Gustave II Adolphe de Suède

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Gustave II Adolphe
(sv) Gustav II Adolf
Gustave II Adolphe de Suède
Gustave II Adolphe de Suède
Titre
Roi de Suède

&&&&&&&&&&&0767821 ans, 0 mois et 6 jours
Couronnement en la cathédrale d'Uppsala
Prédécesseur Charles IX de Suède
Successeur Christine de Suède
Duc de Finlande et d'Estonie

&&&&&&&&&&&017634 ans, 9 mois et 29 jours
Prédécesseur Jean de Suède
Successeur Charles-Gustave de Holstein-Gottorp
Biographie
Dynastie Dynastie Vasa
Nom de naissance Gustave-Adolphe Vasa
Date de naissance
Lieu de naissance Stockholm
Date de décès (à 37 ans)
Lieu de décès Bataille de Lützen
Sépulture église de Riddarholmen
Père Charles IX de Suède
Mère Christine de Holstein-Gottorp
Conjoint Marie-Éléonore de Brandebourg
Enfant(s) Christine Augusta
Christine de Suède
Religion Luthérien
Résidence Palais royal de Stockholm

Gustave II Adolphe de Suède
Monarque de Suède

Gustave II Adolphe (Gustav II Adolf) dit « le Grand » ou « le lion du Nord » est un roi de Suède né le à Stockholm et mort tué lors de la bataille de Lützen le . Ayant accédé au trône de Suède en 1611, il fait de ce pays l'une des grandes puissances européennes grâce à son génie militaire et aux réformes qu'il met en œuvre. Ses victoires pendant la guerre de Trente Ans permettent de maintenir en Europe un équilibre politique et religieux entre catholiques et protestants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le fils de Christine de Holstein-Gottorp et de Charles IX de Suède (Karl IX) auquel il succéda en 1611 à l'âge de seize ans. Il prit comme chancelier Axel Oxenstierna, comte de Soedermoere et grand homme d'État, et poursuivit la guerre contre le Danemark jusqu'au traité de Knäred en 1613, et contre la Russie, avec laquelle il signa le traité de Stolbova en 1617, par lequel il se fait céder les provinces d'Ingrie et de Kexholm et prive la Russie de l'accès à la mer Baltique.

Gustave fonda Göteborg et plusieurs petites villes, ainsi que l'Université de Tartu en Estonie. À cette époque, les plus grandes villes en Suède étaient Riga, Stockholm, et Tallinn (Reval). Avec Oxenstierna, il accomplit plusieurs réformes dont la plus importante fut l’établissement de registres paroissiaux afin que le gouvernement puisse taxer et recenser la population de manière plus efficace.

En 1619, Gustave II Adolphe de Suède, créée une société pour l'exploitation de cuivre à Falun qui emploie un millier d'ouvriers[1], un an après que Guillaume de Bèche ait fondé une société pour la fabrication de canon à Finspang, qui permet à la Suède de multiplier des « canons de cuir », tirés par un seul cheval[2].

En 1626, il entra en guerre contre la Pologne et livra plusieurs batailles, étant d'ailleurs gravement blessé par une balle à l'épaule le près de Tczew. Après plusieurs expéditions victorieuses mais non décisives sur le territoire polonais, il imposa au roi Sigismond III de Pologne la trêve d'Altmark en 1629, par lequel il se fit céder l'essentiel de la Livonie, aidé en cela par Hercule de Charnacé, ambassadeur de France, en échange de territoires et d'avantages économiques. Après la conquête des provinces baltes en 1630, il répondit aux appels des protestants allemands tout en négociant avec la France le traité de Bärwald du , qui lui assura non seulement un soutien politique mais aussi une aide financière importante.

Le sarcophage de Gustave Adolphe à l'église de Riddarholmen.

La Suède entra alors dans la guerre de Trente Ans, Gustave-Adolphe débarquant en Poméranie le et consolidant ses positions pendant plus d'un an. Son armée, bien entraînée et équipée (hakkapélites) balaya les troupes de la Ligue catholique à la bataille de Breitenfeld, le , et descendit jusqu'au Danube, semant partout ruine et désolation, malgré les recommandations de Gustave-Adolphe qui se voulait clément et magnanime. En mars 1632, il envahit la Bavière et battit une nouvelle fois les catholiques lors de la bataille de Rain am Lech, s'emparant de Munich suite à cette victoire. Voulant assurer la sauvegarde des états protestants en Allemagne, il chercha à obtenir une nouvelle victoire décisive mais fut repoussé à Alte Veste par Albert de Wallenstein. Gustave-Adolphe fut tué le 6 novembre 1632 au cours de la bataille, victorieuse, de Lützen en menant une charge de cavalerie qui le sépara du gros de ses troupes à cause du dense brouillard qui couvrait le champ de bataille[réf. nécessaire].

