].
Dans certains cas, la forêt n'a jamais vraiment le temps de repousser, ce qui tend à sélectionner les espèces pionnières (ex. : âge moyen de la végétation des jachères équivaut de 8.5 ans)[1].
Au Sarawak (Malaisie), Cramb a estimé (1993) que le défrichement de la forêt primaire représentait moins de 5 % de la superficie défrichée par année par les essarteurs.

En France[modifier | modifier le code]

C'est une forme d'agriculture qui se pratique encore en outre-mer, dont en Guyane par les communautés amérindiennes et bushinengue, par exemple dans les bassins du Maroni et de l'Oyapock[3]) en tant qu'agriculture de subsistance, ainsi que dans une partie de l'amazonie non déforestée[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Pauwel de Wachter , «  Économie et impact de l'agriculture itinérante Badjoué [sud-Cameroun] », Civilisations, 44 | 1997, mis en ligne le 29 juin 2009, Consulté le 01 juillet 2012. consultation en ligne de l'article, mis en ligne le 29 juin 2009, Consulté le 01 juillet 2012
  2. C Weisbach & al., Soil fertility during shifting cultivation in the tropical Karst soils of Yucatan Agronomie, 2002 (Résumé/cat.INIST/CNRS)
  3. a, b, c et d F Renoux & al. , L'agriculture itinérante sur brûlis dans les bassins du Maroni et de l'Oyapock : Dynamique et adaptation aux contraintes spatiales ; Revue Forestière ; 2003 (Résumé/CatINIST/CNRS)