Axel Oxenstierne occupa le poste de régent du royaume durant la minorité de la jeune reine Christine, fille de Gustave-Adolphe, et décide de poursuivre l'engagement de la Suède dans la guerre de Trente Ans jusqu'à la signature des traités de Westphalie en 1648 qui consacrent la Suède comme une grande puissance européenne. Ce grand roi à la carrière si courte poursuivit l'œuvre de Gustave Ier de Suède (Gustav Vasa) et de son père. Ses restes sont conservés à l'église de Riddarholmen, à Stockholm. Le 6 novembre est célébré en Suède comme une fête en l'honneur de Gustave-Adolphe et des pâtisseries spéciales à l'effigie du roi, en chocolat ou en massepain, sont vendues à cette occasion[réf. nécessaire].

Descendance[modifier | modifier le code]

Gustave II Adolphe épousa Marie-Éléonore de Brandebourg (1599-1655), fille de Jean III Sigismond de Brandebourg et d'Anne de Prusse le 25 novembre 1520. Ils eurent deux enfants:

  • Christine Augusta (née le 16 octobre 1623, morte le 21 décembre 1624), princesse de Suède
  • Christine de Suède (née le 18 décembre 1626, morte le 19 avril 1689), reine de Suède de 1632 à 1654

Postérité militaire[modifier | modifier le code]

Les innovations tactiques de Gustave II Adolphe lui ont valu le surnom de « père de la guerre moderne » et l'admiration de généraux postérieurs tels que Napoléon Ier, Carl von Clausewitz et George Patton. Sa connaissance de la science militaire en font le principal responsable des succès suédois durant la guerre de Trente Ans et firent de la Suède la puissance dominante de la région de la mer Baltique pour une centaine d'années et il est le seul monarque suédois à avoir été surnommé « le Grand », distinction lui ayant été accordée par le Parlement suédois en 1634.

Comme chef militaire, Gustave II Adolphe a généralisé l'emploi d'une artillerie mobile sur le champ de bataille, privilégiant des pièces d'artillerie plus petites mais plus manœuvrables et présentes en grand nombre et faisant de cette arme un emploi réellement efficace pour la première fois sur un champ de bataille, et prônait l'utilisation de tactiques très agressives où la mobilité et les prises d'initiative par la cavalerie étaient mises en avant. Il a instauré une première forme d'unités combinées dans ses formations militaires, où la cavalerie pouvait attaquer depuis la sécurité de l'arrière d'une ligne d'infanterie tout en étant renforcée par l'artillerie, et se retirer ensuite derrière cette ligne pour se regrouper après son raid.

Il fit adopter à son infanterie des formations très peu profondes par rapport aux autres armées de la même époque. Son infanterie combattait en formations profondes de 5 ou 6 rangs soutenues à quelque distance par des formations similaires, les espaces entre elles étant comblées par l'artillerie et la cavalerie. Son artillerie était regroupée en batteries qui soutenait ses formations déployées le plus en ligne, remplaçant ainsi les traditionnels carrés très peu manœuvrables utilisés par les autres armées (tels que les tercios espagnols profonds d'une cinquantaine de rangs). De cette façon, ses forces pouvaient se redéployer et changer de configuration de façon très rapide et surprendre leurs ennemis.

L'armée de Gustave II Adolphe était très bien entraînée pour l'époque et ses mousquetaires étaient célèbres pour la précision de leurs tirs et la vitesse à laquelle ils rechargeaient leurs armes (trois fois plus vite que leurs adversaires). Pour maintenir la cohésion de ses forces et l'esprit de camaraderie, Gustave II Adolphe accordait à chaque arme le même traitement et la même considération, alors que dans les autres armées la cavalerie était considérée comme l'élite et l'infanterie généralement dédaignée. De plus, les différentes unités étaient entraînées à l'utilisation d'autres armes. Les cavaliers et les fantassins pouvaient se servir de canons, comme sa cavalerie lourde le fit quand elle captura l'artillerie ennemie à la bataille de Breitenfeld. Les piquiers pouvaient se servir d'armes à feu, bien que de façon moins précise que les mousquetaires, et les fantassins et les artilleurs apprenaient aussi à monter à cheval pour être parés à toute éventualité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sacchi 2003, p. 350
  2. Sacchi 2003, p. 351

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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